30°
#427012
De la Multiplicité à l’Unité
M∴
Très Eminent Commandeur
Et vous tous mes Frères Chevalier KADOSCH.
Et vous tous mes Frères Chevalier KADOSCH.
Pour Paracelse ainsi que pour Maître Eckhart « Un est dans le Tout et le Tout est en un »Ce principe est défini dans le prologue de Jean, UN n’étant pas un chiffre indiquant une quantité, mais un nombre représentant la qualité. Conçu selon l’esprit maçonnique, il s’écarte de tout dogmatisme, de tout totalitarisme et cependant il est l’attribut de l’absolu : Recréer l’unité, n’est pas former l’uniformité, puisque que celle ci contient toute la multiplicité qui n’est que partiellement révélée.
I.-
De par l’application assidue du rite nous avons examiné largement les diffèrent aspect de la tradition. Et le vécu symbolique des mythes et des légendes nous a fait progresser depuis le 1er degré sur la voie de la recherchequi trouve ici un aboutissement. Il nous a permis de constater que le KH. n’erre pas mais entreprend un pèlerinage qui le conduira, au terme de celui ci, au centre de son cœur, qui constitue une correspondance symbolique du centre du Monde.
En Chevalerie comme en Maçonnerie il est un élément très important, là, la parole, ici, le serment maçonnique. La parole donnée est en effet le triomphe du verbe, l’intervention d’un lien créateur qui naît du verbe et permet, à celui qui la donne, de se lier au monde conformément aux loi de celui-ci, et qui est en maçonnerie la glorification du Grand Architecte de l’Univers.
La quête du spirituel, selon la voie chevaleresque, exige du chevalier, comme de tout cherchant, quelle que soit la voie, un certain nombre de conditions. La première concerne l’effort personnel qui impose de se dépouiller de son « MOI » et d’être prêt à se sacrifier pour la réalisation de son idéal, à anéantir son individualité afin de s’unir pour mieux s’identifier avec le bien.
Comme toute voie spirituelle, l’accomplissement de la voie chevaleresque ne peut que concourir à la manifestation de la Gloire du Créateur de toutes choses.
Et ainsi l’ordre chevaleresque rend compte de chevaliers organisés. Cette notion d’organisation est importante car elle reflète l’Ordre du combat que constitue l’institution. Dans ce nouveau rôle, l’Ordre devient une personne morale au sein de laquelle se fondent, pour disparaître, le « moi » des individus. Le chevalier est alors une personne appartenant à un groupe ordonné et orienté dans un projet commun et ainsi, ’ordre de chevalerie devient un modèle de communauté humaine dont l’aspect ésotérique deviendra ce que l’on nomme, la chevalerie spirituelle.
Maître de lui-même, le chevalier ne subit pas la destinée, bien au contraire il la maîtrise et réalise ce qui est écrit.
II.-
En Initié, du 1er degré, début de son cheminement, au 30ème le Chevalier KH. est passé par différentes étapes qui, bien que Multiples, nous ont toujours conduit vers l’Unité. Ces étapes peuvent se subdiviser en 6 étapes ou cycles au total mais nous résumerons les 5 premiers, la 6ème « la quête du Magistère- » étant hors sujet pour ce travail. :
-1er cycle « De la Matière à l’Esprit. » le KH y a découvert, lors de sa démarche qui l’ à conduit du 1er au 5ème degré inclus, les lettres, les gestes, la matière sous ses différentes formes symbolique,
-2ème cycles, du 6ème au 14ème degré ou« La Spiritualisation symbolique de l’homme » ce parcours subjectif de la spiritualisation lui a permis d’entreprendre sa démarche vers la 3ème cycle celui de« l’incarnation de l’esprit » pris en compte depuis le 15ème degré jusqu’au 19ème, ainsi il est arrivé à la 4èmecycle, du 20ème degré au 26ème « La connaissance objective »pendant lequelil esteffectivement passé du subjectif à l’objectif, objectiver doit être pris ici dans le sens de former
Les 3 cycles du développement subjectif et le cycle du développement objectif, lui ont permis de vivre l’initiation en tant qu’acteur privilégié puis commencer à vivreen tant que porteur de cette spiritualité dans le monde initiatique non seulement pour témoigner mais aussi pour serviret la phase objective qui vient de s’achever, a permis à l’initié de vivre la signification de gérer l’énergie divine enapprenant à la connaître et à la porter hors de soi.
