Le Gardien du seuil est à la limite, et nul ne trompe sa vigilance Le Pouvoir de la clé
J∴ M∴ R∴
Aa la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Ordo Ab Chao – Deus Meumque Jus
Au Nom et Sous la Juridiction du Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du
33ème et Dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et
Accepte pour la France
Résumé
Dans la formulation du thème deux idées (au moins) semblent co-exister : Gardien avec son corollaire : Limite et seuil. Et clé avec une notion de pouvoir.
Mais d’où vient cette notion de gardien ? La planche nous entraîne malicieusement sur une définition de gardiens, simpliste, des 18 premiers degrés du R E A A où Gardien est volontairement confondu avec couvreur, expert et tous les officiers de la Loge qui sont susceptibles d’empêcher l’entrée d’intrus ! En oubliant bien sûr le 12ème degré ! Mais ceci est bien entendu une impasse.
La notion de Gardien (au 30ème) est à 100 lieues de tout cela.
A la frontière des deux mondes se tient le gardien du seuil. Sa rencontre est la rencontre avec soi-même. Ce gardien c’est quoi en réalité :
- Notre mental qui reflète le négatif en nous ?
- Une rencontre avec nous même ?
- Ce dragon fabuleux qui est notre côté animal ?
- Ce gardien est-il une entité gardienne (senso strictu) ou protectrice ?
- Protectrice, mais de quoi…, de notre inconscient ?
- Mon gardien est-il le même que le tien mon Frère ?
Que de portes ouvertes !
Ce gardien est il avec nous ou d’une certaine façon contre nous ? C’est un faux problème, sa forme dépend de notre conscience. Négatif ou positif cela n’a d’ailleurs pas de sens, nous avons, au 30ème degré vaincu ce type de vision duelle. (La solution du binaire.)
Le Gardien du seuil est souvent, dans les récits et légendes, représenté par un dragon gardant un trésor ou une belle jeune fille, symboles de la connaissance et de la conscience. Ce n’est pas, loin s’en faut, l’image du mal. Le (ou notre) gardien du seuil est un protecteur. Si il y a combat avec lui c’est pour démontrer notre force et notre courage. Mais il n’est question que de le vaincre pour mieux l’asservir… Jamais de le tuer !
Souvent il est décrit de manière terrifiante. Le problème est relativement simple : Plus la démarche est vulgaire plus le gardien prend un aspect terrifiant. (Occultisme, magie, spiritisme…etc…) Dans ces cas la rencontre est frontale parce que mal préparée ! Dans le cas d’une démarche, non plus d’une certaine forme de volonté, mais bien plutôt d’une démarche spirituelle, donc dans une alchimie de transformation, on peut pratiquement dire que la rencontre avec le Gardien ne se fait pas parce qu’elle n’a même plus raison d’être !
Le gardien du seuil est l’image d’un passage, d’une transformation. (D’une transmutation diront les alchimistes).
Rencontrer le Gardien du seuil est plutôt le lot des magiciens, car l’initié qui évolue « normalement » ne rencontrera jamais le gardien du seuil ! Parce que au fur et à mesure de son évolution, il va automatiquement brûler ses scories, brûler ses fantasmes, brûler ses illusions, ce qui fait que le jour où il va changer de niveau de conscience, ayant tout éliminé de négatif, il ne rencontre que lui-même.
Et la clé ?
Au 4ème degré on m’a donné une clé ! Qu’est elle devenu ou que devient elle ?
La maçonnerie me fait poser beaucoup plus de questions que ne m’apporte de certitudes. On peut ironiser : J’ai une clé, peut être même deux (?) mais de toutes façon on me fait « faire le mur » avec l’échelle mystique.
La clé qui ouvre ou qui ferme est associée au symbole du pouvoir et du commandement. La clé symbolise le chef, le Maître, l’initiateur celui qui détient le pouvoir de décision et la responsabilité.
Au plan ésotérique, posséder la clé signifie avoir été initié. Elle indique non seulement l’entrée dans un lieu, mais l’accès à un état, à un degré initiatique. Souvent elle est symbole d’un mystère à percer, d’une énigme à résoudre, d’une action difficile à entreprendre, bref des étapes qui conduisent à l’illumination et à la découverte.
Ça c’est de la définition symbolique primaire si j’ose dire. (Dictionnaire des symboles…) Mais ne nous a t’on pas appris dès le 4ème degré qu’il faut dépasser cette analyse et chercher l’idée sous le symbole ?
Au 4ème degré : Lors de l’initiation il est dit : « Je vous présente aussi cette clé d’ivoire, bijou de ce degré et symbole de l’accès à la connaissance… »
Essayons aussi d’analyser la phrase prononcée par le Très Puissant Grand Maître à l’ouverture des travaux au 30ème : « Commandeur, prends la clé du Maître Secret et uses en selon ton savoir ! »
« Uses en selon ton savoir »… Oh la dernière fois qu’on a été aussi imprécis c’était au 9ème degré ! (Allez là où vous appelle le devoir et que s’accomplisse ce qui doit s’accomplir !) On se souvient de la suite !
On retombe toujours sur les notions : Pouvoir Autorité ; Savoir Connaissance…
Il est très intéressant, voire novateur, de considérer en la clé, un signe symbolique d’ouverture dès le 4ème degré.
Le travail décline ensuite le thème de la clé de façon non conventionnelle.
Au 30ème degré sommes nous dans l’harmonie ? Avec nous même ou avec les autres ? Osons une analogie, voire un jeu de mot avec les clés musicales !
La clef se trouve nécessairement au début de toute portée musicale, mais peut aussi se rencontrer plus loin. Le dessin des clefs est dérivé des lettres G (pour le sol) F (pour fa) et C (pour Do ou ut). Les copistes ont ensuite transformé l’aspect de ces lettres, à l’origine même de l’invention de la portée par un moine italien : Guido d’Arezzo.
Chaque instrument ou chaque voix ayant son ambitus particulier – son étendue propre – le choix de la clé conditionne la partition.
En ce sens la clef conditionne tout ce qui va suivre.
Alors y a-t-il une ou plusieurs clefs au 4ème degré ?
Avons-nous tous la même clef ? Sachant qu’elle(s) nous met ou mettent sur la voie ? Sur « la » voie ou sur « une » voie, d’ailleurs ? (Ce singulier soutient un pluriel !)
Cette clé n’est elle pas en nous même ? Alors, osons, pourquoi pas ? : Clé synonyme de …. « Parole perdue » !
Dans la formulation de ce travail deux idées (au moins) semblent co-exister : Gardien avec son corollaire : Limite et seuil. Clé avec une notion de pouvoir.
Mais d’où vient cette notion de Gardien ?
Aux trois premiers degrés il existe des Surveillants :
- Peut être pourrait-on parler de gardien en la personne du Couvreur ?
- Auquel cas ce serait une garde essentiellement physique si j’ose dire.
- Il garde l’entrée du Temple (conjointement avec l’Expert d’ailleurs) et tient son épée de la main droite, c’est donc bien une arme !
Au 4ème degré :
- Un seul « Surveillant » autrefois appelé « Adoniram » aujourd’hui : Inspecteur.
- Là encore, un Couvreur dont il est dit « qu’il garde la porte ».
- Architecture de fonctionnement assez voisine des trois premiers degrés.
Au 9ème degré : (degré peu ou pas pratiqué en réalité)
- Un seul Surveillant, curieux puisque le ternaire est reconstitué dès le 6ème degré !
- Et un Gardien du Temple !
- C’est la toute première fois que nous trouvons ce terme (Gardien) !
- Là encore je pense qu’il ne s’agit que d’une garde physique. (Un peu comme les « Couvreurs » des degrés précédents.)
