30° #427012

L’Action du Chevalier Kadosch

Auteur:

H∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

L’Action du Chevalier Kadosch

ne peut s’inspirer que de l’idéal d’unité,


nous préparer à une ascension qui excède les limites de notre vie

Stimulé par une action venant de l’intérieur, le profane que nous avons été a frappé à la porte du Temple et a été initié dans un monde nouveau avec lequel, pendant les premières années, il a appris à se familiariser et, surtout, à engranger souvent à son insu, tout ce que les trois premiers degrés contiennent en potentialité, sans toutefois en rien révéler. Et le mot « initié » se justifie en tout point sur le plan étymologique, signifiant : le commencement. En quelque sorte, son propre « Bereshit ».

Après avoir été coopté, parce que ses recherches ont été évaluées valables, sincères, avides, il est entré dans le vif du sujet et, à partir de ce moment, va commencer pour lui une sorte de « dissection » de ces trois premiers degrés, et faire apparaître plusieurs paliers dont il ne pouvait se douter, mettant en lumière les différentes étapes censées le conduire à l’Unité. Ce sera, par analogie, son Exode, qui le conduira d’un quatrième au trentième degré, autrement dit le long et interminable passage de son désert à sa propre Terre Sainte, plus connue sous l’appellation de « Nec plus Ultra ». Il pourrait, à ce sujet, y avoir une double interprétation, à savoir que « rien au-delà » pourrait signifier soit un but à atteindre, au-delà duquel il n’est plus la peine de chercher autre chose puisqu’il n’y a plus rien, soit, au contraire, une fois arrivé à ce stade, que ce « Nec plus Ultra » devienne le commencement d’autre chose ou une suite logique, un prolongement à une ascension qui excède les limites de notre vie. Nous en reparlerons !

Avant d’en arriver à ce stade, le Maçon devra prendre conscience d’un Devoir qui l’interpelle, alors qu’il n’avait jamais été effleuré par lui. C’est en ce sens que l’appellation de Loge de Perfection prend tout son sens. C’est une première étape qui oblige à se concentrer à l’intérieur de soi pour en découvrir l’Etre qui est de toute éternité, et d’apprendre à devenir obéissant à ses directives, lesquelles directives constituent le Devoir. Pour ce faire, il est nécessaire de s’assouplir, de se pétrir au moyen de la force de volonté pour se faire taire, pour exiger le silence qui permettra à l’Etre de s’exprimer et de se transformer en guide intérieur : d’où la notion, sinon de perfection, en tout cas de perfectionnement qui servira de tremplin à la suite du programme de travail, proposé à l’initié par la méthode progressive du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Une fois cette glaise bien malaxée, grâce à ce premier palier bien appris, bien assimilé, et surtout bien pratiqué, le disciple initié sera mis en contact avec la Loi d’Amour. Ayant exercé sa volonté en Loge de Perfection, il apprendra maintenant qu’il existe un autre moteur, autrement puissant : la Foi. La nature humaine étant faible par nature, cette Foi sera souvent vacillante et ce moteur tournera quelquefois à vide. Qu’il ne s’en émeuve pas, la Charité, ou Voie du Cœur lui viendra en aide. Cette Voie du Cœur, il en a eu un aperçu précédemment sans en connaître le nom, grâce au Devoir, car l’appel de l’Etre intérieur qui impose un Devoir que forcément on ne connaît pas, provient directement de cette Voie du Cœur. Autrement dit, appel de l’Etre et Voie du Cœur sont synonymes, et ce n’est qu’au Chapitre que l’initié peut s’en rendre compte. Ce qui était précédemment dépendant de la volonté, doit le devenir maintenant par la Foi. Et si Foi et Charité vacillent à un moment ou à un autre, ce qui ne saurait manquer d’arriver tôt ou tard, apparaît ce que l’on pourrait appeler une soupape de sécurité : l’Espérance, qui ne s’éteint jamais, même dans les pires moments et vers qui il est toujours possible d’avoir recours. En poussant plus avant dans les investigations, on s’aperçoit que l’appel de l’Etre et la Voie du Cœur sont maintenant soudés dans la Loi d’Amour, Loi qui régit l’Univers dans lequel s’intègre l’Humanité. C’est un pas de plus vers l’Unité. Il est bon toutefois de mentionner que ce pas est à la fois indispensable et préliminaire à l’Action. Vous l’aurez compris, j’ai voulu schématiser au plus près les deux paliers précédents, paliers que chacun appréhende à sa manière.

