30° #427012

L’échelle mystique

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Non communiqué

Comment parler de l’échelle mystique sans parler de l’échelle de Jacob.

Genèse 28, verset 12 et suivants : Jacob eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle.

A l’endroit où Jacob eut cette vision, il fit édifier une pierre en forme de pilier qui est l’image de l’axe du monde substituée à l’échelle elle-même.

Cette vision onirique de Jacob signifie que le Ciel et la Terre peuvent communiquer aisément. Il y a une échelle, mais les Anges sont les seules créatures appelées à s’en servir pour établir cette communication. Si l’Homme de la Terre, c’est-à-dire matériel, que représente Jacob, veut lui aussi s’élancer vers le Ciel, il lui faut éveiller en lui l’un de ces Anges ou mieux, son Double Divin, pour entrer en contact avec l’Éternel Dieu qui se situe, selon la Genèse, tout en haut de cette « échelle ».

On peut également donner à l’échelle un sens plus profond : de degré en degré, de vie en vie peut-être, chaque échelon figure une progression, un effort consenti à se maîtriser, à se surpasser, en vue d’un élargissement de la Conscience. Ainsi, l’être « monte » toujours plus haut vers les plans supérieurs, vers le DIVIN.

Le symbole de l’échelle apparaît aussi dans certaines allégories comme celle de l’échelle des vertus qui est constituée de sept échelons. Mais pour nous chevalier Kadosch, est ce que le sommet est atteint ?

Intrinsèquement, il faut prendre avec beaucoup d’humilité et surtout une grande lucidité et réserve, l’échelle que gravissent les F M de tous les Rites en général et du REAA en particulier. Et cette fameuse échelle que Jacob voit dans son rêve ? Le Maçon peut avoir la tête dans les étoiles, mais, qu’il le veuille ou non, il vit les pieds sur terre parmi les siens, ses Frères.

Le Maçon est et reste toujours humain, et avec l’homme, va le cortège qui l’accompagne toute sa vie : orgueil, vanité, cruauté, désir inextinguible du pouvoir, etc. et nous en revenons au début, au point de départ, au bas de l’échelle : ce combat contre lui-même, que l’homme a d’immenses difficultés à mener. Ainsi, l’on peut avoir tout gravi, mais l’on doit se rendre à l’évidence qui est la base de la Sagesse : ce qui est en haut est le reflet de ce qui est en bas et vice-versa.

Les sages de tous temps, en tous lieux, l’ont dit, redit et écrit : il faut essayer de vivre avec les autres en les respectant, ne pas chercher à les dominer ou les asservir et ne pas prétendre détenir les clefs de « La Vérité ».

L’homme, si petit au regard de l’Indicible, doit faire face à sa vie, donc à sa mort.

Le rituel nous dit : Mon Frère, veuillez contempler l’Echelle Symbolique. Elle indique les sources de la méthode que vous devrez toujours utiliser pour faire triompher la Vérité, ainsi que les principes sacrés dont vous êtes devenu le Chevalier.

Elle se compose de deux montants et de sept échelons, plantés en terre.

Le premier montant à droite se nomme : Oheb Eloah (amour de Dieu), c’est-à-dire à la fois l’amour que Dieu a pour nous et l’amour que nous lui portons. Le second montant à gauche se nomme Oheb Kerobo (amour du prochain mais aussi de l’ensemble des hommes qui peuplent l’univers) et représente les 7 arts libéraux, consacré aux sciences requises pour assurer le triomphe des doctrines gnostiques, rappelées sur le montant de droite. Ce dernier est en fait un rappel et un résumé des enseignements de la Kabbale. Ainsi donc, nous pouvons lire :