Au 12ème degré :
- Portes ouvertes / Donc bien sûr pas de couvreur…ni…ni…
- Eh bien si justement : Deux Surveillants qui s’appellent… Excellents Gardiens.
- La bascule est faite…
- Il n’est plus question bien sûr de garde au sens physique du terme.
- (La porte étant ouverte ce serait d’ailleurs un non sens.)
Au 13ème degré :
- Architecture voisine à celle du 4ème degré. Pourquoi ce come-back ?
Aux 14ème 15ème et 16ème degrés :
- Deux Grands Surveillants et un Grand Couvreur.
Au 17ème degré :
- Deux Grands Gardiens (En place de Surveillants).
- Et un Capitaine des Gardes en place de Couvreur.
- En quelque sorte 3 Gardiens !
Au 18ème degré :
- Deux Grands Gardiens (En place de Surveillants).
- Et un Gardien du Temple en place de Couvreur.
- Idem, en quelque sorte 3 Gardiens !
Et au 30ème ?
Deux
Sénéchaux (En place des Surveillants) Pas de
Gardiens.
Un commandeur de la Maison une sorte de Couvreur en quelque sorte.
Par contre on trouve un Palladium, (Côté noir) et
une clé (Côté blanc).
Mais d’où vient la notion de limite ?
1 / A l’ouverture des travaux, dans l’habituel jeu des questions réponses qui précède la sacralisation et l’ouverture réelle des travaux, le Très Puissant Grand Maître s’adressant au Premier puis au Deuxième Sénéchal leur demande :
F 1er Sénéchal, sommes nous à couvert ? Le gardien du seuil est à la limite, et nul ne trompe sa vigilance.
F 2ème Sénéchal, que cherches-tu ? La liberté.
Quelle liberté et pour qui ? Celle que l’on conquiert au-delà des limites. Je la cherche pour ceux qui ont franchi les obstacles.
Trois notions que je vais développer plus loin bien sûr :
- La liberté / le dépassement ou franchissement des limites /
- Et c’est le Sénéchal qui cherche, non pour lui, mais pour les autres !
- (Et en demi teinte, à mon sens, la vigilance : En effet pour un gardien c’est presque un pléonasme !)
2 / A la fermeture des travaux, toujours dans un même jeu de questions réponses…
F 2ème Sénéchal, en quoi consiste l’initiation d’un Chevalier du Temple ? Elle consiste à franchir la limite. (« La » d’ailleurs pas « les ») Elle a pour but de transformer les obstacles en échelons de l’échelle mystique. Le but d’aujourd’hui sera l’échelon de demain.
3 / A la Consécration enfin, bien sûr !
« Soldats du vrai, du bien, du juste et du beau, c’est à vous qu’appartient le droit de l’initiative. Vous allez le prouver, à l’instant même, en franchissant les limites interdites aux timorés ; En pénétrant dans les régions inaccessibles à jamais aux profanes ».
Lors de la consécration, s’ensuit une « valse hésitation » si j’ose dire devant cette limite. Hésitation par le texte bien sûr, mais aussi, dans la gestuelle, si souvent d’ailleurs, complètement ratée.
Ce qui entraîne le
courroux du Très Puissant Grand Maître : (Pas le
ratage, mais l’hésitation bien sûr !)
« Que vois-je mes Frères : Vous
hésitez devant la limite ? »
« Si vous ne pouvez choisir, retournez parmi vos
semblables ! »
Les candidats sont virés, pour faute grave, mais on dresse l’échelle mystique. (Quelle ne fut pas ma surprise lors de ma consécration : D’abord on me vire, puis on me dit que j’ai une clé pour ouvrir, et on me fait faire le mur : tout faux !)
Et la clé dans tout cela ?
Deux notions de clé : Celle du 4ème qui revient et celle du Palladium.
La clé du 4ème degré : Elle est faite d’ivoire. Elle est composée donc d’un élément organique et non de métal. Cette clé, fragile donc, n’est pas un outil, elle est un signe, elle n’ouvre pas, elle est l’ouverture. Elle traduit l’intention de son porteur d’ouvrir le Saint des Saints c’est à dire lui-même pour se découvrir et se créer.
La clé du Palladium : J’aurai tendance à dire que cette clé n’a rien à voir dans notre progression. Allez quelques mots quand même mais le plus rapidement possible. Palladium vient du Grec « Pallas ». La statue de Pallas dont la possession était considérée par les Troyens comme le gage de la protection de leur ville. Par dérivation c’est un objet considéré comme garant du salut d’une ville, d’une nation, d’une cité. (Apogée de cette pratique sous le règne de Numa à Rome) En général placé à l’entrée de la ville à l’extérieur de celle-ci.
Autrefois ce palladium était confié aux Vestales. Quiconque le déshonorait, ou le trahissait devenait aveugle… C’est une légende bien sûr ! Pourquoi aveugle ? C’est un axe de recherche à mon sens qui mérite développement. (privé de lumière !)
Par extension, c’est un élément considéré comme un moyen de sauvegarde des intérêts d’un groupe (Un bouclier en quelque sorte)
Deux notions de clé ? Pas si sûr si on analyse une phrase prononcée par le Très Puissant Grand Maître à l’ouverture des travaux : « Commandeur, prends la clé du Maître Secret et uses en selon ton savoir ! » (Et le Commandeur prend la clé du Palladium…etc…etc…)
(Pour moi il y avait deux clés, mais à la suite de cette phrase et de l’action induite, j’ai un fort doute. On a l’impression que c’est la même ?)
Paradoxe d’un rituel, un de plus, ou sens véritable ?
Le gardien du seuil
1 / Généralités
Alors mes F, et si je vous disais que je vous ai volontairement embarqués (baladés) sur une fausse voie ! Ce n’est pas sympa mais c’est formidablement pédagogique !
La notion de Gardien (au 30ème) est à 100 lieues de tout ce que j’ai dit au dessus.
A la frontière des deux mondes se tient le gardien du seuil. Sa rencontre est la rencontre avec soi-même.
Ce gardien c’est quoi en réalité :
- Notre mental qui reflète le négatif en nous ?
- Une rencontre avec nous même ?
- Ce dragon fabuleux qui est notre côté animal ?
- Ce gardien est-il une entité gardienne (senso strictu) ou protectrice ?
- Protectrice, mais de quoi, …, de notre inconscient ?
- Mon gardien est-il le même que le tien mon Frère ?
Allez on ose : « L’Ange gardien… Oh là là ! »
Que de portes ouvertes !
Ce gardien est il avec nous ou d’une certaine façon contre nous ?
C’est un faux problème, sa forme dépend de notre conscience. Négatif ou positif cela n’a d’ailleurs pas de sens, nous avons, au 30ème degré vaincu ce type de vision duelle. (La solution du binaire.)
Le Gardien du seuil est souvent, dans les récits et légendes, représenté par un dragon gardant un trésor ou une belle jeune fille, symboles de la connaissance et de la conscience. Ce n’est pas, loin s’en faut, l’image du mal. Le (ou notre) gardien du seuil est un protecteur. Si il y a combat avec lui c’est pour démontrer notre force et notre courage. Mais il n’est question que de le vaincre pour mieux l’asservir… Jamais de le tuer !
S’il y a combat entre un « être » et son gardien, il ne représente qu’une lutte intérieure, d’ailleurs, pour vaincre, ou essayer de le faire, ses peurs et ses limites. Le gardien d’une certaine façon représente la peur (vouloir et oser !) et le seuil est la dernière frontière de la raison. Quand on arrive au seuil on est sur la frontière entre la réalité ordinaire, régie par la raison, et le domaine de l’intuition.
La raison seule n’apporte pas grand-chose, mais sans elle on ne va pas loin non plus !
2 / Développement
Alors ce Gardien du seuil c’est qui ou c’est quoi en fait ?
