30° #427012

Mon nom est autre et le même pourtant !

Auteur:

J∴ M∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Cela commence comme une charade : « Mon nom est autre et le même pourtant » et on a envie de continuer par « Qui suis-je » !



Ironie à part …
Où retrouve t-on cette phrase ? A deux endroits de notre Rituel :



1°/A l’ouverture des travaux, dans le jeu habituel des questions réponses entre le président d’un l’atelier et l’un de ses surveillants, en l’occurrence dans notre camp, entre le Très Puissant Grand Maître et son1er sénéchal.



2°/Et dans le « catéchisme », c’est-à-dire les dernières pages de notre rituel consacrées à ce que nous appellerons l’instruction du degré considéré,en tant que réponse au mot de passe, pour ceux qui en possèdent les plus anciennes versions.




La morphosyntaxe de cette phrase n’est pas d’une grande nouveauté pour nous. Ce type d’organisation codifié du propos ne nous est pas complètement inconnu et nous avons déjà été confronté à des phrases ayant le même type d’architecture des groupes.



Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas !


Pour faire des miracles d’une seule chose !


Toutes choses ont été et sont venues d’un !


Je suis ce que je suis ! (13ème degré.)



Ce type de phrase est traditionnel de l’alchimie et de l’Hermétisme.


Souvenons-nous au 18ème degré : Le Signe et le contre signe constituent le rappel d’un haut enseignement : Ce signe est très nettement hermétique, il confirme et marque d’un cachet indélébile la philosophie unitaire et la science ésotérique du passé.



Le signe et le contre signe sont deux gestes traduisant la « table d’Émeraude » d’Hermès Trismégiste. Cet Hermès a-t-il existé ? Est-ce un auteur, une école ou une collectivité que l’on incarne dans un être légendaire ? La « Table d’Émeraude » est-elle l’oeuvre de cet « Hermès » ? Peu importe elle a valeur pour nous et représente la clef de l’Alchimie philosophique, la charte de l’Hermétisme en quelque sorte. On y trouve l’affirmation de l’Unité du Monde, de l’existence des lois universelles, régissant l’homme et le Cosmos, le microcosme à l’image du Macrocosme. Ici s’exprime l’analogie des faits, des lois et des principes dans un ternaire éternel. Le texte est rédigé dans un style où des clartés éclatantes côtoient des obscurités bizarres, méthode suivie immuablement dans les textes alchimiques, car il faut que seuls en devinent le sensceux qui l’auront pénétré dans leur for intérieur, par un effort soutenu.



Oui, mais nous étions au 18ème degré …


Et le 30ème degré n’est absolument pas alchimique, ni hermétiste.



Pour preuve cette phrase prononcée par le 1er Sénéchal à la fermeture des travaux :


« Mes droits consistent à ne pas me soumettre aux décrets de la Loi Divine, mais d’y collaborer. » Phrase d’inspiration fortement kabbaliste.



De plus, je parlais d’un ternaire éternel au 18ème degré, il y a quelques instants et nous sommes dans la solution du binaire au 30ème degré maintenant. Éluder le binaire par une proposition ternaire n’est plus aujourd’hui qu’une solution de facilité.



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« Mon nom est autre et le même pourtant » …



Ne voyons donc pas dans cet aphorisme une connotation hermétique, mais bien plutôt, résumé en quelques mots, l’essentiel de l’enseignement du 30ème degré.



C’est la dissolution du binaire ou encore l’imbrication des opposés.


C’est la différence entre l’homme qui monte au sommet de l’échelle mystique et celui qui en descend. Il est différent mais c’est le même, ou c’est le même mais il est différent.



L’ECHELLE MYSTIQUE 



1DEFINITION / RAPPEL DU SENS DE L’ÉCHELLE MYSTIQUE


Les différents aspects du symbolisme de l’échelle se ramènent à l’unique problème des rapports entre Ciel et Terre. C’est bien entendu le symbole de l’ascension et de la verticalité, mais c’est une ascension graduelle. C’est aussi une voie de communication à double sens entre différents niveaux.



