Moi – l’Autre
Non communiqué
O toi, qui veux parer ton esprit de la Sagesse du Maître et ton coeur de sa Bonté,
O toi, mon fils bien-aimé, seras-tu assez fort pour supporter ce fardeau surhumain ?
Tu fus un apprenti fervent, as-tu été un compagnon consciencieux ?
Tu hésites, ta conscience n’ose répondre ! Que dois-je craindre ?
De te voir, dès demain, devenir le comédien de tes premières sincérités ?
Vas-tu noyer ton ignorance dans le flot des paroles redondantes qui grisent les hommes mais dessèchent l’âme ?
Vas-tu te draper de ton titre comme le rhéteur dans sa toge ou as-tu compris que plus on monte, plus il faut savoir descendre ?
Le Grand n’est vraiment Grand que lorsqu’il sait se diminuer, le Maître n’est vraiment Maître que lorsqu’il se sent redevenir Apprenti.
Moi, pourrais-je être Grand !?
Il y a près de dix ans depuis le jour où je suis entré dans la Grande famille des Frères Maçons.
A ce moment de sa vie maçonnique, l’Initié frais émoulu que j’étais ne possédait qu’une connaissance superficielle et fragmentaire de la réalité maçonnique et des objectifs visés par cette Confrérie.
A cette époque si on m’avait demandé « que cherches-tu ? », il m’aurait été difficile de répondre.
Qu’importe ! L’essentiel est de chercher, sans relâche et de parcourir avec sincérité son sentier maçonnique. Cheminement lent et difficile mais exaltant car plein d’espérance et, depuis le Cabinet de réflexion on ne se sait jamais seul, toujours accompagné d’un ou de plusieurs Frères qui savent trouver les mots justes pour guider les pas de l’hésitant par leur Fraternité pleine et totale.
Je ne suis pas certain de m’être fondamentalement amélioré. Mais je peux avouer, en revanche, avoir changé dans des proportions considérables.
J’ai acquis un semblant prometteur de Tolérance. Mais nous connaissons-nous vraiment ? « Connais-toi toi-même – et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ».
Comme je le disais plus haut, il y a près de dix ans que je fus guidé parmi les éléments, reçu la Lumière, le Tablier, et le bijou de Loge. On me remit en plus du livret de l’Apprenti, les Constitutions de notre Grande Loge.
J’aimerais en parler aujourd’hui, avec Franchise, avec mesure et sérénité, sans détour. Mes propos devront être compris dans le sens où chaque Frère jouit sans réserve et sans limite dans le temps du droit au désaccord constructif.
Le choix de ce titre est conséquent au fait qu’après avoir été initié au 1er G de la Franc-Maçonnerie, je me suis rendu compte que tout n’était pas parfait, comme dans toute société d’Hommes. J’ai été frappé par la Tolérance des Francs-Maçons en Loge et par leur manque de franchise dans la vie profane.
Une des phrases prononcée lors de l’initiation « Frère, dorénavant c’est par ce terme que nous t’adresserons la parole et à ce moment, tu as des milliers de Frères de par le monde », il n’est pas ajouté « uniquement » des Frères de notre « bord ».
Je fus affilié à une autre Obédience qui pratique la Maçonnerie au même Rite que le nôtre et tous ces Frères ont autant si ce n’est plus de qualités que nous.
Arrêtons de nous voiler la face, cessons de nous comporter comme l’autruche, réveillons-nous et faisons les pas nécessaires pour être unis et devenir de vrais Maçons dans l’Universalité de la Franc-Maçonnerie, seule et unique.
Travaillons pour une réunification des Obédiences justes et parfaites, non politisées, non constituées sur l’aide matérielle.
C’est pour tenter d’apporter ma pierre à une possible reconnaissance d’une Obédience unique en notre belle Suisse que je vous fais part de ma FRANCHISE.
Qu’est-ce qu’une personne aimante ? C’est avant tout quelqu’un qui s’aime soi-même. Les gens acquiescent et répondent : « Oh oui, vous avez tellement raison » mais ils ne le font pas. Vous ne serez jamais capables d’aimer qui que ce soit d’autre tant que vous ne vous aimerez pas vous-même.
Dans son livre intitulé « Les Ames en feu », WIESCH a écrit une chose merveilleuse, « Quand nous mourrons, quand nous irons à l’Orient Céleste rencontrer le GADl’U, il ne nous demandera pas pourquoi nous ne sommes pas devenus des Messies.
Pourquoi nous n’avons pas découvert le remède à telle ou telle chose. La seule chose qu’il va nous demander, à cet instant crucial, c’est pourquoi n’es-tu pas devenu toi-même ? »
C’est ça notre toute première responsabilité, car, si ça ne l’était pas, pourquoi donc sommes-nous tous si incroyablement uniques ? Chacun est différent. Chacun a quelque chose à donner, quelque chose que personne d’autre au monde ne possède.