Souvent il est décrit de manière terrifiante.
Le problème est relativement simple : Plus la démarche est vulgaire plus le gardien prend un aspect terrifiant. (Occultisme, magie, spiritisme…etc…) Dans ces cas la rencontre est frontale parce que mal préparée ! Dans le cas d’une démarche, non plus d’une certaine forme de volonté, mais bien plutôt d’une démarche spirituelle, donc dans une alchimie de transformation, on peut pratiquement dire que la rencontre avec le Gardien ne se fait pas parce qu’elle n’a même plus raison d’être !
Le gardien du seuil est l’image d’un passage, d’une transformation. (D’une transmutation dirons les alchimistes)
Rencontrer le Gardien du seuil est plutôt le lot des magiciens, car l’initié qui évolue « normalement » ne rencontrera jamais le gardien du seuil ! Parce que au fur et à mesure de son évolution, il va automatiquement brûler ses scories, brûler ses fantasmes, brûler ses illusions, ce qui fait que le jour où il va changer de niveau de conscience, ayant tout éliminé de négatif, il ne rencontre que lui-même.
Par contre mal préparé, c’est la catastrophe… Combien de suicides chez les alchimistes ! Et c’est vrai ! (Soyons franc, en maçonnerie, on s’implique quand même un peu moins! …Peu de maçons se suicident, et probablement jamais après la rencontre avec leur Gardien !)
(Bon d’accord c’est facile : Cela fait partie des techniques de communication pour réveiller un auditoire qui s’assoupit gentiment !)
Un petit sourire, oui, mais attention quand même aux techniques dites initiatiques, type sectaire ou autre et qui mènent leurs adeptes droit dans le mur. (Ou au suicide collectif)
J’ai dit quelques lignes plus haut que si nous étions bien préparé, mûr d’une certaine façon la rencontre avec le gardien n’existe pas, ou n’a pas lieu d’arriver, ou si elle arrive, elle doit se faire de façon harmonieuse et non conflictuelle. (Peut-on rapprocher cette rencontre avec celle du miroir ? Ah pourquoi pas ?)
La rencontre avec le gardien du seuil est une expérience de grande importance qui accompagne l’ascension dans les mondes supérieurs. Certains auteurs à l’instar des petits devoirs et des Grands Devoirs, de justice avec un petit « j » ou un grand « J » identifient deux Gardiens : Le petit et le Grand ! Je pense qu’au 30ème degré il faut abandonner cette éternelle tentation au dualisme, bien-mal, vrai-faux, grand-petit…etc…
Le Gardien du seuil enseigne aussi autre chose : Personne ne pourrait supporter sans préparation un tel spectacle si la forte discipline qui a rendu l’individu capable d’atteindre le seuil ne lui permettait pas aussi de trouver au moment voulu la ou les forces nécessaires. Dans certains cas comme je le disais plus avant il se peut que cette discipline ait été si harmonieuse que l’entrée dans « cette vie nouvelle » perde tout caractère impressionnant ou tumultueux. Alors les expériences devant le seuil seront accompagnées d’un pressentiment d’une certaine félicité qui sera la note dominante de cette nouvelle existence.
Le sentiment de cette nouvelle liberté (Tiens donc on en revient à la phrase dite par le Second Sénéchal lors de l’ouverture des travaux,) le sentiment de cette nouvelle liberté disais-je efface tous les autres.
Ces nouveaux devoirs, et cette responsabilité nouvelle apparaissent comme une obligation qui échoit nécessairement à l’homme parvenu à ce stade d’évolution.
3 / Liberté / Dépassement / Pas pour nous mais : partage :
- J’ai dit plus haut : (Suite au jeu des questions réponses à l’ouverture) …
- Trois notions que je vais développer plus loin à savoir :
- La liberté / le dépassement ou franchissement des limites /
- Et c’est le Sénéchal qui cherche, non pour lui, mais pour les autres !
Liberté :
En temps que Maîtres Secrets, ou Lévites, nous étions les gardiens extérieurs, je précise bien, extérieurs, du Saint des Saints. Qu’est ce que le Saint des Saints protège sinon l’Arche d’Alliance. Nous étions parmi les protecteurs du symbole de l’Alliance. Nous n’avions pas accès au Saint des Saints, et une fois par an quand le grand prêtre prononçait le nom de l’ineffable nous créions un énorme vacarme pour que la foule des profanes n’entende pas la prononciation de ce nom. Mais aussi, ce faisant nous n’entendions pas non plus la prononciation de ce nom, nous n’en avions pas encore les capacités. L’accès au 4ème degré nous avait fait acquérir une dimension de plus.
Et contrairement aux apparences, (le sceau du secret qui clôt nos lèvres…etc…) nous sommes dès le 4ème degré « ouvert » et en tous cas beaucoup plus ouverts qu’aux trois premiers degrés. Système ouvert certes mais qui implique bien sûr une recherche intérieure au plus profond de nous même… Intériorité, exemplarité, liberté, recherche, travail et implication retenons cela. Ouverture et surtout liberté pour moi sont les 2 notions essentielles qui nous sont offertes lors de notre engagement dans l’Ordre. N’oublions pas que c’est une Alliance librement consentie et en connaissance de cause.
Cette liberté est un travail sur nous même de tous les instants. On a le droit à la liberté, (OK) mais c’est à nous de la mériter et surtout de la construire. Dans notre notion de liberté est sous-jacente la notion de mérite !
Dépassement :
- Eh bien je pense avoir développé en partie ce thème un peu plus haut.
- A ceci près : Que c’est un combat permanent qui n’est jamais « gagné » !
- D’une certaine façon c’est aussi vouloir et oser !
VOULOIR doit être entendu comme l’aboutissement d’une réflexion élaborée à la suite d’une analyse précise. Il est entendu que vouloir représente une capacité à faire.
OSER c’est prendre l’initiative. C’est « initier » son action vers un but.
Vouloir et oser c’est actualiser son Pouvoir, et mettre en marche son potentiel d’action, débarrassé des peurs ou angoisses, voire des hésitations. L’initiative libère l’homme. (Cette notion de liberté est omni présente même, et pourquoi pas, dans le refus d’agir !)
Partage :
F 2ème
Sénéchal, que cherches-tu ?
La liberté.
Quelle
liberté et pour qui ?
Celle que l’on conquiert au-delà des limites. Je
la cherche pour ceux qui ont franchi les obstacles.
Cette simple phrase mérite tout un travail. On est dans la notion du Don…
On peut penser que plus nous gravissons les échelons, plus nous sommes dans une forme de solitude… Gravir les échelons nous isolerait ! Eh bien non ! Le deuxième Sénéchal est là pour chercher pour nous la liberté (et nous le rappeler ! Si besoin est ! ) : J’ai appelé cela notion de partage, ce n’est peut être pas le mot exact mais le sens est voisin sinon superposable.
Paradoxe encore, et en maçonnerie, nous en sommes friands, la Liberté : Ce n’est pas moi qui me la construis, mais on me la donnerait, on la chercherait pour moi ? (Est on dans la logique de « aide toi et le ciel t’aidera » !) La liberté deviendrait-elle un travail collectif ou au moins partagé ? Pourquoi pas, mais cela ouvre encore quelques portes !
Tiens, au fait et ma cle ou mes cles ?
1 / Généralités :
Une particularité de la cérémonie d’initiation au 30ème degré réside dans le fait que le « PRIEUR » fait, en l’absence des candidats, en quelques phrases un résumé si je puis dire de tout ce que nous avons vécu en maçonnerie et ce dès notre initiation. Le « PRIEUR » reprend en quelques lignes l’essentiel de notre cheminement maçonnique. Une voix lui dit…
Qu’à une heure déjà éloignée, ayant changé l’équerre contre le compas (référence aux trois premiers degrés) j’aspirai à m’élever au dessus de la surface de la Terre (référence 4ème degré) dans les hautes régions de la connaissance.
