30°
#427012
Combatre le serpent pour le vaincre et le forcer à servir
Non communiqué
A
la
Gloire du Grand Architecte de l’univers
Ordo ab Chao Deus Meumque Jus
T.III.F., Très Puissant Grand Maitre et vous tous mes FF. CKH
Ordo ab Chao Deus Meumque Jus
T.III.F., Très Puissant Grand Maitre et vous tous mes FF. CKH
Tous
les Chevaliers tous les héros,
ont toujours combattu le Serpent pour le vaincre et le contraindre à servir
ont toujours combattu le Serpent pour le vaincre et le contraindre à servir
Il était un fois, un jeune garçon qui lors de ses vacances scolaires, séjournait dans les terres de ses ancêtres. Il découvrait la France profonde, la campagne. Il découvrait les aspects de la nature et en particulier, il découvrait les animaux qui la peuplent. Il en est un, de ses animaux, qui provoquait en lui un réflexe de crainte : le serpent. Alors, ses ancêtres eux aussi peu enclin à apprivoiser le serpent lui apprirent à le combattre et à l’éliminer. Et durant ses congés scolaires il mit à mort de nombreux serpents en leur coupant rageusement la tête. Soixante ans plus tard, le jeune homme a des cheveux grisonnants mais il est toujours en présence du serpent qu’il continue à combattre, et au fur et à mesure qu’il en tue un, d’autres se dressent devant lui. Fort heureusement à son âge il possède à présent une cuirasse, la carapace de la sagesse, et il est conscient de posséder en lui les armes qui lui permettent de vaincre, ou plutôt de soumettre le serpent.
N’est-il pas à présent pourvu des armes qui lui permettent de mener un combat qui vise à soumettre le vil serpent ?
Serait-il devenu le fakir qui dompte le serpent que l’on présente docile sous la mélodie de la flûte du dompteur ?
Le serpent n’est-il pas sous le joug du fakir contraint de servir s’il veut sauver sa peau ?
Ce préambule, pas si romancé que cela, nous amène à nous pencher sur la phrase « sujet » des réflexions de ce jour :
« Combattre le serpent pour le vaincre et le contraindre à servir ».
Mes Illustres et Parfaits Frères, nous sommes à présent au 30° degré du REAA, dans des camps en pleine campagne, et nous sommes des Chevaliers Kadosch œuvrant sur toute la surface de la Terre.
Le grade de Chevalier Kadosch est un grade de combat.
C’est tout d’abord en lui-même que le CKH doit combattre les passions mauvaises symbolisées ici par les mauvais compagnons Philippe IV et Clément V.
Son arme est une arme symbolique ou plutôt une triple arme symbolique, elle est à la fois, le glaive flamboyant de Saint Michel, la lance inflexible de Saint Georges et le caducée d’Hermès. Tiens donc, en fait, le CKH aurait trois armes pour combattre le serpent. Le CKH a pour mission de combattre, le mensonge, le fanatisme et la superstition. Trois armes sont à sa disposition pour combattre trois vices.
Le CKH s’est longuement purifié en montant et descendant l’échelle mystique dont les barreaux représentent la connaissance qu’il doit acquérir pour atteindre un état de perfection, celui d’Illustre et Parfait Frère, à l’image de Saint Michel et de Saint Georges.
Alors comme Saint Michel et Saint Georges, le CKH ne tuera pas le serpent mais il le maitrisera et le transcendera.
Du mal il fera naitre le Bien.
La croisade qui est son chemin spirituel est une croisade intérieure qui le conduit vers le salut par la purification de ses mœurs, et par la pratique des vertus soutenues par l’amour de Dieu et l’amour de son prochain. C’est par son sacrifice individuel qu’il sera vainqueur du combat.
Le décor est planté. Alors nous allons cheminer quelques instants avec le serpent, cet animal à la fois maléfique et salvateur.
