30° #427012 Qu’ Entendez-vous par « Recherche de la vérité » pour le CKS? Auteur: J∴ S∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué LA VERITÉLa question posée implique qu’il faille d’abord essayer de définir la notion de vérité. Essayer, car le concept de vérité est assez ambigu. Les dictionnaires nous disent en effet :VÉRITÉ : qualité, caractère de ce qui est vrai, de ce qui est conforme à la réalité.VRAI: conforme à la vérité, à ce à quoi on peut légitimement croire.Ce qui ne nous avance guère. En cherchant un peu plus on trouve dans le LITTRÉ : VÉRITÉ : qualité par laquelle les choses apparaissent telles qu’elles sont. Opinion conforme à ce qui est.La vérité s’avère être une notion très subjective. Conçue chez Platon comme absolue, elle a progressivement tendu à se relativiser. Dans son sens général, elle est la conformité entre le jugement et la réalité, entre ce que je dis et ce qui est. La réalité existe par elle-même, c’est ce qui est, indépendamment de celui qui la considère et l’interprète. La vérité, au contraire, fait toujours appel à la pensée, à l’estimation, à l’appréciation. Il s’agit de notre jugement qui change notre conviction en vérité. Ce qui est vrai ou faux ce sont nos certitudes sur la réalité. Il n’existe donc pas de vérité en soi, qu’il suffit de trouver, comme on découvre une chose, un objet. Ce qui est bon au goût de l’un peut apparaître acide pour l’autre. Nous pouvons examiner la réalité, tenter de l’interpréter, mais on ne découvre pas la vérité, il faut la chercher et essayer de l’établir.Et il n’y a pas de vérité qui s’inscrive dans la durée, une assertion vraie ne l’est que provisoirement. Il n’y a pas de vérités que nous ne fassions évoluer par notre expérience et l’amélioration de nos connaissances. Et s’il est des vérités acceptables par l’ensemble des êtres humains à un moment donné de leurs connaissances, en particulier celles qui relèvent du domaine scientifique, il faut appréhender qu’elles sont appelées à évoluer. Galilée fut dépassé par Newton qui fut dépassé par Einstein. Ce qui était vrai pour Galilée ne l’était plus pour Newton.La vérité, qu’elle soit scientifique ou religieuse, n’est donc que relative, éphémère, fluctuante, suivant les divers degrés de civilisation, les différents états d’instruction, fonction de différentes parcelles de vérités établies à un moment donné, dans des circonstances déterminées. Il n’y a pas de vérité, mais des vérités plurielles et relatives. La vérité est une idée, une perspective que nous entrevoyons au loin, vers lequel nous nous dirigeons en espérant l’atteindre un jour, la difficulté étant de l’approcher. Elle ne peut être donnée, elle est une quête permanente. C’est le parcours lui-même qui est la vérité. La matière de la vérité c’est le langage, mais c’est aussi l’action. La vérité a une fonction vitale, morale et sociale. “ Ce qui est important c’est la recherche de la Vérité, et non la Vérité. ”LA RECHERCHE DE LA VERITÉ.« Pour chercher la vérité, il ne faut pas croire la posséder. Toute raison de croire n’est-elle pas une raison de douter? »La certitude est une marque de confusion entre la vérité et une chose comme si la vérité pouvait être donnée alors qu’elle ne peut être que cherchée. Le besoin de certitude c’est la crédulité. Le besoin d’une recherche de vérité détermine le sens et l’engagement de la vie d’un homme. Mais la vérité est relative, a dit KANT.Il n’y a pas une vérité, mais des vérités, la vérité absolue n’existe pas. Chacun à sa vérité, et ceux qui pensent avoir trouvé, au-delà de leur vérité du moment, la vérité de tous, deviennent les adeptes d’un dogme qui exclut tous ceux qui refusent leur point de vue.Nous nous devons de rechercher la vérité, car sinon nous nous trouvons dans la situation de la célèbre allégorie de la caverne de PLATON, où des prisonniers sont enfermés et enchaînés, la figure tournée vers la paroi opposée à la lumière, où se projettent les ombres d’êtres allant et venant, circulant sur un chemin en contrebas.Ces prisonniers enchaînés depuis leur enfance, ignorent tout du monde extérieur. Ils prêtent à ces ombres une réalité qu’elles n’ont pas. Ils baignent dans l’illusion.Nous sommes ces prisonniers; leurs illusions sont les nôtres. Les ombres projetées sur le fond de la caverne correspondent aux choses auxquelles nos sens nous ont habitué et que nous tenons pour la réalité, la seule, puisque nous ne connaissons rien d’autre. La recherche de la vérité c’est la sortie, hors de la caverne, du prisonnier détaché de ses liens et qui contemple, à l’air libre, non plus les ombres ou les reflets des choses, mais les choses elles-mêmes. Il