4° #401012 L’Idéal de la Franc-Maçonnerie est Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: : NC 04/2018 L’Idéal de la Franc-Maçonnerie est l’accomplissement du devoir porté au sacrificeTFPM Dignitaires qui illuminent le Saint des Saints et vous tous mes FF et SSMaîtres Secret, en vos grades et qualités.Depuis ma réception au grade d’App à ce jour, j’ai toujours apprécié l’exercice de réflexion sur les différents sujets qui m’ont été soumis. C’est dans cet ordre d’idée que je partagerai avec cette auguste assemblée de Maîtres Secret, mes réflexions sur le thème : » L’Idéal de la Franc Maçonnerie est l’Accomplissement du Devoir Porté jusqu’au Sacrifice ».Lorsque j’ai reçu mon thème à la fin de notre cérémonie de réception au Collège de Perfection le 14 janvier 2017 E V, je me suis demandé ce que je pouvais encore dire de nouveau sur le devoir, après l’avoir traité sous diverses formes aux trois premiers grades. Je me suis rendue compte à la lecture du rituel de réception et du manuel de formation de l’importance du Devoir dans les enseignements du grade auquel je viens d’accéder.Ma présentation sera articulée comme suit : 1.Définition des mots clés du thème aux plans profanes et Maç ;2.Le sens du devoir du Maître Secret ;3.L’Accomplissement du Devoir porté jusqu’au Sacrifice ;4.Mes expériences personnelles liées au thème ;5.Conclusion. 1.Définition des mots clés du thèmea.Au plan profaneDevoir : Le Devoir se défini comme « ce qu’on doit faire, ce à quoi l’on est obligé par la loi ou par la morale, par son Etat ou les bienséances ». Dans toute société organisée, vivre ensemble oblige à poser des règles qui donnent à chaque individu les devoirs qu’il devra respecter pour vivre en harmonie avec ses congénères. Les devoirs peuvent se décliner de trois manières différentes : des règles, des lois, un engagement. Sacrifice : Etymologiquement du latin sacerfacere, sacrificium : « fait de rendre sacré ». On accomplit un geste, une action au nom de quelque chose qu’on considère comme sacré, en général pour mettre dans de bonnes dispositions des instances divines, soit pour faire pardonner (expiation pour le Grand Pardon hébreux) soit pour obtenir (demande de fertilité dans les rites d’Eleusis). Le dictionnaire Larousse (2013) définit le sacrifice comme une offrande à une divinité. C’est aussi l’effort volontairement produit, peine volontairement acceptée dans un dessein. C’est le renoncement volontaire à quelque chose, perte qu’on accepte, privation, en particulier sur le plan financier : faire de grands sacrifices pour ses enfants.b.Compréhension Maç du thème Les Devoirs pour le Maç qui s’engage sur le chemin de la connaissance sont contenus dans les serments qu’il a prêtés à chaque grade. Ils varient selon son âge symbolique et s’accroissent au fur et à mesure qu’il gravit les marches. Contrairement à la conception profane qui appréhende le devoir comme une contrainte, l’initié y trouve la source de sa réalisation, de la construction de son temple intérieur, et par suite du temple universel. Les différents rituels du 1er au 3ème degré confirment ce point de vue initiatique. Le Maître Hiram a recommandé à l’un des mauvais Comp qui le menaçait pour connaitre le mot des MM ce qui suit « … travaille, persévère ».Pour ce qui est du sacrifice, le Maç qui a bien compris la notion de devoir comprend aisément que ce sacrifice est le prix à payer pour accomplir son devoir. L’un ne va pas sans l’autre comme le noir et le blanc du pavé mosaïque. Dès notre réception au grade d’App, le rituel nous en avait averti, mais nous étions encore sous l’effet du vieil homme pour bien comprendre : « il n’y a que le premier pas qui compte encore faudrait-il savoir ce qu’il coûte. » Cette phrase prononcée lors de l’initiation au premier grade par le VM nous mettait directement en face de la haute portée symbolique des engagements que nous prenions : la notion du sacrifice.Au second degré, le Comp est appelé àœuvrer à transformer sa pierre brute en pierre cubique à pointe. De ce fait, il doit non seulement concentrer ses efforts pour construire d’une main et défendre l’œuvre de l’autre main. Il doit aussi s’employer à réparer les défectuosités de l’œuvre, à cacher les défauts de ses frères et les corriger par ses exemples et conseils. Au grade de M, l’impétrant introduit à reculons dans le Temple, a dû se livrer à une Confession au cours de laquelle il a juré être bon, être pur et n’avoir jamais engendré le mal. Cette condition satisfaite, et après qu’il s’est défendu avec succès d’être un des trois Mauvais Comp, meurtriers du Maître Hiram, il prit sa place dans le cercueil, replongé une fois de plus dans son Cabinet de Réflexion. Ce psychodrame prit fin avec son relèvement par le Vénérable Frère Expert aidé par deux autres frères MM à travers les cinq points de la perfection magistrale. Symboliquement ces Cinq points parfaits de la Maîtrise nous incitent à pratiquer la fraternité humaine, la charité, l’assistance