29° #426012

A2901-1 : Per Limina ad Limina

Auteur:

S∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

1/ La lumière est sensée nous conduire au seuil de la connaissance et de l’amour. Comptez-vous franchir ce seuil ? Avec quels moyens et quels objectifs ?

2/ Le chevalier du Soleil refuse de se faire courtisan des grands et flatteur des masses. Quel sens donner à cette intention dans un monde où fleurit la servitude volontaire.

Le rituel d’Initiation au XXVIIIème degré est intéressant car on y retrouve le cheminement et le renouveau du rituel d’initiation au 1er grade. En effet, le profane nu et errant subit les épreuves de la terre, de l’eau, de l’air, du feu au cours de ses voyages et à force de travail sur lui-même il découvre, telle une pierre cachée, l’espérance du renouveau, de la renaissance.

Le vieil homme est mort.

Dans le présent rituel, victorieux des épreuves terrestres, délivrés des attaches matérielles, nous demandons que la Lumière nous mène vers l’amour désintéressé des hommes, à suivre toujours la loi du Devoir et le désir de Vérité.

Chaque astre « visité » au cours des voyages commande à une phase de la Vie et de l’Esprit et inspire nos penchants.

Il nous demande de rendre compte de notre conduite et nous recommande de poursuivre nos recherches dans la persévérance, par bonnes pensées, bonnes paroles et bonnes actions.

En accomplissant nos devoirs, nous atteindrons l’ultime Sagesse… Que de chemin à encore parcourir !

La tradition chevaleresque en maçonnerie, est une sublimation des valeurs : sacrifice de soi, service des pauvres, des faibles et des opprimés, générosité et noblesse du cœur, droiture et loyauté, honneur, respect et devoirs, actions justes au service du droit, de l’Humanité, etc.

Dans la Franc-maçonnerie moderne, les chevaliers affichent et cultivent ces valeurs :

« La Chevalerie est née d’elle-même. Aucun acte souverain ne la créa. Elle est moins une situation qu’un idéal. Au Moyen-âge, cet idéal était celui du christianisme. A la vérité, le chevalier est un combattant qui engage sa personne et ses ressources au service d’une cause qu’il considère comme affectée d’un caractère suprême. Porter en soi les qualités humaines de droiture, d’amour du bien, du vrai et du beau, d’ardeur militante et d’altruisme et se dédier corps et âme, au triomphe de la cause qui paraît la plus digne d’être embrassée par l’humanité en quête de perfectionnement, tel est le chevalier ». -Pierre Mollier, In Souverain Chapitre Métropolitain à l’Orient de Paris.

La cause à laquelle nous demeurons inébranlablement attachés est celle qu’avait embrassée cette Chevalerie : la primauté de l’esprit, la culture et la défense de la pensée libre, la protection des faibles, le respect de la femme, l’avènement des êtres humains à la dignité, l’abolition des privilèges de toutes espèces, la lutte contre les sectarismes, les dogmatismes et les oppressions.

Chevalier ou Citoyen ?

Ne serait-il pas plus urgent, pour la Franc-maçonnerie moderne et utile à son projet, de produire des citoyens laïques, armés pour construire un avenir ouvert à toutes les formes de pensée et de culture ?

Etre Laïc,

Ce n’est point interdire à l’homme le rêve et la perpétuelle recherche de Dieu, …
C’est revendiquer, pour la vie présente, l’effort du devoir,
Ce n’est pas vouloir violenter,
Ce n’est point vouloir mépriser les consciences, (Chacun a le droit à ses croyances),
C’est refuser aux religions qui passent le droit de gouverner l’humanité qui dure,
Ce n’est pas consentir la soumission à un dogme immuable,
Ni admettre l’abdication de l’esprit devant l’incompréhensible,
C’est ne prendre le parti d’aucune ignorance, ni d’aucune misère,
Ce n’est point de s’en remettre à un juge siégeant par delà la vie,
Du soin de rassasier ceux qui ont faim,
De donner à boire à ceux qui ont soif,
De réparer les injustices,
Et de consoler ceux qui pleurent,

C’est livrer bataille au nom de la justice

Etre Laïc, c’est avoir trois vertus :
La charité,…
C’est à dire l’amour de l’Homme,

L’espérance,
C’est à dire le sentiment bienfaisant,
Qu’un jour viendra, dans la postérité lointaine,
Où se réaliseront les rêves de justice, de paix et de bonheur,
Que faisaient, en regardant le ciel, nos anciens ancêtres,

La foi,
C’est à dire la volonté de croire à la victorieuse utilité de l’effort perpétuel.