Il arrive maintenant au 5ème la démarche accomplie ayant consistée à mettre en œuvre tous les acquis mais de façon progressive afin que s’instaure le recul finalde celui qui peut aider l’autre dans sa pratique objective. C’est le cycle dit d de la pratique énergétique.
Chaque cycle pourrait s’identifier à un cercle dont le contenant représente le Créateur et le contenu l’Ordre en 33 degrés ou 6 cercles qui s’emboîtent les un dans les autres et en les lâchant un à un ils provoquent, comme une pierre lâchée dans l’eau, une onde de choc qui va en s’agrandissant, dans son action centrifuge qui est inséparable de l’action inverse dite centripètec’est à dire que tout ce qui s’éloigne du centre par une action concerté ne peut que revenir au centre, qui représente le SCDF.
Au30ème degré, ilest dit que le Travail accompli dans le temple est achevé mais on en s’arrêtant la, il devient un Chevalier sans but, alors qu’au contraire en tant que Chevalier il appartient à un ordre avec un but bien précis celui d’appréhender le concept du plan supérieur, celui de l’absolu ou la dualité qui est le symbole du grade quise résout en « UNITÉ » Il se doit de redescendre sur terre pour y agir efficacement. Le KH. n’est plus seul il a intégré le groupe mais se doit de mener son action de façon personnelle et se motiver pourConnaître, Aimer, Agir.
III.-
LE KHADOSCH doit combattre et non venger pour faire triompher les principes et l’idéal acquis par ses précédentes initiations ; il se perfectionne en combattant ses vices pour réaliser ce qui rapproche et unit
Le 30ème degré, considéré comme la fin de l’initiation proprement dite le KH.est arrivé à la fin d’un cycle et parvient au grade dit « TERMINAL »
Le chevalier est seul, l’homme est seul. Pour combattre cette solitude, les Francs-Maçons s’unissent dans un travail collectif. Cependant la réalisation de chacun n’est que personnelle ; seul et solitaire chaque Maçon doit trouver son rythmeafin d’assimiler le Bien, le Beau, la Sagesse, le travail intérieur est individuel.
Après s’être perfectionné Le KH doit être un éducateur, un initiateur, il doit inculquer aux autres le désir de l’effort, le désir de pratiquer un travail sérieux et collectif. Il doit savoir conseiller et mettre sur la voie, tout en se gardant bien de donner des ordres, fixer des interdits
Sa démarche spirituelle ne vise que la régénération de l’homme et demeure indépendante du savoir. , elle touche les degrés de la conscience.
Il doit connaître ce qui est bon ou mauvais et doit pouvoir apporter le remède à celui qui en a besoin, de par son savoir il doit apporter la paix.
Le Chevalier sait maintenant que la manifestation de l’ordre nécessite un certain « CHAOS » qui doit être organisé d’une certaine façon afin qu’apparaisse la perfection de l’ordre.
Par cette prise de conscience, par les actes de tous les jours, il doit unir son action
extérieure à celle de la réflexion agrandie par l’initiation, il doit prendre le chemin de la rectitude, un chemin droit qui s’élève vers l’activité cosmique.
Par cet effort vers la spiritualité, l’unité est recouvrée. Ilsait qu’il ne suffit pas de savoir, de connaître, mais qu’il faut aussi transmettre, il devient l’initiateur qui
après avoir appris à se maîtriser, peut aussi méditer et que grâce à son action intérieure, il revient sur terre pour communiquer à d’autres futurs élus la base de la recherche et de la quête de l’amour.
La valeur énergétique du chevalier Kadsoch, acquise par un lent travail effectif et hermétique, permet à d’autres hommes de pouvoir sortir de la caverne.
Au terme de la réalisation ascendante, le Chevaliera retrouvé son unité. Cette unité est incarnée en lui comme le monde entier est contenu en lui.
Il n’est plus seul, il est le symbole de l’unité reconstitué et en devient ainsi son défenseur
Souvenons-nous toujours de ces paroles que je crois être de saint Augustin :
«
Nous cherchons donc comme si nous allions trouver, mais nous ne
trouverons jamais qu’en ayant toujours à rechercher. »
trouverons jamais qu’en ayant toujours à rechercher. »
IV.-
Avant de combattre toutes autres actions extérieures, le KH doit engager son combat en 1er lieu contre les puissances intérieures qui s’oppose à sa propre libération.