Montant de Gauche
Oheb Kerobo
Amour du Prochain

Montant de droite
Oheb Eloah
Amour de Dieu

Grammaire

TSEDAKAH – Justice

Rhétorique

SCHOR-LABAN – Bonté

Logique

MATHOK – Douceur

Arithmétique

EMOUNAH – Vérité

Géométrie

HAMAL-SAGGHI – Grand Œuvre

Musique

SABBAL – Fardeau

Astronomie

GHEMOUL BINAH THEBOUNAH, prudence

En effet, parvenu au stade ultime de sa réalisation métaphysique, le Chevalier Kadosch a compris que si, lorsque qu’il gravissait l’échelle, la finalité était Aime ton Dieu, une deuxième finalité en découlait automatiquement et était le Droit de Dieu, à savoir aime pour Moi ; cet Amour pour Dieu sous-entend de respecter le droit de Dieu en chacun des êtres de l’univers et implique une descente, un retour parmi les hommes.

Ce qui est remarquable, c’est que le grade de Kadosch fasse appel d’une façon d’ailleurs très diversifiée, à l’échelle, qui est depuis longtemps le symbole initiatique par excellence. Mais ce ne sont pas les étapes franchies qui caractérisent l’initiation du Kadosch, mais le fait que ces étapes sont successivement montantes et descendantes.

L’échelle de Jacob conduit aux cieux. L’échelle du Maçon ramène sur la terre. Le maçon n’ignore pas les cieux, mais il revient auprès de ses frères, et d’ailleurs est-il jamais autre chose que l’ignorant, le faible, l’orgueilleux, le fanatique, le cruel qu’il doit combattre.

Nous pouvons rattacher l’échelle au symbolisme de l’arbre. C’est, dans le même ordre d’idée un symbole axial universel sur lequel s’effectue un mouvement perpétuel ascendant et descendant. Le mât et l’arbre jouent le même rôle de passage du haut vers le bas et du bas vers le haut. Une différence, si différence il y a, est la forme de l’échelle qui est constituée de deux montants entre lesquels des marches ou barreaux sont disposés pour permettre d’y cheminer dans un sens comme dans l’autre selon un certain nombre de paliers ou degrés d’évolution.

Les deux montants peuvent être assimilés aux deux piliers de l’arbre des séphiroth et à l’aspect duel de l’arbre de la science. Dans l’arbre des séphiroth le pilier n’est pas représenté de façon sensible mais il est figuré par la notion d’équilibre dans le rapport duel des deux piliers de la miséricorde et de la rigueur. La progression vers le monde Divin se fait de façon graduel comme le signifie si bien la forme même de l’échelle.

L’échelle nous offre un symbolisme très complet du pont vertical qui relie la terre au ciel. Sa signification est évidente dans le symbolisme biblique de l’échelle de Jacob, le long de laquelle les anges montent et descendent. A l’endroit où Jacob eut cette vision, il fit édifier une pierre en forme de pilier qui est l’image de l’axe du monde substituée à l’échelle elle-même.

Les anges sont les états supérieurs de l’être tout comme les échelons qui en signifient les degrés d’élévation. L’évolution doit avoir un sens ascendant comme la position de l’échelle qui est posée à terre et s’élève vers le ciel, elle nous indique la direction à suivre. Dans les mystères mithriaques, l’échelle est représentée avec sept échelons correspondant aux sept planètes et formés des métaux que symbolisent celles-ci.

Le premier arbre évoquant l’évolution est l’arbre de la Bible figuré par les sept jours de la création. « Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre ».Dieu créa d’abord les extrémités de l’arbre de l’évolution qui sont les racines, les eaux d’en bas, et la cime qui représente les eaux d’en haut. Entre les deux se meut « l’Esprit de Dieu ». Mais comment de ne pas parler de l’échelle mystique sans parler des couleurs de la chevalerie et de la Maçonnerie sur l’échelle des grades écossais.

Le bleu, couleur de l’évolution interne qui conduit vers les hautes sphères de la conscience spirituelle, est présent à sept des hauts grades écossais, dominant notamment le grade le plus achevé, le plus parfait peut-être, celui de Chevalier du Soleil (28è degré).