J’aimerais avec ma Franchise coutumière que d’aucuns prennent souvent pour du bavardage stérile, tenter de me poser la question « pourquoi sommes-nous des millions répandus à travers le monde et nous refusons de nous regarder en face pour quelques divergences de certains peut-être un peu trop enclins à vouloir garder jalousement quelques prérogatives et quelques cocardes sur leur poitrine ? »
« Pourquoi offrons-nous à nos détracteurs, nos ennemis, les bâtons qui nous flagellent ? »
« Plus simplement, pourquoi ne nous acceptons-nous pas ? »
Nous sommes entrés en Maçonnerie pour aplanir les différences par l’acceptation de celles-ci.
Reprenons le mot « TOLERANCE » si cher aux Francs-Maçons.
Un mot très à la mode, utilisé à toutes les sauces, qui, dans son essence, n’est guère digne des largesses d’esprit qu’on lui accorde. A lui seul, il traduit le mépris, la haine, la guerre, l’épuration et le refus de l’autre.
La définition du dictionnaire est claire : admettre à contrecoeur la présence de quelqu’un, de quelque chose.
La Tolérance est une vertu Maçonnique essentielle. Tolérance vient du verbe supporter, admettre l’opinion d’autrui contrairement à l’opinion dominante ou officielle que l’on tend généralement à considérer comme la seule vérité.
L’éclosion de l’humanisme représente un progrès considérable de l’esprit. A ne pas confondre toutefois l’institution qui tolère avec celle qui affirme la liberté absolue de conscience. Toutes les opinions peuvent être exprimées et enseignées. De par ses Principes, la Maçonnerie est nécessairement Tolérante. Y a-t-il une limite à la Tolérance ? C’est poser l’ensemble des problèmes de la régularité Maçonnique.
Tout dépend de la conception que l’on se fait de la Maçonnerie.
Concernant la Fraternité, il apparaît que c’est l’un des plus vieux mots Maçonniques, constaté dès la période opérative. C’est le ciment de la gloire de l’Ordre.
C’est la Fraternité qui nous rend si chers les uns aux autres, unis par les liens de l’Amitié et de la bienveillance. La fraternité ne doit pas seulement être un mot mais exprimer également une profonde réalité qui se manifeste par la reconnaissance de TOUS les Frères.
A la rencontre des luttes qui nous occupent un temps précieux, temps qui pourrait être mieux utilisé à des actions plus philosophiques, sociales, etc.
Nous devons admettre qu’être Franc-Maçon, membre d’une Obédience nationale, dite reconnue, régulière, ne devrait pas laisser aller nos pensées à contre-courant de l’idée originelle de notre Ordre.
C’est à ce titre que nous devons refuser les « interdictions » de visites à des Frères initiés que nous reconnaissons comme tels et intensifier ces rencontres pour essayer ce rapprochement bénéfique et dont la Franc-Maçonnerie en serait la première bénéficiaire.
Ces rencontres, elles seules sont la traduction d’une véritable manifestation de notre volonté à ce rapprochement des Frères et à travers eux à la réconciliation des Obédiences.
Acceptation d’être vraiment TOLERANT (compréhensif) pour le sens profond que nous donnons à ce mot et non pour son édulcoration qui fait bien dans la bouche de 68tards, « pseudo intellectuels ».
Ne le rehaussons pas d’une qualité sociale qui va jusqu’à le sublimer à le confondre avec une sorte de solidarité. En toute Franchise ce mot aujourd’hui est d’une parfaite hypocrisie.
En réalité, un moyen détourné pour ne pas perdre la face en avouant que nous sommes bien obligés d’accepter les relations inter-Obédiences telles qu’elles sont. Un jeu sournois, sans Franchise, voire dangereux pour notre pérennité, qu’en politique on appelle « diplomatie ».
Ne nous voilons pas la face, la Franc-Maçonnerie aussi intolérante vis à vis de ses Membres, sans véritable envie de ce rapprochement entre les Frères initiés, nous conduit tout droit sur le même chemin stérile que connaissent aujourd’hui certaines religions, églises vides, baptisés qui se détournent du chemin de leur Temple, refusant d’écouter un message ambigu.
Nous devrions être Francs et accepter qu’une des causes de l’absentéisme du Franc-Maçon soit notre INTOLERANCE. Et oui, plusieurs millions de Francs-Maçons peuplent la terre, donc plusieurs millions de Francs-Maçons différents, le voilà notre mot : DIFFERENCE, que nous ne pouvons accepter, aimer – et non pas tolérer – puis qu’il s’agit d’une réalité depuis que l’Homme est Homme.
Une fois Initié, le vieil Homme est mort. Un Etre neuf devra chercher désormais le fil de la Lumière Universelle dans les voyages qui lui seront préparés.
L’acte solennel de la chute du bandeau a trouvé chez moi une flamme intérieure prête à flamber à la grande Lumière Universelle, figurée par les luminaires et le Ciel étoilé.
Ainsi le semblable peut attirer le semblable et comme les gouttes d’eau font la mer, toutes les Lumières du monde deviennent une immense clarté créatrice, celle du Grand OEuvre de l’Univers. Principes d’Ordre, d’Harmonie et d’Amour.