Une caverne me donna l’abri, une lampe m’éclaira, une source étancha ma soif (référence au 9ème degré). Puis j’ai pénétré dans le centre de l’endroit le plus secret du monde. Je connaissais les lettres mais pas leur prononciation (réf 13ème) Je conclus une alliance avec la vertu (réf 14ème).
Parmi les décombres des anciennes croyances, sur les bords arides du fleuve du désespoir, je conçus l’espérance de retrouver la parole perdue, à la lueur des constellations de la Foi de l’Espérance et de l’Amour (pas de la Charité). (réf 18ème) J’appris à contempler la dualité et à la résoudre.
Le Très Puissant Grand Maître ajoute : « Encore un effort de la part de nos Frères et la solution du binaire sera peut être atteinte par eux ».
Autrement dit en quelques mots : D’où je viens et où je vais. On ne peut être ni plus concis ni plus précis ! (Rappelons nous quand même que lors de toutes nos initiations ce schéma était déjà réel dans les voyages, mais souvent moins évident.) Ceci et je me répète est fait en l’absence des candidats !
2 / Une ou plusieurs clés :
Au 4ème degré on m’a donné une clé ! Qu’est elle devenu ou que devient elle ?
La maçonnerie me fait poser beaucoup plus de questions que ne m’apporte de certitudes. Un peu plus haut j’ironisais : J’ai une clé, peut être même deux (?) mais de toutes façon on me fait « faire le mur » avec l’échelle mystique.
La clé qui ouvre ou qui ferme est associée au symbole du pouvoir et du commandement. La clé symbolise le chef, le Maître, l’initiateur celui qui détient le pouvoir de décision et la responsabilité.
Au plan ésotérique, posséder la clé signifie avoir été initié. Elle indique non seulement l’entrée dans un lieu, mais l’accès à un état, à un degré initiatique. Souvent elle est symbole d’un mystère à percer, d’une énigme à résoudre, d’une action difficile à entreprendre, bref des étapes qui conduisent à l’illumination et à la découverte.
Ça c’est de la définition symbolique primaire si j’ose dire. (Dictionnaire des symboles…) Mais ne nous a t’on pas appris dès le 4ème degré qu’il faut dépasser cette analyse et chercher l’idée sous le symbole ?
3 / Le pouvoir de la clé :
Au 4ème degré : Lors de l’initiation il est dit :
« Je vous présente aussi cette clé d’ivoire, bijou de ce degré et symbole de l’accès à la connaissance… Pour un Maître Secret, l’Orient représente le Saint des Saints dont vous êtes séparés par une balustrade symbolique que vous ne pouvez pas franchir… Mais vous avez la clé et quelque jour il vous sera permis de passer ».
(Je vous passe l’idée d’Orient au 4ème degré… !) (J’ai aussi des doutes sur la réalité du passage au 30ème !)
Maintenant essayons d’analyser la phrase prononcée par le Très Puissant Grand Maître à l’ouverture des travaux : « Commandeur, prends la clé du Maître Secret et uses en selon ton savoir ! » (Et le Commandeur prends la clé du Palladium…etc…etc…)
Retour en arrière surprenant !
La clé du 4ème degré est retrouvée au 30ème ?
Qui plus est on ne la porte
même plus sur nous!
(Allez si j’ose : La plupart du temps on la
déjà revendue ! à un plus jeune
Frère en mal de décors ! Ouais !)
La clé du 4ème ou celle du Palladium ? Est-ce la même ?
« Uses en selon ton savoir » …Oh que j’aime cela !
La dernière fois qu’on a été aussi imprécis avec moi c’était au 9ème degré ! (Allez là où vous appelle le devoir et que s’accomplisse ce qui doit s’accomplir !) On se souvient de la suite !
« Uses en selon ton savoir »…Bon ! On retombe toujours… Pouvoir Autorité… Savoir Connaissance…
Je m’étais pourtant promis de ne pas tomber dans une dualité quelle qu’elle soit ! Le choix est bien sûr assez simple : Autorité et Savoir
4 / Et si nous osions une autre notion de clé :
Quand j’ai téléphoné à notre Très Puissant Grand Maître, je lui ai dit : « pour la clé…à part tomber dans des banalités du type : Elle n’ouvre rien, elle est l’ouverture…sa couleur sa composition…etc… »
Il m’a répondu 2 choses : Le pouvoir de la clé (référence : Potestas Clavium Sublime Aréopage N° 831 Paris). Et…Fais-toi plaisir « ouvre des portes ! » (Ça c’est presque du Raymond Devos !)
Je relève le défit ! En latiniste bien sûr !
Felix…Pardon Gaffiot n’est pas mort…
Potestas : Notion de pouvoir, domination, puissance, Ok. Lié à raison et à la Foi ! Tiens donc ! Puissance inviolable ou au moins légitime !
Clavium : Répudier sa femme (lui enlever les clés !) (Pas d’humour je vous prie !) Fermeture verrou ! Secret, cacher…etc… Confier la gestion ou la garde de sa fortune.
Vue comme cela la clé n’est pas vraiment un signe d’ouverture. (Cette notion symbolique d’ouverture semble donc bien récente !) Les clés, du trésorier, par exemple, c’est bien pour enfermer !
C’est très intéressant, voire novateur, de considérer en la clé, un signe symbolique d’ouverture au 4ème degré. Certes il est vrai qu’au 30ème degré, il y a solution du binaire, mais cette clé m’embarrasse un peu… Encore ce foutu binaire « ouvrir-fermer » ! (Noir / blanc !)
A moins que… !
Et ce qui va suivre est entièrement de la responsabilité du Très Puissant Grand Maître qui a cherché à me pousser à bout ! (Et ce n’est pas bien !)
Au 30ème degré sommes nous dans l’harmonie ? Avec nous même ou avec les autres ? Si je dis harmonie c’est pour oser une analogie, voire un jeu de mot avec les clés musicales !
La clef se trouve nécessairement au début de toute portée musicale, mais peut aussi se rencontrer plus loin. (Mes frères laissez vous porter (portée), et c’est là, encore, un jeu de mot, par ce qui va suivre : Oh ce n’est ni classique, ni traditionnel, c’est un jeu auquel je vous invite à participer !)
Il existe : Trois figures de clefs. Et il existe 7 principales clefs ! (3 et 7 cela ne s’invente pas !)
Trois figures de clefs : La clef de Sol concerne les sons aigus, la clef d’Ut concerne les sons médians (la voie du milieu) la clef de Fa enfin, qui concerne les sons graves.
Le dessin des clefs est dérivé des lettres G (pour le sol) F (pour fa) et C (pour Do ou ut). Les copistes ont ensuite transformé l’aspect de ces lettres, à l’origine même de l’invention de la portée par un moine italien : Guido d’Arezzo.
Au départ il y avait 10 clefs, et ce n’est pas par hasard que leur nombre soit descendu à 7, ce qui permet l’affectation de n’importe quel nom de note à n’importe quel emplacement sur la portée. (Qui comporte 5 lignes !) (3 / 5 / 7 !)
Chaque instrument ou chaque voix ayant son ambitus particulier – son étendue propre – le choix de la clé conditionne la partition.
En ce sens la clef conditionne tout ce qui va suivre.
Alors y a-t-il une ou plusieurs clefs au 4ème degré ?
Avons-nous tous la même clef ? Sachant qu’elle(s) nous met ou mettent sur la voie ? Sur « la » voie ou sur « une » voie, d’ailleurs ? (Ce singulier soutient un pluriel !)
