30° #427012

L’effort du Franc Maçon pour connaître les autres, favorise t’il sa propre connaissance ?

Auteur:

M∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Question excitante car en ce qui me concerne elle s’inscrit dans des perspectives ouvertes par l’épigraphe du temple de Delphes : « Connais-toi toi même et tu connaitras l’univers ».

Excitante car l’effort du F M pour connaitre les autres n’est que le combat contre lui-même, et en ce qui me concerne contre moi-même, c’est par ce combat que j’ai appris à me connaître. Le choix de cette question me permet de faire le bilan de trente années de travail assidu et de réflexions tant en L Bleue qu’au-delà, aussi bien au sein du Rite Ecossais Rectifié, que de celui du Rite Ecossais Ancien et Accepté. J’accepte par ce travail, une excursion en moi-même, certes à haut risque, probablement déstabilisante, peut être un peu traumatisante.

En préambule je tiens a préciser que si parfois je cite Dieu, il y a lieu de ne pas y voir une quelconque connotation cultuelle, mon appartenance au régime Ecossais Rectifié, régime chrétien se veut vécu dans une liberté absolue de conscience, et cet « être » que je peux nommer Dieu, découle d’un principe émergeant de ma seule raison.

Combat ! La bible cite le combat de Jacob contre Dieu, si Dieu avait créé l’homme à son image, Jacob en combattant son créateur se trouverait devant un miroir lui renvoyant sa propre image. Ce qui me laisse à penser que Jacob se serait battu contre lui-même ; à moins que ce ne fut Dieu qui en combattant contre Jacob, se battît contre lui-même. En poussant ce raisonnement jusqu’à un autre extrême, je peux supposer que chaque fois que l’homme combat un autre homme créé comme lui à une soit disant image de Dieu, il se bat contre lui-même. Quant un homme asservit un autre homme, il s’asservit lui-même ; que lorsqu’il tue son semblable, il tue une partie de lui-même.

Cette référence à un Dieu principe créateur indéfinissable m’ouvre quelques perspectives vers lesquelles nous reviendrons dans la deuxième partie de cette planche car j’ai l’intime conviction qu’il se trouve à la racine de notre « être » éclairant en cela notre lien dans la connaissance de « l’autre ».

L’effort, combat contre nous-mêmes commence très tôt dans l’existence qui est une initiation constante, consciente ou inconsciente jusqu’au dernier voyage, et peut être même au-delà. Avec une succession de rites sociaux, une infinité de passages d’un état à un autre, de codes qui régissent les comportements des individus et leurs relations, de chemins qui s’ouvrent et se ferment, de mains qui secourent, de mains qui rejettent. Et ce ne sont pas toujours les mains qui tentent de secourir qui font le plus de bien. J’en prendrai pour exemple le combat qu’on livre contre la maladie et surtout ses séquelles physiques et morales.

On guérit en apparence, mais le combat ne s’arrête pas là ; il faut affronter ceux qui essaient de profiter de vos handicaps, s’il en reste, pour vous humilier, vous dominer et hélas aussi ceux qui vous aiment et qui en croyant vous protéger, attisent vos complexes, ceux qui vous disent « Ne fais pas ceci, ne fait pas cela. Tu n’es pas comme les autres, fais attention », tout cela je l’ai compris en étant attentif a la connaissance de l’autre. Quelle lutte, pas moins acharnée que celle qu’on engage contre ses dénigreurs pour passer outre ses ressentiments, essayer de ne pas garder rancune à ses parents, ses amis, bien intentionnés mais maladroits et s’efforcer de comprendre qu’ils vous font du mal par amour. En se souvenant aussi combien d’entre eux en proie à la souffrance, vous ont donné l’exemple d’un courage inébranlable. Un autre danger et non des moindres, guette celui qui se bat contre les retombées de ses séquelles psychologiques, c’est d’être tenté de substituer à ses complexes d’infériorité des complexes de supériorité qui peuvent engendrer des sentiments délétères, tels que le mépris, la haine. Comme ceux qui s’insinuent dans le cœur des peuples naguère colonisés asservis, à l’encontre de ses anciens envahisseurs.

