4° #401012 a04l-9 : Nous n’avons plus rien à vous apprendre Auteur: C∴ M∴ Loge: : NC Mes Soeurs, mes Frères, tout au long de mon parcours en Maçonnerie, un bien modeste parcours d’un peu plus d’une dizaine d’années, je n’ai eu de cesse de chercher et de demander pour trouver ma voie. Voici donc le travail que le T.F.P.M m’a demandé de présenter ce soir :« Nous n’avons plus rien à vous apprendre » Vaste sujet…Je dirais que cette phrase m’en inspire une autre « apprendre à apprendre »On entend parfois dire que dans la loge, on y trouve ce qu’on y apporte. Permettez-moi de vous affirmer que pour moi rien n’est plus faux. Il y a dans la loge que l’on appelle « bleue » TOUT, absolument tout ce qui est nécessaire à l’apprenti, au compagnon, au Maître, pour qu’ils puissent faire leur travail avec profit, c’est-à-dire tailler la pierre, puisque nous utilisons le langage des maçons opératifs et que nous utilisons aussi le symbolisme des outils : équerre, compas, triangle, règle, maillet, levier, niveau, le fil à plomb, la corde à nœuds, les lacs d’amour, etc…Tous ces outils « parlent » et selon le degré d’intelligence, d’imagination et d’intuition de chacun, lui permettent d’entrevoir des rapports insoupçonnés entre l’homme et la matière, entre l’homme et la nature.Le franc-maçon est donc en mesure, dès son entrée en loge bleue de commencer son cheminement vers la spiritualité.Mais si vous êtes hors de la Maçonnerie, cela ne vous apprendra rien. Les symboles, dont le sens premier est évident à chacun, révèlent d’autres rapports à qui sait les voir. Malgré les livres traitant de symbolisme, les dictionnaires de symbiologie, nul n’apprendra quoique ce soit, s’il n’oeuvre personnellement sur tel ou tel symbole ; seul un travail patient, une réflexion personnelle permettent d’entrevoir ce qui, hier, n’était pas évident à percevoir.Pour illustrer mon propos, ce que je peux vous livrer de mon propre parcours en loge bleue, c’est que mes Sœurs et Frères me montraient un chemin, mais ce chemin était seul connu de moi et j’étais la seule à pouvoir le parcourir.Pourtant, ce sont eux qui me le montraient, et c’est un paradoxe total que l’on ne peut vivre que si l’on est Franc-Maçon. On se rend compte que certaines personnes vous ouvrent les yeux, tout en vous laissant parcourir votre propre chemin. Cette Transmission, elle est là, dans la méthode d’éveilL’initié apprend, par le symbolisme et guidé par les Maîtres de sa Loge, à maîtriser sa peur, à fuir ses vices, à vaincre ses passions et à se dégager de la matérialité, mais sans la nier. Il doit prendre conscience que le chantier sur lequel il œuvre, sa pierre, est celui d’un vécu qui sera un jour dépassé.Il doit également prendre conscience que tout ce qu’il a appris, tout ce qu’il a reçu, il devra un jour le transmettre, et qu’il faut beaucoup d’humilité pour recevoir et pour donner.Les Maîtres maçons ont le devoir de faire régulièrement le bilan de ce qu’ils ont semé, non seulement en Loge, mais aussi en dehors, car l’essentiel de notre existence n’est pas dans la Loge, mais dans le monde profane.On découvre un symbole, de la même façon qu’on découvre un paysage inconnu. C’est ainsi que l’on peut dire que chaque franc-maçon peut donner un sens particulier à chaque symbole. La richesse de son interprétation sera en rapport avec sa culture, mais encore en fonction de son intuition.Au symbolisme des outils s’ajoute le symbolisme de la lumière qui nous permet d’assister à la re-naissance du monde à chaque ouverture des travaux.Mais, avant cela, il y a eu la première épreuve : celle du Cabinet de Réflexion. Cette épreuve de la terre, qui nous rattache aux anciens mystères et qui nous oblige, pour la première fois peut-être à nous regarder en face ; L’alchimie du cabinet de Réflexion nous permets de réunir ce qui est épars et de faire re-naître un homme qui, maintenant sait qu’il doit mourir à ce qui est futile et s’ouvrir à l’essentiel.La voie initiatique maçonnique ne nous a pas appris mais transmis des outils pour nous permettre d’ouvrir des portes mais en cherchant par nous-mêmes au travers de notre initiation