30° #427012

Le droit d’initiative

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1 – Où et comment apparaît cette notion

Au début de la cérémonie de réception au 30ème degré, le Très Puissant Grand Maître confère par communication les 11 degrés séparant le Chevalier Rose-Croix du Chevalier Kadosh.

Arrivé au 29ème degré, Grand Ecossais de Saint André, le récipiendaire apprend que ce degré est le premier non uniquement spéculatif, qu’il est consacré à la défense du Vrai, du Bien, du Juste. C’est donc un degré actif mais limité à des actions défensives.

Et le Très Puissant Grand Maître annonce déjà : « au Grand Elu Chevalier Kadosh, seul, appartient le Droit d’Initiative ».

Peu après, lors de sa réception au 30ème degré, le Très Puissant Grand Maître rappelle au futur Chevalier Kadosh son cheminement passé. Il a mis en application les deux grands principes initiatiques « se taire et savoir ».

Désormais il doit en appliquer deux autres « vouloir et oser », et le Très Puissant Grand Maître ajoute : « Soldats du Vrai, du Bien, du Juste et du Beau, c’est à vous qu’appartient le Droit d’Initiative ».

2 – Quelle est la signification de ses termes

Le Droit est ce qui est conforme à une règle, ce qui est permis par conformité à cette règle. Cette notion est souvent opposée à celle du Devoir. Depuis notre entrée en Maçonnerie, nous n’avons cessé de découvrir nos devoirs, et particulièrement au sein de l’Ordre, où, dès le 4ème degré, le Maître Secret apprend que le Devoir est la grande Loi de la Maçonnerie. Mais y a-t-il réellement une opposition entre Droit et Devoir ou une complémentarité ? En effet, Chateaubriand a écrit : « C’est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir ». Parce que nous avons rempli scrupuleusement nos devoirs, nous avons donc désormais des droits.

Le Droit est ici lié à la notion d’Initiative. Initiative vient du latin initiare, initier, commencer.

C’est l’action d’une personne qui est la première à proposer, entreprendre, organiser quelque chose.

L’initiative demande effectivement la conjugaison de « vouloir » et « oser », comme l’a annoncé le Tres Puissant Grand Maître.

3 – Qu’est ce qu’un Chevalier Kadosh

Un Chevalier Kadosh est tout d’abord un Chevalier.

Nous avons deja rencontré maints degrés portant ce titre, mais, pour la première fois, comme pour une initiation chevaleresque, l’épée a été remise, et le contenu légendaire des Chevaliers du Temple affirme cette qualification.

Le Chevalier est un homme libre qui, librement, fait respecter sa loi à l’intérieur de lui-même puis du monde.

Le terme hébreu Kadosh signifie élu, séparé, saint.

Le Chevalier Kadosh est en possession des acquits de Connaissance et d’Amour apportés par les degrés précédents. Il fait partie de ces moines-soldats relevant aussi bien d’une fonction royale que sacerdotale. Il va seul dans le monde et décide par lui-même de redistribuer, par l’action, sa sagesse.

L’échelle mystique représente, entre autres choses, son cheminement maçonnique. Les échelons ascendants, symbolisés par les Archontes, représentent l’histoire de l’origine du monde. C’est l’acquisition de la Connaissance par le Maçon, les bases sur lesquelles il va pouvoir s’appuyer. Au terme de cette réalisation ascendante, le Chevalier Kadosch a retrouvé son unité.

Ses mots de passe sont révélateurs : « Begohal Kol » traduit par « dans le dédain de tous », mais aussi parfois par « tout est régénéré » auquel le Chevalier Kadosh répond : « Barah Eth-Kol », « tout est expliqué ». Il n’y a plus rien à apprendre.

En haut de l’échelle, le Chevalier Kadosh est devenu médiateur entre le Principe et le monde Manifesté.

4 – Quel est son combat

Une fois parvenue au sommet de l’échelle, la réalisation métaphysique du Chevalier est achevée. La descente de l’échelle mystique nous ramène dans le monde manifesté, par l’intermédiaire des 7 planètes du système solaire. Le chevalier a donc pour ordre de redescendre dans le monde pour être un exemple et faire bénéficier l’humanité de tout ce qu’il a appris.

La Loge de Perfection lui a apporté la Connaissance et le Chapitre lui a appris l’Amour. Le chevalier Kadosh, parvenu au sommet de l’échelle mystique, ajoute à la Foi du chevalier Rose-Croix la force d’âme de la réalisation de son unité intérieure.

L’Aréopage se situe dans un camp, terme militaire qui signifie que les armées sont stationnées « à la campagne ». Cela veut donc dire, tout à la fois, qu’elles se sont rassemblées, pas actuellement en mouvement, mais que précisément leur devenir est d’entrer « en campagne ».