En jurant de demeurer moi-même, le témoignage existentiel actif de ce Principe qui peut forcer toute ma volonté tournée vers le Bien, la reconnaissance de chaque Frère, quelle que puisse être la couleur du pavillon qui flotte, j’ai brûlé le vieil Homme. Je suis devenu Frère.
En dépouillant le vieil Homme, j’ai choisi une voie de Vérité qu’il n’appartient qu’à moi de parcourir.
Plus loin j’irai sur cette voie et plus le Principe qui en trace la progression infinie s’affirmera spirituellement en s’affermissant dans la réalité du Monde.
La pratique du Travail Maçonnique exigera de moi Tolérance (Amour) et Fraternité.
Je dois faire mien le Principe qui veut que tous les Frères Maçons sont Frères et ne sont Frères que parce qu’ils participent au même Principe de Droiture, étant tous taillés à la même Equerre d’Equité, de Pureté, conforme à la norme du Grand Architecte de l’Univers.
En devenant Franc-Maçon, j’ai rejoint des Frères qui m’ignorent pour être dans d’autres bergeries, dispersées dans tous les pays et de toute race. Ces Frères cherchent aussi leur Vérité sur le tranchant du Principe d’Ordre, d’Harmonie et d’Amour.
Tout Homme sensé et intelligent cherche sa Vérité. Comment la trouverai-je là où il n’y a rien ?
C’est en acceptant la différence que je trouverai la Vérité pour parvenir à la Lumière Universelle.
Ce Principe est un commencement, une voie ouverte. Le Principe de la vie Maçonnique c’est moi-même pour moi, comme le « soi » de chacun de nous.
En devenant Franc-Maçon, en me ralliant à la norme figurée par l’Equerre posée sur le Compas, je me suis dépouillé de toute haine, de toute malveillance et de toute hostilité.
Sommes-nous Francs lorsque nous laissons entendre que nous voulons tous un vrai rapprochement avec d’autres Obédiences ?
N’oublions pas que tous les rituels ont été élaborés à partir de rituels plus anciens et, bien souvent, ont été triturés, corrigés, amputés ou augmentés par des Hommes. Ceux-ci aussi bien intentionnés et aussi compétents soient-ils y déposent un peu d’eux-mêmes et cherchent parfois à « orienter ».
Mes Frères, avec ma Franchise, je heurte certainement un grand nombre d’entre vous, mais ne devez-vous pas convenir que nos ennemis seraient plus enclins à croire à notre Tolérance et à notre but : nous améliorer pour rendre le Monde meilleur, si nous ne faisions qu’un.
Quelle puissance colossale.
Ces Frères (maudits), initiés au même rite que nous, ont quelque chose à nous apprendre, ont un message à nous communiquer. Je vous livre cette citation d’un auteur inconnu : « L’ignorance est un crime quand elle est le résultat de l’indifférence pour la vérité ».
Je me suis toujours poser la question de savoir si en Maçonnerie nous avions un « Esprit Maçonnique ».
« Je n’aime pas que l’on abîme l’Homme » St-Exupéry.
J’ai l’impression qu’il faut se détacher de l’Homme pour rechercher la Lumière. Peut-on être Fraternel tout en cherchant en soi ? Ne pas être dérangé lors de notre recherche intérieure ou doit-on être prêt à répondre à chaque instant à l’appel d’un Frère ?
Dilemme important auquel je n’ai pas trouvé de réponse.
Comment oser dire que nous désirons réduire les conflits, aplanir les difficultés de l’Homme alors que chez nous les conflits sont présents.
De quel droit peut-on dire que nous avons la Lumière, que nous connaissons la seule voie qui mène à la Lumière.
Qui peut le prétendre ? alors que toutes les religions le prétendent.
Peut-on interdire aux autres d’avoir leur voie ?
Ne devrions-nous pas être un peu plus humbles et construire avec autant d’acharnement que ceux qui se complaisent à détruire.
Pourquoi ne luttons-nous pas, ensemble, par-dessus les barrières, les obstacles futiles, telles que les Obédiences, pour l’Ensemble dans un but unique, afin que chacun bénéficie de ce plus, de cette amélioration de la vie.
Il ne s’agit pas de condamner mais d’informer voire de modifier le comportement de chacun, non pas dans l’uniformité grâce à un seul moule mais d’utiliser le positivisme de tous, de rassembler les énergies.
Il faut agir avec l’ensemble, laisser de côté les intérêts personnels et lutter pour les intérêts de l’Ensemble, c’est une lutte de tout instant qui ne laisse pas de répit.
Mais ce débat n’est-il pas ancien ?
Pour moi la Franc-Maçonnerie doit être ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspirations larges et libérales. Qu’elle ne descende jamais dans l’arène brûlante des discussions stériles qui n’ont jamais amené que des troubles.
De savoir si nous voulons vraiment être réunis en une seule et unique Obédience, retenons le seul et vrai but de la Franc-Maçonnerie.
Que la Maçonnerie se garde de vouloir être une église qui a voulu prendre pour base le dogme qui, de sa nature, est essentiellement inquisiteur et intolérant. Qu’elle reste le vaste abri toujours ouvert à tous les esprits généreux et vaillants, à tous les chercheurs consciencieux et désintéressés de la Vérité, à toutes les victimes du despotisme et de l’intolérance.
