30° #427012

Pourquoi l’heure d’ouverture des travaux au 30° est l’heure ou la nuit commence ?

Auteur:

M∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
À LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


DEUS MEUMQUE JUS


RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ


ORDO AB CHAO


LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ




Très Éminent Commandeur et vous tous mes BA FF Chevaliers Kadosch.



Le chevalier de Royale Hache (22°) ouvre ses travaux lorsque le soleil naît à l’horizon, le Prince du Tabernacle (24°) à l’heure du sacrifice, l’Écossais Trinitaire (26°) à l’ heure de Vérité, et le Grand Écossais de Saint André, Patriarche des Croisades (29°)lorsqu’il est Midi Plein.



La Terre centre de l’univers, voit le soleil se lever à l’est, monter dans le ciel culminer à midi au zénith puis redescendre se coucher à l’ouest; cela depuis le début des temps.


Les bourreaux d’Auschwitz, les bourreaux Tutsi du Rwanda, les bourreaux Khmères rouges du camp S21 sont pires que des animaux.



Les londoniens, du milieu du XIX°, buvaient l’eau des fontaines souillées par les détritus et les excréments humains jetés à même le caniveau, d’où les nombreuses épidémies de choléra, sans que l’on fît le rapprochement entre la saleté et la maladie. De même dans nos proches campagnes l’imposant tas de fumier devant les fermes ne marquait pas seulement l’importance de la fortune du fermier, mais était censé, par sa puanteur, repousser les maladies.



La burqa qui efface le corps des femmes est respectable au même titre que les mutilations sexuelles prônées par certains sectateurs; c’est à dire au titre du respect des traditions et des cultures religieuses.


Il est normal d’accepter les mosquées sur notre territoire au nom de l’égalité des traitements des diverses religions, et il est tout aussi normal d’accepter le discours des ayatollahs qui ont décrété que le territoire entier de l’Arabie Saoudite est une immense et unique mosquée, ce qui interdit la construction sur son sol de toute cathédrale, église ou chapelle.



Il existe un pays sans armée, sans violence, où les gens honnêtes et coopérants vivent en parfaite harmonie en respectant toutes les formes du vivant, où la Franc-maçonnerie peapolisée passe en prime time à la télévision, et où les billets de banque jonchent les trottoirs.



Mes FF Chevaliers Kadosch, n’ayez crainte, vous êtes bien éveillé, et je vous prie de bien vouloir comprendre autrement ce que je viens d’ énoncer plus haut.



Combien de fois ce qui est crédible à un moment ou à un endroit donnés, devient erroné l’instant suivant, en passant du jour à la nuit. Moi-même, combien de fois ai-je été victime de pensées qui me semblaient tellement évidentes, car tellement universellement rabâchées et qui n’en étaient pas moins fausses. En Chevalier de l’Aigle Blanc & Noir, il me faut redire, sous un autre éclairage, les constatations précédentes



Le soleil ne se lève à l’est et ne se couche à l’ouest que deux fois par an exactement, il ne monte pas dans le ciel, mais semble monter dans notre propre espace qui n’est pas le même que celui d’un Inuit du Groenland, où d’un extra-terrestre. Et puis vous le savez, le soleil n’est considérécomme le centre de notre galaxie qu’après que Giordano Bruno fût passé au bûché pour avoir soutenu le contraire de la pensée dogmatique de l’époque (1600).



Qualifier les hommes de noms d’animaux est un artifice facile destiné à nous égarer. «Les animaux nos Frères» selon Saint François d’Assise, comme le reste de la Créature, sont trop souvent nos souffre-douleur, ce qui nous évite de voir avec objectivité, les horreurs commises par les hommes. Je dirai que que le monde animal ne rivalise pas, et de loin, avec la “bêtise” humaine. Les atrocités nazies, comme les génocides trop souvent perpétrés à notre époque sont hélas bien trop humains. Ces atrocités ne sont d’ailleurs pas l’apanage de l’homme moderne, rappelons, entre autres exemples, que jusqu’au XIV° siècle on pratiquait la tripartition du corps mort des Rois de France: le corps démembré, les entrailles et le coeur bénéficiaient de trois sépultures séparées, pour ce faire les chaires détachées des os avaient longuement bouilli! Bref, la barbarie a évoluée! Il serait bon de se rapprocher, sans délais, de Montaigne pour qui « Tout ce qui dépasse la simple mort est cruauté», lui qui a su replacer l’Homme dans la continuité du vivant, le tirant ainsi hors d’une hiérarchie douteuse: Animal-Homme-Ange.



