30° #427012

Nous n’avons plus d’autre enseignement à vous donner

Auteur:

P∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC

Commet avez-vous été introduit en loge ?


Par trois grands coups


Quelle est leur signification ?


Trois paroles de l’écriture


Frappez et on vous ouvrira « les portes du temple »


Cherchez et vous trouverez « la vérité »


Demandez et vous recevrez « la lumière »

De l’initiation au 30ème degré de nombreuses années se sont écoulées, sur un parcours initiatique tout aussi merveilleux que le chemin profane tout aussi serpentin.

Mais que s’est il passé du 19ème degré au 30ème degré, ou plus exactement au 28ème et au 30ème dans le rituel de LUTETIA pour que le très éminent commandeur annonce aux chevaliers que l’ultime devoir sera l’action, que cette action devra s’accomplir dans ce monde. Vous savez où elle doit conduire. Vous avez entrevu le but à atteindre.

Nous n’avons plus d’autre enseignement à vous donner.

Dans les loges de perfection, nous avons travaillé sans relâche, nous avons subit diverses élections, transgressions, pardons, avancées et reculs, qui font de nous des hommes en recherche, afin d’autoriser certainement le passage à l’action ; mais surtout un approfondissement de l’alliance de chacun de nous avec son moi profond. Les élections nous permettent de sortir du chemin tracé et serpentinpour autoriser une alliance efficace et fructueuse avec les autres.

Nous avons cheminé vers le centre de l’endroit le plus sacré de la terre. La onzièmeporte nous indiquera qu’il n’y aura pas d’alliance avec le hasard.

De l’inaccessible, nous retrouverons notre chemin tous les trois arc-boutés, nous retournerons avec le triangle sacré, découvrant les trois étoiles du fond du puit, enfin la sortie de cet espace qui s’effondre est l’incarnation de l’élection ou nous devenons responsable, « je suis ce que je suis » mais aussi »homme vrai en toute circonstance »

Au 14ème degré, la parole originelle n’est pas retrouvée, mais le non ineffable devient mon trésor symbolisé par l’anneau d’or, l’homme est la promesse pour le GADLU et l’alliance, une déclaration d’amour avant un vrai partenariat ou plutôt une nouvelle mission, le sacrifice de GALAAD facilitera un processus d’intériorisation qui permettra d’effacer les signes extérieurs.

C’est le passage du temple de pierre au temple de chair, YOD Hé VAVHé n’est plus martelé sur le métal, il est gravé en nous, l’alliance est incarnée, intime ; mais allez vous plus loin « Berit Neder Schelemoth »

La réponse est affirmative, j’ai fait alliance avec la vertu et l’anneau ; c’est la marque ultime de la transcendance.

« La mort ne peut séparer ce que la vertu a uni »

Il me reste à transmettre cette connaissance au monde sensible peut être le réel sens de « j’ai à me perfectionner »

Pour faire une synthèse du souverain grand chapitre, je ne traiterai pas immédiatement des vertus que nous allons retrouver mais d’une question ; la parole est elle réellement retrouvée.

Pendant la cène INRI circule, puis tout est consommé. La parole serait donc une parole substituée qui se régénère à chaque reprise des travaux, celle-ci est tapie au fond de nous, elle ressurgie à chaque tenue comme une trace contenue dans chacun de nous.

Comment l’écrivait René GUENON « Le chevalier rose Croix est investi de la parole retrouvée mais il lui appartient désormais de la transformer en réalité »

Si INRI n’est qu’un mot substitué et non la parole. Il apparait pourtant comme un moyen, le plus sûr de s’approcher de cette parole qui ressemble à la paix profonde que nous espérons tous trouver au bout de notre quête.

La parole est ineffable elle ne pourrait se contempler, la communication par le souffle nous rapproche du silence, désert nécessaire à l’état de percevoir ce souffle au bord de l’abime.

INRI ne peut que s’épeler, sur ce point il apparait comme un mot substitué. Mais il est la clef de l’harmonie universelle, dans ce profond silence, la parole substituée est un vecteur transcendantal qui nous projette dans un état permanent(le chevalier rose croix ne se repose jamais, il ne reprend que des forces), car ce souffle l’amène vers un état permanent de tension vers l’absolu.

De tout ce que dessus, nous nous attendons dés lors à franchir la barrière, comme annoncé dés le quatrième degré, mais pour les curieux ou les avertis du recueil ordo nous apprenons :

« Vous avez contemplé la nature avec une attention soutenue et vous avez compris que s’il était donné à l’homme de découvrir ses secrets afin de capter ses forces et de se servir de ses manifestations ; par contre il lui était refusé de pénétrer son mystère.