Lors de ma réception au degré d’App, le V M me donnant la Lumière, a prononcé cette phrase intrigante que je n’ai comprise que bien plus tard « Sic transit gloria mundi ». « C’est ainsi que passe la gloire du monde. Souvenez vous mon cher Frère, qu’à la fin, toutes les illusions disparaissent plus promptement que l’éclair, aimez donc exclusivement la vérité si vous voulez acquérir le bonheur solide et durable. C’est la première leçon que l’ordre vous donne, gardez vous de l’oublier ». Ce n’est que quelques années après que je n’ai pu que constater que j’avais entrepris un itinéraire spirituel. Acquérir un bonheur solide et Durable ! Qu’entends t’on par ces mots ?

Une façon de nous dire : part pour ton combat, vers l’effort de connaissance de soi, apprend pour traverser l’existence à t’équiper des qualités d’esprit et de cœur, a enfiler les sandales symboliques qui vont ouvrir ton chemin afin d’entendre cet appel au service des autres. Peut être que c’est par cet appel au service des autres que tu percevras ce que tu es.

Combattre avec soi-même c’est d’abord faire cet effort de surmonter la peur de ses peurs. Peur oh combien ! révélée par l’autre.

La peur de se voir vraiment, non avec ses yeux, mais avec tous ses sens réunis dans une même acuité, et de ne pas se reconnaître, de ne plus s’imaginer comme l’on croit que l’on est, de tomber du rêve dans la vie. La vie ennuagée par le spectre de la mort. Une peur de même nature que celle de quelqu’un qui retarderait indéfiniment sa visite à un médecin à cause de son appréhension d’apprendre qu’il est atteint d’une maladie incurable. La peur de découvrir sa misère morale, intellectuelle et spirituelle, plus difficile parfois à guérir qu’une maladie. La peur de déceler en soi toute une kyrielle de tendances négatives : apathie, indécision, irrésolution, pusillanimité, veulerie, égoïsme, égocentrisme, étroitesse d’esprit, de sentiments, vanité, goût immodéré des honneurs, des colifichets, tels que décorations, pouvoirs, propension à briller à n’importe quel prix. L’effort contre soi révélé par l’autre consiste alors à lutter contre ses propres démons, ses vaines tentations d’autant plus redoutables qu’elles pénètrent l’esprit insidieusement et faussent le jugement. Jeter un regard lucide sur soi et prévenir, guérir, les dérives de ses impulsions est une entreprise difficile, comme une gageure. Quelques soient ses bonnes intentions, peut-on se débarrasser entièrement de ses démons ? De ses réflexes xénophobes, racistes, voire homophobes qui viennent d’un milieu familial, social, environnemental, religieux, et qui risquent à tout instant d’être réveillés par des attitudes, des actions, des propos outranciers d’extrémistes de tout acabit. Je me souviens d’un mouvement de rejet de ma jeunesse vis-à-vis d’un être qui me déplaisait sans raison particulière et, de le regretter ensuite, parce que s’était mêlé un sentiment de mépris pour un être qui dans mon inconscient pollué n’appartenait pas à ma petite classe sociale.

Comment combattre cette corruption de l’esprit, et s’éviter des actes regrettables et des remords rongeurs, sans s’exorciser ? En faisant appel à la raison qui permet de mieux discerner celui qu’on dénigre, ou à l’humour, la dérision, l’autodérision. L’humour permet de se dégriser de ses aberrations de l’esprit et de mesurer l’inanité de pensées, de gestes dérisoires, de railler les mesquineries, la médiocrité de ses opinions suscitées par le qu’en-dira-t-on, les sentiments du plus grand nombre. Combien d’êtres humains ne sont que des fontaines lumineuses qui ne doivent leur éclat qu’à un éclairage extérieur. La raison et l’humour permettent aussi de surmonter la peur de l’autre qui conditionne dans une grande mesure les réflexes de xénophobie.