Les barreaux symbolisés par le vert. Il se retrouve chaque fois qu’un pont est jeté entre la matière et l’esprit, entre l’Ancienne et la Nouvelle Loi, entre le montant gauche et le droit, avant d’annoncer l’accomplissement du sacrifice et le retour des Chevaliers du Temple et des maçons constructeurs en Ecosse, près du mont mythique d’Heredom. Le vert annonce merveilleusement la progression en spirale des 33 degrés de l’Ecossisme dans la sphère de l’esprit.

Enfin le jaune, l’or, annonce la maîtrise de l’Initié, l’intériorisation de l’énergie. Il est la Lumière du Verbe rayonnant, de la Parole retrouvée, du Nom de Dieu gravé sur le plus précieux métal.

La leçon initiatique du 30ème grade est en définitive la véritable leçon de sagesse. Si haut que nous puissions aller dans le domaine de la connaissance ou de la création ou de l’amour, il nous faut toujours revenir aux vérités élémentaires.

La plus grande des découvertes qu’un homme puisse faire, c’est que toute la sagesse du monde est à la portée du premier venu, qui consent à écouter et à essayer de comprendre ce qui a toujours été dit par les sages de tous les temps.

Modérer les passions, apaiser les conflits, travailler à éclairer les esprits, et ne prétendre à rien. Disponible et sans préjugé, voilà le sage au service de l’homme. Mais prudent et réservé dans l’exercice de ses vertus, mesuré et discret dans ses rapports avec les hommes, et libre intérieurement.

Le Chevalier Kadosch parvenu au sommet de son parcours initiatique doit alors « redescendre sur terre » afin de transmettre à ses Frères ses connaissances, en passant par les sept échelons au midi de l’échelle mystérieuse où sont inscrits les noms des sept arts libéraux : Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie. Fils de la Sagesse, Etre sage, sa vie est à elle seule l’illustration de sa pensée.

Ce n’est pas le concept abstrait de sagesse qui fait le sage, c’est le sage qui montre la sagesse par l’action. Le philosophe doit devenir le sage, celui qui pratique la sophia, celui qui montre par l’exemple, car il sait que les mots du philosophe n’ont que peu de poids face aux chaînes qui lient les hommes à leurs habitudes. Dans la liste des Arts Libéraux, la Logique est ici « substituée » à la Dialectique qui a toujours, tout au moins du VIème siècle jusqu’à la Renaissance, constitué le « Trivium » avec la Grammaire et la Rhétorique. Pourtant la Dialectique désigne un mouvement de la pensée destiné, par la confrontation ou la mise en rapport de ce qui est en mouvement, à atteindre un « terme » supérieur, une définition ou une « vérité ». Si la Dialectique illustre bien le cheminement de l’âme dans l’esprit de la « Règle » du 1er au 30ème degré du REAA, la Logique se rapporte par ailleurs à la recherche de « règles » générales et formelles permettant de distinguer un raisonnement concluant de celui qui ne l’est pas. « Les règles » ordonnançant la recherche intérieure de l’âme complètent en fait « la Règle » par laquelle le cherchant se soumet « in fine » à l’Esprit de son Créateur.

Le Chevalier Kadosch connaît ainsi la finalité des choses et sait les ordonner selon la place qui leur revient « naturellement », du fait de leur Nature. En lui concordent si bien l’amour de la science des choses et des hommes et l’amour de la vertu, l’amour du Même et de l’Autre, que par-delà l’espace et le temps, Son Nom « est » Autre et le Même pourtant.

L’échelle de Jacob est aussi EN nous, elle est un pont, un passage, elle représente alors ce même chemin de la matérialité vers la spiritualité, de l’humain au divin, de l’ombre vers la lumière… Il faut SE regarder attentivement, avec bienveillance, pour en distinguer les degrés et ensuite, en suivant la voie ainsi tracée, évoluer par paliers successifs vers plus de sagesse et de vérité.

Très Eminent Souverain Grand Commandeur et vous mes Frères et Sœurs Chevaliers Kadosch,

J’ai dit.

O C de L

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