Car si l’inintelligible c’est l’absurde, l’incompréhensible c’est le mystère. »

Que se passe-t-il alors au 28ème et 30ème degré pour que notre enseignement s’arrête ainsi ?

28ème degré Chevalier du soleil ou prince adepte, le rituel cite :

« Le symbolisme de ce grade marque en bref l’ascension de l’homme dépouillé de tout ce qui l’alourdissait et l’attachait à la terre, vers le soleil d’or, l’être suprême, vers la réintégration dans son essence originelle, c’est l’accomplissement de l’initiation, la réalisation du grand œuvre alchimique ».

Dans ce degré nous ne sommes plus sur terre, ni même devant le saint des saints tel un lévite, nous sommes transportés par les archanges dans un monde intermédiaire entre le ciel et la terre, entre la matière et l’esprit, le sensible et l’intelligible, peut être dans le monde imaginal, là où la matière se spiritualise et où l’esprit prend corps.

Nous sommes dans l’espace temps ou l’heure n’a plus de sens, nous sommes aux confins et en présence du temps sacré et du temps profane coexistant, probablement pour engendrer un futur homme différent.

C’est ADAM qui préside le lieu auquel nous aspirons, pas celui de l’ancien testament qui a transgressé l’interdit par dieu de s’emparer du fruit de l’arbre de la connaissance, mais l’Adam qui nait de l’initiation à l’esprit, il est entouré de sept chérubins(Keroubin).

Le premier chérubin TSAPHIEL nous indique qu’ici la Lumière peut être le signe d’une plus grande Lumière est ce que la grande lumière apparait ?, non, seul le grand Maitre Adam est éclairé par la Lumière du delta celle du soleil pour lui permettre de voir la vérité.

Ainsi guidé par la vérité, l’impétrant chevalier entreprend son ascension vers la Lumière en empruntant les voies archangélique, alchimique, céleste et gnostique de la vérité.

Archangélique, les Kéroubins accompagnent l’impétrant dans son ascension spirituelle pour nous transporter par un éveil au monde intermédiaire, monde imaginal, la nature se spiritualise et l’esprit prend corps.

Céleste, les sept sphères célestes (planètes) nous élèventvers le soleil, l’homme se dépouille non seulement de ses métaux, mais surtout de ses passions et désirs, il est purifié, il est en chemin pour retrouver son origine lumineuse et divine.

Alchimique, l’association des planètes me fait penser à la réalisation du grand œuvre, le mercure de Raphael va permettre de passer de la matéria prima au soleil, c’est la transmutation de l’être (salve coagula), la multiplicité se résorbe dans l’un.

Gnostique, la révélation des sept vérités gnostiques, permet à l’impétrant de surmonter l’inconnu qui est en lui, qui le dépasse et le tourmente. Cette sagesse est une délivrance ; il aperçoit la Lumière, la vérité, du moins un reflet, une image de la vérité car TSAPHIEL nous a averti « Une Lumière peut être le signe d’une plus grande Lumière ».

Au 30ème degré, celui-ci illumine ce qui m’interroge depuis mon initiation au rituel de THEBAH

Qu’avez-vous appris par l’étude du nombre un ?

Que le nombre est un parce qu’il a été créé par le dieu un

Comment formulez-vous le principe que révèle le nombre deux ?

La raison humaine divise et borne artificiellement ce qui est «  un et sans limites ». L’unité est ainsi partagée entre deux extrêmes, auxquels les mots seuls prêtent une fausse apparence de réalité.

Que concluez-vous de là ?

Que l’être, la réalité, ou la vérité ont pour symbole le nombre trois

Pourquoi ?

Parce qu’il y a lieu de ramener le binaire à l’unité par le moyen du nombre trois

Le 30ème degré nous propose une profonde réflexion sur ce problème de la dualité. Déjà le catéchisme du premier degré ci-dessus énoncé nous apprenait même s’il s’agissait seulement d’une fulgurance, que contrairement au dualisme cartésien, il existe en l’homme une tripartition corps : âme : esprit dont l’homme moderne s’est éloigné en se laissant envouter ou aspirer par un matérialisme destructeur.

L’homme et le scientifique ont souvent dissociés les éléments en perdant de vue l’essentiel, qui constitue la quintessence de notre démarche, qui est d’apprendre à reconnaitre l’harmonie de l’ensemble.