C’est par le biais du langage des animaux que les anciennes civilisations et les anciens récits nous envoient des images propres à enseigner une morale. Parcourons l’histoire et les textes anciens qui peuvent éclairer les pratiques rituéliques de notre démarche maçonnique actuelle.
Les tablettes Mésopotamiennes indiquent que « EA», Prince extra-terrestre de la terre, créateur de l’homo sapiens, se rebella, n’acceptant pas les cruautés que ses congénères infligeaient aux hommes, et il fonda la « Confrérie du Serpent ». Loin de moi l’idée que cette confrérie puisse être l’ancêtre de notre F.M., mais voyons un instant de quoi il s’agissait.
Parmi tous les animaux vénérés par les hommes de la préhistoire, aucun ne l’était de façon aussi marquante et significative que le serpent, et cela parce que le serpent était le symbole d’un groupe qui avait acquis une grande influence dans la civilisation Sumérienne. Il s’agissait d’une confrérie savante qui s’était donné pour but de répandre des connaissances spirituelles et d’atteindre la liberté au niveau spirituel, c’était la « Confrérie du serpent ». Elle combattait l’esclavage d’êtres spirituels et essayait de libérer l’humanité.
Le prince rebelle EA fut le fondateur de cette « Confrérie du Serpent ». Dans les anciennes tablettes mésopotamiennes, on lit qu’EA et son père ANU possédaient une grande compréhension éthique et spirituelle. Ce fut précisément ce savoir qui aurait été symbolisé, plus tard, dans l’histoire biblique d’Adam et Eve.
Mais avant d’évoquer le serpent biblique attardons nous un instant sur la définition kabbalistique du serpent Na’hash explicitée par Elius Gerwurz dans son ouvrage « Les Mystères de la Kabbale ».
Le mot hébreux Na’hash, le serpent, selon la tradition secrète, désigne un sentiment intérieur profond attachant une entité à sa propre existence individuelle, en lui donnant le désir ardent de la préserver et de l’accroître.
Na’hash, le serpent au sein de l’homme, est l’égoïsme radical qui pousse un être individuel
à faire de lui-même, le centre de tout l’univers. Moïse définit ce sentiment comme la passion réductrice d’une nature élémentaire qui est la source secrète avec laquelle le Créateur a animé toutes choses dans la nature ; ce que nous appelons vulgairement l’instinct naturel. Na’hash ne doit pas être compris comme un être séparé, mais plutôt comme un mouvement central donné à la matière, une source occultée agissant dans la profondeur des choses.
L’égoïsme de l’homme, ces passions aveugles qui nous sont communes aux premières étapes de notre évolution, sont les rejetons de ce serpent – Na’hash. Ce mot signifie un instinct égocentrique déraisonnable dans toutes les langues orientales, il signifie une ardeur intérieure, un feu interne, agité par un violent mouvement et qui cherche à s’étendre.
En chaldéen, ce mot exprime des idées de peur, de peine, d’anxiété, de mal et de passions douloureuses. En arabe, syriaque et éthiopien, il signifie une affliction tourmenteuse.
La définition de ce mot Na’hash nous enseigne que toute émotion amoureuse est expansive, et que toute émotion de haine est restrictive.
L’Espoir et la Foi appartiennent à la nature de l’Amour et ils agrandissent l’âme, tandis que la Peur, le Doute et le Désespoir appartiennent à la nature de la Haine et contractent l’âme. Le Serpent est contraction, petitesse et inversion, tandis que les hommes se battent et se querellent les uns avec les autres, ils ressemblent plus ou moins au vieux Serpent, chacun tirant la couverture à soi, anxieux de sa préservation.
D’après le récit de la Genèse, le serpent est créé avant Adam et Eve, et il incarne le démon qui se se change en serpent pour séduire Ève. Afin que les êtres puissent connaître le bien et le mal, c’est le serpent qui sera chargé de les conduire à la désobéissance.