Fort de cet enseignement, l’initié est maintenant prêt pour l’Action. Cette action n’est pas celle de l’agitation : ce sera une entreprise régulée, construite, avec des directives venant de la conscience. « Allez dans le monde, seul, univers complet, responsable devant votre conscience, riche de connaissance et d’amour » dit le Rituel. Cette action a un but bien précis : l’unité. Nul ne sait, en amont, s’il y parviendra. C’est la raison pour laquelle, dans un premier temps, son action ne peut que s’inspirer de l’idéal d’unité. De quelle unité s’agit-il ? Bien entendu, il s’agit de rejoindre l’Unité cosmique, mais avant cette destination suprême, il faudra réaliser la sienne propre sans laquelle rien ne sera possible ultérieurement ; et tout, dans cet Aréopage, symbolise la dualité nous est-il encore précisé. Comme Ecossais Trinitaire ou Prince de Mercy, notre âme prisonnière de l’ignorance et de l’erreur, a été délivrée par le dévoilement de la Vérité. Cela ne veut pas dire, en aucune façon, que nous l’avons atteinte. Cela veut prétendre que, en nous montrant que cette Vérité existe, toute nue, il n’y a pas d’autre alternative que de tenter d’y parvenir et que, sans l’atteindre, puisqu’elle est inaccessible, ce sera en tout cas le seul moyen de se délivrer de l’ignorance et de l’erreur. Pour ce faire, le Rite Ecossais nous y conduit doucement, pas à pas, sachant que depuis très longtemps déjà, nous devons et nous sommes toujours en train de combattre les mauvais compagnons, symbolisés ici par Philippe le Bel et Clément V.

Pour ce faire, l’Aréopage met à notre disposition un moyen on ne peut plus efficace : l’Echelle mystérieuse. Si, dans ce symbolisme de l’Echelle abondamment employé dans les siècles précédents, depuis l’Echelle de Jacob jusqu’à celle de Jean Climaque, et d’autres, celle-ci a toujours été une échelle simple. Celle du Chevalier Kadosch est double, et c’est la seule de ce type, ce qui offre une garantie de stabilité. Tout dépend comment nous allons nous en servir car rappelons-nous les injonctions des deux Poursuivants blanc et noir. L’un préconise la force en osant tout renverser, quelque part dans un but de profit ; l’autre nous invite à la douceur, à la patience et à la persévérance. Ce dernier est un discours que l’on entend depuis le premier degré d’Apprenti, ne l’oublions pas. Ce dialogue sous-entend qu’il existe une force cachée – ou pas tout à fait dévoilée en tout cas – à l’intérieur de l’homme, et tout dépendra de l’usage que ce dernier en fera. C’est un choix que nous avons à faire, et qui dépend de notre libre-arbitre. Néanmoins il est bon de préciser, me semble-t-il, que, si nous optons pour la force et la destruction, il sera toujours temps de revenir à des moyens plus amènes ; alors que, si nous choisissons la douceur, la patience (même dans l’adversité) et la persévérance, nous devrons mettre tout en œuvre, sur le plan de la volonté et de la Foi, pour que celles-ci soient et restent inflexibles dans le maintien du choix. En effet, on s’apercevra très vite que la nature humaine, que nous commençons à bien connaître, fera tout pour nous faire dévier de notre route, ne serait-ce qu’en prétextant que, dans ce cas de figure, rien ne va assez vite, qu’il y a perte de temps et, aussi, ou par conséquent, de profit. Ce profit n’est pas forcément matériel ; il peut être intellectuel, psychologique, ou une recherche de pouvoirs de plusieurs natures. Devant cette évidence, nous risquons de redevenir pressés, d’abandonner la patience et la persévérance, et d’abonder dans le sens du Poursuivant noir, ce qui nous amènera fatalement, sinon à la catastrophe, en tout cas au manque d’Unité, certainement. Saint Jean Climaque est mentionné dans le Rituel, et pour illustrer ce qui vient d’être dit, nous trouvons dans son « Echelle Sainte », au 24ème degré, verset 5, la phrase suivante : « La douceur est la gardienne de la patience, la porte de l’amour, ou plutôt, sa mère, le principe de la prudence et du discernement ». Mais nous savons que cette position est fragile et que ce fil du rasoir sur lequel nous évoluons, nous oblige à tendre toutes nos forces, comme un arc dont la flèche atteindra la sainteté, par la Sagesse et par la Science.