L’initiation maçonnique devrait être un moyen privilégié de retrouver sa propre lumière, une voie d’excellence dans la grande initiation qu’est la vie, à la rencontre de soi-même et des autres, un voyage à la recherche de son identité, mais un chemin semé d’obstacles, une porte avec une clé, un passe pour ouvrir d’autres portes vers des couloirs insoupçonnés, dans le conscient et le subconscient, éclairés au fur et à mesure que l’on progresse, par un faisceau de lumière qui pointe ses rayons dans l’obscurité où on était plongés. Une route jalonnée d’espoirs et d’angoisse. L’espoir que si on se dépouille de tous faux-semblants, si on se déleste sans restriction de tous ses métaux, on ferait route avec des amis véritables, parce qu’on ne les verrait pas et ils ne nous verraient pas seulement avec les yeux, mais avec le regard de l’âme et du cœur. Mais, L’angoisse nous poindra aussi sur ce chemin, car on y apprendra qu’il faudra à un moment donné et imprévisible, poursuivre tout seul, passer tout seul de l’autre côté du miroir.

Avant ce dernier saut combien de combats restera-il à mener contre soi-même ? Semés de victoires sans doute, d’échecs, sûrement. Nos alliés, la raison, l’humour, quel que soit leur intensité, ne nous sortirons pas du labyrinthe sans ces fils conducteurs, que sont le respect et surtout l’amour, tous deux liés intimement. Mais pour aimer les autres, il faut d’abord s’aimer, sans tomber dans un narcissisme qui confinerait à la fatuité. Bien que le narcissisme puisse être aussi une réaction de désespoir comme celui de Narcisse qui se regardant dans l’eau se désespérait de ne pas pouvoir y fixer son image, et s’assurer ainsi de son immortalité.

Pour respecter les autres, il faut d’abord se respecter soi-même, ne pas se laisser aller, ne pas devenir une épave soumise à quelque drogue que ce soit. Respecter les autres, c’est savoir écouter pour répondre, non à ce qu’on croit ou qu’on imagine avoir entendu, mais à ce que dit vraiment son interlocuteur. Les malentendus, les désaccords viennent souvent d’une fausse interprétation des dialogues qu’on n’a pas écoutés sciemment ou inconsciemment.

Respecter les autres et soi-même, c’est aussi de se forcer à reconnaître ses erreurs, à ne pas s’entêter dans ses errements, à ne pas biaiser. Ne s’humilie-t-on pas davantage en écoutant la voix de la vanité et de l’obstination puérile, qu’en admettant ses torts ? Le vrai courage dans ce domaine n’est-il pas parfois de passer pour un ignorant, de se dévaloriser aux yeux d’autrui, même aux yeux de ceux qu’on n’aime pas et dont on craint les moqueries, le mépris, que de professer des erreurs ?

Mais dans cette recherche en soi, cette fouille du sur-moi qui est me semble t’il le fondement du sens moral, cette volonté de déminage intérieur systématique, d’élimination forcenée de ses pannes morales, n’oublions pas qu’on a souvent les défauts de ses qualités, et qu’éradiquer les uns, pourrait endommager les unes.

Combien de femmes ayant recours à la chirurgie esthétique pour corriger ce qu’elles croyaient être une disgrâce du visage, s’aperçoivent après l’opération que sans ce défaut elles perdaient ce qui faisait leur charme.

Défauts et qualités, bien et mal, s’engendrent, s’emboîtent les uns les autres, chez l’homme certes mais aussi dans l’univers dont nous sommes le microcosme. Une catastrophe naturelle a pu créer la Terre comme le big bang primordial ou la féconder comme une éruption volcanique amende le sol après avoir détruit et tué.

Le grand poète persan Omar Khayam a écrit : « Au-delà de la Terre, au-delà de l’Infini, je cherchais à voir le Ciel et l’enfer. Une voix solennelle m’a dit ; le Ciel et l’Enfer sont en toi ».

L’effort sur soi même ne serait-il pas alors une réplique de la guerre éternelle entre Dieu et les anges rebelles ? Le combat que les hommes se livrent à eux-mêmes et qu’ils livrent aux autres serait le reflet miniaturisé de l’affrontement des Titans ?