aux FF et SS dans le besoin ou dans le malheur, l’humilité, et la douceur. En clair un dépassement de soi, un sacrifice !Le sens du devoir du Maître Secret« Si vous voulez trouver la Vraie Lumière et la Parole Perdue, inclinez-vous devant notre Autel sacré, contractez une sincère alliance avec nous ; prenez l’obligation de garder fidèlement les secrets et de remplir les devoirs du 4ème degré » : tels sont les propos du TFPM au récipiendaire lors de la cérémonie d’élévation au grade de Maître Secret. Auparavant, ce dernier a eu à accomplir quatre voyages et à décliner l’objet de sa quête : la Vérité et la Parole Perdue. Il apprend alors que « la route du Devoir mène surement à la Vérité », et que « La Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain; il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais ».On retient de tout cela que la recherche de la Vérité et de la Parole Perdue sont la véritable quête du Maître Secret. A travers l’obligation prise avec la Loge de Perfection, le Maître Secret a accepté de suivre cette route du Devoir, bien qu’elle soit ouverte sur les Labyrinthes de l’Erreur, sans crainte de se tromper ni de se perdre s’il se conforme à ce qu’on lui a appris. Le rituel recommande en outre : « Vous ne prendrez pas les mots pour les idées ». Les mots ne sont pas forcément les bons interprètes de la pensée. Ne pas prendre les mots pour les idées, c’est ne pas se tromper de voie en vénérant des valeurs relatives. La fonction de discernement est essentielle car elle permet de percevoir et de découvrir l’idée vraie sous le mot juste, de réfléchir, de méditer, de sélectionner et de choisir comme Socrate qui veut avant tout sauvegarder sa liberté d’esprit. Il faut remonter à la source, faire du devoir un absolu. Le Devoir nous lie à nous-même, à notre être profond. La cohésion, la cohérence entre le devoir et nos actes peut nous mener à l’harmonie en nous et dans le monde autour de nous. Les trois principes contenus dans le serment sont rappelés à la clôture des travaux : « Que vous a-t-on appris ? » « A garder le secret, à être obéissante et à rester fidèle ». L’obéissance est renouvelée envers l’Ordre. La fidélité confère à l’initié des devoirs, dont le principal est de mettre en adéquation ses principes, sa parole et ses idées avec son vécu quotidien. L’obéissance absolue du Devoir, librement acceptée par sa conscience reste le fait d’une autorité qui n’émane que de soi seul et que l’on assume volontairement. Il s’agit d’une obligation de soi envers Soi. Il a, pour cela, la clef d’ivoire qui lui permet d’ouvrir des passages sur des « ailleurs », et aussi de les fermer. Cette clef possède non seulement la caractéristique d’être taillée dans une matière noble, mais aussi d’avoir son panneton ouvragé par la découpe d’une lumière ayant la forme d’un Z, signifiant ZIZA ou splendeur qui est un rappel de Force, Sagesse et Beauté, guides de nos premiers pas, véritables principes fécondants dont le germe se trouve dans le cabinet de réflexion. Avoir conscience de posséder la clef du devoir, c’est détenir le pouvoir de pénétrer dans le monde de la raison, de la vertu et de l’amour. Ce qui ne peut se faire sans un minimum de sacrifice. Le devoir porté jusqu’au sacrifice.Plusieurs sentences lors des Voyages du futur Maître Secret évoquent cette notion de sacrifice. Nous en citerons ici deux à savoir : –« Sachez, mes Frères, que l’idéal de la Franc – Maçonnerie est l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice. Êtes‑vous prêts à faire votre devoir en toutes circonstances, quoi qu’il puisse vous en coûter ? »–« Vos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours. Êtes‑vous prêts à accomplir votre devoir parce qu’il est le Devoir, sans songer à la récompense, et à être satisfaits de l’approbation de votre seule conscience ? »–«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer».Ces sentences auxquelles le récipiendaire a volontairement souscrit avant de prêter serment plonge le nouveau Maître Secret dans l’univers du sacrifice. On se rappelle ainsi que lors de sa réception au grade d’App, le néophyte a consenti des sacrifices aussi bien physiquement que moralement : boire une boisson dont il ne connaissait ni la composition, ni la couleur,devant des personnes qu’il ne voyait pas ;de même il a accepté de se faire marquer au fer chaud et d’offrir son sang pour sceller son alliance avec sa nouvelle Fraternité. Il est précisé au néophyte que cet acte signifie qu’il serait prêt, un jour lointain, à « verser son sang, s’il le fallait », pour défendre l’Ordre. A chaque fois et à plusieurs reprises son consentement a été requis jusqu’à la prestation de serment, d’abord transcrit, puis répété ! Depuis lors, le nouvel App est préparé à se maintenir sur cette Voie du Devoir librement consenti, à respecter la parole librement donnée ! C’est ce qui est justement rappelé aux futur Maître Secret dans les sentences évoquées plus haut.Si nous examinons notre comportement