Symbolisme identique à celui de l’échelle de Jacob, le long de laquelle montaient et descendaient les anges.



Dans de nombreux cas l’échelle joue le même rôle que l’arbre du monde. Souvenons nous des 13ème et 14ème degrés avec l’arbre des Sephirots. Le parcours effectué de séphira en séphira résume bien la démarche initiatique : Une montée vers le principe qui précède une descente vers la multiplicité du quotidien. Une « anagogé » qui annonce une nécessaire « katagogé »



2 – LES DEUX SENS DE L’ÉCHELLE


L’initiation nous apprend à franchir les limites et à les surmonter.


La force de la limite en quelque sorte.


Elle nous apprend à transformer les obstacles en échelons à gravir dans l’échelle mystique, ainsi le but d’aujourd’hui sera l’échelon de demain.



L’échelle mystique ne devient visible, ou lisible, qu’au 30ème degré. Les échelons sont bien précisés. Tout obstacle devient une marche à gravir, ou à descendre. La clé d’ivoire ne peut être utilisée pour ouvrir la balustrade. Ce serait trop facile, il faut faire un effort de plus, un effort d’enjambement. (Rappel du compas ?) On comprend d’ailleurs très vite au 4ème degré, qu’elle n’est pas en métal, mais en matériau organique, donc qu’elle est fragile et probablement non fonctionnelle, elle n’est qu’un symbole : celui de l’ouverture. (Esprit)



A /LA MONTÉE


Par rapport au franchissement des portes au 13ème degré, il y a une différence fondamentale : Alors qu’au 13ème degré les portes s’ouvrent d’elles-mêmesà la prononciation d’un mot de passe, d’une clé en quelque sorte, le franchissement des barreaux de l’échelle nécessite un véritable combat dont il faut sortir vainqueur. Pour YAO par exemple qui est le premier Maître de la mort je traverse promptement son domaine après avoir vaincu, par la parole de la vie. Pour ORAI puissance du feu, sa pouvoir est anéantie par le signe du bois de la vie.Le Chevalier KADOSH, est un combattant, un mercenaire du bien, et à ce titre il ose, il veut et il a le droit d’initiative.



B /LA PLATE FORME


Fils du Ciel et de la Terre, l’homme est un médiateur entre ces deux extrêmes. Le Chevalier Kadosh réalise les potentialités acquises lors de ses initiations et se retrouve dans le Monde intermédiaire entre le ciel et la terre. Parmi les trois mondes, l’homme est placé au plan médian, il relie le fait visible au principe invisible. L’exploration de ce monde permet d’acquérir une conscience élargie et spirituelle qui correspond à la découverte des Grands Mystères. L’homme triple, dans son unité personnelle, est Esprit, souffle de Dieu ; Il est Âme astrale, principe de vie ; Il est Corps. (Ce qui récuse le dualisme corps-âme en supprimant l’opposition matière et esprit.)



Arrivé sur la plate-forme il nous faut prendre conscience que le parcours n’est pas terminé. Il y a matérialisation de l’espace, c’est le temps d’un repos, d’un répit, puis d’un apprentissage, d’une assimilation avant la descente. Dans nos cultures et surtout notre tradition maçonnique il y a nécessité de transmettre et de donner ce que l’on a reçu, bien sûr avec discernement.


Il y a opposition, d’une certaine manière avec certaines cultures orientales où l’individu monte les degrés pour lui-même et reste en haut : Exemple SIMEON le Stylite, qui passa l’essentiel de sa vie en haut d’une colonne sans jamais en descendre. C’est l’approche d’une philosophie individualiste, car l’homme seul au contact de la Déité, vit en béatitude et n’éprouve pas le besoin de communiquer avec ses pairs.



