28° #425012

La Franc-maçonnerie vous propose d’aller à l’amour comme à un refuge. Pourquoi et comment ?

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC
  


Très Respectable Mahatma,
Dignitaires qui illuminez le Saint des Saints,
Et vous tous mes FF Ecossais Trinitaires – Princes du Mercy, en vos grades et qualités.

Introduction

J’ai le devoir de vous présenter les fruits de ma recherche sur cette planche de passage intitulée : la Franc-maçonnerie vous propose d’aller à l’amour comme à un refuge. Pourquoi et comment ?
1-    Définition des mots clés
2-    Pourquoi la Franc-maçonnerie propose d’aller à l’amour comme à un refuge ?
3-    Comment aller à l’amour comme à un refuge ?
4-    Quelle leçon tirer de cette pratique ?
5-    Conclusion.

1-    Définition des mots clés

a/ Propose : du verbe proposer : mettre en avant soumettre à l’avis   d’autrui, énoncer pour qu’on en délibère
b/ Amour au plan profane : désigne un sentiment en instance d’affectation et d’attachement envers un être vivant ou une chose qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, intellectuelle ou même imaginaire avec l’objet de cet amour. L’amour renvoie la plupart de temps à un profond sentiment de tendresse et d’empathie envers une personne.
c/ Refuge : asile, caverne, cachette, grotte, tanière, réceptacle.

2-    Pourquoi allez à l’amour comme à un refuge ?

Les chrétiens ou plutôt tous les croyants proclament que l’amour est un attribut divin. Cette même idée se retrouve dans les paroles de Havé à Moïse « par le droit que je t’ai accordé, je t’aime et par le droit que j’ai sur toi, aime moi ». En général, l’homme a une vision plus prosaïque de l’amour. Il veut aimer. Depuis l’amour échangé avec sa mère à celui élargi aux frères, aux amis, aux partenaires amoureux. La quête de l’amour amorcée par l’amour maternel conduit à un véritable cheminement initiatique rappelant la recherche de la parole perdue et conduisant comme elle, à une découverte sublime à l’intérieur de soi.

L’amour  unit, l’amour renforce, l’amour rend invulnérable, l’amour éveille notre mémoire d’éternité. Tout ce que nous voulons recevoir, tout ce que nous aspirons à recevoir depuis notre naissance c’est de l’amour, des signes d’amour, des marques de reconnaissance et des confirmations que nous sommes aimés. Nos souffrances sont transcendées pour l’amour. L’amour nous fait exister dans une dimension qui planifie les difficultés de vie. L’amour nous détache de nous-mêmes et nous ouvre à une conscience d’harmonie hors de l’espace et du temps.

L’initié dans la marche sur son chemin initiatique combat avec art c’est-à-dire avec amour pour protéger les ignorants sans craindre pour lui-même, puisque son armure le protège, sans craindre pour les autres parce que Chevalier en esprit, il est là pour les aider. Il connaît et comprend le sens profond et objectif du monde. Il ne s’impose aucune limite dans la recherche de la vérité. Il acquiert un détachement de ses émotions pour le monde et éprouve de plus en plus finement l’impression d’un espace sacré ou son être est davantage attiré par la lumière d’amour que par la froideur du monde matériel. Né avec passion à la vie de l’univers où sans amour, la vie n’existe pas et lorsqu’il veut s’unir et contempler cet espace d’amour par lequel il se sent appelé, il ne peut faire autrement que de devenir Amour. En effet, le Chevalier n’aime pas il est lui-même amour. L’homme régent, de l’univers, image de l’univers perd le contact avec l’univers originel et redevient terrestre lorsqu’il perd son rayonnement d’amour. C’est pourquoi celui qui va à l’Amour comme à un refuge se plaît à vivre libre et joyeux.

Dès l’initiation au premier degré, le candidat jure d’aimer ses futurs Frères. En effet, on aime parce qu’on le veut. Aucun amour n’est une contrainte mais plutôt un choix. Celui qui entre en Maçonnerie est un homme désireux de se parfaire. Il est prêt à vivre une vie meilleure par l’aide de ses nouveaux  frères.

En effet, nous retrouvons dans l’enseignement du Bouddhisme qu’avant de penser à soi, il faut se préoccuper des autres et qu’au-dessus de la science, il y a l’Amour, que le dévouement  et l’abnégation sont finalement les plus sûrs moyens d’anéantir en soi les désirs pervers. Par la parabole de l’homme blessé qui, voulait absolument connaître l’identité de son agresseur avant d’arracher de son corps, la flèche empoisonnée et qui mourut  inéluctablement insatisfait, le bouddha nous fait comprendre que nous devons éviter de distraire notre Esprit par des choses insignifiantes et nous attaquer aux choses beaucoup plus fondamentales. Longtemps le bouddha a prôné la modération, la tolérance, la compassion et l’amour envers tous les êtres.