Elles sont préparées et disponibles, prêtes à partir combattre.

Mais, au 30ème degré, le Chevalier Kadosh est un chevalier solitaire. Il agit seul. Le camp ne peut être qu’un lieu de rencontre, d’échanges, où il se ressource.

En action, il doit veiller quand il veut dormir, supporter la fatigue quand il veut se reposer, souffrir la soif et la faim quand il a soif et faim, passer les mers quand il veut rester chez lui…, ce qui signifie que sa mission passe avant tout, doit être toujours présente dans son esprit. Sa sagesse acquise à force d’efforts et de souffrances lui permet de percevoir le Vrai, le Bien, le Juste et le Beau.

Son ennemi irréconciliable est désigné, c’est le serpent. Le Chevalier Kadosh doit le combattre pour le vaincre et le contraindre à servir.

Mais que représente ce symbole du serpent ?

Il a un caractère très ambigu, avec sa double symbolique de donateur de vie et messager de mort. L’apparente opposition met en lumière la complémentarité de ces deux dimensions. Son fondement se trouve dans sa proximité avec la Terre-mère. Mais, symbole de Connaissance, il est devenu le tentateur, que le Chevalier Kadosh doit retransformer en serviteur.

Chacun de nous a son double, son ombre, son serpent, qu’il doit combattre et asservir.

Où qu’il se trouve, le Chevalier Kadosh doit donc toujours rechercher le serpent, présent partout, pour le combattre et l’asservir.

Par son opiniâtreté, sans obéir à un autre ordre qu’à sa conscience. Il parviendra enfin à vraiment remplir le rôle du Franc-Maçon : être acteur dans l’amélioration de l’humanité, en commençant, bien sur, par lui-même.

5 – Quelles sont ses armes

Le Chevalier Kadosh n’est pas désarmé pour accomplir son oeuvre. En effet, il a reçu l’épée, arme symbolique du Chevalier, qui transformera les événements et rouvrira les portes du paradis. Il a donc l’assurance de gagner ses combats.

Mais il a surtout désormais une nouvelle arme, symbolisée par l’aigle blanc et noir, et découverte lors de sa réception au 30ème degré : la conciliation des contraires.

Les deux couleurs du noir et du blanc sont omniprésentes chez le chevalier Kadosh, ce sont celles de ses décors qui lui rappellent la permanence de ce dualisme entre les forces du bien et du mal, tant dans le monde qu’en lui. Sur chaque échelon de l’échelle mystique, à chaque étape de son cheminement, il découvrira de nouvelles difficultés, en l’occurrence des éléments qui s’opposeront. Il devra en toutes circonstances dépasser ce dualisme inséparable de sa condition humaine, en vue de pénétrer sur le chemin de l’unité au coeur de lui même. Pour cela, il devra toujours monter au niveau supérieur pour élever son esprit, et « concilier les contraires », trouver la solution qui transforme le binaire en unité.

6 – Conclusion

Revenons donc à la question essentielle: accéder au 30ème degré, devenir Chevalier Kadosh, être un Chevalier d’action et de combat, c’est bien, mais pour faire quoi ?

En Loge de Perfection, le Macon a trouvé l’étincelle divine au fond de son être et a pris pleinement conscience de son Devoir dans l’oeuvre de Création. Au 18ème degré le Maçon a compris qu’il était engagé désormais dans une voie d’Amour, qu’il ne doit plus quitter.

Donc, si la vie du Chevalier Kadosh est un combat incessant, si l’Action est son arme par excellence, celle-ci ne vaut que par l’Amour dont elle est chargée. Il devient ainsi évident que, lorsque le Chevalier Kadosh se bat, ce n’est pas pour diviser, ce n’est pas pour meurtrir, et encore moins pour tuer… Son combat ne peut être que pacifique.

Il ne peut se servir de ses armes qu’en pensant :

– à maitriser les oppositions,

– à concilier la Connaissance et l’Amour,

– à faire rayonner une force sereine et à réaliser l’harmonie dans l’Action.

Nous prenons donc conscience que le véritable objet de notre vie est de combattre pour le droit dans le tourbillon du monde, de prendre part à la lutte qui se déroule sans cesse entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, entre les forces qui oppriment et celles qui protègent.

Le Rituel nous indique nos Droits. Ils ne consistent pas seulement à nous soumettre aux décrets de la loi divine, mais à y collaborer, donc participer à la finalisation de l’oeuvre de création, et, pour nous Maçons du Rite Ecossais Ancien et accepté, participer à l’avènement de notre idéal, le Saint Empire.

J’ai dit, T P G M

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