C /LA DESCENTE


Quand on découvre l’échelle mystique au 30ème degré, mon Dieu qu’il est tentant d’essayer de trouver une corrélation entre les différents échelons de la montée et ceux de la descente : Existe-il une analogie ? Existe-il une symétrie par rapport à un axe, par rapport à un point … etc … que nenni, point de tout cela ! A partir du moment où nous sommes dans la solution du binaire pourquoi privilégier mon cerveau gauche par rapport à mon cerveau droit ou inversement, la solution n’est pas là. Pour la montée, les échelons sont décrits par un métal associé à un nom Hébreu, pour la descente les échelons sont décrits un peu de la même façon : un métal associé à l’une des 7 planètes et nous verrons plus loin qu’il y a une logique, même si celle-ci n’apparaît pas à première vue.



Notons que la montée de l’échelle est un combat difficile que nous gagnons d’échelon en échelon par notre mérite et notre « valeur », et que d’une certaine façon la descente est une récompense puisqu’elle est une succession de dons et de « cadeaux » qu’on nous offre pour repartir dans le monde.



D/SYNTHÈSE


Pour ceux qui ont eu la chance comme moi de rencontrer à plusieurs reprise notre T.Ill.F. M. GARDERRE, sa théorie du bathyscaphe a fait le tour de nombre d’ateliers : Savoir monter au plus haut pour pouvoir redescendre au plus bas. La maçonnerie n’étant qu’un éternel va et vient entre des sommets et des abysses.



Une « anagogé » (montée) qui annonce une nécessaire « katagogé » (descente). Une phase ascendante qui nous fait gravir l’échelle mystique avant de descendre derrière les limites. Le chemin initiatique se présente d’abord comme un chemin analogique qui va des limites du monde sensible (L’olam assiale) vers l’en soph, dans son désir de contacter la transcendance. Mais il ne faut pas oublier l’autre mouvement qui partant de l’en soph descendra vers notre monde matériel. Cette descente vers le monde de l’action constitue donc la seconde partie de notre échelle mystique. Il y a un aspect « validation » de la montée par la descente.



Pour Jacob Boehme, le passage du rien primordial à l’être et de l’homme à l’homme habité par Dieu c’est Dieu en devenir selon un cycle septénaire relevant de la volonté triple : Celle du Père, celle du Fils de Lumière et celle de l’esprit qui est volonté d’accomplissement.



On progresse autant en descendant l’échelle mystique qu’en la gravissant. Une fois parvenu au bas de cette échelle, on ne repart pas de zéro car on aré abordé le monde sensible dans un état de conscience différent. On ne peut pas analyser la montée et la descente comme un système binaire, notre progression est linéaire de la montée à la descente.



(La Lune symbole de la naissance et de l’engendrement nous fait renaître à un état de conscience supérieur et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Là encore il ne faut pas considérer haut et bas d’une façon binaire.)



LA DISSOLUTION DU BINAIRE


OU SOLUTION OU ENCORE RÉSOLUTION DU BINAIRE



« Mon nom est autre et le même pourtant » …


Le 30è degré est un degré extrêmement riche. Après être passé de l’Apprentissage des 1er au 14è degrés, puis à l’Amour au 18è, nous en sommes aujourd’hui à l’Action. Nous devenons d’une certaine façon des combattants du vrai du beau et du bien.



Ce qui est à mon sens intéressant est que le thème que je traite ce soir aurait puêtre rattaché à chacun des thèmes du 30è. « Vaincre le serpent pour mieux l’asservir » « Ne pas se soumettre aux décrets de la Loi Divine mais y collaborer » « dépasser les limites » « Vouloir et oser » « Le pouvoir pour ceux qui peuvent tout et ne veulent rien » « Transformer les obstacles en échelons » « Le vouloir sans désir ».



En effet sous une apparente forme de dualité il y a fusion des contraires.



Avec ma personnalité et ma sensibilité, je retiens comme élément fort de la philosophie du 30ème degré, l’approche et l’intégration de ce concept qu’est la « solution du binaire » ou plus simplement l’intégration des contraires.