Ayant atteint le sommet de l’initiation, le KH peut réaliser virtuellement son grand œuvreinitiatique et alchimique mais il lui faut aller plus loin en utilisant au mieux la force intérieure acquise et enrichie par la compréhension du sens métaphysique de la vie. Soutenus par la confiance et la liberté absolue d’action, il peut agir seuls dans le monde. Il est en mesure de définir le sens de sa réalisation descendante. C’est au sein de l’ordre qu’il doit œuvrerpour l’unité du rite,il doit en toute circonstance dépasser ce dualisme inséparable de sa condition humaine, en vue de s’engager sur le chemin de l’unité.
C’est le butqui lui est assigné, seule voie offerte en vue d’atteindre la réintégration symbolique de l’homme régénéré avec le rang que lui conférerale Créateur. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il pourra, s’il le décide, aboutir à la réalisation de son chef-d’œuvre, la pierre cachée des sages qui lui est promise depuis son entrée dans l’ordre.
Ildécouvrira alors, libéré des contingences de la peur, que tout se régénère par le franchissement des portes de la mort matérielle pour entrer dans le cycle de la vie éternelle de l’esprit.
Il appartient au KH, au Saint, c’est à dire à celui qui est entièrement libéré de ce qui, en lui, n’est pas exclusivement spirituel, de vivre hors des normes et de franchir toutes les limites Il doit ainsiassumer ses devoirs de citoyen éclairé, se révéler homme d’initiative et de responsabilité, sans oublier que la liberté d’action qui lui est offerte engage l’Ordre tout entier. Son devoir doit le porter à faire respecter dans les loges les principes et critères fondamentaux du rite Ecossais Ancien et accepté.
V.-
Le récit biblique de la construction du temple de Salomon est une légende initiatique dans la quelle est évoquée des grands thèmes humains tel que la mort, la résurrection et toute la substance des derniers degrés, qu’elle soit historique ou légendaire, a tiré ses récits dans la bible. Pour s’en convaincre référons-nous à l’histoire du peuple hébreuet du judaïsme, reposant sur les
Concepts de l’élitisme- car choisi par Dieu et de la terre promise, celle qui est donné par Dieu en signe de reconnaissance. Dieu apparu à Abraham et lui dit » c’est à ta descendance que je donnerai ce pays »( Genèse 12,7)
A noter que les chrétiens, pour dépasser l’Ancien testament, tout en soulignant sa continuité avec le nouveau testament cite dans leur liturgie « L’alliance nouvelle et éternelle » comme nous l’avons évoqué plus haut la Chevalerie dont le caractère fondamental est d’origine strictement métaphysique est reliée à l’Universel
C’est plus dans son caractère fondamental que danssa substance que la Maçonnerie chevaleresque peut se prévaloirde son Universalisme et en apporter le témoignage par le symbolisme et l’ésotérisme.
Chaque étape du parcours initiatique permet de découvrir la clé donnant accès au degré suivant, grâce à l’interprétation des légendes et des symboles menant aux acquisitions successives de la connaissance. Cette voie initiatique, donnant accès à la notion du sacré, éveille ainsi l’homme à la transcendance.
Notre rite exclut toute expression dogmatique d’une vérité et ouvre la voie d’une recherche libre et personnelle et ce de part le respect total de la pensée de la conscience de chacun. Le Grand Architecte de l’Univers apparaît ainsi comme la clé de voûte de l’édifice : parce qu’il est un architecte, il symbolise le sens, la non-absurdité du monde et de la vie ; mais parce qu’il est qu’un architecte, il symbolise du même coup la liberté laissée à chacun de découvrir son propre sens, dans sa propre vie, dans la voie ésotériquequi est celle de la Parole perdue.
C’est pourquoi, les formes et les traditions emprunté aux différents récits ne peuvent qu’être l’écorce et la périphérie et que c’est au noyau qu’il faut s’intéresser pour en tiret toute sa saveur car il est central.
Le passage du niveau inférieur au niveau supérieur illustre le passage du chaos à l’ordre. Par conséquent il ne faut pas mépriser l’a priori superficiel, car il est le commencement nécessaire pour chercher et trouver la Vérité.
Souvenons-nous que :
– La Maçonnerie n’admet la discussion que pour éclairer les idées, elle ne saurait l’admettre comme une possibilité de les imposer.