Cette Sainteté par la Sagesse et par la Science nous a déjà été montrée : ce sont les trois « S » de « Stellato, Sedet, Solio », figurant sur le Tableau du Chevalier du Soleil. Nous la retrouvons maintenant au travers du vocable de « Kadosch ». Pourparvenir à cette Sainteté, deux chemins sont à notre disposition : le versant hébraïque de l’Echelle double, correspondant aux différents plans de conscience à ouvrir impérativement, encadrés par l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et figurant déjà en cela une sorte d’unité ; le versant des Arts Libéraux, réunissant en potentialité la Science. L’un et l’autre, l’un avec l’autre, nous conduit à l’Unité idéalisée, au socle ou tremplin appelé « Nec plus Ultra ». Pourquoi socle ou tremplin ? Nous en parlerons plus loin. Nous avons là les moyens d’y parvenir et Rabelais nous prévenait déjà en son temps : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! » Le message est clair. Tellement clair que nous le retrouvons, en détail cette fois, grâce à l’Echelle mystérieuse. Pourquoi cette appellation ? Parce que, le Kadosch devient un myste, candidat au mystère, en prolongement des mystes et mystagogues des sectes initiatiques de l’Antiquité, en quête de l’Absolu, au-delà duquel il n’y a rien – j’allais dire fatalement ! En effet, s’il devait y avoir autre chose après, l’Absolu ne serait plus l’Absolu, mais un ersatz, ou une étape conduisant au véritable Absolu. L’Absolu étant par définition absolu, il ne peut donc rien y avoir après, si tant est que ce mot d’ « après » convienne en la matière, ce qui n’est pas certain. De ce combat intime, farouche, sauvage, sans pitié et néanmoins pacifique, le résultat sera « Vincere aut Mori », vaincre ou mourir. Il ne peut être envisagé autre issue ! Seulement, en remportant la victoire, c’est de l’éclosion du Soi dont il s’agit. Comme le dit Jeff Love, dans les Dieux de la Cabale : « Le Soi peut se définir ou se concevoir de deux manières. Nous pouvons le décrire comme étant le centre de l’être en le représentant par un point, source d’où émanent et sont perçus l’esprit, le corps et l’univers physique. Ou bien on peu imaginer le Soi comme étant l’entier, le « Gestalt » de l’individu, (c’est-à-dire, sa forme, son contenu), incluant toutes les facettes de celui-ci. Ces deux points de vue sont utilisables, mais la vérité se situe quelque part entre les deux, les englobant. Lorsqu’on en fait l’expérience, le Soi est au-delà de l’espace temps. »

Le Rituel nous fait savoir qu’après avoir gravi l’Echelle, « nous devons redescendre sur terre pour y agir efficacement ». Certes ! Mais si l’habitude – et non la tradition, comme on aurait coutume de dire – si l’habitude nous fait gravir cette Echelle par le versant hébraïque, rien n’interdit de le faire par l’autre. Les deux conduisent également au Nec plus Ultra, indifféremment. Ce qui est sûr, c’est que nous devons redescendre sur terre, après avoir assimilé la Science et développé la Conscience. Quel que soit « l’itinéraire » choisi, nous aurons expérimenté l’Unité et c’est à ce moment que, fort de cette sainteté chèrement acquise, nous pourrons prétendre, ou en tout cas espérer, montrer le chemin aux êtres, maçons ou non, qui suivent derrière. Montrer le chemin devient conforme à l’amour du prochain ; l’amour du prochain ne peut exister sans l’amour de Dieu. Il est bien évident que, dans ce cas précis, Dieu n’est pas une déité, mais correspond à cette Unité globale que l’on appelle Cosmos, ou la Nature, comprenant le visible et l’invisible, Unité globale à laquelle le programme de travail prescrit au Chevalier Kadosch est configuré comme Idéal.