Une question se pose : Est-ce que cette intégration est la résultante d’une progression linéaire, ou est-elle la conclusion d’une rupture ? Nous essayerons de voir cela plus loin dans ce travail.



L’aigle noir est le symbole de l’erreur, du néant, et de ce qui n’est pas. Cet aigle noir, présent sur notre bijou au 18è degré, marque l’entendement de l’homme qui allant se transformer est encore livré aux erreurs et faussetés. L’aigle noir montre au Chevalier Kadosh le combat perpétuel à faire contre le mal.



L’aigle blanc est le symbole de la vérité absolue. Le blanc symbole de la divinité et du sacerdoce représente la divine sagesse.


L’homme placé au centre de ces deux mondes est libre. Libre de choisir, même si le combat entre les deux puissances ennemies se livre au plus profond de son cœur. Le bien existe opposé au mal, la vérité à l’erreur, la sagesse à la folie, les ténèbres à la lumière, comme le noir au blanc, mais l’aigle bicéphale réunit ces deux polarités. Nous devons réussir à confonde ces opposés, réussir leur conciliation. « Je suis autre et le même » le « pourtant » ne s’impose même pas ! La dualité du monde n’est qu’apparente. Le bien et le mal, par exemple, ne sont qu’un des aspects d’une multitude d’opposés appelés à s’interpénétrer à nouveau. La recherche de la vérité passe par la conciliation des contraires afin de fusionner le pour et le contre. Notre action, basée sur l’authenticité, est d’agir sans la dualité. Le bien et le mal ne sont que deux révélations d’une même réalité qui a la même et unique origine.



LA DISSOLUTION DU BINAIRE


PROGRESSION LINÉAIRE OU RUPTURE &ASTROLOGIE



Une question se pose : Est-ce que l’intégration des contraires est la résultante d’une progression linéaire, ou est-elle la conclusion d’une rupture ?



« Je suis autre et le même pourtant » en bas de l’échelle avant de monter puis en bas après ma descente.



La redescente de l’échelle mystique et tout particulièrement le cinquième et le troisième échelon, c’est-à-dire MARS et VENUS, représente la dissolution des contraires et paradoxes, encore ancrés dans l’esprit et l’âme de l’homme qui est devenu « ange de lumière ».



L’ardeur et l’élan sont rattachés à la planète MARS et au 3è échelon. L’ardeur c’est l’excès d’activité ; L’élan c’est la passion qui nous pousse vers une destinée.



Au désir et à la passion correspond la planète VENUS et le 5è échelon.Le désir c’est l’inclination consciente que nous avons envers une détermination. La passion est une forme d’agitation de l’âme, c’est une exaltation intérieure voire aussi extérieure.



Nous retrouvons là pleinement le dipôle MARS VENUS, avec pour chacun le côté positif et négatif, qui s’opposent et se contrarient tout en se complétant les uns les autres.



Ces planètes correspondent tout particulièrement au Chevalier Kadosh ayant accompli la descente de l’échelle mystique, ayant assimilé la dissolution des antagonistes de Mars et de Vénus, et qui veut promouvoir une nouvelle humanité par la pratique de la chevalerie spirituelle placée sous le patronage de Saint Jean l’Évangéliste le Maître des chevaliers et des initiés.



Si j’ai abordé les thèmes Mars et Vénus, c’est parce que l’astrologie spiritualiste nous fait accéder à la reconnaissance de l’esprit (du Soi) qui est en chacun de nous et dont le rôle est de diriger notre personnalité vers des expériences nouvelles. Mars et Vénus forment un couple de planètes indissociables. Astronomiquement elles encerclent la Terre et sont la base symbolique des motivations humaines. Ces deux planètes forment un couple « Ying-Yang, receptif-émissif ».Vénus ressent instinctivement ce qui est bon pour être et Mars l’exprime en se mettant à son service.