Si nous admettons que le Franc-Maçon est un Homme qui cherche, l’objet de ses recherches doit-il exclure, au vingtième siècle, la question de l’existence d’une autre Obédience.
L’allusion contenue dans les Constitutions d’Anderson aux « athées stupides » porte-t-elle sur l’athéisme ou sur la stupidité ? La stupidité ne concernerait-elle donc que les Frères qui désirent un rapprochement de nos Frères disséminés dans d’autres Loges ?
Toute croyance contient en germe un élément négatif. La même idée qui est un moyen de ralliement sert aussi de moyen d’exclusion : « qui n’est pas avec moi est contre moi ».
Chaque jour nous donne de le constater.
Je pense qu’il ne faut pas stupidement prendre à la lettre le discours de certains Frères confondant la Franc-Maçonnerie avec l’esprit négatif du « parti politique ».
Nous sommes portés, souvent, par désillusions, à prendre nos rêves pour des réalités.
L’interdiction faite par la Constitution de notre Grande Loge Alpina : « la GLSA n’entretient pas de relations avec d’autres organisations qui se proposent de pratiquer en Suisse la Franc-Maçonnerie de St.-Jean » et encore « les Loges peuvent entretenir des relations d’amitié avec d’autres Loges pour autant que ces dernières fassent partie de Grandes Loges avec lesquelles la GLSA entretient des relations ».
J’appelle ces interdictions des pratiques excommunicatoires entre Francs-Maçons. Nul n’instruit de cela le profane avant son initiation alors qu’il croit entrer dans une alliance universelle de Frères.
La lecture de la Bible nous informe que dans les premières communautés chrétiennes, les lettres de Paul, celles de Jacques, frère de Jésus, parlent d’elles-mêmes : ce ne sont que des conflits, divisions, luttes pour le pouvoir. Les conflits entre Paul et Jacques, pour ne citer qu’eux, en illustrent la violence.
C’était hier.
Serions-nous de serviles imitateurs de ces disciples de l’intolérance, nous Francs-Maçons, qui pourtant prêchons la Fraternité Universelle, lorsque, pour des questions de doctrines et d’orthodoxie Maçonniques, nous entretenons divisions, querelles entre Obédiences !?
Ce faisant ne copions-nous pas ces
églises et ces sectes dans ce qu’elles ont de pire ? Au nom
de l’orthodoxie Maçonnique – serait-elle définie
une fois pour toutes ? Et par qui ? Ce qui est fondamentalement
contraire à l’esprit même de la
Franc-Maçonnerie – voilà condamnée
la Franc-Maçonnerie libérale.
N’en est-il pas toujours ainsi lorsqu’on privilégie les doctrines, dogmes au détriment de l’essentiel : cette Fraternité à laquelle nous devrions tous aspirer et qui passe nécessairement par l’acceptation des différences ? A nous d’oeuvrer pour que ces divisions, insignes de notre Ordre, disparaissent !
L’une des sources spirituelles de notre Ordre est fondée sur ce qu’il est convenu d’appeler l’ésotérisme chrétien johannique, Evangile de Jean, apocalypse. Ce choix n’est pas sans valeur symbolique : ces écrits peuvent être regardés, en effet, comme le fruit d’une évolution de pensées et de cultures tant grecque qu’égyptienne ou juive orientale. Ils symbolisent donc une quête jamais terminée de l’Homme quant à ses origines et à ses fins ultimes, mais aussi la démarche d’une communauté d’Hommes et de Femmes soucieux de dépasser leurs différences culturelles.
En ce sens, l’Universalité de la Maçonnerie se trouverait magistralement illustrée. Cependant le danger existe toujours et se vérifie de considérer ces écrits comme « sacrés ».
Il en est de même d’autres écrits que certaines de nos Loges acceptent d’employer dans un esprit d’oecuménisme et d’ouverture, louable, le Coran par exemple. En effet, cette notion de sacré, relative fondamentalement au regard d’une étude historico-critique – dont aujourd’hui on ne saurait se passer – porte bien en elle-même les germes du totalitarisme par l’idée de perfection qu’elle entretient et qu’elle recouvre.
S’il nous faut tendre à la perfection, c’est en sachant que jamais nous ne l’atteindrons.
L’essentiel réside dans l’effort et non dans la possession du but que l’on désire atteindre. Symboliques, ces écrits le sont au même titre que la Déclaration des Droits Humains.
La liberté ne se mesurera vraiment qu’à notre capacité d’invention, de désirs et, je dirais, de désobéissance, – la quête de la connaissance ne commence-t-elle pas par un acte de désobéissance dans le jardin d’Eden ?- elle se mesurera à notre volonté de nous émanciper toujours, fut-ce au risque de se perdre aux yeux du monde profane.
C’est ainsi que l’Homme atteindra la plénitude de sa condition. La quête de connaissance passe certes par la connaissance de soi, mais aussi nécessairement par la reconnaissance de l’autre.