Cette clef n’est elle pas en nous même ? Clef ai-je dit, alors, osons, pourquoi pas : Clé ou clef synonyme de… « Parole perdue » ! Allez on repart pour 10 pages…Non ?
Eh bien non !
J’ai dit T P G M
Suivent documents envoyés par M H à l’époque… Origine floue peut être INTERNET ?
Ces éléments ont bien servi à la rédaction de la planche au dessus !
A la frontière des deux mondes, se tient le Gardien du Seuil. Sa rencontre est la rencontre avec soi-même. Mais qui sont-ils ces Gardiens du Seuil ? Est- ce positif ou négatif ?
Je dirais que c’est surtout très négatif, car ce gardien du seuil s’appelle aussi le mental. Il reflète le négatif en nous et il a un grand rôle à jouer dans notre incarnation.
Sur le Seuil du monde spirituel nous rencontrons un Être spirituel qui se distingue de tous les autres êtres spirituels que nous pouvons rencontrer dans les mondes suprasensibles : C’est le Gardien du Seuil. Il se revêt de nos faiblesses, de ce qui nous cause non seulement des soucis, des chagrins, mais souvent de l’horreur, de la honte et du dégout : nous contemplons ce que nous sommes.
C’est une rencontre avec soi-même, mais en vérité, avec une entité autre que celle que nous connaissons.
Ce gardien provoque notre convoitise, nous oblige à entreprendre une action méritoire car, pour triompher, il faut savoir surmonter les obstacles, il faut dominer sa peur, il faut vaincre toutes les difficultés qui ne manquent pas de surgir. Ce dragon (gardien du seuil), gardien d’un bien ou d’un secret qu’il connaît, nous oblige à nous vaincre nous-mêmes, à dépasser notre nature élémentaire ; il est celui qui permet que nous nous affirmions en faisant la preuve de nos vraies valeurs ; il est un mal nécessaire. Par lui l’homme se régénère.
Ce dragon fabuleux qu’es le gardien du seuil, représente le coté animal que chaque homme porte en lui.
Quand nous comprendrons que le bien et le mal sont la même énergie vécue différemment pour le plus grand bien de l’expérimentateur, nous ne culpabiliserons plus par rapport à nos actes, par rapport à nos paroles, par rapport à nos pensées. Il faut seulement reconnaître cela. Peut-être que le Gardien du seuil sera moins redoutable à la suite des changements positifs opérés sur nous…
Le gardien du seuil est une entité gardienne ou protectrice qui veille sur une connaissance ou un monde, que ceux-ci soient extérieurs ou intérieurs à nous.
Le rôle de notre gardien est de veiller sur nous, de nous aider et de nous protéger. C’est la raison pour laquelle le gardien du seuil est, entre autres, le garde de notre inconscient. Posté à la porte entre notre conscience et notre inconscient, il nous empêche de pénétrer dans ce dernier tant que nous ne sommes pas prêts à affronter tout ce que nous y avons refoulé. Notre inconscient contient les souvenirs, les instincts, les émotions et les pensées face auxquels nous étions trop démunis. Comme nous ne pouvions pas les accepter ou les gérer, notre gardien a pris soin d’« enfermer ces squelettes dans le placard » et de veiller au seuil de ce gouffre qui nous avalerait si nous y pénétrions trop tôt.
Pour nous empêcher d’entrer dans cette partie de notre être, le gardien cherche à nous effrayer et il prend donc une apparence terrible à nos yeux. Sa forme dépend de notre symbolique, de nos références conscientes et inconscientes. Il peut par exemple apparaître sous celle d’un animal physique ou mythique. Tant que nous n’avons pas « vaincu » ce gardien, il nous domine en nous manipulant à travers nos peurs, nos pulsions, nos besoins… Il reste maître de nous tant que nous ne nous sommes pas montrés maîtres de lui. Cette présentation peut donner l’impression que le gardien du seuil est un être négatif, une opposition que nous devons combattre et tuer mais cette vision duelle est erronée. Si le gardien est notre maître tant que nous ne nous sommes pas montrés dignes de le vaincre, c’est pour mieux nous protéger. Comment pourrions-nous diriger sa puissance si nous avons peur de ce qu’il représente ? Et comment pourrions-nous affronter et accepter sans devenir fou le contenu de notre inconscient si nous n’avons pas surmonté notre plus grande crainte ?

Le gardien du seuil est souvent représenté dans les récits et les légendes par un dragon gardant un trésor ou une belle jeune fille, symboles de la connaissance et de la Conscience. Loin d’être l’image du mal ou du démon, notre gardien du seuil est notre protecteur. Le combat entre le dragon et le chevalier symbolise l’affrontement entre ce gardien et notre conscience, l’épreuve par laquelle nous devons démontrer notre courage et notre force. Il ne s’agit d’ailleurs pas de blesser ou de tuer cet animal mais de vaincre nos propres peurs et de mériter ainsi le respect de notre gardien. Ce n’est pas nous qui le soumettons de force, c’est lui qui s’incline avec amour lorsque nous lui avons prouvé que nous avons suffisamment grandi que pour chevaucher désormais cette féroce monture. Apprivoisé par notre transformation intérieure, il continue alors de nous protéger mais cette fois avec toute la fidélité et l’obéissance d’un chien de garde que nous aurions éduqué nous-mêmes.
Le gardien du seuil apparaît lorsque la personne a franchi assez de peurs que pour se préparer à l’affronter puis à apprivoiser progressivement le contenu de son inconscient. Le combat entre un être et son gardien est l’image de sa lutte intérieure pour surmonter ses peurs et ses limites, de sa maîtrise de sa nature la plus sombre afin de convertir son ombre en un allié.
Saturne fait incorporer, réaliser les aspirations jupitériennes dans la matière, de manière acceptable et dans un contexte socioculturel défini. Les intérêts et les questions individuels, ceux du « je », sont mis de côté au profit de l’intérêt collectif. C’est la capacité de concentration, de concrétisation, la fonction de structuration.
Saturne, c’est la limite du monde visible, le gardien du seuil. Ce sont les limites dans lesquelles la personne se sent en sécurité, les limites qu’elle donne à sa vie : sécurité ou prison.
Si Mars symbolise une lutte contre l’extérieur, Saturne symbolise une lutte contre soi-même. On a donné plusieurs autres noms à cette planète. Le sens de « gardien du seuil » signifie qu’il y a un palier à franchir avant de devenir vraiment un individu. L’homme porte la responsabilité de ses propres actions et qu’il ne peut plus les imputer au destin. Pour l’homme, il s’agit de grandir jusqu’au stade saturnien, afin de voir au-delà des limites, vers le stade suivant.
Saturne, c’est un peu la recherche du paradis perdu. Cette planète demande l’adaptation, la possibilité et l’autorisation par nous-mêmes de pouvoir changer. C’est la voix qui, à l’intérieur, nous dit : « Je te l’avais dit, tu dois suivre un chemin rigide et bien tracé, si tu veux y arriver. Mais tu ferais mieux de renoncer… » Jupiter répond alors : « Tu t’es battu pour cela, alors écoute-toi et existe, car sinon, tu seras mort si tu ne réagis pas ! ». Tant que l’on ne se sent pas responsable de ses actes, Jupiter et Saturne n’agissent que par les parties de l’ombre.
Le gardien, c’est la peur. Et le seuil, c’est la dernière frontière de la raison.

Quand on arrive au seuil, on atteint l’extrême limite de la réalité ordinaire, régie par la raison. Affronter le gardien, c’est accepter d’écouter ses deux guides, la raison de surface et l’intuition profonde.