abandonne alors le monde des illusions pour le monde vrai. Le monde à l’extérieur de la caverne, c’est le monde des Idées. Ce monde merveilleux, le captif libéré est d’abord incapable de le voir, parce qu’il doit d’abord devenir lui-même capable de ce regard sur les Idées. De même nous devons exercer notre intelligence, jusqu’à ce que nous soyons capables de voir les Idées.Tous les hommes n’éprouvent pas la même nécessité d’une recherche de la vérité susceptible de répondre aux questions essentielles du sens de la vie. La plupart ne se soucient guère de connaître cette vérité et préfèrent une simple quête du bonheur, en s’ancrant dans une sérénité égoïste, à l’abri de toute question. La majorité baisse les bras et se soumet car la vie est dure et le travail intérieur est difficile et prend du temps. Et nous n’oublions pas tous ceux que les contraintes de la vie quotidienne éloignent de toute culture, tous ceux que le sort a écarté des chemins de la connaissance.Platon, dans Le Banquet nous donne à comprendrequ’être homme c’est éprouver un besoin vital nécessaire du Vrai, du Beau, du Bien. S’il est vrai que nous avons l’idée d’une vérité, il nous faut la découvrir et nous savons que si elle est à découvrir, à dévoiler, elle n’est jamais donnée, elle toujours conquise.La recherche de la vérité est un développement constant qui donne à nos vies une élévation particulière, au dessus des contingences de notre quotidien. Celui qui cherche la vérité veut aller plus loin que sa compréhension immédiate des choses. C’est l’homme responsable, animé par le désir d’aller au-delà de ce qu’on lui a enseigné, l’homme libre. Il veut s’intéresser à la culture de l’autre, tenter de le comprendre, de l’accepter et le considérer comme son égal. Il a un besoin de se questionner sur le pourquoi de son existence. C’est, entre autres, le FM, CK, dans sa démarche initiatique. Il s’efforce de penser juste, il est prêt à abandonner une idée s’il découvre qu’elle est fausse, ou incomplète. Il se rend disponible à la pensée de l’autre, il échange avec lui des vérités, il s’efforce de trouver des points communs.Et la vérité n’est-elle pas ce lien entre tous ceux qui cherchent, cette quêtequi conduit les hommes à se reconnaître semblables et qui peut se nommer fraternité. L’enseignement maçonnique nous aide à marcher vers…. La Vérité. LA RECHERCHE DE LA VERITÉ POUR LE CKN’oublions pas que le premier objectif fixé par la Constitution du GODF est justement la recherche de la vérité.Le texte de l’initiation au 28° grade nous fait promettre : « En ami de la Liberté et de la Vérité, je promets de consacrer mes forces à combattre l’injustice, la superstition et le fanatisme. » Et l’obligation au 30° rajoute : » Je promets de refuser toute dictature, et de m’y opposer. Je promets de résister à tout asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit. Je promets de régler mes actes selon l’Amour de la Vérité et l’Amour de l’Humanité. »Notre rituel du 30ème grade nous dit : Rappelons les objets de notre mission – Combattre les mensonges et les erreurs – Lutter contre l’intolérance et l’injustice – S’opposer aux oppressions civiles, religieuses et militaire – Intégrer Connaissance et sagesse dans de justes lois pour régir la société humaine.La vérité à laquelle le CK s’intéresse est d’ordre philosophique, celle qui permet à l’homme de trouver un sens à son existence,dans sa relation avec lui-même, avec les autres. La recherche de la vérité est la quête d’une connaissance et notre rite, le REAA est tout orienté vers la Connaissance. Parfaire notre Connaissance, pour mieux approcher la Vérité. « Parvenir à la pleine Connaissance qui fera du CK un de ces Parfaits Initiés auxquels, seuls, l’Action, pour être bénéfique est permise » nous enseigne la brochure du Suprême Conseil. Le CK se doit d’être un Combattant parce que le lent processus initiatique qui l’a conduit de l’état d’apprenti, plein d’imperfections et d’insuffisances, à celui de CK, expérimenté et exemplaire, lui a permis de devenir un être libre. Que ce soit dans la Loge, dans la Vie, il ne doit pas être simplement un spectateur, il se doit d’être un acteur. Son action est possible parce que sa veille entre le commencement de la nuit et le point du jour, lui a permis de réfléchir aux rapports entre les Hommes, à la Cité idéale. Elle a été précédée de la réflexion qui l’a rendu conscient de la valeur des biens à défendre. Il sait ce qui différencie le vrai du faux, le bien du mal, le blanc du noir. Il est, symboliquement, revêtu pour son combat du cordon blanc et noir.Le CK doit chercher la vérité car il a besoin de connaître pour