Elle nous invite tous à pratiquer la Tolérance, qui n’est, gardons-nous de l’oublier, que le premier pas qui conduit au respect de l’autre reconnu, vraiment, dans sa différence, accueilli comme un Frère.
Dire que l’on est Franc-Maçon s’avère plus facile que de l’être.
Il est vrai, tout à fait vrai, que la Franc-Maçonnerie, en se répandant sur toute la surface de la terre, dans les pays assez évolués pour l’accueillir, s’exposait au risque de l’émiettement dans la foisonnante diversité. Ce risque a existé. La reconnaissance anglaise, avec la valeur qui lui est attachée, remplit à cet égard une fonction salutaire. Aujourd’hui encore ce rôle bienfaisant d’agent conservateur ne saurait être nié et toute menace d’autodestruction de la Franc-Maçonnerie dans l’éparpillement anarchique n’a peut-être pas disparu. On peut observer aussi que les Loges appartenant à des familles Maçonniques non reconnues par Londres ont à coeur, dans leurs rites, cérémonies et travaux de ne pas s’exposer aux reproches d’infidélité à la Tradition consacrée.
Tout observateur attentif de la vie d’une Loge remarque encore combien vite on déraperait, abandonnant telle pratique rituelle, telle formule ancienne sous prétexte de désuétude, d’évolution des idées et toutes autres vaines raisons.
N’oublions pas, enfin, que des organisations maçonniques sont apparues et se sont développées avec des déviations assez graves pour légitimer un refus de principe !
Un certain exclusivisme se justifie donc, surtout s’il se tempère quelque peu sur le plan de la Fraternité, par des visites occasionnelles et purement individuelles de Francs-Maçons spiritualistes à des Loges d’autres familles mais partageant nos idéaux et nos convictions.
Une dernière question doit être abordée, plus générale et qui aura l’avantage de nous ramener au niveau de la spiritualité. Il s’agit du principe selon lequel les Landmark londoniens seraient irréformables à perpétuité car ils ont existé de temps immémorial et sont « coessentiels » à la Franc-Maçonnerie.
A un principe de cette nature j’y souscris sans réserve tant qu’on reste sur le plan de l’initiation telle que nous l’a léguée la Tradition multilinéaire.
Dans l’antre de Lascaux, dans les ruines de Cybèle, dans un Mithraeum, nous pouvons nous retrouver comme « chez nous » à travers les différences secondaires qu’atteste l’Histoire. Il en va de même à Eleusis ou dans les sanctuaires d’Isis. Et l’Alchimie, la Cabale, la Gnose, les écoles extrême-orientales sont aussi nos demeures avec nos parentés.
Plus on étudie nos rituels dans leur ensemble et plus s’impose la certitude qu’ils ont tout recueilli, que les suivre et les pratiquer avec une respectueuse fidélité nous placent au coeur de la Règle qui nous soutient et nous libère. Là, tant qu’il y aura des êtres humains, se trouvera l’irréformable, le « coessentiel ».
Un Homme, une Femme, ne pourront jamais et ne sauraient être réduits à quelques formules simples : athées, chrétiens, Francs-Maçons…
Accepter d’être défini, réduit par les autres, ce n’est qu’une lâcheté commode. Définir, réduire l’autre en une formule, c’est faire oeuvre de dictateur et bientôt de tortionnaire…
Au XVIIIème siècle, des Hommes épris d’un esprit de Tolérance, curieux et généreux, ont imaginé une société d’Hommes libres ! de Francs-Maçons. Cette liberté là, vous et moi, en sommes comptables et responsables. A chacun de s’affranchir de toutes les contraintes abusives, de toutes les morales étriquées, de tous les dogmes et doctrines. A nous aussi de participer, de contribuer à l’affranchissement de tous ceux qui, de près ou de loin, subissent l’arbitraire, qu’ils soient Maçons ou profanes. L’essentiel, n’est-ce pas cet esprit de liberté qui doit toujours nous animer !
Mon espoir est que l’Humanité grâce au rayonnement de la Franc-Maçonnerie à travers l’Esprit Maçonnique engendré par chaque Frère parvienne à détruire la bêtise, la cupidité, la méchanceté.
Qu’elle établisse des valeurs nouvelles, de respect de l’Autre, qu’elle applique une Justice, un partage équitable des biens de ce monde.
Utopie ?
Que la Franc-Maçonnerie vive dans cet Esprit de Liberté et l’Humanité survivra, soyons les Alchimistes de demain. Transmettons l’Esprit Maçonnique par l’Amour Fraternel.
« La disposition aux nobles sentiments est, dans beaucoup de natures, une plante délicate, facilement flétrie par les influences hostiles » Stuart Mill.
Or il en est de moins en moins, ainsi, dans le monde comme dans nos Ateliers. Les grands idéaux, précurseurs de l’Avenir, ne s’épanouissent plus dans l’atmosphère indispensable à leur croissance et à leur matérialisation. L’Esprit noble s’infiltrant de la rue dans nos Temples ne peut qu’y favoriser la formation d’une élite factice se réclamant d’une Maçonnerie qu’elle n’a rien fait pour acquérir. Or la Maçonnerie a pour but le perfectionnement moral de l’Humanité.