Celui qui affronte le gardien du seuil n’a rien d’un illuminé. C’est un guerrier, un voyageur préparé à tout, en alerte, et pourtant serein. Il sait que la peur est la première ennemie du chercheur de lumière. Il sait qu’il devra la vaincre ou être vaincu par elle. Il sait que la raison seule ne peut rien pour lui, et il sait que sans elle on va dans le mur. Sans la raison, il s’éparpillera dans l’azur.
Je ne suis pas le Dieu qui est en moi. Les Templiers en ont fait leur devise : « Non nobis, domine, non nobis sed nomini tuo da gloriam »« Pas pour nous, seigneur, pas pour nous mais pour la gloire de ton nom ». Accepter les pouvoirs sans jamais s’en glorifier.
Comment se présente le gardien du seuil, et comment l’affronter ? Le gardien du seuil n’est pas un être si terrible que cela, sinon, ne serait-ce qu’en vous regardant dans la glace chaque matin, vous seriez pris de terreur, car ce n’est rien d’autre que vous-même.
Qu’est-ce donc techniquement le gardien du seuil, et pourquoi l’a-t-on nommé de cette manière-là ? Car s’il y a mystère autour de cette chose, c’est surtout à cause de sa dénomination.
On l’a appelé gardien du seuil, parce qu’il se présente à l’individu, lorsqu’il veut faire un certain passage, dans d’autres dimensions, donc dans d’autres univers énergétiques, ou à l’occasion d’une certaine initiation.
Chaque fois que l’individu va changer de taux vibratoire, de manière radicale et absolue, et pas simplement en augmentation, mais en type vibratoire, toute la somme de ce qu’il a vécu, connu, fait ou pas fait, mal fait ou bien fait, toute la somme de ce qu’il est en esprit de manière consciente ou inconsciente, tout son astral exacerbé, dans les trois dimensions de l’astral, vient vers lui. Non pas pour l’empêcher d’aller plus loin, mais parce que le type vibratoire, que l’individu cherche à incorporer, ne peut être incorporé que si toutes ses scories ont été brûlées.
Sinon, il y a rencontre avec les profondeurs infernales, ou sombres, tout dépend de l’individu. À ce moment-là, il y a prise de connaissance de vos ténèbres, du gouffre, et vous n’arriverez plus jamais à vous séparer de cette vision, à l’oublier.
Rencontrer le gardien du seuil est plutôt le lot des magiciens, car l’initié qui évolue normalement, je dirai gentiment, à la vitesse de croisière comme vous dites, celui-là ne rencontrera jamais le gardien du seuil, parce qu’au fur et à mesure de son évolution, il va automatiquement brûler ses scories, brûler ses fantasmes, brûler ses illusions, brûler son karma.
Ce qui fait que le jour ou il va changer de taux vibratoire, tout ce qui est en lui, en profondeur, ayant été éliminé, il ne rencontre que lui-même et il n’y a pas de problème.
Laisse tout ce que tu possèdes, laisse tout ce à quoi tu crois, laisse tout ce que tu n’as pas fait et que tu voudrais faire, tous les désirs, tous les projets, toutes les projections, et nettoie ce que tu as mal fait.
Si le gardien du seuil a été décrit d’une manière aussi terrifiante, c’est parce que les individus qui s’adonnent à des rituels pour convoquer des entités, lorsqu’ils arrivent à monter jusqu’au point où leur vibration peut chavirer, peut basculer, à force de jeûnes, d’invocations et de formules magiques, dans des lieux telluriques et locaux appropriés aux phases astrologiques les plus propices, ils rencontrent le gardien du seuil, puisque leur démarche est plutôt une démarche occulte, magicienne, une démarche de la volonté, plutôt qu’une démarche spirituelle, donc une alchimie de transformation.
C’est pratiquement et uniquement dans ces rituels-là que l’on a le risque de rencontrer le gardien du seuil, parce que pour détenir le pouvoir du son et le pouvoir de la flamme, il faut avoir un rituel et des formules magiques qui transforment le type vibratoire de l’individu.
Si le type vibratoire de l’individu n’est pas transformé, l’individu ne pourra même pas entendre le son qu’il cherche, le son du pouvoir, le son qui permet la destruction instantanée de toute vie, ou la construction instantanée de toute chose. Pour pouvoir entendre le son, il faut se hisser à un tel niveau dans la vibration, que l’individu doit pratiquement sortir du règne humain, pour entrer dans le règne surhumain, le règne des Maîtres. Mais comme il y entre de façon artificielle, tous ses coins sombres vont se ruer à sa face et à sa conscience.
Le Couvreur / Tuileur/ Gardien du seuil – Autrefois :
- Il traçait la Loge à la craie avant la Tenue et la lavait après.
- Il n’avait pas encore l’épée, mais une Truelle pointue.
- Il distribuait les convocations jusqu’au 18ème siècle.
- Il était rémunéré pour tout cela.
- Il était considéré comme serviteur, comme guarder => Guard => Outer Guard => qui a entrainé l’Inner Guard.
- Il n’était pas obligatoirement membre de la Loge, car il pouvait servir plusieurs Loges.
- Sans lui pas de Tenues possibles pour des raisons de sécurité.
- On l’appelait également le Frère Terrible.
- C’est le Gardien du seuil, comme Pluton, il garde les lieux sombres où sont forgés les Métaux.
- En un certain sens, il est sous l’influence de la Lune, Gardienne de la Nuit.
- L’aspect bénéfique de Pluton s’exerce dans sa conjonction avec la Lune.
- Pluton, planète invisible se Pluton, dieu des Ténèbres, tout aussi invisible qu’elle, mais « La Lumière brille dans les Ténèbres et les Ténèbres ne l’ont point comprise ».
- Le Dieu invisible régit notre subconscient et jamais plus qu’aujourd’hui il importe de le fouiller pour dissoudre l’avidité qui nous occulte le Beau, le Bien, le Vrai.
- Alors, la Lumière qui luit dans les Ténèbres, fécondera le germe nouveau et l’aspect bénéfique de Pluton se manifestera.
- N’éjecte-t-il pas du monde souterrain, vers les Ténèbres extérieures, ceux appelés à poursuivre leurs expériences et n’est-il pas de ce fait le Gardien du Seuil ?
- Il est représenté dans l’arbre des Séphiroths par Malkuth, le Royaume, le corps matérialisé.
C’est le Gardien du Seuil, le Dragon qui garde la porte des nouvelles vies. Il ferme la porte derrière lui dès que la Loge est ouverte.
- Il assure la sécurité de la Loge et prévient le Second Surveillant de la venue de visiteurs.
- Il « tuile » les visiteurs et refuse l’admission à ceux qui ne sont pas qualifiés ou n’ont pas l’autorisation du V M.
- Il protège contre la pluie ! « Nous sommes à couvert » est contraire de « il pleut » ou de « il neige ».
- « Couvrir le Temple » = sortir du Temple, donc de l’espace sacré.
- Il éloigne les Profanes (Profanum = devant le Temple).
- A la limite des mondes Profanes et Sacrés, il est celui qui unit et sépare et réconcilie en accueillant à la Porte.
- Il prévient les retardataires du Degré auquel la Loge travaille.
- Au R E A A, c’est obligatoirement un Maître Maçon expérimenté, un ancien V M.
- En 1828, le Couvreur était choisit pour ses grandes connaissances et au rang le plus élevé.
L’Initiation
LE GARDIEN DU SEUIL
Les rencontres avec le gardien du seuil sont des expériences de grande importance qui accompagnent l’ascension dans les mondes supérieurs. En réalité, il n’y a pas un seul gardien, mais exactement deux : l’un qui est le « petit », l’autre le « grand » gardien du seuil. On rencontre le premier lorsque les liens qui unissent entre elles la volonté, la pensée et le sentiment dans les corps subtils (astral et éthique) commencent à se séparer, ainsi qu’on l’a décrit au chapitre précédent. Quant au grand gardien du seuil, l’homme le rencontre quand la rupture de ces liens atteint aussi les organes physiques du corps, notamment et en premier lieu le cerveau.