La tradition judéo-chrétienne nous enseigne le coté maléfique du serpent, lui le responsable, lui le provocateur, la cause de notre malheur d’humain.
Le serpent est en quelque sorte le premier initiateur et Ève la première initiée. La première initiée est donc une femme !!!! Soyons rassuré, le second initié est Adam grâce à Eve.
Force est de constater que toutes les civilisations et cultures anciennes ont utilisé le symbole du serpent pour enseigner les fondamentaux d’une loi morale.
Dans l’Égypte ancienne le serpent primitif est la première et la dernière image du Dieu
ATUM, le Dieu suprême et caché. Le livre des morts annonce que le Monde retrouvera l’état du chaos et que le Dieu ATUM deviendra de nouveau un serpent.
Symbole de la vie pour de nombreuses croyances et cultures, le serpent d’Airain sera guérisseur, Ouroboros sera l’éternel recommencement, le serpent à plumes « Quetzalcóatl-huati » sera la renaissance.
Dans les mythes, le serpent est souvent l’adversaire du Héros. Salomé, Elie et le serpent constitue l’un des plus célèbres mythes de l’antiquité.
La plupart de ces mythes nous montre un héros qui est à la fois le serpent qui incarne le mal et le serpent qui guérit du mal. Nul doute que ces légendes ont inspiré les concepteurs de nos rituels.
Penchons-nous un instant sur cette boucle de la ceinture qui maintient le tablier de l’Apprenti Franc-Maçon. Cette boucle est un serpent doré. Sans ce serpent en forme de boucle, le tablier tombe, et là, plus de Maçon. Le serpent premier bijou de l’Apprenti, représente les ténèbres, la tentation, les passions, le mal. Le ventre est sa demeure.
Mis à l’arrière, en quelque sorte, dompté par l’apprenti, le serpent est condamné à tenir le tablier. Cela rappelle à l’Apprenti que les ténèbres sont toujours présentes et qu’il convient de les laisser derrière soi. Mais cela signifie aussi que l’Apprenti a contraint le serpent à le servir et à lui tenir son tablier.
Un peu plus tard, le Maitre ne sera reçu Maitre Secret qu’après avoir effectué plusieurs voyages suivant une marche serpentine, le récipiendaire étant lui-même le serpent en mutation spirituelle.
Cette marche serpentine a des vertus bienfaitrices dans l’élévation spirituelle du Franc-maçon.
Le serpent est donc bien un symbole double à la fois maléfique et bénéfique.
C’est cette dualité que nous rappelle le caducée qui semble trouver ses origines dans l’arbre de vie.
Le symbole biblique de l’arbre de vie remonterait à des œuvres mésopotamiennes antérieures à la Bible, comme, celle où on montre un serpent qui s’enroule autour d’un tronc d’arbre, notre symbole actuel du caducée. Le dieu Ninkishzidda, symbolisé par un dragon, un céraste (la vipère à cornes) ou un caducée, provenait de l’ancien culte des serpents chez les asianiques. Cela correspondrait aux représentations ultérieures du serpent au jardin d’Eden.
Primitivement, le caducée représentait le difficile équilibre de tendances antagonistes autour de l’axe du monde (les serpents représentant le feu et l’eau, la baguette la terre et les ailes le ciel). Le caducée fut donc un symbole de paix porté par le Messager des Dieux. Une autre interprétation insiste sur l’accouplement des serpents et la symbolique de la fécondité.
Selon la légende, Apollon échangea un jour avec Hermès, son demi-frère, une baguette en or contre une lyre. Hermès l’utilisa un jour pour séparer deux serpents, mais ces derniers s’y enroulent en sens inverse. Cette anecdote est à l’origine du symbole. Ainsi, la baguette aux deux serpents entrelacés devint l’emblème du dieu grec Hermès.
