30° #427012

La place de la réflexion dans le REAA

Auteur:

H∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
T.P.G.M.


T.ILL.FF.


Et vous tous mes FF. C.K.H.

La place de la réflexion dans le REAA


La réflexion, nous enseignent les philosophes, est ce retour de l’esprit sur lui-même, qui va jusqu’à l’introspection et la médiation.
Le REAA l’a mise au service d’un humanisme spiritualisé, d’une métaphysique adogmatique basée sur des paliers initiatiques et un langage symbolique où l’intuition, l’imagination créatrice, la surréalité côtoient la rationalité pure.


C’est à dire que l’humble candidat, plongé dans les ténèbres du Cabinet de Réflexion, doit s’adapter à une nouvelle posture de pensée et recadrer son attitude mentale en fonction de cet univers ésotérique. Certes, le testament philosophique lui fait revisiter son passé, mais l’engage aussi à discerner l’avenir. Vision de désarroi, à la seule lueur d’une bougie qui n’est que la projection de sa propre lumière intérieure. Mais s’il s’interroge sur la multiplicité des symboles, et notamment alchimiques, avec le mystérieux V.I.T.R.I.O.L., sa réflexion reste plus interrogative que constructive.
Le flash de l’Initiation va jouer le rôle de catalyseur, et l’épreuve du miroir, lui même symbole de réflexion, ce « juge de l’âme », est là, déjà, pour lui suggérer que « l’homme est corps dont l’âme est la forme et dont la substance est néant ».
Imprégné de symboles, l’Apprenti fera silence le temps nécessaire : silence extérieur , certes, mais surtout intérieur, afin de maîtriser ses passions et d’aiguiser son discernement.


Mais la réflexion de notre nouveau F est encore hésitante. C’est en franchissant le cap du Compagnonnage qu’elle deviendra plus pragmatique. Déjà s’établit un équilibre entre la lux que reçoit l’œil et la lumen qui en émane, ce qui permet une intériorisation des données objectives.
Le 1er voyage est un retour sur son passé d’Apprenti, mais le fait réfléchir au bon usage des cinq sens, notamment de ses yeux, véritable fenêtre de la pensée et du «  Connais toi toi-même ». Les 2° et 3° voyages l’invitent à se concentrer sur les armes du savoir et à «glorifier le travail» .Le 4° voyage, conforté par le 5°, lui fait méditer sur la pensée hermétique et les Lois de l’Univers. Au cours de ce périple, le Compagnon voit l’Etoile Flamboyante et discerne l’invisible sous le visible, d’où un transfert plus ou moins conscient et réfléchi de l’opératif au spéculatif et du réel à l’imagination.


Mais la leçon est loin d’être bien comprise ; en traversant inconsidérément l’Etoile Flamboyante, ce guide spirituel qu’il voit s’éloigner, puis disparaître, le Compagnon a déclenché un véritable psychodrame. Et lorsque le jeune MM voit l’axe de la lumière brisée, il est déjà trop tard. Le drame hiramique, en l’empêchant d’élever sa psyché à l’universel, a fait perdre la Parole. Il ne reste au MM que « Mohabon » pour retrouver les secrets véritables et à méditer pour tenter d’aller vers le cœur du C, vers le plus que lui propose le 4° degré.

Mais le MS ne voit, toujours, pas bien et ne comprend pas bien. Un nouvel outil symbolique lui est alors proposé : la clé d’ivoire. Celle qui même à la Connaissance, en essayant de mieux discerner, de mieux pratiquer l’introspection. Le Lévite, qui gravite autour du St. des Sts. , le regard tourné vers la verticalité, cultive la mémoire du savoir et transpose en lui la pointe sèche des sentences. Il revit les péripéties de l’Exode. Cet approfondissement psychologique, qui conduit au Devoir, lui permet de réaliser une Alliance avec lui-même, avec l’Ordre et bien sur avec le G.A.D.L.U. : .


Bientôt, au 5° degré, il prendra conscience que nous sommes tous FF, tous libres et tous égaux devant le G.A.D.L.U., puisque tous nous portons en nous l’Etincelle principielle. Mais si les degrés suivants tentent d’affiner notre réflexion en nous incitant à la curiosité et en abordant le concept de Justice, le 9° degré, lui, est un fiasco total. L’impulsivité stupide de Johaben, son a-réflexion rallument les passions mal éteintes, aveuglent sa psyché et lui font oublier l’incontournable devise : « Vigilance et Persévérance ».

Il faut, alors au G.M.A. toute sa lucidité retrouvée et toute sa volonté pour tirer une leçon des degrés précédents et tenter désormais de «  Bien voir, bien comprendre, bien agir ». Le Génie parle en lui, qui doit lui permettre de mettre en œuvre toutes les ressources de son intelligence naturelle qui va du clair-obscur de l’intuition à la pleine clarté de la raison, aidée par l’imagination créatrice, afin d’éradiquer « May a », l’illusion. Cette attitude psychique débouche sur le plan d’un Tallégorique . Mais le G.M.A., là encore, manque de clairvoyance. Il confond l’objectif et le subjectif, l’idée et le symbole, la théorie et la pratique. Il oublie que la réflexion doit déboucher sur l’action. Il oublie de laisser parler son « intelligence du cœur » .
Seul le mot «  Adonaï » lui sera accessible.