On accède à la vraie Maçonnerie que par un effort, celui qui ne se sent pas la force de l’accomplir ne doit pas tenter de s’illusionner lui-même, commençons par être Franc avec nous-mêmes. Prenons conscience de la mesure de nos possibilités et perfectionnons-nous dans l’art de « s’arrêter à temps ». C’est déjà là une Maîtrise de soi qui pour être en apparence, modeste, n’en est pas la moins digne de tous les respects.
Celui qui se connaît estime sans réserve celui qui honnêtement se cherche, de même qu’il honore avec joie celui qui, sans le vouloir et parce que tel est son destin, le dépasse.Le Franc-Maçon n’est ni humble, ni orgueilleux, ni vaniteux.
L’orgueil et l’envie sont le propre des médiocres vaniteux et des esprits impurs. Ceux-ci en invoquant la raison, se disent « positifs » et ne sont que des « bornés ».
Leur parler « symbolisme » serait vain parce qu’ils ne savent pas « penser », leur parler « science » le serait tout autant parce qu’ils ne savent pas « comprendre ». Ils ne sont aptes qu’à enregistrer des enseignements dogmatiques et à se parer de titres.
Ils ne laisseraient à la Maçonnerie d’autres préoccupations que celles, profanes, dont la presse et les clubs politiques se font les promoteurs et d’autre rôle que celui de jongler avec des mots vidés de leur sens.
Il paraît, j’imagine, difficile de prétendre que ce serait travailler de quelque manière que ce soit au perfectionnement de l’Humanité.Aussi importe-t-il de prémunir l’Ordre contre ces influences pernicieuses qui peuvent à cet égard le détourner de sa voie.
Nous ne pouvons accepter l’hypocrisie maçonnique, le comportement de ceux qui veulent paraître, les attitudes qui recherchent les applaudissements et l’approbation.
Il convient de préserver la Maçonnerie de toute profanation.
Il faut que le Franc-Maçon soit un « Maçon » dans la pleine acceptation du terme, qu’il puisse réellement assumer la tâche qui, traditionnellement, lui incombe et consiste à « répandre la Lumière, de se dépasser, à aller plus loin, à réunir ce qui est épars ».
Nous sommes libres et de bonnes moeurs, pourquoi ne pas respecter l’autre en tant qu’individu libre.
Il y a une multitude de Maçons dans le monde, autant que d’Initiés…
Et puis, quelques six ans seulement nous séparent de l’Ere vulgaire dans son 21ème siècle. Dès lors ne devrions-nous pas, impérativement et dès maintenant, nous demander quel héritage Maçonnique nous voulons transmettre à nos descendants ? Et aussi, quelle image voulons-nous laisser de notre bref passage à ceux qui nous succéderont dans nos Loges ?
Allons-nous donc longtemps encore admettre que nous ne puissions reconnaître comme Frères ceux dont le tort est d’avoir une couleur de Tablier différente de celle de notre Tablier ?
Comment voulons-nous et pouvons-nous construire notre édifice, si non seulement NOUS les ouvriers, ne nous reconnaissons pas entre nous, mais que de surcroît, nous détériorons volontairement et délibérément nos outils respectifs ?
Nous ne pouvons donner crédit à ceux qui prétendent qu’en dehors de leur Obédience il ne saurait avoir de Lumière. Ce sont ces mêmes Frères qui, sans sourciller, dénoncent avec force l’infaillibilité papale. Quel dommage pour eux d’être libres et de ne pas le savoir.
Si dans une vie profane on a le sentiment que tous les changements viennent de l’extérieur, dans une vie d’Initié nous devons réaliser que chacun de nos choix doit être perçu et relié au Grand Tout.
Le chemin de la Tolérance est un chemin difficile, parsemé des embûches que nous n’avons pas su écarter. Mais il croise aussi des sentiers sur lesquels cheminent d’autres pèlerins. Si tous nous unissons nos forces et rythmons nos coeurs, bientôt le but se dressera devant nous : l’Etoile au sommet de la montagne. Ne sommes-nous pas tous des « géomètres ? » alors à chacun son tracé. L’important c’est que ce soit la Règle qui le dessine.
Tenir nos outils avec Force et Vigueur,O uvrir un large sillon dans la terre-mère,
L ui offrir le grain pour sa lente maturation,
E tre attentifs au travail des quatre éléments,
R espirer avec joie l’odeur de cet humus,
A ttendre, confiants, que lève la plante odorante,
N ouer la gerbe du ruban de la Fraternité,
C ourir vers l’autre pour partager la récolte,
E tre ainsi de ceux qui feront fleurir ton nom…
TOLERANCE.
Je voudrais par ces quelques lignes, vous dire que nous acceptons dans nos Loges, et nous trouvons cela normal, des chrétiens, des juifs et des musulmans mais nous ne reconnais sons pas comme Frères Maçons, les Frères qui, initiés au même rite que le nôtre, appartiennent à des Obédiences et associations Maçonniques différentes.