agir.Il a choisi la voie de l’incessante interrogation. Sa quête de la vérité est un combat quotidien, la recherche de la meilleure concordance entre ce qu’il pense et ce qu’il dit, entre ce qu’il pense être juste et ce qu’il dit et fait. Mais cette recherche de la vérité n’est pas son seul but, il doit, s’il estime l’avoir atteinte, la préserver et la répandre. Il a l’ambition d’être un diffuseur de vérité mais, affranchi de tout dogmatisme, il sait qu’une vérité, aussi forte soit-elle, n’ayant pas d’existence par elle-même, il ne doit pas l’imposer aux autres. Le CK ne porte plus de tablier car il a achevé le travail qui doit s’accomplir à l’intérieur du Temple. Le symbolisme de l’échelle avec ses degrés lui a permis d’atteindre sa plénitude.Après avoir monté pour atteindre la Perfection, il est redescendu pour aller vers la Cité qui est justification de son combat. Et ce combat est important, car la Cité bénéficiera des connaissances du Chevalier Kadosch, Chevalier exemplaire. Et parce qu’il en est ainsi, il doit agir, être un combattant dans la Cité. Il y a à se battre, parce que les Droits de l’Homme doivent être proclamés et être sans cesse défendus. Et parmi les droits des individus, il y a la liberté, le bien le plus précieux dont dispose les Hommes. La liberté, mais aussi l’égalité dans la société, la possibilité d’atteindre au bonheur, le droit absolu à la Paix. Homme libéré parce que parfait initié, conscient, responsable, fort de ses convictions mais étranger au dogmatisme, le CK sait qu’il peut réussir sa mission, il doit et peut exercer un travail d’influence. Tel est son combat, agir en luttant contre l’injustice sociale.Agir afin que l’homme vive libre, en paix avec lui même et avec la Cité. Le CK doit être défenseur du Droit et faire en sorte que nulle dépendance n’étouffe l’Homme et agir pour la dénoncer et la supprimer. Le CK, comme tout FM doit lutter contre l’ignorance et répandre les vérités qu’ila acquises. » Combattre les mensonges et les erreurs, lutter contre l’intolérance et l’injustice, s’opposer aux oppressions civiles, religieuses, militaires », nous dit notre rituel. Notre recherche de la vérité doit correspondre à la recherche de la liberté, elle doit tendre à la libération des hommes face aux diverses pressions qui les asservissent. Il sait qu’il y a, dans la Cité, une attitude du Chevalier de l’Aigle blanc et noir. Il doit assurer, par son exemple et son influence, les meilleures conditions pour une prise de conscience par ceux qu’il côtoie de ce qu’ils sont et de leur place dans la communauté.Le CK, qui a gravi et redescendu l’Echelle mystérieuse, de par les obligations auxquelles il a souscrit, est à même decontribuer à la réalisation de cet objectif, il se doit de tenter de le réaliser. Cette échelle mystérieuse qui, sur son montant gauche, porte l’inscription « Amour de la Vérité ». Armé du glaive qui pend symboliquement à son côté, il sait pourquoi et comment se battre. Il est aidé par la force morale acquise, par l’amour et le respect qu’il porte aux autres, son respect de la liberté et de la justice. C’est un combattant face aux forces qui s’opposent à l’équité et à la justice sociale. Ce n’est pas un homme qui se soumet, c’est un homme courageux et réaliste, convaincu que la Franc-maçonnerie lui donne les armes qui lui sont nécessaires dans son combat. Il respecte ainsi la promesse faite lors de son initiation, celle de résister. Il doit être vigilant par rapport à tout ce qui peut menacer l’homme et sa liberté et résister aux atteintes à la liberté de conscience, à la facilité, au renoncement. La recherche du CK c’estde parfaire sa connaissance pour mieux approcher la vérité, c’est sa volonté de vivre en accord avec elle, c’est de se réaliser lui-même en participant à réalisation d’une société idéale.« Fais ce que dois », savoir comprendre et agir dans le respect de l’autre en le considérant comme un autre soi-même, en participant à son évolution. Le CK sait qu’il ne suffit pas de savoir et de connaître, mais qu’il faut aussi savoir transmettre, permettre à d’autres de sortir de la caverne.Le chemin est long, la tâche difficile, mais il nous faut chacun l’accomplir à notre mesure. Les plus armés, les plus expérimentés, de tous les FFMM, nous CCKK, le « NEC PLUS ULTRA » du REAA, nous nous devons de faire connaître notre Vérité, celle qui devrait être la Vérité de tous, celle de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. Il ne s’agit pas seulement de rechercher la vérité, il faut aussi, dans la mesure où l’on estime l’avoir atteinte, la répandre et la défendre. 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