Claude Nicolas Ledoux qui avait pressenti qu’un bon courant d’air pouvait disperser les microbes et préserver des maladies, mis en application ce principe dans la construction de la saline royale d’Arc-et-Senans (1774-79). Il ambitionnait en même temps de réaliser la cité idéale, lieu de concorde dans le travail en commun, il logeât pour cela son édifice dans un cercle, dont l’entrée en forme de péristyle dorique, mène à une réplique de mine de sel en forme de grotte. Exit les égouts à ciel ouvert et les tas de fumier encombrant les usoirs devant les fermes.



Les intégristes de tout poils qui n’attendent que le moment où en face d’eux l’on baissera la garde, mènent un combat sans relâche pour imposer leur délirante folie. La pratique de l’excision, le port de la burqa sont les chevaux de bataille de certains de ces fanatiques qui exigent la liberté de ceux à qui ils ne sont pas disposés à l’octroyer.



Quand à l’immense mosquée que serait l’Arabie Saoudite, s’il s’agit de jouer avec les mots, c’est parfaitement réussit, mais la réalité est tout autre, et trop de tolérance à l’égard de ces arguties ne peut que nous mener à notre propre destruction. Notons que l’humaniste Montaigne, parangon de Tolérance et de Liberté, n’est plus traduit en langue arabe depuis plus de IV siècle!



Et pour finir mon énumération, ce pays fantasmatique auquel j’aspire et qui ne connaît la violence ni envers les hommes, ni envers les animaux, où la Franc-Maçonnerie aurait autant de chaînes de télévision que les marchands de canons en ont aujourd’hui, et où chacun vivrait dignement de son travail, semble relégué au rang des utopies lointaines.



Le temple est construit, tant bien que mal. Il s’agit de le défendre avec toute la clairvoyance du Chevalier du Soleil (28°), qui a apprit “ Que les hommes en général étaient aveugles et se laissaient conduire par d’autres aveugles ”



Mes FF∴ Chevaliers Kadosch, malgré le peu de recul que j’ai dans cet aréopage,je vais essayer de traiter mon sujet de ce jour “ Pourquoi l’heure d’ouverture des travaux au 30° est l’heure où la nuit commence?”.


La nuit, intimement liée aux cycles du soleil, y compris dans les régions septentrionales où elle peut durer plusieurs mois, traîne avec elle, pléthore d’images romantiques, et cohortes de déclarations teintées à l’eau de rose. La nuit est fantasmagorique, c’est, pour certains, le temps privilégié de la fête, de l’amour et des débordements de toutes sortes qui vont souvent avec. Sans doute que l’amour pour s’exaspérer complètement a besoin de l’obscurité qui atténue les imperfections où les masques. Le Chevalier Kadosch qui a connu l’amour de ses



FF∴ au grand jour, ne peut rien attendre de cette obscurité pour parfaire son attachement à la Franc-maçonnerie.



La nuit est aussi le temps des basses besognes, des complots, des compromissions, des agissements honteux, de tout ce qui ne peut se perpétrer dans la lumière. C’est la nuit du mauvais Compagnon, celui qui bafoue la parole donnée.


C’est dans la nuit des temps que l’on situe ce que notre mémoire a refoulé. C’est dans notre nuit que siège nos petites lâchetés, mais aussi notre imaginaire fécond, source de nos utopies et de notre créativité.


Le Chevalier Kadosch qui ne peutpas travailler dans une nuit glauque, doit préalablement batailler ferme pour chasser de ces rives nauséabondes tout ce qui entraverai son action. Mais il sait aussi que de la fange peut jaillir des joyaux.



Au travail, le Chevalier Kadosch n’est pas seul, il est entouré de nombreuses forces et symboles qui ont fait leurs preuves et qu’il partage avec ses FF∴ Chevaliers Kadosch. Il se souvient aussi de tous les travaux, de tous les sacrifices, de toutes les errances et de toutes promesses non tenues en pleine lumière, pour réaliser tant bien que mal, la construction complexe et harmonieuse du Temple.



Pour pouvoir bien travailler, la nuit, dans l’obscurité, il faut auparavant avoir vécu en Grand Écossais de Saint André ( 29°), au grand jour, pleinement et sincèrement ce long apprentissage de bâtisseur, il faut avoir aussi beaucoup détruit et beaucoup reconstruit en nous même, pour que de nouvelles et bonnes fondations, ancrent dans nos mémoires les reliefs engendrés par la pratique familière du symbolisme. Ainsi le chevalier estparé pour ce voyage singulier qui consiste à faire le tour des hommes



Les lieux étant ainsi bien mémorisé, bien fréquentés, et longuement pratiqués, il est alors facile au Chevalier Kadosch de se diriger dans la nuit. Il a cette lumière intérieure qui caractérise les initiés, et il ne peut s’égarer; et si par malheur cela arrivait la proximité fraternelle d’autres Kadosch le remettrai dans le bon chemin. Le travail du Chevalier Kadosch est donc assez périlleux, mais il a bravé bien d’autres épreuves dans sa vie maçonnique pour éviter les nouveaux écueils que la nuit réserve aux bâtisseurs inexpérimentés.