En choisissant la voix de la délivrance, le bouddha nous invite à l’abstention des actes que reprouve la morale universelle : la tromperie, la colère, la luxure, la cruauté, la superstition, le vol, et le meurtre qui ne sont que les fruits de l’ignorance. Il nous invite à nous instruire et de chercher sans cesse en nous et en dehors de nous, les éléments d’une vérité susceptible d’engendrer un engagement spirituel avant d’atteindre l’étape de la piété et de l’amour pour tous les êtres. « Comme j’ai traité jadis mon prochain, je me traiterai moi-même. : Comme je me suis traité moi-même, je traiterai dorénavant mon prochain » afin d’apprécier toute chose en sa valeur.
Après ces vérités, vous savez désormais par vous-mêmes que certaines choses sont mauvaises, fausses et pernicieuses, qu’il faut les refuser mais si vous découvrez par votre propre discernement que d’autres choses sont vraies, bonnes et belles, alors acceptez-les, retenez-les et qu’elles ornent à jamais votre cœur et votre esprit.
Pendant que les bouddhistes mettent leur recours dans le Maître, la Loi et la Confrèrerie, le Franc-Maçon met son recours dans le Travail, la connaissance et l’Amour qui représente le Triple refuge.

3-    Comment allez à l’amour comme à un refuge

A la fin des jours du Bouddha, il fit venir ses disciples et leur parle ainsi : « désormais vous trouverez votre refuge en vous-même et uniquement en vous-même. N’oubliez pas que le tout est périssable, que la haine ne s’apaise pas par la haine mais par l’amour, que la bienveillance maîtrise la colère et la méchanceté, que la générosité confond l’avarice et que le don de la vérité surpasse tous les autres parce qu’il est la seule source des joies véritables. Ô disciples, luttez sans relâche contre l’ignorance et la douleur ». Cette exhortation rejoint très bien ce que la Franc-maçonnerie propose à ses adeptes ; « Allez à l’Amour comme à un refuge ».
Dès l’entrée dans la loge symbolique, on montre à l’initié l’objectif à atteindre : « que l’amour règne parmi les hommes, on comprend alors que cette invocation se réfère à l’Agapé. Le résultat en sera donc la joie qui règnera alors dans les cœurs et que l’on peut rapprocher de la paix profonde du chevalier Rose-Croix. Celle-ci éclaire le sens de l’invocation à la  paix  sur  terre  des  premiers  degrés.  Au  dix-huitième (18ème) degré l’amour apparaît sous la forme de la charité des vertus théogales. Dans l’épitre (1.Cor.XIII, 1-13) : « quand  je parlerais, les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’un gong qui résonne, qu’un symbole qui retentit ».

L’enfant  découvre en lui le pouvoir des colères et des mensonges comme moyen d’obtenir l’attention de ses parents dans la situation immédiate. Le comportement de l’enfant exige que l’on s’occupe de lui dans l’instant, toute impulsion infantile demande à être satisfaite sans retard. La soif de l’amour est ardente dans tous les cœurs, mais touche la sensibilité et l’entendement de chacun dans des directions très variées. Nous pouvons à ce niveau affirmer qu’il n’existe pas un amour mais des amours qui constituent autant d’ardents désirs et autant de plaies qui brûlent l’homme à divers niveaux. Chacun à son niveau entend crier en lui le désir d’être plus aimé.

Qui ne s’est pas dans le silence de son cœur, senti abandonné, trahi, délaissé par ceux qui lui offrent pourtant tout l’amour qu’ils peuvent donner et malgré tout ressenti comme n’étant pas encore suffisant ?
Au début du chemin, nous étions tellement impliqués tellement identifiés aux éléments épisodiques de notre vie quotidienne et c’est avec un long travail de vigilance et de prise de conscience de notre état que nous avons réussi à prendre quelques distances avec les évènements réels mais éphémères de notre vie afin d’avoir la liberté de nous tourner vers une partie mystérieuse de nous-mêmes. C’est ainsi que se développe en nous une affection pour l’humanité inconsciente, une piété, un amour qui cherche par la réalisation et la transformation de l’éphémère, à répondre au sens universel de la vie.

Lorsque tu te sens aimé, tu ne désire plus rien. Pendant ce temps où l’on se sent vraiment aimé, les autres peurs, les autres recherches, les autres désirs, les autres demandes perdent de leur force. Les règles de morales, d’honneur, de dignité s’effondrent devant la lumière de l’amour. On dit généralement « vivre d’amour et d’eau fraîche ». L’amour remplace tout. L’amour véritable n’a rien à voir avec le désir ou le plaisir. Si nous voulons recevoir, il faut donner en conséquence. L’amélioration des conditions de la vie doit accompagner le long travail pour apprendre à donner. En vivant l’Amour, on a la protection de la nature.