et nos élévations du grade d’apprenti au grade de maître puis l’accès aux grades de sagesse perçus comme le prolongement d’une quête symbolique au travers du mythe de la mort d’Hiram et la cérémonie d’exaltation qu’il a inspirée posent beaucoup plus de questions qu’il ne propose de réponses. Hiram est-il ressuscité ? Qui va achever la construction du temple ? Les assassins d’Hiram demeureront-ils impunis ? Quel sens donner à sa mort ? Autant de portes symboliques ouvertes sur d’infinies spéculations, par lesquelles se sont engouffrés divers empilements mythologiques.On va alors poursuivre notre initiation dans les hauts grades en suivant la voie de notre maître Hiram auquel nous sommes censés nous substituer, pour chercher ce à quoi on ne fait pas l’effort de répondre au grade de maître.Il est important de préciser que les ateliers d’avancement n’ont plus rien à nous apprendre, la voie a été déjà tracée en loge bleue. Ils ne nous révèleront rien de plus que ce que nous sommes et ont pour seul objet de nous faciliter la tâche, de nous faire comprendre, de continuer nos efforts avec humilité et persévérance.Dans le mot apprendre, il y a prendre, c’est-à-dire saisir, l’initié va se saisir de tout ce qui apparaît à sa portée pour comprendre.Le rituel, les cérémonies pour le passage d’un degré à un autre, revêtiront une importance capitale. L’occasion pour l’initié d’une réflexion continue et progressive, source de méditation, s’il en est capable, qui l’aideront à guider sa vie. Alors apprendre par soi-même ?Prendre à qui ?Prendre à celui qui peut, prendre à celui qui veut, prendre à celui qui sait prendre, mais, conjointement, travailler à comprendre, travailler à apprendre. Ouvrir son esprit à ce que sait l’autre, mais aussi l’enrichir de sa propre réponse. Respecter et écouter l’autre, au lieu de s’opposer à lui, au lieu d’opposer sa vérité à celle de l’autre et ainsi s’élever et se rendre compte qu’il n’y a pas autant de vérités que d’hommes, mais que chacun de nous ne peut voir qu’une infime partie de ce qui est un tout, et considérer, en élevant son esprit, que si toutes les parties forment bien le tout, le tout est nécessairement dans chacune des parties.Il semble évident que le désir d’apprendre soit précédé d’un désir de curiosité menant vers un idéal, une possibilité de faire naître des idées. L’initié doit apprendre que tout est à réexaminer, que tout est à apprendre. Pour cela, il est indispensable de comprendre ce qui est dit et ce qui se vit en loge et à l’extérieur. Il faudra quelque temps, sans doute, pour comprendre que l’on ne peut être sage, que de sa propre sagesse.L’enrichissement personnel passe d’abord par un travail sur soi. Rien n’est plus difficile que de s’analyser soi-même, de plonger en soi, de reconnaître la justesse de nos actes – si rare par rapport aux décisions irraisonnées ou mal raisonnées, aux erreurs de jugement, à l’entêtement Quelles sont les vraies raisons qui nous font agir ? Quels sont les moteurs qui nous meuvent ? Et pourquoi ?Il ne s’agit pas pour le Franc-Maçon de se livrer à une analyse digne de Freud ou de Jung. Il ne le pourrait pas seul. La Franc Maçonnerie n’est pas une école, ni une église, ni une psychanalyse.Les prémisses de notre propre sagesse comprennent la renaissance à une nouvelle vie, en repensant la liberté, en découvrant que la parole cache trop souvent le vide des idées, et que pour chaque homme, la pensée vraie existe, et non celle empruntée aux autres ou aux dogmes, que cette pensée doit être traduite, sans être trahie, par des mots simples afin que chacun puisse comprendre.Suite logique de la pensée, la parole est l’illustration du comportement.PENSE PARLE et AGITC’est seulement à ce prix qu’il n’ya pas de coupure entre le franc maçon et le même homme dans la vie profane.Une prise de conscience nécessaire appliquée à tous les domaines de la pensée. Une remise en question permanente est le moteur de la voix maçonnique.Le maçon apprend que rien n’est simple et que l’homme n’est jamais ce qu’il prétend montrer ; qu’il est souvent en toute bonne foi, multiple et contradictoire. Il