J’aimerais que la Chaîne d’Union qui assemble nos mains soit une vraie Chaîne Fraternelle, Universelle et Sincère.
J’aimerais que la Tradition soit respectée et appliquée dans son Esprit plutôt que dans la lettre. Ne serait-il pas possible que la promesse rituelle formulée lors de notre initiation nous permette de voler au secours de nos Frères sans au préalable s’enquérir de leur reconnaissance réciproque.
Comment oserions-nous prôner la paix si elle ne règne pas entre nous ? Comment pouvons-nous être tolérants si nous feignons nous ignorer ? Comment arriverons-nous à construire le Temple idéal de l’Humanité si nous rejetons les pierres de certaines carrières ?
Il n’existe pas deux Temples, l’un régulier et conforme et l’autre irrégulier. Il n’y a pas deux Maçonneries d’Initiés non plus.
« Regarde l’Univers, l’ordre y est parfait. Regarde les Hommes, c’est le désordre. Pourquoi ? Parce que beaucoup de gens ne sont pas à leur place. Essaie, avec la grâce de Dieu, de découvrir quelle est la place qui te permettra d’utiliser au mieux les dons qu’il t’a donnés, pour ton plus grand bien, pour celui de la société où tu vivras et pour Sa plus grande gloire ».
– Chanoine Gratien Volluz, prieur du Grd Saint-Bernard.
Regarde les Hommes, c’est le désordre !
Parce qu’ils sont tous convaincus qu’ils sont à leur bonne place, qu’en toute bonne foi, ils attestent tenir la Vérité, qu’ils sont persuadés que les événements leur donnent raison.
Parce qu’ils comparent la place des autres à la leur et en revendiquent le droit sans en accepter les devoirs. Lorsque les choses sont à leur bonne place, que les Hommes ont la Sagesse de les enseigner avec les mots, les idées, les symboles qui les caractérisent et les identifient, le désordre disparaît.
Avec les Autres – parmi les Autres
Quels qui soient, d’où qu’ils viennent, parce qu’ils doivent aussi consentir l’effort d’être à la place à laquelle ils doivent être. Et, s’ils ne le comprennent pas, il nous appartient de les aider par l’exemple.
La Fraternité ne se prêche pas, on l’enseigne en la pratiquant. – St-Exupéry.
Nous avons aussi été convaincus que Tolérance n’est pas une voie à sens unique, qu’elle est une et indivisible, qu’elle se conjure à l’actif et non au conditionnel et qu’elle s’accorde sans restriction, sinon la réciprocité, parce qu’on ne peut prétendre bénéficier de ce qu’on ignore délibérément.
On ne peut exiger des autres qu’ils soient à leur place si nous ne sommes pas à notre place d’Homme dans la plénitude et la plus pure définition de ces qualificatifs.
La Tolérance c’est le pain et le vin qu’on doit partager avec l’autre, c’est la main qu’on est capable de lui tendre, c’est le sourire qu’on lui adresse et qui illumine aussi bien son visage que le nôtre.
Tolérance enfin c’est d’être chacun à la place définie par le GA de l’U, pour notre plus grand bien, pour celui de la société où nous vivons et pour sa plus grande gloire.
Si l’Homme peut couper les fleurs, le printemps revient toujours. Tant que brillera le Soleil, Lumière de la vie, les fleurs appelées Tolérance peuvent s’épanouir.
Souvent la vie trompe l’Homme à l’esprit inconséquent et aérien. Comme l’onde a trompé Narcisse qui, s’y étant vu reflété, a voulu rencontrer son image qu’il aimait tant, pour hélas, s’y noyer.
Nous faisons partie de la Franc-Maçonnerie, c’est elle donc tout entière qui évoluera sous l’effet de notre évolution individuelle. Difficilement conciliable pourtant si l’on tient compte des polarités obédientielles à caractère régulier ou non; que d’ambiguïtés dès que l’on aborde la liberté extérieure de l’Homme.
Serions-nous une sorte de tribu dans laquelle celui qui n’est pas avec nous est contre nous, certainement pas. Alors foin de discours, palabres, d’envolées dialectiques, reprenons à la base notre enseignement maçonnique primaire, en nous rappelant que le travail d’un apprenti commence par le silence et fini par la méditation.
Avec cela nous avons le point pour poser la branche fixe du compas au centre du cercle de la Tradition, pour appuyer le levier avec lequel nous soulèverons le monde des idées, nous basculerons celui de l’ignorance et maintiendrons celui de la Tolérance. Nous serons à même de comprendre et d’accepter que la Femme est l’égale de l’Homme, que son évolution elle ne la doit qu’à elle-même si on la lui permet, que races, couleurs, religions, différences de l’autre doivent être acceptées sans restriction si nous sommes fidèles à l’idéal Maçonnique.
Nous aurons ainsi atteint le niveau de compréhension nécessaire pour continuer à évoluer harmonieusement dans un monde où l’action de l’Homme se fait de plus en plus sentir à tous les niveaux parce qu’il s’est donné les moyens d’informer, de connaître et de donner des directives de façon instantanée sur n’importe quel endroit du globe et même dans l’espace, parce qu’il est plongé de plus en plus dans l’immense incertitude du devenir qui caractérise cette fin de siècle.