A l’origine, il est représenté par un bâton de laurier ou d’olivier avec ses branches. Ensuite les branches sont enroulées autour du bâton pour figurer les deux serpents entrelacés. Il est également surmonté de deux ailes, symbolisant la vélocité d’Hermès, le messager des dieux. Cet emblème devint par la suite la marque des hérauts en particulier et des messagers en général.
Les alchimistes n’ont pas manqué de donner eux aussi leur explication du caducée, sceptre d’Hermès, dieu de l’Alchimie : les deux serpents représenteraient les principes antagonistes (soufre/mercure, fixe/volatil, humide/sec, chaud/froid…) qui doivent s’unifier dans l’or unitaire de la tige. Quittant la pensée hermétique pour les domaines moral et médical, le caducée peut représenter la lutte maîtrisée entre les instincts et la maîtrise de soi ou les maladies et la santé, avec une issue forcément spirituelle symbolisée par les ailes. Le serpent s’enroule autour du bâton qui symbolise l’arbre de vie, pour signifier la vanité domptée et soumise, son venin se transforme en remède, la force vitale pervertie retrouve la voie droite qui permet la seule véritable guérison, celle de l’âme. L’âme serait-elle la fille du serpent ?
Le caducée est le représentant de l’équilibre de ces deux tendances réalisées autour de l’axe du monde Les deux serpents s’affrontent et se neutralisent comme deux forces opposées et égales.
Il y a de nombreuses interprétations du mot caducée mais celle qui semble être la plus proche de la démarche maçonnique, désigne un bâton de commandement d’un initié.
Ce bâton de commandement, ce caducée, est par conséquent un symbole de pouvoir. Le pouvoir que détiens le CKH. Le caducée est la clé de sa réalisation spirituelle. Le caducée n’est autre que le CKH lui-même, car à l’image du caducée, le CKH est celui qui a appris à concilier les contraires, à marier les opposés et aussi finalement à s’élever spirituellement.
Le caducée est le principe de l’équilibre auquel nous aspirons, nous qui sommes écartelés entre des pulsions antagonistes mais qui peuvent être complémentaires et par conséquent devenir des sources de progrès.
Nous livrons un combat permanent, tant sur les plans physiques que moral et spirituel. Le caducée représente l’équilibre qui nous sert à franchir les obstacles qui conduisent à nos changements d’états. Le caducée nous fait comprendre qu’il ne suffit pas de savoir et connaître, mais qu’il nous faut transmettre éternellement. Le caducée, c’est nous même.
C’est à nous, CKH de combattre le serpent et de faire en sorte de le contraindre à servir.
Le serpent est l’objet de notre combat.
Dans la légende Salomonienne, les mauvais compagnons ont été décapités. Le Franc-maçon pourrait croire qu’il s’est débarrassé de ses scories. Et pourtant, le CKH continue de découvrir en lui, d’autres mauvais compagnons, les clones ou les frères des précédents.
La nature humaine est ainsi faite. Le serpent qui est en nous, renait sans cesse.
Le CKH est seul devant sa propre proie qui n’est que lui-même. Son nom est autre et le même pourtant.
Le CKH est le combattant errant à l’image du serpent qui erre en lui.
Étant seul, il ne peut que lui-même combattre son propre serpent. Le CKH doit décider lui-même de ce qui est bien, et de ce qui est mal. Pour cela, il lui faut savoir, ce qui est bien, et ce qui est mal.
Il ne s’agit pas pour le CKH de supprimer le mal, il lui faut le faire s’absorber par le bien, à l’image des ténèbres qui sont absorbées par la lumière.
Le but du CKH, c’est la transformation du mal en bien, la conversion du serpent maléfique en serpent salvateur.
C’est le combat pour la maitrise du mal.
Et c’est pourquoi, tous les Chevaliers, tous les héros, ont toujours combattu le serpent pour le vaincre et le contraindre à servir.
J’ai dit, Très Puissant Grand Maître.
DG