Il reste à parler maintenant de l’aspect le plus subtil, pour ne pas dire le plus « sulfureux » du sujet proposé : « Nous préparer à une ascension qui excède les limites de notre vie. » Reportons-nous encore une fois au Tableau du Chevalier du Soleil : nous y voyons un des quatre triangles qui signifie, toujours d’après le Rituel : « Attendre avec confiance le moment où nous passerons dans l’autre vie. » Le fait que nous devions quitter cette vie un jour ou l’autre ne pose aucun problème à personne car le phénomène fait partie des « us et coutumes » si l’on peut s’exprimer ainsi. Passer dans l’autre vie, comme il vient d’être dit, peut en revanche, provoquer quelques interrogations, voire quelques réactions, car les croyances s’affrontent, les superstitions aussi, les non-croyances également. Avant d’aller plus loin, il serait légitime de se poser, sinon la question, en tout cas une des questions, à savoir pourquoi nous sommes là, dans cet Aréopage, au 30ème degré, plongés dans une quête initiatique, et pas d’autres, sachant qu’il y a des fluctuations dans l’intelligence, l’érudition et le savoir; pourquoi des hommes pétris de savoir ne s’interrogent-ils pas sur la Connaissance comme nous le faisons en ce moment; pourquoi y a-t-il des « primaires » très évolués sur le plan de la conscience, et d’autres interrogations adjacentes. D’autre part, et c’est un sujet fondamental, compte tenu de l’espérance de vie de l’humain d’aujourd’hui, qui a pratiquement doublé par rapport à celui du Moyen-âge par exemple, et si on enlève la période de l’enfance, avons-nous sincèrement la capacité de réaliser en quelques années, tout le cursus initiatique proposé par le Rite Ecossais Ancien et Accepté, jusqu’à la plateforme du Nec plus Ultra, sachant que la vie humaine n’est qu’un point dans l’éternité ? Virtuellement, oui, puisque nous y sommes ! Mais réellement, avec les ouvertures de conscience inhérentes et surtout indispensables à la démarche. Certainement que non ! Toutefois, certains y sont parvenus, car il me semble impossible d’élaborer un Rite, surtout aussi complet, s’il n’y a pas eu le vécu comme support. Un Jésus, un Bouddha, sont parvenus à l’éveil, et d’autres que nous ne connaissons pas, même contemporains, mais qui ne l’affichent pas car à ce niveau-là, la loi du silence devient naturelle, inévitable, pour des raisons évidentes. Par conséquent, si certains humains y sont arrivés, cela signifie que cette quête est, par la force des choses, accessible à l’homme. D’autre part, si certains y arrivent dans cette vie (n’oublions pas que Jésus est mort à trente trois ans !) c’est qu’ils avaient déjà forcément un acquis. A partir de ce moment, on commence à comprendre le sens de la phrase extraite du 28ème degré. Compte tenu de tout ce qui vient d’être dit, si l’initié doit attendre avec confiance le moment de passer dans l’autre vie, la logique nous propose l’interrogation suivante : « Etions-nous confiants de quitter cette autre vie, pour venir « atterrir » – c’est le mot ! – dans le ventre de notre mère respective ? En effet, puisque j’ai évoqué la logique, si nous devons aller quelque part, il est évident que nous venons aussi de quelque part et, dans ce cas, même le Néant peut être qualifié de « quelque part » ! De toute façon, que ce soit à l’aller ou au retour, il y a deux mystères impénétrables qui nous enveloppent : celui de la naissance et de la mort. Et il me revient une parole de Lao-tseu dans le Tao-te-king : « Tous les hommes désirent uniquement se délivrer de la mort, mais ne savent pas se délivrer de la vie ».

Revenons à la deuxième partie de ce sujet : « Nous préparer à une ascension qui excède les limites de notre vie. » Considéré de cette façon, le sens de cette phrase commence à s’éclaircir. Que constatons-nous ? Que nous ayons gravi l’Echelle par l’un ou l’autre versant, l’un ou l’autre, ou l’un et l’autre, nous arrivons indifféremment au Nec plus Ultra, et vous vous souvenez que, au début de mon propos, j’avais qualifié cette « plateforme » soit de but à atteindre en tant que socle ou synthèse, donc de finalité, soit de tremplin, ou commencement d’autre chose. En effet, est-ce la fin des études, sanctionnant un périple, frontière à ne pas franchir sous peine d’aboutir dans le Néant ? Ou bien est-ce la fin d’un voyage préparant au commencement d’un autre, avec d’autres vibrations différentes de celles de la matière, une autre hiérarchie à affronter et à gravir, d’autres responsabilités ? Dans un palier inférieur, nous avons entendu parler de En Soph, porte de l’Infini interdite aux humains. Nec plus Ultra et En Soph sont-ils synonymes ? Dans un premier temps, la question ne se pose pas car, de toute façon, il est bien stipulé que le Chevalier Kadosch doit redescendre sur terre pour y agir efficacement car cela fait partie de sa mission immédiate, ce qui n’empêche en aucune manière de se préparer à une autre ascension qui, elle, excède les limites de notre vie, et qui dépendra du travail accompli sur terre.