Dans la descente de l’échelle mystique le troisième échelon dans le sens de la descente est figuré par la planète Mars qui symbolise également la Logique. Mars représente aussi le glaive symbolique du Chevalier Kadosh. Le symbole de Mars représente l’homme régénéré chez lequel les désirs inférieurs entraînent encore l’esprit. Mais en piétinant la nature spirituelle, le caractère de Mars engendre guerre et lutte pendant lesquelles l’homme souffre, même s’il est victorieux.



Vénus latine, l’Aphrodite des Grecs, l’Astarté des Phéniciens, l’Ishtar des Sumériens, sont les différents noms que les hommes donnèrent dans l’Antiquité à cette étoile. Déesse de la beauté et de l’amour, elle est la femme de Vulcain et engendra les enfants de Mars : Harmonie et Amour ! C’est la planète qui nous permet dans le vécu d’une expérience d’émettre un jugement personnel en donnant des valeurs aux choses et aux personnes. Elle est aussi synonyme de partage, et comme cinquième échelon de la descente, elle symbolise aussi la Géométrie. Vénus c’est aussi le symbole de la Rose.



Progression linéaire ou conclusion d’une rupture ? Indiquai-je plus haut. Je pencherai plutôt pour la seconde proposition, suggérée par la thématique du dipôle Mars-Vénus.



LE 30èmeDEGRÉ / RETOUR VERS LA KABBALE 



Ainsi, le 30ème degré n’est absolument plus alchimique, ni hermétiste. Il y a bel et bien un retour vers la kabbale. Un thème intéressant à traiter serait : « Du puits au 13è degré à l’échelle mystique au 30è degré.»



Si j’aborde ce thème ici c’est que je vois une analogie criante entre la descente dans le puits (et la remontée) et la montée de l’échelle mystique (avec bien sûr la descente).Il y a bien sûr inversion, mais n’est on pas habitué en maçonnerie à ce genre d’exercice ?



« Quand nos trois Mages repartent au pas lent de leurs chameaux, ils sont bien sûr les mêmes tout en étant différents » c’était la conclusion d’un de mes travaux il y a déjà quelques années au 14è degré. (Prémonitoire ?)



Que ce soit la descente vers le centre de l’idée ou la montée de l’échelle mystique il y a plus qu’une simple symétrie. D’un côté les portes s’ouvrent à la simple prononciation d’un mot (un des séphirots) de l’autre il y a combat pour franchir les échelons qui sont là encore calqués sur l’arbre de vie et les séphirots. D’un côté la descente est facile, puis dans le noir la remontée est difficile, de l’autre côté la montée est difficile c’est un combat, mais la descente est facile, c’est une forme de récompense. Avec dans les deux situations le moment de béatitude si j’ose dire : La neuvième voûte et le centre de l’idée d’un côté, et la plateforme de l’autre. Moment privilégié de volupté et d’illumination, moment de pose mais d’une certaine façon situation fugitive, fugace, instantanée et certainement pas le symbole de quelque chose d’acquis. D’un côté on le perd par notre incompétence et de l’autre nous le quittons pour aller servir et transmettre.



Notons quand même une ou deux grandes différences : Si pour descendre au fond du puits il faut être trois, pour monter l’échelle mystique nous sommes seuls.


(Nous sommes de plus en plus solitaires !)



Enfin notre force est de vouloir et oser, c’est-à-dire de dépasser les limites … quant est il alors de la 11è porte ? (à la réflexion de chacun !)



CONCLUSION



L’initiation du Chevalier Kadosh nous apprend à franchir les limites, à les surmonter. Elle nous apprend également à transformer les obstacles en échelon de l’échelle mystique. Le but d’aujourd’hui sera l’échelon de demain, dans la marche ascendante, c’est-à-dire la montée bien sûr. Mais sachez que la solution du binaire ne se trouve jamais dans le même plan que les termes, eux-mêmes opposés et contraires. L’être initié doit s’élever au dessus des contingences habituelles, il sait que la nuit est aussi utile que le jour, que le soleil et la lune. Il faut donc venir sur un plan supérieur, dépasser les notions élémentaires de la morale, considérer que la vie n’est pas formée que par des forces antagonistes, comme celle du caducée, qui en réalité s’équilibre pour former l’unité.



