#401012

A04K-4 : La corde à nœud coulant

Auteur:

F∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
: NC

C’est sous un voile noir transparent sur lequel est fixée une petite équerre argentée située au milieu du front que j’entend la Maîtresse des cérémonies nous annoncer comme des vénérables maîtresses ayant été reconnues par des MS témoins de notre zèle et que le suprême conseil féminin a élevées au 4ème degré. Après avoir effectué la marche de la maîtresse maçonne les récipiendaires sont conduites au centre de la loge. La Maîtresse des Cérémonies nous enlève les décors et nous met à l’ordre de MS, le dépouillement des décors signifie que « ce que vous avez appris jusqu’à ce jour en FM n’est rien auprès de qu’il vous reste à apprendre »
La perception de la Lumière n’est pas complète à travers le bandeau symbolique que nous avons sur les yeux, notre instruction n’est pas achevée comme nous le rappel le TFPM mais avant de nous dévoiler le point fondamental de la doctrine particulière de ce degré, nos lèvres sont closes symboliquement avec le « sceau du secret » en ayant les 2 doigts du secret, sur le cœur, notre centre.

C’est donc après ces différentes étapes que la Maîtresse des Cérémonies nous passe autour du cou la corde à nœud coulant et nous installe en file indienne, chacune tenant l’extrémité de la corde de la Sœur qui la suit. Cette corde nous rappelle immédiatement cette notion de transmission que nous avons depuis notre entrée en maçonnerie. Ma position était au milieu mais même la dernière tient la corde, celle d’un MS ainsi la chaîne est ininterrompue. C’est dans ces conditions que nous allons effectuer 4 voyages par un chemin sinueux et courbe, le fait que le chemin ait cette configuration montre qu’il va être difficile et qu’il sera important de cultiver notre liberté intérieure et de servir la Justice pour le parcourir.

Ces voyages vont nous emmener vers nos aînées qui vont nous transmettre les valeurs et les engagements de ce grade afin que nous puissions prendre conscience qu’une autre époque commence, conscience de notre propre construction et de notre responsabilité car si nous n’avançons pas correctement nous freinons les sœurs qui partagent avec nous la corde, chaque MS est responsable de l’autre, nous devons marcher du même pas, au même rythme, sous peine de donner la mort ou de provoquer des troubles respiratoires, de couper le souffle, alimentation du cœur, si le nœud se resserre, car par définition le nœud coulant est un nœud qui se serre ou se desserre sans se dénouer.

Nous sommes en situation d’union et de solidarité. La corde c’est un lien, cela peut rappeler ce qui nous lie à la matérialité, ce qui nous attache au plan inférieur, il faut identifier ce qui nous retient sur le chemin de l’éveil. Le fil à plomb est toujours nécessaire pour descendre au plus profondde nous même, dégager notre étincelle intérieure, pour y parvenir nous avons la Force du livre sacré et les MS de la loge, pour nous mettre et nous aider à rester sur la voie de la lucidité initiatique.

Tous les axes de nos réflexions sont donnés au cours des 4 voyages, nous cherchons la Vérité et la parole perdue, les sentences que nous entendons sont là pour nous rappeler la gravité de notre engagement et la corde que nous portons nous rappelle la mort, si le nœud se sert. La mort spirituelle, celle dont on ne se remet jamais. C’est dans ces conditions que nous entendons l’inspectrice déclarer que « l’idéal de la FM est l’accomplissement du DEVOIR porté jusqu’au sacrifice », l’immolation de notreégo, la « dé-création » concept de Simone Weil qui est l’acte de briser toutes nos entraves et de retrouver l’esprit originel. Ainsi la corde au cou nous déclarons être prête à accomplir le devoir parce qu’il est le devoir, grande loi de la FM, inflexible comme la FATALITE, exigeant comme la NECESSITE, impératif comme la DESTINEE. Il me semble que cela est le destin de tout être humain à partir du moment où il naît, si l’on cherche son chemin, on le trouve.