Dans un livre admirable de l’illustre soufi Muhyiddin Ibn’Arabi, intitulé « Voyage vers le Maître de la Puissance », il est dit que la nature et l’intensité de ce voyage varient en fonction de chaque être et de sa capacité à se transformer. Cette transformation, ou pour être plus précis, cette transmutation alchimique, car c’est bien de cela qu’il s’agit, dépasse les apparences de ce monde, pour une quête vers l’ultime réalité, autrement dit, l’Unité, point de départ de ce travail. Cette transformation peut devenir aussi sa propre régénération, c’est à dire le recouvrement, sinon de l’état primordial de l’homme adamique, mais de la découverte du Réel et l’évanouissement des mirages du moi.L’on pourrait supposer aussi cette transmutation, être une réintégration dans le Tout Universel, ou monde de l’émanation, triangle équilatéral supérieur de l’Arbre Séphirotique, où se situent Hochmah, Binah (dernier échelon du versant hébraïque de l’Echelle) et la couronne, Kether. Dans son livre sur la Cabale, Dion Fortune nous dit que « Kéther, Manifestation Primordiale, représentant la cristallisation primitive, n’était pas manifestée… La Couronne, n’étant pas la Tête, est quelque chose qui se surajoute à la Tête. » Il n’est pas interdit d’y voir, là, une analogie avec le Nec plus Ultra, ainsi qu’avec une deuxième analogie : la Jérusalem Céleste, cette Jérusalem étant plus un état atteint par l’homme tout au long de sa construction intérieure, que véritablement un lieu. Salem voulant dire « la Paix », la déduction paraît assez simple. Le moi étant la source des souffrances de toute nature, à partir du moment où le Chevalier Kadosch est arrivé à se conquérir lui-même en maîtrisant son ego, et par conséquent à faire évanouir tous les mirages, il atteint la Paix profonde, couronné par Kéther surajouté à sa tête, détenteur en cela du couronnement promis par la « Voie Royale » sur laquelle il s’était engagé au début de sa quête initiatique. Il sera, en cela, occupant de la Jérusalem Céleste; il sera lui-même « la » Jérusalem Céleste ! D’autre part, au fur et à mesure que plusieurs Hommes réussiront ce « parcours », ils atteindront la même destination et seront, eux aussi, citoyens reconnus de la même Patrie. Si chacun construit son propre Temple intérieur, pierre amenée à l’édifice du Temple Universel, ainsi l’édifice de la Jérusalem Céleste grandira au fur et à mesure des victoires annoncées, jusqu’à ce que l’Humanité toute entière réintègre petit à petit l’état Primordial d’Adam. De ce fait, la Jérusalem Céleste peut s’identifier au Nec plus Ultra pour chaque « candidat à la Paix », en même temps qu’elle est l’aboutissement, utopique certes de nos jours, mais inéluctable et irréversible dans le temps, pour l’Humanité.

Pour l’instant, nous sommes  ici et maintenant, « invités à appréhender le concept d’un plan supérieur, celui de l’Absolu où la dualité… se résout en Unité. ». Pour ce faire, nous avons une vengeance à assouvir, celle de « la Vérité contre l’erreur, de l’Amour contre la haine, de l’Esprit contre la matière. Et cette vengeance doit se manifester, en priorité, contre ses ennemis personnels intérieurs… » Pour ce faire, rappelons-nous une partie de notre deuxième Serment : « Je jure de consacrer mes forces, mon intelligence et ma vie à la poursuite des buts qui sont ceux de l’Ordre, de travailler à l’élévation spirituelle et à l’Unité du genre humain, au succès de ce qui rapproche les hommes et à l’échec de ce qui les divise ; au triomphe du Bien sur le Mal, de l’Ordre sur l’anarchie, de la Raison sur les préjugés, de la Sagesse sur les passions, de la liberté de conscience et d’expression sur les forces d’oppression. » Soldat de l’Universel et de l’Eternel, plus nous nous tiendrons, en tout point, à ce serment d’Idéal d’Unité, plus facile sera notre voyage futur vers le Maître de la Puissance.

J’ai dit.

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