Sans lumière physique le veilleur de l’obscurité a souvent besoin d’être guidé par le F qui le précède sur le chemin, et qui aura pris la précaution d’attacher un linge blanc dans son dos pour lui faciliter la marche. Sommes nous bien tous sur le même chemin? Ou bien tous les chemins se confondent-ils dans la nuit? Si la lumière est un puissant symbole, son contraire ou son absence ne l’est pas moins. C’est dans l’obscurité que se développe une autre façon de voir les choses. Soit la vue devient plus perçante, soit elle est compensée par un autre de nos sens. Vues autrement, les choses sont autrement.


Le Chevalier Kadosch a-t-il besoin de cela? Certainement, car multiplier les angles d’attaque pour tailler la Pierre, multiplier les angles de vision pour comprendre les plans, permet dedessiner le vrai contour des choses, permet de mieux anticiper sur l’issue finale.Alors qu’une lumière trop crue écrase les reliefs, et maltraite notre compréhension du monde en n’explorant que des chemins battus. L’ivrogne cherche ses clefs sous le lampadaire car c’est là qu’il y a de la lumière!



Après avoir douloureusement bâti son Temple le Kadosch veille donc sur son œuvre; œuvre collective s’il en est, et c’est à la nuit tombée, lorsque le chantier est déserté par les Compagnons que son véritable travail commence. Il lui faut être révolutionnaire, sans jamais prôner la révolution. Il lui faut affronter les pensée dogmatique des masses ossifiées, masses semblables à des petits pois entassés dans leur boîte, et qui s’éparpillent allègrement en tous sens à l’ouverture. Masses que l’on observe en cohortes décadentes, incapables de se rebeller, anesthésiées par l’idéologie. La plupart des hommes suivent les préjugés vulgaires, peu les combattent, très peu viennent frapper à la porte du sanctuaire (28°). Chevalier, s’il a profondément ancré en lui l’amour de son prochain, il a souvent constaté que la Vertu est comme une pierre insoluble jetée dans le jardin des cons, martelant laborieusement leurs slogans destructeurs de lien social. Les causes collectives endorment l’esprit, alors qu’il s’agit d’être, pour le moins, vigilant. Les grandes idées ne sont d’aucune utilité au Chevalier Kadosch, et ne pourront jamais apaiser sa soif d’humilité et de liberté. Il pourrait faire sien cet adage lu sur un mur “ Ne me libère pas, je m’en charge!” car le Chevalier Kadosch est dans l’action, et la pédagogie. Son exemplaire action se doit d’être contagieuse.



Le Chevalier Kadosch sait que surmonter ses illusions est une autre illusion, sait que la Vérité est un mensonge supérieur au mensonge lui-même, sait ne pas se fier aux apparences. Ce qui sommes toutes est une très lourde tâche, que la nuit apaisante peut rendre moins pénible à accomplir.



L’intégriste qui navigue aussi dans une sorte d’obscurité, a une vision déformée du monde, c’est le lot des intolérants et des ignorants, que ne saurait corriger aucune initiation.



Ainsi le Chevalier Kadosch doté d’une vision mieux adaptée à son environnement, pourra plus aisément et plus efficacement retourner aux ténèbres d’avant son initiation, et en toute humilité reprendre son travail d’Apprenti pour le fignoler, en vue de sa réalisation définitive.



La nuit nous ramène inexorablement aux cycles de la Terre, constamment éclairée pour une partie, en même temps que dans l’ombre pour l’autre partie. Ce relativisme trivial, nous incite à la patience et à l’espérance. Quand commence la nuit pour moi, le jour pointe pour d’autres. « Ce que la chenille appelle la fin du monde, le reste du monde l’appelle papillon », selon Lao Tseu.



Moi, Kadosch, qui ne suis pas le centre du monde, prépare fatalement, “à l’heure où la nuit commence”, ma transformation.



La Terre mère, la Terre primordiale, celle du cabinet de réflexion, contient en elle toutesles substances qui fabriqueront fatalement mon linceul. La Nuit, la Terre et la Mort, ensemble, se liguent pour me recycler, pour me propulser dans un autre monde.



Mes très chers et Bien Aimés FF Chevaliers Kadosch, s’il y a de la Mort dans la Vie, le Chevalier Kadosch sait, car il travaille dans l’obscurité, qu’il y a aussi de la Vie dans la Mort, d’ailleurs le rituel nous le signale : “rien ne meurt, tout est vivant”, c’est donc pour cela qu’il est souhaitable de s’habituerà travailler de nuit, car “la vraie vie est ailleurs” ( A. Rimbaud), et tout retour est impossible.



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