Pour réconcilier ces forces antagonistes et rétablir l’harmonie des sphères trop souvent perturbés par des couacs aux répercussions néfastes sur notre vie, dieux et êtres humains n’ont rien imaginé de mieux que l’amour, sur Terre et dans le Ciel, car, comme il est écrit dans le Cantique des Cantiques : « L’Amour est fort comme la mort, la passion est violente comme l’enfer, ses étincelles sont des étincelles de feu, une flamme divine… Les grandes eaux ne peuvent pas éteindre l’Amour, Et des fleuves ne le submergeraient pas î, Si quelqu’un offrait tout son bien pour l’amour, On le traiterait avec mépris ».

Peut-être que Dieu et ses anges révoltés, attendent pour se raccommoder que les hommes se réconcilient avec eux-mêmes/ avec les autres et aussi avec la nature.

L’effort sur soi-même n’est-ce pas en définitive le plus acharné des combats, le plus universel, bien qu’il semble ne concerner que l’individu, parce qu’il englobe tous les autres. Quelque soit l’adversaire qu’on affronte, les batailles qu’on engage, c’est toujours contre soi qu’on se bat, directement ou indirectement. A ce stade il me faut aborder ce que représente pour moi le chemin initiatique, car modestement je ne pense pas être un initié, mais un homme qui au sein de la société et des hommes ses Frères, tente modestement de comprendre l’autre pour peut être espérer se découvrir. Tout au long de ces années sur le chemin de mon initiation, j’ai appris à lire dans le miroir de mais F F sans certitudes, par une découverte progressive, car l’initiation est une connaissance, une gnose qui ne peut être une acquisition de savoir et d’accumulation de connaissance, elle se veut à mes yeux peut être est ce de par ma culture culinaire celle des saveurs, celle du goût. Elle m’a appris à savourer la vie, le mouvement et l’être, elle se veut pratique, celle tout a la fois source et fruit de la vie, elle m’a pris à un stade de mon humanité et m’a demandé de progresser vers toujours plus d’humanité, vers un savoir – vivre. Source et fruit de la vie, pensée et action, pensée se traduisant en actes, réflexions qui portent à l’action « que la lumière fortifie dans nos cœur l’amour de nos devoirs afin que nous les observions fidèlement » mais aussi actions qui traduisent et alimentent notre pensée « par le désir de nous rendre utile à nos semblables » (invocation fermeture 1°).

Nous abordons par là une philosophie de l’idéal, toujours recherchée, jamais atteinte, celle qui donne le goût de l’être et de l’exister, celle du savoir- vivre, celle d’un amour de la sagesse qui va de la connaissance de soi à l’amour de l’autre, dirigeant une manière de vivre par un effort pour savoir.

En ce sens Maçonnerie et philosophie sont l’une et l’autre idéal, gnose et savoir- vivre en cela ma démarche initiatique est une philosophie empreinte de spiritualité par cette recherche permanente de la lumière, cheminement qui se veut être une marche vers « l’être » qui semble nous animer. Démarche spirituelle qui commence par l’effort d’une connaissance de soi et qui m’a fait inévitablement progresser en direction de cet « être », me conduisant de mon être vers cet « être » indéfinissable mais commun à tout homme, avec pour conséquence nécessaire, l’évidence de l’égalité et de la fraternité de tous les êtres. Cet « être » que nous invoquons sous le vocable de « G A D L U » qui est la racine de mon être qui me constitue est aussi celui qui constitue tous les êtres.

L’Amour de mon Frère n’est ni obligation ni commandement imposés de l’extérieur, il est une nécessité de mon être, un fait qui s’impose à mon intelligence et justifie l’engagement de mon cœur et de ma vie. Si « l’être » se donne pour me faire exister, ce mouvement d’obligation de don de soi est aussi à la racine de mon être comme un besoin vital, une nécessité quasi biologique. Il me faut aimer pour exister. Démarche permanente vers la Lumière, énergie spirituelle intelligente et généreuse qui anime l’univers, mais ! En quoi cette lumière m’anime t’elle ?

Lumière vérité que je recherche celle qui constitue mon idéal et qui devrait toujours briller en moi, est la conscience du sens de ma vie. Au sein de ma L, cette Bible ouverte au prologue de Jean, peut me laisser pressentir que le verbe créateur en qui était la vie me donne quelque chose de son être, de sa vie ; qu’il me fait exister comme il fait exister tout ce qui existe, a existé, existera tel que l’écrit Jean 1,3 « Tout fut par Lui et, sans Lui, rien ne fut ».