ya plusieurs personnalités dans le même homme. Il n’est ni blanc ni noir, mais l’un et l’autre, où tantôt l’un et tantôt l’autre. L’homme vit avec ses contradictions. Faire naître de soi un nouvel homme, c’est oser se poser des questions embarrassantes : celles des contradictions.Chaque personne, qu’il soit maçon ou non, possède son « jardin secret » où personne n’a accès. Mais l’inverse est vrai aussi : « le jardin secret » possède aussi son Maître et le retient bien souvent prisonnier.Les grandes zones d’ombre que nous découvrons en nous doivent être exorcisées. Notre raison doit apprendre à vivre avec notre irrationnalité. Notre intuition ne rejettera pas notre raison. Il faut apprendre à être un homme de progrès et être hostile à l’excès de technocratie ; être plein d’interrogations ; mais ne pas démordre de quelques évidences ; être d’une extrême urbanité, ce qui n’empêche pas d’être intraitable si l’on veut vous faire accepter une injustice ou une erreur ; être fidèle à ses amis, mais s’il faut choisir, préférer la vérité à ses amis. A partir de là, le maçon trouve la force de vivre et de comprendre.Comprendre est la fonction de l’intelligence qui se traduit par la lutte permanente contre le mensonge et la bêtise.Il faut apprendre à remettre à sa place, qui est l’une des plus hautes, l’intelligence, parfois moquée, au profit de l’instinct, l’inconscient ou l’irrationnel.Il faut apprendre à se détourner de toutes les poses. A savoir, à ne pas avoir honte d’être modeste, a retrouver les vertus de la controverse et du doute, à admettre que nous ne connaîtrons pas la vérité, mais que nous pouvons toujours refuser le mensonge, à fuir le vague et le trouble, à rechercher les idées vraies et les mots justes, à ne jamais vénérer les idoles, à ne pas demander l’impossible.Revenons au but essentiel de la franc-maçonnerie qui est la création d’un homme nouveau, meilleur, plus humain, plus intelligent, plus humble, plus fraternel, ce but étant susceptible d’être atteint par le perfectionnement de l’être.Ce but individuel a un corollaire : le perfectionnement de la société. Ceux qui pensent résoudre les problèmes des sociétés humaines uniquement par des décrets et des lois se trompent.Les sociétés humaines ne connaîtront aucun progrès digne de ce nom sans prise de conscience des peuples. Et celle-ci ne peut être collective que par le résultat de la démarche de chacun. De ce fait, la prise de conscience sera différente pour chaque individu, car les hommes, ( ne soyons pas démagogiques), ne sont ni égaux, ni libres., ni frères.La poursuite de la voie initiatique dans les hauts grades conduit le maçon vers la conscience de son être profond afin de trouver le sens de la vie, de la vraie vie, qui n’est pas dans l’apparence et la jouissance de l’AVOIR. ETRE sans paraître, c’est être libre du désir d’avoir, c’est être libre de la crainte de ne pas avoir. Être, c’est apprendre à vivre, c’est avoir le sens de la liberté, non pas du conformisme ou de l’anticonformisme qui marchent du même pas vers l’intolérance, la liberté de jugement implique la liberté intérieure.En conclusion : je dirai que la continuité de mon cheminement initiatique dans les grades de perfection du 4e au 12e degré où je suis actuellement, m’a révélé que je suis sur la bonne voie. Au fil de mon initiation, je me suis transformée, passant de l’état brut et réactive dans lequel j’étais, à un niveau de connaissance de moi-même plus intériorisée.Par l’exercice constant des facultés d’observation et de raisonnement, par la méditation. J’ai pris conscience qu’il ne suffit pas seulement d’être studieuse, active et persévérante, si l’on manque de solides principes et de bases concrètes. J’aurai certainement encore besoin de patience, de constance, d’une inébranlable volonté et d’une foi robuste qui me permettront de tout oser.Alors, j’évoluerai vers les degrés de la connaissance qui mènent vers l’essentiel, vers le divin.J’ai dit Navigation des articles Planche Précédente "Le cartouche du 4eme degré" Planche Suivante "La Lumière de PHAROS est-elle le symbole de la limite de nos connaissances"