Au 26ème degré le rituel nous apprend que pour être reçu à cette confrèrerie, il faut prendre un engagement et cet engagement est formulé en ses termes :

–    Je m’engage à aller au Travail comme à un refuge !   
–    Je m’engage à aller à la connaissance comme à un refuge !
–    Je m’engage à aller à l’amour comme à un refuge.

Puis le Très Respectable Mahatma exhorte le récipiendaire à respecter le cinq préceptes que voici :

–    Je me donne pour règle de ne pas ôter la vie !
–    Je me donne pour règle de ne point prendre ce qui ne m’a pas été donné !
–    Je me donne pour règle de ne point être débauché !
–    Je me donne pour règle de ne point mentir !
–    Je me donne pour règle de ne jamais m’énivrer au point d’en perdre la raison !
et il ajoute : si par faiblesse humaine, vous venez à les transgresser, nul ne vous jugera, mais votre propre conscience vous en fera le reproche et enfin le Très Respectable Mahatma invite les récipiendaires à se pénétrer des stances d’Amour.
–    Que tous les êtres soient heureux !
–    Que toute chose vivante, faible ou forte, grande ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux !
–    Que nul ne trompe ou ne méprise un être, si peu que soit, que nul, par colère ou par haine ne souhaite de mal à autrui !
–    De même qu’une mère protège, au péril de sa vie son unique enfant, qu’ainsi chacun cultive sans limites l’Amour envers tous les autres !
On apprend à être Amour, en pratiquant l’Amour. A ce niveau, nous devons exprimer par nos actes et nos comportements quotidiens la réalité intérieure et l’Amour qui nous habite. Voilà donc comment nous pouvons aller à l’Amour comme à un refuge.

4- Leçon à tirer

Cette planche met l’accent sur l’engagement à aller à l’amour comme à un refuge.
Eu égard à ce qui précède, l’amour est très important pour le cheminement initiatique. Il est seul à briser le monde clos. Quand on aime on éprouve du bonheur, ce bonheur qui n’est pas une conquête mais un état. Par le bonheur que nous recherchons tous. C’est par amour que se manifeste la lumière et la vie.
L’Amour n’est pas l’amour de désir, désir d’un être, d’un objet ou d’un Dieu, l’amour du Franc-Maçon n’est pas une émotion, n’est pas un idéal, n’est pas une religion ; l’Amour est une action. A ce degré, l’amour n’est plus aveugle, il émane d’une vision claire et limpide de la réalité. Cette démarche initiatique progressiste conforte la liberté de penser.   

5- Conclusion

L’homme dans sa démarche a besoin de développer sa conscience et après la nécessaire intérioration, il le fait grâce à l’autre partie de lui-même séparée pour laquelle il éprouve ce besoin fusionnel qu’est l’amour. L’amour unit sans éliminer la personnalité. L’initié qui va à l’amour se retrouve sans peur, sans doute, sans crainte, il se voit heureux et se plaît à être utile au-delà de tout, il se réconcilie en lui-même et vit comme dans un refuge.
La vie est une occasion d’échange entre frères, entre vivants. Nous sommes invités à faire en sorte que toute personne que nous rencontrons ne regrette pas de nous avoir connu mais plutôt regrette notre absence. Soyons toujours prompts à donner, à mettre à l’aise l’autre.
L’Amour au vrai sens du terme c’est-à-dire : l’Amour qui comprend tout, excuse tout et s’abandonne à tout de façon libre et instantané dans le second temps répandre la vertu et la lumière spirituelle. Cet Amour plus fort que la mort et cette vertu qui unit ce que la mort ne peut pas séparer. Que l’Amour pour tous les êtres nous illumine et nous transfigure.

J’ai dit
Très Respectable Mahatma

Bibliographie:

– Raemakers Willy, 2018 du 26ème degré, Ecossais Trinitaire, Prince de Mercy, de l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. Version du 03 décembre 2018.

– Instructions au 26ème degré, Ecossais Trinitaire Prince de Mercy de l’Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

– Maingy Irène, 2006. De la Symbolique des Chapitres en Franc-maçonnerie. Rite Ecossais Ancien et Accepté et Rite Français. De la Liberté de Passage à l’Envoi du Phénix. 2ème édition revue et corrigée. Editions Dervy. Paris.

– Mondet Jean-Claude, 2009. Du Chevalier d’Orient ….au Chevalier Kadosch, Etude du quinzième au trentième degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Editions du Rocher, Monaco.

– Dictionnaire Encyclopédique Quillet éd. 2006.

– Dictionnaire Larousse éd. 2006.




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