Le 30ème degré est pétri tout entier par une interrogation sur la dualité et les moyens de la surmonter.

Tout d’abord l’affrontement des deux poursuivants qui délivrent des injonctions en apparence contradictoires aux récipiendaires ; ces propositions nous mettent dans l’hésitation entre chacune des propositions, ne nous permettant pas de dissocier laquelle est la bonne.

Il y a dans ces échanges, une transfiguration visible des grandes oppositions qui régissent les rapports entre toute chose, il s’agit de donner au récipiendaire une vision lucide du monde avant de l’inviter à rejoindre ce monde.

L’impétrant finit par opérer son choix entre les propositions contradictoires, ou plus exactement à faire preuve de discernement par rapport aux injonctions opposées.

A mon humble avis nous retournons aux travaux du premier degré pour ramener le binaire à l’unité, c’est la reconstitution du ternaire, avec le nombre 3, le secrétaire intime qui permet de recréer le ternaire( Salomon, Hiram, Hiram roi de TYR) brisé par la mort d’Hiram, c’est aussi celle du pont de Gandara, qui réunit et relie les deux rives ou encore plus récemment énoncé par Raphaël, le 27ème degré Grand commandeur du temple où le récipiendaire apprend le mystère de la triple unité.

C’est surement aussi la découverte de l’équilibre (vision orientale), équilibre parfait de l’Univers entre le Ying et le Yang.

Pour nous mettre en garde, sur le pouvoir du chevalier Kadosch qui reconstituerait seul l’unité pour que celle-ci se réalise en lui, ce qui engendrerai certainement quelque chose d’idolâtre, où l’unité deviendrait une chose figée ou statique, l’orateur nous dit : « vous ne pouvez acquérir que l’intuition d’un plan supérieur qui est celui de l’absolu, où la dualité se résout en unité, vous ne pouvez pas vivre sur ce plan supérieur entrevu au 28ème degré.

Nous prenons conscience de la mise en tension de la circonférence, le 30ème degré s’annonce comme un axe partant du tableau de l’ordre, vers le saint des saints, peut être matérialisé symboliquement par la barrière placée comme dans notre rituel LUTETIA, chevauchant le centre de l’idée par l’échelle mystique, véritable axis mundi.

C’est alors que le centre souvent assimilé à l’unité devient initiatique avec une mise en tension initiatique de la dualité symbolisée par le nombre de récipiendaires requis pour la réception au 30ème degré, qui doit obligatoirement être pair dans notre rituel.

Les arts libéraux nous ont permis de découvrir la nature ou ses phénomènes, de la comprendre, d’en extraire ses complexités pour ressentir l’Univers, nous avons pris conscience de notre responsabilité.

L’unique n’est pas figé, le multiple n’est pas désordonné, chaque parcelle de la création est un aboutissement à notre degré de réceptivité ; mais c’est aussi une somme d’énergie jouant les uns avec les autres dans un complexe de forces et d’oppositions.

Les vertus nous ont permis de pénétrer l’Univers, en ressentant l’aspect d’immanence. Notre prise de conscience d’être un élémentde la chaine, un maillon, une pierre conforme à sa destination qui peut s’assembler avec les autres.

Alors en prenant la main du chevalier qui a parcouru l’autre chemin nous découvrons une réflexion plus aboutie sur l’unité, nous ne sommes plus seul, armés de nos vertus, mais un homme appartenant à un groupe structuré dépourvu de tous métaux, où nos égos se sont évaporés.

Il nous faut désormais agir, en allant de la multiplicité vers l’unité, mais aussi en sens inverse afin de revenir vers les autres pour rapporter une partie de ce que nous reçus de connaissance et communication.

En guise de conclusion, l’homme est en quête de retrouver la connaissance, réel message de la parole perdue, ce n’est que par le travail permanent sur soi même, par le dévoilement progressif de la vérité occultée que l’on peut espérer pouvoir rétablir la relation perdue avec le G.A.D.L.U et approcher la connaissance.

Au 30ème degré nous atteignons une nouvelle limite face aux contraires nous devons redescendre de la presque surexposition du degré de chevalier du soleil ou prince adepte, néanmoins émerveillé par cette sagesse gnostique.

Par les contraires nous devons assumer notre action dans l’Univers, dans un état de tension permanente fondé sur la relation de l’un au multiple nous devons échapper au risque contemplatif du divin pour agir.

« Allons dans le monde, seul, Univers complet, responsable devant notre conscience faite de connaissance et d’Amour, nous sommes armés pour agir

J’ai dit


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