La vie qui était certainement dans le verbe créateur dès l’origine était la raison d’être de tout, elle est ma raison d’être, elle indique le sens de mon existence. Le fleuve coule de sa source vers la mer, ma vie comme celle des hommes qui a jaillie de la Parole, va dans le sens de la création, de la matière brute à la vie, puis à l’esprit. Ma vie coule obligatoirement vers l’esprit dans le sens de l’esprit, c’est en ce qui me concerne une loi universelle qui régit l’humanité.

Ces pensées vivent en moi, elles sont le fruit de l’initiation de ma recherche spirituelle, malgré tout j’ai le sentiment que l’initiation est indépendante de moi-même, elle vit elle-même, telle une œuvre, elle est rencontre avec l’invisible.

Parfois, ma conscience s’ouvre et je deviens persuadé que l’Initiation n’est pas le fruit du hasard, elle est une fonction majeure du principe de création obéissant à la Loi cosmique, elle ne dépend certainement pas des hommes. Elle est liée à la connaissance des causes ; et ne peut être liée à une quelconque invention humaine, construction permanente, spirituelle, elle exclut le mensonge, l’avidité, le désordre, elle m’entraîne vers ma dépossession, croyant être propriétaire de mon individu ce qui est illusoire, elle me convie à lâcher prise, a tordre le cou à ma possessivité maladive et à renoncer à vouloir tirer bénéfice de tout ce que j’entreprend. La recherche spirituelle nourrit ceux qui la nourrissent, elle permet de vivre le mystère de la vie en accomplissant le don de sa pensée non dans l’intention d’expliquer un quelconque mystère, mais de communier avec lui. Nous y intégrons l’action par le don de la main, le don de soi, en souhaitant lutter contre la fatalité et en se dépossédant de notre volonté de possession nous vivrons alors certainement le plus grand bonheur de l’initiation.

Ma recherche spirituelle va bien au-delà des buts que j’ai imaginés, car dès qu’ils sont atteints, elle nous invite par l’effort à les dépasser. Le plus grand trésor du voyage initiatique n’est pas le but du voyage, il est à mes yeux le vécu dans le voyage lui-même, avec l’autre, riche de tant d’expériences, de tant de rencontres ce qui me fait dire que le but ultime du chemin est certainement le chemin lui-même.

Que cela nous plaise ou non, l’initiation n’est pas à la portée de l’individu, même si notre engagement a des retombées ; le processus initiatique développe aussi bien les défauts que les qualités ; ou nous comprenons que notre satisfaction personnelle n’est pas le but recherché, et nous vivons pleinement, en nous dépouillant et en nous purifiant, ou nous nous acharnons à vouloir grandir et prendre et nous finirons par nous détruire. Nous venons dans nos L L et Chap afin de nous intégrer avec nos F F en esprit et en vérité, afin de désapprendre l’inutile, de nous créer une nouvelle intelligence et une nouvelle sensibilité. Démarche à la fois utopique pour certains fort simple pour d’autres. Comment me direz vous ?

Par la pratique de la rectitude et de l’impeccabilité, en participant activement et en toute humilité à la construction du Temple, dans le respect de la règle, non celle d’exécution, celle d’un quelconque règlement, mais celle qui gravée dans nos cœurs se vit par la Foi, l’Espérance et la Charité celle que nous avons tracée par la vie au sein de nos rites depuis de longues années, celle qui à chaque instant nous permet d’effacer de nos cœurs tout mauvais sentiment et toute inimité afin que la paix et la Lumière se répande parmi nous.

Cette Lumière ne peut s’épanouir dans le cadre étroit de notre individualité et lorsque nous sommes réunis les lumières des F F, deviennent une, c’est à cette Lumière essentielle que je viens forger le caractère fort de mon engagement dans le but d’oublier mon existence et de me préoccuper de la vie, de cette vie qui n’a d’autre but qu’elle-même et qu’il me faut célébrer dans le respect et le don.