L’intelligence du cœur, c’est aussi ce qui manque à nos Mages venus de Babylone pour retrouver la Tradition Perdue. Mais au cœur de leur quête, ils n’ont su faire leur désert intérieur pour ne garder que l’Essentiel. Ils ne saventtirer enseignement de cette descente introspective basée sur le modèle kabbalistique et qui les mène à la 9éme voûte. Leur orgueil, leur psychisme mal maîtrisé leur font confondre le Centre de l’Idée avec l’Idéation. Ici, la transgression dépasse le permissif accordé à l’esprit humain pour devenir une transgression du pur Esprit. Ainsi laisseront ils échapper du vase brisé le Mantra de la Vraie Parole, gravé sous le Pierre d’agate.
Il ne leur reste plus rien, hormis cette petite Lumière divine, indestructible, qui les incite à méditer sur le message du 11éme cercle et sur cette vertu qu’ils viennent de découvrir : l’Humilité. Par cette expérience introspective du vécu, ils comprennent que la Vérité ne peut être approchée par une réflexion purement scolastique. Le recherche de la Gnose pour la Gnose n’est qu’un exercice de style menant à un confinement stérile.


Et c’est bien ainsi que réfléchissent les Chev. d’O et de l’Epée, après le franchissement du Pont de Gandara. D’un désert matériel, ils accèdent à un désert spirituel, mais aussi à une voie nouvelle où la spiritualisation de l’être ne pourra se faire qu’au prix d’une totale remise en cause psychique et affective. Cette métanoîa ne trouvera son aboutissement qu’avec le séisme apocalyptique du 17éme degré.

Il faut maintenant errer dans l’antichambre obscure du 18° degré, à la recherche d’une Connaissance efficiente, d’une Connaissance affective qui passe par la restructuration de l’âme et de la psyché. C’est dans le T noir que la vision des Vertus théologales les y aideront. Demeurés seuls avec eux-mêmes, les Chev. , marqués par une intuition qui deviendra méditation profonde, découvriront, avec l’aide de l’Espérance salvatrice, de la Foi et de la Charité, leur véritable personnalité. Cet intense effort introspectif les amène aux portes de l’anéantissement physique, jusqu’à ce que les voix intérieures, mystérieuses, après avoir rompu les digues de l’inconscient archétypal, leur révèlent dans un souffle la Parole retrouvée, qu’ils burinent en leur cœur.
Le long parcours qui mène de V.I.T.R.I.O.L. à I.N.R.I. trouve ici son accomplissement. LaCroix,celle du sacrifice , mais aussi du Feu intérieur surgit de façon multidimensionnelle. L’individuation, cette prise de conscience totale de l’être, va leur dicter désormais leur loi intérieure, leur fait prendre pleinement conscience de leur Essence et leur fait comprendre que tout procède de l’Unité véritable du Cosmos.La cérémonie de la Cène, avec son creuset alchimique, résume le long processus de cette rénovation.
Pax Tecum : le C.R.C. peut maintenant convertir son regard sur le monde extérieur. Réfléchir, comprendre, transmettre : l’histoire de la Tour de Babel montre la nécessité d’un langage universel. Reconsidérer le problème du Bien et du Mal, et à travers lui celui de la dualité, c’est ce que résume l’épisode du Serpent d’Airain.


Cette approche spiritualisée du monde extérieur permet à l’adepte du 28° degré de s’ouvrir à une réflexion nouvelle, de faire une synthèse de ses acquits passés en revenant à la Genèse ou au lointain Stibium. Le globe transparent du soleil, qui diffuse la seule vraie Lumière, témoin de l’Unité de l’Etre Suprême, lui permet de discerner les secrets de la Nature, lui ouvre le chemin de la Science et de la Sagesse, le projetant dans l’avenir. Et le F. Véritél’emmènera vers l’Eden, aux portes de la Sainteté, à travers le monde des Planètes, des Archanges et celui, ambigu, des vérités gnostiques.


Tels sont les prémisses du 30° degré et de son Echelle Mystique, sommet de l’Initiation
Templière. Le Grand Ecossais de St André, épris de Vérité, en gravit un à un les échelons qui sont autant d’obstacles spirituels énoncés sur un monde gnostique et alchimique dont il reconsidère longuement les préceptes dans une sorte d’ascèse psychique. Après avoir éprouvé Astaphaïos, la pneuma de Sophie et dépassé le Royaume des formes, il pourra ressentir, dans un sentiment de totale liberté intérieure, le souffle de l’Absolu. Il a repoussé les limites et entrevu l’Unité. Il a appris à résoudre en lui le problème de la dualité. Entrevoir l’Unité, cela signifie que, redescendu surTerre par le mondes Planètes, le C.K.H., adoubé, est maître de son cheval et c’est à dire de sa psyché. Il est passé de la « Connaissance de Dieu, auteur de tout ce qui est » à « l’Inconnaissance de Dieu ».
Ici, la réflexion touche à l’expérience intuitive puis au transrationnel. La démarche apopha(n)tique, aboutissement d’un long parcours initiatique, illustre la méthode écossaise qui allie des cycles de connaissance à des cycles de dépouillement.
Unité en soi, cela signifie que le C.K.H. est en harmonie avec le Principe, mais que sa pensée participe à la fois de l’Absolu et du Relatif. Il est un intercesseur qui doit réascensionner, sans cesse, l’échelle, en redescendre ensuite. Telle est la mission du C.K.H. : il affirme son essence et sa pensée médiatrice en transmettant. Il contribue ainsi, grâce à son ressenti, à faire régner l’Amour et la Justice avec l’aide du monde imaginal et la puissance des armes de Lumière.
Guidé par la justesse de sa réflexion et par son expérience, il a acquis un droit d’initiative qui lui permet alors de ne pas subir les évènements mais de les transformer.


J’ai dit.

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