Ernest Lavisse

Agir comme le fait le Chevalier du Soleil qui refuse de se faire courtisan des grands et flatteur des masses est bien sûr un moyen de conserver son indépendance, de garder sa liberté d’esprit et d’action, de se maintenir dans le triangle « Liberté – Egalité – Fraternité » ; en fait, d’agir en homme juste. Certes, la société actuelle ne rend pas l’application de ce mode de comportement très facile. Cette société marchande fait naître de plus en plus de nouveaux besoins qui titillent nos envies, nos passions ou notre « ego ». Elle réveille nos instincts grégaires. Pourquoi eux et pas moi ? On veut donc faire comme les autres pour en être accepté, pour ne pas prendre le risque d’être exclu du groupe, pour être aussi plus serein, pour avoir la vie plus facile, pour être protégé par la masse. On suit donc aveuglément les autres dans leurs comportements serviles afin de satisfaire des besoins qui sont loin d’être vitaux, primaires ou prioritaires. Point n’est besoin de réfléchir, il suffit de suivre les autres et, comme les moutons de Panurge, devenir la proie de ces gestionnaires économiques ou politiques qui, par leurs propos démagogiques ou populistes, excellent dans l’art de charmer le peuple, de conduire les masses en assouvissant ses besoins matériels ou de considération, en proposant des solutions faciles qui détruisent la liberté individuelle et mènent souvent au racisme, à l’exclusion sociale des « autres » et autre dérives liberticides.

Se faire courtisan des grands et/ou flatteur des masses est, en réalité, admettre d’une part l’inégalité, donc la soumission ou la domination, et d’autre part, pratiquer l’hypocrisie, voire la corruption. « Ne flatte point ton frère, c’est une trahison ; si ton frère te flatte, craint qu’il te corrompe ». Le Chevalier du Soleil veut, dans tous ses rapports sociaux, se comporter comme s’il y avait égalité entre lui et son vis-à-vis. Il veut établir un rapport équilibré, un échange juste aussi bien entre le fort et le faible, qu’entre l’intelligent et l’ignorant, qu’entre le riche et le pauvre. Il veut un échange profond et généreux dans lequel l’un suppose dans l’autre, une force égale à la sienne. Il rejette toute forme de soumission ou de domination ; il veut être juste et donc penser juste.

Aujourd’hui, à l’issue de la première décennie du 21ème siècle, nous mesurons combien nos espoirs de tolérance et de fraternité ont été trahis par le développement sournois de la servitude inconsciente qui étend sa nasse sur l’ensemble de la planète.

La tyrannie de l’instant, l’impérialisme de l’image et la dictature du « profitariat » ont submergé le monde sous le couvert de promesses jamais tenues, de progrès jamais réalisé et de théories toujours prises en défaut.

Interrogeons-nous sur l’antithèse entre la servitude inconsciente qui assombrit le monde et la liberté responsable qui est susceptible de l’éclairer. Comment la Maçonnerie Ecossaise pourrait aider à façonner cette métamorphose dont le monde a tant besoin ?

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux.

Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens.

Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs.

Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour choisir leur maître, et retournent à la dépendance.

Un seul mot d’ordre : il faut résister !

« Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle ».

Soixante ans plus tard…notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

La flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes sociales nées de la Libération, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.

N’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés…

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :

« Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

« Certes, les raisons de s’indigner dans le monde complexe d’aujourd’hui peuvent paraître moins nettes qu’au temps du nazisme. Mais cherchez et vous trouverez : l’écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au toujours plus, à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu’aux acquis bradés de la Résistance retraites, Sécurité sociale… Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l’homme…en sont la démonstration ».

Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu’il appelle à une « insurrection pacifique ».

Notre Ordre a pour mission de contribuer à construire un monde dont les idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité seraient les trois piliers : Construire la Liberté de pensée, la Liberté d’expression, la Liberté de conscience ; construire l’Egalité, l’Equité, la Fraternité entre tous les hommes…

Mais il n’y a pas de Liberté sans Responsabilité, pas de Liberté sans acceptation du Devoir : Devoir de Résister, Devoir d’Alerter la collectivité des Humains lorsque des ennemis sournois ou habiles tentent de la manipuler, de la contrôler…

La Maçonnerie Ecossaise ne saurait faillir à son Devoir…

Les Chevaliers du Soleil non plus, devenons les « anarchistes du devoir, de l’action, de la libre pensée : Ni Dieu, ni Maître ! ».

Indignons-nous, Résistons, Agissons pour que Demain soit meilleur qu’Aujourd’hui !

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