Le « petit » gardien du seuil est un être autonome. Il n’existe pas pour l’homme qui n’a pas encore atteint le stade de développement où on le rencontre. On ne peut décrire ici que quelques-unes de ses caractéristiques essentielles.
Nous essaierons tout d’abord de représenter sous une forme narrative la rencontre du disciple avec le gardien du seuil. Cette rencontre vient l’avertir que chez lui pensée, sentiment et volonté échappent à leur coordination primitive.
Un être assez effrayant se dresse devant le disciple. Celui-ci a besoin, pour en soutenir la vue, de faire appel à tout ce qu’il a pu acquérir de présence d’esprit et à sa confiance dans l’excellence du chemin qu’il suit vers la connaissance.
Voici comment le « gardien » révèle le sens de son être : « Jusqu’ici, tu as été guidé par des puissances qui étaient invisibles à tes yeux. C’est par elles qu’au cours de tes existences antérieures, chacune de tes bonnes actions a eu sa récompense, chacun de tes méfaits ses suites fâcheuses. Sous leur influence, ton caractère s’est édifié, marqué par tes expériences et tes pensées. Elles ont décidé de ton destin. Elles ont déterminé la part de joie ou de souffrances qui devait t’échoir à chacune de tes incarnations d’après ta conduite passée. Elles ont régné sur toi sous la forme de la loi universelle de « Karma ». Ces puissances vont renoncer maintenant à une part de leur domination sur toi. Une partie du travail qu’elles accomplissaient, tu dois t’en charger à présent. De rudes coups du destin t’ont frappé jusqu’ici et tu ne savais pas pourquoi : c’était la suite d’une action nuisible accomplie par toi dans une de tes existences précédentes. Parfois aussi tu as rencontré le bonheur et la joie et tu les a accueillis. C’était là également un effet d’anciennes actions. Dans ton caractère il y a bien des beaux côtés, bien des taches hideuses ; tu as créé toi-même les uns et les autres par tes actes et tes pensées antérieures. Jusqu’ici tu as connu les effets sans voir les causes. Mais elles, les puissances karmiques, ont scruté toutes tes actions passées, tes pensées, tes sentiments les plus secrets, et elles ont déterminé d’après cela ton être actuel et le cours de ta vie ».
« A présent vont se révéler directement à toi tous les bons et tous les mauvais côtés de tes incarnations précédentes. Ces causes étaient jusqu’ici tissées dans ta propre nature ; elles étaient en toi et tu ne pouvais les voir, de même qu’avec ton œil physique tu ne saurais voir ton cerveau. Maintenant tout ce passé se détache de toi-même et se dégage de ta personne. Il prend une forme autonome que tu peux regarder comme tu regardes les pierres et les plantes du monde extérieur. Et moi-même je suis l’être qui s’est façonné un corps avec tout ce qu’il y a en toi de noble ou de vil. Mon apparence fantomale est faite des dettes que tu as contractées et qui sont consignées sur le livre de ta vie. Tu m’as porté en toi sans me voir jusqu’ici. Cet aveuglement fut heureux pour toi. Car la sagesse d’un destin qui t’était caché a pu ainsi travailler à ton insu à effacer les taches hideuses dont tu vois en moi les vestiges. Maintenant que je suis sorti de toi, cette sagesse cachée t’a également abandonné. Désormais elle ne se souciera plus de toi. Elle remet sa tâche entre tes mains. Il faut que je devienne un être parfait et splendide, sans quoi je tomberais en perdition. Si ce malheur m’arrivait, je t’entraînerais avec moi dans un monde obscur et déchu. Pour éviter cette calamité, il faut que ta propre sagesse soit assez grande pour prendre sur elle la tâche dont s’acquittait auparavant la sagesse cachée qui t’a abandonné. Lorsque tu auras franchi le seuil que je garde, à aucun moment je n’échapperai plus à tes yeux. Quand tu feras quelque chose de mal, tu percevras tout de suite ta dette en ce que ma forme en sera altérée de manière horrible, démoniaque. C’est seulement quant tu auras redressé tes erreurs passées et seras assez purifié pour que le mal te soit devenu impossible, que mon être se revêtira d’une radieuse beauté et, pour le plus grand bien de ton activité future, je pourrai m’unir à toi pour ne plus former avec toi qu’un seul et même être ».
« Mon seuil est cimenté par les craintes et les appréhensions que tu ressens encore devant l’entière charge de toi-même, l’entière responsabilité de ta conduite, de ta pensée. Tant que tu redoutes d’avoir à diriger toi-même ta destinée, le seuil n’a pas encore tout ce qu’il doit comporter ; tant qu’il y manque une pierre, tu dois rester devant ce seuil ; tu ne passeras pas. N’essaie pas de le franchir avant de te sentir entièrement affranchi de la peur et prêt à te charger de la responsabilité suprême ».
« Jusqu’à présent, je ne sortais de ton être personnel que quand la mort mettait fin à l’une de tes courses terrestres. Même à ce moment, toutefois, ma forme te demeurait voilée. Seules m’apercevaient les puissances qui veillaient sur ton destin. D’après mon aspect, elles pouvaient façonner, dans les intervalles qui séparent la mort d’une nouvelle naissance, les forces et les facultés qui devaient te permettre de travailler à ton progrès, dans une incarnation nouvelle en embellissant ma forme. Et c’est aussi mon imperfection qui obligeait toujours ces puissances à te ramener sur la terre pour une autre incarnation. A ta mort j’étais là, et les maîtres du Karma décidaient de ton retour sur la terre d’après ce que j’étais. C’est seulement si tu étais arrivé inconsciemment, par la suite de tes incarnations, à me rendre parfait, que les puissances de la mort n’auraient plus eu d’action sur toi ; fondu en moi tu aurais enfin pu entrer dans l’immortalité en union avec moi. Mais aujourd’hui, je suis devenu pour toi visible, alors que j’étais toujours près de toi à l’heure de la mort, mais invisible. Lorsque tu auras franchi mon seuil, tu entreras dans les sphères que tu ne connais généralement qu’après la mort physique. Tu vas y entrer en pleine conscience ; et en même temps que tu continueras à évoluer sur terre sous une forme physiquement visible, tu vas évoluer désormais dans le royaume de la mort, c’est-à-dire le royaume de la vie éternelle. Car en réalité je suis aussi l’ange de la mort, en même temps que je suis l’annonciateur d’une vie éternelle, d’une vie supérieure, intarissable. Vivant aujourd’hui dans ton corps, tu traverseras par moi la mort pour renaître à une existence que plus jamais rien n’anéantira ».
« La sphère où tu pénètres va te révéler des êtres de nature suprasensible. La félicité y sera ton partage, mais ta première rencontre dans ce nouveau monde, c’est moi-même, ta créature. Auparavant, je vivais de ta vie propre ; tu m’as éveillé maintenant à une existence autonome et me voici devant toi, juge visible de tes actions à venir, peut-être comme un reproche constant. Tu as pu me créer, mais en même temps tu as pris sur toi la charge de me transformer en un être parfait ».