en rapport avec une référence morale et spirituelle, nous sommes en permanence amenés à faire des choix et nous devons souvent sacrifier notre confort moral ou physique, nos égoïsmes, nos ambitions, nos rêves et nos fantasmes pour nous donner la chance d’accomplir nos devoirs sans faillir, sans se mettre dans une situation qui appellera les sanctions, tels que énoncés au cours de notre réception au 4ème degré. L’accession au monde d’en haut n’est pas aisée, il n’est pas fait de routes rectilignes, celles-ci ne mènent jamais qu’au néant des vérités tapageuses, rien ne s’acquit sans l’expérience. L’expérience est une pénible mais indispensable école de persévérance dont le silence et le secret en sont les fondements.Nous nous retrouvons ainsi dans l’exaltation symbolique du rassemblement de ce qui est épars, c’est le coagula alchimique. C’est l’union qui fait rebondir et reprendre force. Union symbolique de la connaissance de soi, qui nous amène à utiliser toutes nos facultés et à les mettre au service de l’humanité. Ainsi c’est dans le « connais-toi, toi-même » de Socrate que le nouveau M doit chercher dans une démarche libératoire progressive, son appartenance cosmique. Pour cela, à nous de trouver la pierre cachée au fond de soi (le VITRIOL du cabinet de réflexion). Elle est la conclusion, la récompense et la finalité d’un effort dont l’efficacité est rendue possible par le travail. La parole perdue, que l’on cherche ne peut effectivement être retrouvée qu’en suivant un itinéraire particulier, celui de l’effort et de la pugnacité. La réalisation du Grand Œuvre est au bout du chemin, convergence de nos itinéraires Maç.Expériences personnellesLa notion du devoir est centrale dans les enseignements du 4ème grade tel que développée dans la partie précédente. Mais en même temps, elle est polysémique, étant en lien avec d’autres notions connexes comme : obligation morale, amour, liberté, raison…La cérémonie de réception au 4ème grade a, d’une part renforcé en moi le sens du devoir en tant que Maç, mais d’autre part m’a plongée dans des réflexions sur la compréhension de mes devoirs en tant que Maître Secret. J’ai vite compris qu’au-delà des devoirs des trois premiers grades, ceux du 4ème me demanderont encore plus d’efforts. Mais quels sont réellement ces devoirs ? Dans ce processus, je me rends compte qu’il est bien plus facile d’accomplir ses devoirs que de les connaître. J’essaie autant que possible de remplir mes devoirs envers moi-même en travaillant à l’embellissement de mon âme, envers ma famille en qualité d’épouse et de mère, envers ma Loge en tant que membre, Second Surv et Premier Surv, dans mon métier d’enseignante, au niveau communautaire en donnant de l’empathie aux autres. Mais est-ce suffisant ? Je suis consciente de la nécessité pour moi de rester en alerte à tout moment pour saisir mes devoirs et œuvrer à les accomplir avec zèle et abnégation, en acceptant de me sacrifier au besoin. Conclusion La Fr-Maç n’impose pas comme premier devoir de faire son salut de toute force en fuyant la réalité de la vie quotidienne, mais de devenir un homme conscient de ses limites et de sa grandeur. L’ordre Maç peut exiger du Maç qu’il verse son sang pour sa défense et pour celle de ses FFet SS: c’est le sacrifice suprême, qui donne du sens au Sacré. Cependant le devoir et la liberté ne sont jamais pleinement accessibles à l’humain. Il s’agit de conquêtes de tous les jours, sans cesse remises en cause et que l’on doit s’efforcer de mettre en pratique dans le vécu quotidien sans découragement. Poursuivre la construction du Temple à la suite d’Hiram : ce symbole est pour moi le plus marquant de ce degré pour méditer sur le Devoir. J’ai l’intuition qu’effectivement le grand Devoir est tracé, mais il ne peut l’être que d’une façon générale, collective, sans apporter de réponse individuelle à chacun des FF et SS. Cette réponse individuelle, en vérité, peut s’avérer difficile, très difficile à connaître. Alors la maxime « Connais-toi toi-même » prend tout son sens. Retourner dans le Cabinet de Réflexion, faire son introspection, rendre son rôle au miroir des viatiques du Comp, tel est mon devoir de tous les jours.J’ai dit.Bibliographie1.Instructions, Quatrième Degré, Maître Secret, RIPMM, Collège de perfection MAAT, Cotonou, 70 pages, non daté ;2.Rituel du Maître Secret, RIPMM, Collège de perfection MAAT, Cotonou, 27 pages, non daté ;3.GUIGUE C, 2003, Les Planches du Maître, Symbolisme et Franc-maçonnerie, 378 pages ;4.Instructions au grade de Maître Maçon du RAPMM, 2009, 4ème édition ; 5.Instructions Rituelles au grade de Maître Maçon du RAPMM, 2007 ;6.RICHARD ®, Dictionnaire maçonnique, 2002, Edition Dervy ;7.Rituel d’Exaltation à la Maîtrise du RAPMM, 2007. 8.MILLO Lucien, Les secrets du 4ème degré de l’Ecossisme, Tome IV, 2016, Edition Liberfaber. Navigation des articles Planche Précédente "La recherche de la Vérité est’elle une fin en" Planche Suivante "A04K-4 : La corde à nœud coulant"