La Maçonnerie doit évoluer aussi dans ce sens et c’est à nous de lui donner les moyens pour faire passer le message de Tolérance et de Fraternité dont elle a fait sa devise.
A ce stade, je me suis octroyé le droit de donner à mon morceau d’architecture le titre « MOI – L’AUTRE », de demander à tous les Francs-Maçons travaillant sur la terre dans un esprit de liberté, d’égalité et de fraternité, de continuer l’évolution, patiemment et loyalement, dans le silence laborieux de nos méditations, la vraie Lumière et la Vérité.
Mes Frères pratiquons la Tolérance et la Fraternité et nous pourrons nous regarder dans le miroir sans nous noyer dans l’onde de la prétention et continuons quotidiennement notre introspection. Gardons toujours à l’Esprit cette question :
« A quoi travaillent les Apprentis ? »
« A la Pierre brute qui représente l’imperfection de la raison et du coeur ».
MES IMPRESSION DE CHEVALIER ROSE – CROIX
Ma volonté de poursuivre mes connaissances maçonniques m’a amené à venir vous rejoindre mes Frères Chevaliers. Je me sentais entrer en hibernation peut-être étais-je en tain de m’endormir sur mon grade de Maître.
Parcourir le chemin de ces dernières années en votre compagnie Frères Chevaliers, fut pour moi le réveil d’un état vital, d’un désir essentiel : la fidélité à la parole.
Depuis mon entrée dans votre Temple, j’ai découvert la Maçonnerie dans son ampleur réelle. Etre Chevalier suppose de la sagesse, du coeur et beaucoup de respect. Pour cette découverte, il faut des Hommes, des Amis, en un mot : Vous, qui m’avez aidé et insufflé cette joie, cette volonté de continuer sur le chemin de la Connaissance.
La Cérémonie qui m’a le plus marqué, mis à part celle de mon élévation au grade actuel, fut, et restera sans aucun doute possible, celle dite de la « Pascale ». Elle est la joie de vivre, la joie de partager son temps, sa table, la joie de mieux aimer les autres quel que soit la couleur de leurs yeux.
Découvrir les Hauts Grades fut pour moi une renaissance. J’ai continué à dépouiller le vieil homme.
A travers vous, mes
Frères, j’ai ressenti le parfum, le goût, les
couleurs, la Lumière et la
chaleur de ma Terre.
En vous, mes Frères, se reflète aussi l’âme de ceux qui travaillent à faire naître l’Amitié et la Lumière du Guide du jour de mon initiation, celui qui m’a préparé et conduit à voir « clair » en moi, inculqué le respect de l’autre, la Tolérance.
Ces deux années m’ont appris que nous avons la chance et la charge de développer l’Amour Fraternel, c’est l’Amour sans exclusivité, l’Amour réalisant l’Union et la Solidarité de tous les Hommes.
J’ai appris l’Amour, j’ai besoin d’Amour, d’Aimer, d’être Aimé, car je n’échappe pas à l’humain, j’ai mes faiblesses, parfois mes reniements, car l’Homme moderne est écrasé sous le poids des contraintes fabriquées.
Alors j’ai appris que nous Maçons, Hommes éveillés, pouvons créer et exprimer cet Amour, pour cela nul besoin de chercher la perfection, nul besoin que je sois extraordinaire, il suffit simplement que chaque jour ou de temps en temps, je sois un peu meilleur que moi-même.
L’acte d’Amour engage, souvenez-vous du roman de St-Exupéry, « le Petit Prince » lorsque le renard qui veut être apprivoiser, c’est à dire : aimer et être aimé, dit au Petit Prince : « on est responsable de ce que l’on apprivoise – on ne connaît que les choses que l’on apprivoise, les Hommes n’ont plus le temps de rien connaître, ils achètent des choses toutes faites chez les marchands, mais comme il n’y a pas de marchands d’amis, les Hommes n’ont plus d’amis ».
Oui, mes Frères Chevaliers, ces différents échelons que j’ai gravis en votre compagnie, à travers vos encouragements, m’ont appris l’Amour. Il n’y a pas non plus, mes Frères de marchands d’Amour.
Toujours dans le cadre du Petit Prince, « on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».
Ma joie est de savoir que vous connaissez tous ce secret.
Mon espérance est de ne rien vous avoir appris.
Je crois profondément à cette philosophie romantique du désir qui utilise « la preuve par les aspirations humaines » et si on peut prouver que l’humanité aspire à des lendemains qui chantent, alors il est permis d’espérer que les lendemains chanteront.
« La faute la plus commune n’est jamais de désirer trop, c’est de désirer trop peu » Descartes.
Mes Frères, il y avait le pain quotidien, mais maintenant, il ne me suffit plus, il y a aussi le besoin permanent de m’améliorer encore.
Je me permets modestement de vous faire savoir qu’après ces deux ans, je confirme mon serment et que maintenant plus qu’au premier jour, dans la mesure de mon possible, je resterai un Franc-Maçon authentique.