L’échelle est un symbole ascensionnel unique qui indique une hiérarchie, un mouvement. Au départ la condition terrestre, à l’arrivée l’état angélique. Entre les deux, les étages avec leurs étapes provisoires. L’éveil initiatique n’est pas de nature physique, c’est une ouverture de pensée construite en justesse par le regard de l’entendement. Alors naît le besoin d’aller au-delà de toute limite humaine, parce que la connaissance n’appartient pas au monde formel de l’apparence.


Seule l’intuition, forme supérieure de l’intelligence que l’on peut appeler l’intelligence de l’âme ou du cœur, nous suggère qu’il y a « autre chose », quelque chose que la perception mentale, l’éducation, la formation sociale nous ont jusqu’ici masqué.



Au 30ème degré, on réalise la synthèse du blanc et du noir, on résout le binaire. Aux degrés précédents, on était toujours amenés à trancher par des choix opposés, antagonistes. Ici la dualité des contraires se superpose et se confond. Il n’y a pas suppression d’un des deux éléments mais bien fusion de ceux-ci.


Nous sommes réalisés, symboliquement en haut de l’échelle mystique, mais nous sommes toujours des cherchants. Au 30ème degré, du point de vue symbolique nous sommes parfaits (Illustre et Parfait Frère) et à cause de cela on nous demande l’exemplarité. L’exemplarité consiste précisément à redescendre car la tache du maçon ne se résout pas dans une solitude égoïste.



Il faut précisément lutter contre un sentiment d’autosatisfaction.


Il faut donc réitérer par un choix actif et responsable l’événement de la descente du retour sur soi, de l’accompagnement d’autrui par un revécu personnel de la légende des trois Mages.



En haut de l’échelle comme au centre de la croix, nous embrassons l’univers et nous prenons conscience de cet instant fugace de l’œuvre du Grand Architecte de l’Univers. En redescendant, la tradition cautionne notre réalisation et le passage du flambeau de l’espérance à ceux qui attendent et espèrent la main tendue.


Si en haut de l’échelle nous avons vécu la révélation que l’harmonie universelle résultait de l’équilibre engendré par l’analogie des contraires nous devons poursuivre vers le bas pour revenir au monde sensible et tenter d’y apporter l’harmonie.



L’échelle constitue une passerelle constante entre le manifesté et le non manifesté et par la montée et la descente de l’échelle mystique, le Chevalier Kadosh a conscience de participer au monde sensible et au monde intelligible.


Son exigence de dépassement lui a permis de repousser et même de dépasser les limites et il doit sans cesse vérifier pour lui-même la force de son intégrité et de son positionnement spirituel dans les turpitudes du monde sensible.



Pour l’échelle mystique il faut l’avoir montée et redescendue pour continuer à construire cette notion de synthèse. Tout compte fait il n’y a plus de montée et de descente, il y a la globalité de l’itinéraire. Ainsi nous sommes appelés à de nouvelles naissances.



La rencontre divine ne saurait nous tenir lieu de fin qui ouvrirait un état de béatitude contemplative. Nous devons continuer à agir dans le monde avec nos pairs. Passer de la condition humaine à l’état divin, réaliser des aller et retours constants entre la terre et le ciel et revenir toujours auprès des hommes pour accomplir notre mission de transmission sur un itinéraire dont le but nous a été révélé mais dont le terme ne nous appartient pas.



« Mon nom est autre et le même pourtant » quoi de plus naturel au fond, pour celui qui a appris à concilier les contraires et à marier les opposés ?



C’est dans l’expression de l’échelle mystique au 30ième degré, à travers deux systèmes de concepts, à la fois ascendant et descendant, que nous parviendrons à non plus « essayer d’imaginer la vérité » (18ième) mais à la construire(30ième) tel est le sens de notreenseignement.



J’ai dit Très Puissant Grand Maître




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