Ce qui est présenté ici sous forme narrative ne doit pas être considéré comme un symbole, mais comme une expérience des plus réelles pour le disciple. (Note 16 : Il ressort de ce qui précède, que le gardien du seuil qui vient d’être décrit est une forme (astrale) qui se révèle à la clairvoyance en train de s’éveiller chez le disciple. La science spirituelle mène à cette rencontre suprasensible. C’est seulement par un procédé de magie intérieure que l’on peut rendre le gardien visible aux sens physiques. L’opération consiste à produire un nuage de matière subtile, une sorte d’apparition fumeuse, composée d’un mélange de diverses substances. La force du magicien parvient à donner forme à cette fumée et à l’animer au moyen du Karma que le disciple n’a pas encore purgé. Si l’on est suffisamment préparé à la vision spirituelle, il n’est plus besoin de pareille évocation sensible. C’est un danger très grave d’être appelé, sans préparation suffisante, à contempler, sous la forme, d’un être vivant, sensible, le résidu du Karma « non purgé » ; il ne faut pas d’ailleurs aspirer à cette expérience. Dans le roman de Bulwer Lytton, « Zanoni », on trouvera une description romanesque de la rencontre avec le gardien du seuil ainsi matérialisé.)
Le gardien doit expressément l’avertir de ne pas avancer davantage s’il ne se sent pas la force de répondre aux exigences qui viennent de lui être révélées. Si terrible que soit cette apparition, elle n’est pourtant que l’effet de l’existence antérieure du disciple, elle n’est que sa propre nature extériorisée et éveillée à la vie autonome. Cet éveil survient lorsque se dissocient les trois forces : volonté, pensée et sentiment.
C’est déjà une expérience d’une grande portée d’avoir, pour la première fois, conscience que l’on a engendré un être spirituel. Le disciple doit être préparé à supporter sans le moindre effroi cette vision terrible. Au moment de la rencontre, il doit se sentir assez fort pour oser se charger délibérément d’embellir cette forme.
Mais le « gardien du seuil » enseigne encore autre chose. L’homme appartient à une famille, à un peuple, à une race ; il agit dans le monde en fonction de son appartenance à ces communautés ; son propre caractère en dépend également. Or, ce qui compose la famille, le peuple ou la race, est loin d’être uniquement la somme de toutes les actions accomplies consciemment par les individus. Les familles ou les peuples ont une destinée comme elles ont des caractères distinctifs. Ces choses restent des notions générales pour l’homme ordinaire. Quant au penseur matérialiste, rempli de préjugés, il n’a que mépris pour l’occultiste qui prétend que la destinée d’une famille ou d’un peuple, le caractère d’une tribu ou d’une race, existent aussi réellement pour lui que la destinée d’un individu. C’est que l’occultiste découvre des réalités supérieures, dont les simples individus sont les membres, au même titre que les bras, les jambes et la tête sont des parties du corps humain. Dans la vie d’une famille, d’un peuple ou d’une race, il voit agir, outre les individus, des réalités plus hautes qui sont vraiment l’âme de cette famille, de ce peuple, l’esprit de cette race. On peut dire que les individus ne sont, en un certain sens, que les organes exécutifs de ces âmes-groupes et il est parfaitement juste de parler de l’âme d’un peuple qui se sert, par exemple, des individus appartenant à un pays pour accomplir certaines tâches. L’âme du peuple ne descend pas jusqu’à la matérialisation sensible ; elle vit dans les mondes supérieurs, et pour agir dans le monde sensible, elle se sert des individus comme d’organes physiques. Elle se comporte comme un architecte qui emploie des manœuvres pour bâtir un édifice.
Tout homme reçoit, au plein sens du terme, de ces âmes de famille, de peuple, de race, la tâche qui lui est dévolue. L’homme borné aux sens n’est nullement initié au plan supérieur qui commande son action. C’est inconsciemment qu’il sert à réaliser les buts assignés par l’âme du peuple ou de la race. Tandis que le disciple, dès qu’il a rencontré le gardien du seuil, doit, non seulement veiller à l’accomplissement de ses devoirs personnels, mais encore collaborer sciemment à l’œuvre de son peuple et de sa race. Tout élargissement de son horizon agrandit aussi inéluctablement le champ de ses devoirs. Ce qui se passe en réalité, c’est que le disciple ajoute en quelque sorte un nouveau corps psychique au précédent, comme un vêtement de plus. Jusqu’ici, il allait dans la vie à l’abri des voiles qui habillaient sa personnalité, et les entités spirituelles qui se servaient de lui prenaient soin de régler ce qu’il avait à faire pour la collectivité. Le gardien du seuil lui découvre maintenant qu’à l’avenir ces puissances spirituelles vont se retirer de lui. Il doit émerger de la collectivité ; mais il s’endurcirait dans son isolement et n’échapperait pas à la perdition s’il n’acquérait pas lui-même maintenant les forces appartenant aux esprits des peuples et des races. Beaucoup prétendent, il est vrai, s’être affranchis de toute dépendance à l’égard du peuple et de la race. Ils disent : « Il me suffit d’être un homme et rien qu’un homme » ; mais il faut leur répondre : « A qui devez-vous votre liberté ? N’est-ce pas votre famille qui vous a donné votre place dans le monde, n’est-ce pas votre peuple ou votre race qui a fait de vous ce que vous êtes ? Ils vous ont éduqué, et si vous pouvez vous élever au-dessus de tous les préjugés, devenir pour votre peuple ou votre race une lumière ou un bienfaiteur, n’est-ce pas à cette éducation que vous en êtes redevable ? Alors même que vous dites « n’être rien qu’un homme », c’est aux esprits des collectivités au sein desquelles vous êtes né que vous devez d’être devenu ce que vous êtes ».
Seul, le disciple peut comprendre ce que c’est qu’être abandonné par les esprits du peuple et de la race ; lui seul peut savoir combien toute l’éducation reçue est de peu de poids en face de la vie qui l’attend désormais. Car tout ce qui lui a été apporté se désagrège lorsque se rompent les liens entre volonté, pensée et sentiment. Il regarde les résultats de toute l’éducation reçue comme on regarde une maison lézardée de toutes parts et qu’il s’agit de reconstruire sur un nouveau plan.
C’est donc plus qu’un symbole si l’on dit : Après que le gardien du seuil a fait connaître ses premières exigences, alors, de l’endroit où il se trouve, se lève un vent de tempête, un vent qui éteint toutes les lumières spirituelles qui, jusqu’alors, ont éclairé pour le disciple la route de l’existence. Une obscurité totale s’étend devant le disciple. Elle n’est interrompue que par l’éclat qui émane du gardien du seuil. Du sein de cette obscurité sortent de nouveaux avertissements : « Ne franchis pas mon seuil avant d’être sûr que tu vas rendre, par toi-même, de la lumière à ces ténèbres ; ne fais pas un pas de plus si tu n’es pas certain d’avoir assez d’huile spirituelle pour alimenter désormais ta propre lampe. Car les lampes des guides qui t’éclairaient jusqu’ici te feront défaut à l’avenir ».
Après ces paroles, le disciple doit se retourner et porter ses regards derrière lui. Le gardien du seuil écarte alors pour lui le rideau qui cachait jusqu’ici les mystères profonds de l’existence. Il découvre dans leur pleine activité les esprits de la famille, du peuple, de la race ; il voit précisément qu’il a été guidé jusque là et il lui devient clair que désormais il ne le sera plus. Tel est le second avertissement que, près du seuil, on reçoit du gardien.
Personne ne pourrait supporter sans préparation un tel spectacle si la forte discipline qui a rendu l’individu capable d’atteindre le seuil ne lui permettait aussi de trouver au moment voulu les forces nécessaires. Dans certains cas, il se peut que cette discipline ait été si harmonieuse que l’entrée dans la vie nouvelle perde tout caractère impressionnant ou tumultueux; alors les expériences devant le seuil sont accompagnées d’un pressentiment de cette félicité qui sera la note dominante de l’existence nouvellement acquise. Le sentiment de la liberté nouvelle efface tous les autres. Sous l’effet de ce sentiment, les devoirs nouveaux et la responsabilité nouvelle dont on doit se charger apparaissent comme une obligation qui échoit nécessairement à l’homme parvenu à ce stade de son évolution.