La lecture du serment se fait avec la corde à nœud au cou, le nœud est contrainte, dans la littérature et l’art religieux il symbolise la puissance qui lie et délie. Cette corde est un lien entre la FM et le MS comme le cordon ombilical est un lien entre l’enfant et la mère. L’enfant situé dans le ventre de sa mère passera de l’obscurité à la lumière en naissant mais le cordon ombilical ne se coupera pas totalement, le petit morceau qui reste devra tomber de lui-même. Notre corde est enlevée après le Serment et le petit morceau «  d’ombilic » se dissoudra peut-être lorsque nous aurons intégré cette phrase du rituel: « les nobles pensées viennent du cœur et que la meilleure pierre de touche du Devoir est l’exigence d’un Sacrifice ». Le Sacrifice étant un symbole de renoncement aux liens terrestres.

La corde qui est un assemblage de fils tordus ensemble pour former un câble, se trouve là, être de
couleur : noire et blanche, c’est le mode binaire, noir et blanc, ombre et lumière mais nous savons que «  les oppositions sont nécessaires et fécondes » pour arriver au ternaire qui nous ramène à l’Unité. Ces couleurs ne sont pas sans nous rappeler le pavé mosaïque sauf que ce dernier se trace en ligne et que les carrés y sont opposés alors que la corde est courbe et les fils enlacés, nous sommes passées de la Règle au Compas.
Le noir est considéré comme absence de lumière et non une couleur, il symbolise : la matière, la nuit, le ventre de la terre, lieu où s’opère la transformation de la graine comme la néophyte commence sa transformation dans le cabinet de réflexion. Tandis que le blanc représente l’ensemble des couleurs, le manifesté, l’unité. Mais ce qui est noir et négatif peut devenir blanc et positif selon le degré d’évolution. C’est en nous libérant de la dualité après un travail intense sur nous même que nous pouvons espérer commencer à voir la Lumière. Le blanc et le noir sont des conflits de forces qui se manifestent à tous les niveaux de l’existence. Le noir forces nocturnes, négatives, développement inverse de l’évolution, le blanc, forces diurnes, positives. Pour Jung le noir est la couleur des origines, du commencement, la phase germinative avant l’explosion lumineuse de la naissance.

Notre corde à nœud est la corde de l’éveil placée autour de notre cou entre les 3 Séphiroth : Kéther (couronne-Delta Lumineux),Hokhmah (sagesse-Soleil), Binah (intelligence-Lune), formant le triangle supérieur de l’arbre des séphiroths, ainsi que l’Orient à l’intérieur du Temple. L’arbre des séphiroths qui en comprend 10 est comparé dans la Kabbale à l’arbre de vie, la corde est donc située entre les 3 premières et les 7 autres qui reflètent la matière, notre corde est donc placée entre l’esprit et la matière.
Elle repose également sur 7 vertèbres cervicales que l’on peut comparer d’après Annick de Souzenelle aux 7 cieux traditionnels ou degrés de perfection à franchir avant la « sublime union ». Cette description se retrouve dans l’hadith du voyage nocturne dans le Coran, également décrit par Saint Irénée de Lyon père de l’église au 2ème siècle et dans la tradition hébraïque sous le nom de Hekhaloth.
Le cou en hébreux se dit « Tsavar » ce mot est fait de la lettre « Tsadé » l’hameçon divin qui saisit l’homme pour l’amener à la lumière. Comme nous allons nous laisser saisir au moment du Serment dans lequel nous nous engageons à rester fidèle à tous nos devoirs et cela jusqu’à la mort. Nos vertèbres cervicales s’appuient sur la glande thyroïde du grec « turoïdos », qui a la forme d’une porte dans le symbolisme du corps humain, cela semble être la porte de l’UN et le retour des 7 autres Séphiroths vers l’Un. La glande thyroïde anatomiquement est située a la base de la langue, la langue symbolise le logos, le verbe, pour Saint Jean le Verbe signifie la révélation de Dieu. Cette porte étroite comme peut l’être le col de l’utérus pour l’enfant qui va naître, délimite 2 espaces, un intérieur, un extérieur mais nous avons la clef d’ivoire sur notre sautoir, elle peut tout ouvrir.

« Etroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie et il y en a peu qui la trouve »
Saint Matthieu

Le jour de l’initiation notre corde à nœud coulant avec toute sa symbolique est une mise sur le Chemin en essayant de ne pas se perdre sur «  les chemins fleuris de l’erreur ».

J’ai dit TFPM

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