Le sens de la vie n’est il pas l’esprit de la vie, esprit qui nous conduit à ne pas confondre l’affectivité avec la sensibilité, le mental avec l’intelligence, la croyance avec la foi, le savoir avec la connaissance. Le sens de notre vie est de tenter de comprendre l’initiation, mot probablement insuffisant, car ce vécu initiatique ne s’étudie pas comme n’importe quelle discipline intellectuelle, il nous faut l’éprouver en s’éprouvant, la percevoir par le cœur et en accepter certainement le mystère comme la part la plus importante de la réalité.

Le F, ne vient pas rechercher une quelconque sécurité spirituelle, l’emblème du Phoenix nous rappelle sans cesse notre nécessaire renaissance et sa devise « Périt ut vivat » « il meurt pour revivre » notre remise en question permanente, l’incessante attaque contre la susceptibilité et la vanité; notre fierté d’avoir bâti un temple ne nous met pas en sécurité, d’ailleurs cette dernière n’est elle pas illusoire ? Nous sommes en conquête permanente de nous même afin que l’individualité diminue pour que le frère augmente. Chaque jour nous devons nous efforcer à mener le combat difficile contre notre fînitude afin de nous élever vers une meilleure connaissance de nous même ce qui exige courage et volonté. Nous devons élargir notre cœur de manière a ce qu’il prenne conscience du feu primordial afin d’intégrer l’emblème du Pélican et sa devise : « esurientes enutrit » nous vouant plus que jamais à cette Charité « bienfaisance active », tel doit être notre devoir.

En homme libre, je me trouve confronté malgré tout en permanence au devoir, car liberté et devoir sont des notions radicalement opposées ; pour le monde moderne, être libre c’est être dispensé de toute responsabilité, de toute obéissance. Pour le Maçon, être libre n’est surtout pas être indépendant, c’est ne pas faire ce que l’on veut, mais ce que l’on doit, car la liberté passe par la compréhension du sens sacré de la vie.

Sur le chemin de l’initiation je ne pense pas avoir le choix, je me mets spontanément au service de la rencontre avec l’autre, car je crois avoir compris que tant que j’ai cru avoir le choix, j’étais aveugle ignorant et certainement vaniteux. Nous sommes naturellement esclave des mille et une pulsions qui nous éparpillent, l’apprentissage de la liberté consiste à réunifier ce qui est éparpillé. En vivant pleinement la richesse de notre engagement, nous devenons libres, dans cette liberté concrétisée dans l’union, la confiance et la force que nous nous témoignons tel me parait être le point de passage de notre liberté dans la bienfaisance, cette offrande qui ouvre le cœur, au service et à l’écoute de l’autre et de l’essentiel.

Souvenons-nous du passé et de cette terre d’exil ou la liberté fut perdue ! Le bonheur, la joie d’être se construit et se nourrit de cette liberté qui ne peut s’accomplir qu’en créant une œuvre non pour soi, mais pour une communauté. Se libérer passe par une série de mutations spirituelles en rompant les liens qui nous emprisonnent dans le courage de vivre l’initiation.

Pourquoi vivons-nous ce monde ? « Pour aller plus loin en avant » a répondu notre Frère Mozart. Peut être avons-nous sous les yeux la réponse à nos efforts pour connaitre les autres, aller plus loin en nous ! Selon nos qualités, avec audace en nous engageant dans des régions inexplorées, en plaçant notre recherche au sommet des valeurs spirituelles, en devenant des piégeurs du spirituel.

Pour cela et si nous sommes assidus dans nos L L, c’est pour travailler ensemble, unis, parce que nous savons que nos idées personnelles, nos désirs, notre volonté ne suffisent pas à nous édifier, nous savons que l’esprit de l’ordre esprit de nos F F, par la pratique de la spiritualité nous permet sans cesse de nous reformuler. Reformulation de notre être, recherche de la réalité profonde de notre être par l’approche intuitive de la vie au sein d’une relation permanente avec l’autre.

En conclusion, notre effort se nomme la Perfectibilité qui à mon sens n’est en aucun cas une évolution personnelle, elle se veut être une simple mise en œuvre de nos qualités propres en fonction de notre seul désir de connaissance. Avec le temps, combat et efforts s’atténuent pour laisser la place au bonheur du bien faire « bonheur solide et durable » du rituel d’App dans un état naturel de relation d’amour et de compassion avec l’Autre son F…

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