4° #401012 Aimer et servir la justice Auteur: P∴ N∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers Deus Meumque Jus Rite Ecossais Ancien et Accepté Ordo Ab Chao Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France Liberté- Egalité- FraternitéAimer et servir sont deux mots qui s’associent, aimer quelque chose : un être, une chose, une nation ou une idéologie, c’est forcément être prêt à tout moment à servir cette chose afin de montrer notre amour et notre attachement. Idem pour le terme servir ; comment pourrait-on servir une quelconque chose sans l’aimer ? Ce serait là faire preuve de lâcheté ou d’hypocrisie.Pour aimer la justice, il faut déjà la connaître, savoir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Qu’est ce que la justice ? Est-ce que c’est ce qui est juste ou bien ce qui est dicté par la loi ? La justice est une vision humaine ou plutôt un sentiment. En effet, Dieu, s’il existe, est parfait donc forcément juste ; et dans sa perfection, il ne fait aucune erreur donc il n’est jamais injuste. Cette notion même de justice lui est inconnue puisqu’il n’y a jamais d’injustice dans ses jugements. Il ne peut faire d’ailleurs aucun jugement puisque pour lui il n’existe ni justice ni injustice, donc tous les actes et les paroles humaines dictés par lui son forcément justes. Mais a-t-il besoin de nous dicter nos actes puisqu’il sait que nos actions ne sont ni justes ni injustes ? Donc nos actes et nos paroles ne nous sont imposés par personne si ce n’est par nous.Si nous comprenons ce principe, alors il nous est possible de parler de justesse. Car la justice, pour nous Francs Maçons, c’est surtout la justesse dans nos actes et nos mots. Ceux là même qui vont influer sur le devenir de chacun.Aujourd’hui, la justice c’est, pour bon nombre d’entre nous : l’égalité sociale, l’égalitarisme ou bien pour d’autres simplement ce qui est conforme au droit. Platon nous dit :« La justice est ce qui garde à chacun sa part, sa place, sa fonction, préservant ainsi l’harmonie hiérarchisée de l’ensemble. Serait-il juste de donner à tous les mêmes choses quand ils n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes mérites ? D’exiger de tous les mêmes choses, quand ils n’ont ni les mêmes capacités ni les mêmes charges ? »Il est donc deux sortes de justice : celle de la réciprocité des échanges, celle qui règle les rapports entre les individus par le respect du bien privé et celle qui considère non pas les personnes à égalité mais en fonction de leurs besoins, de leurs devoirs et également en fonction de leur qualité de cœur et de leur générosité. On ne parle plus alors d’échange mais d’équité.Le niveau enseigne l’égalité entre les maçons dans le respect des différences. Il reflète l’image de la perfection, de la tolérance et de l’harmonie. C’est donc là l’image de la justice pour le franc maçon. Cette justice là a de la magie en elle, elle est le reflet de l’humanité telle que le maçon l’imagine. Ce qui est juste, dit-on, donne l’harmonie, l’harmonie nous mène à la vérité.Donc, si l’on veut trouver le chemin qui nous mènera vers la vérité, il faut que nos jugements soient équitables et fassent abstraction de toute haine et colère. Lors du quatrième voyage de notre initiation au 4ème degré, le trois fois puissant Maître nous dit :« Ce que la franc maçonnerie vous demande, c’est d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme ».On fait là appel à la justice du cœur, celle qui est la plus sincère car elle est en nous. Nous avons, à chaque instant de notre vie, à porter des jugements pour parler agir et penser. En effet avant de prononcer le moindre mot, il est bon d’en connaître sa signification et sa portée ; est ce que la personne à qui je destine mon discours va entendre ce que je veux lui dire ou bien va-t-elle l’interpréter différemment du fait que j’ai mal choisi mes mots, ai-je assez réfléchi avant de me lancer dans mon phrasé et ai-je bien pesé le pour et le contre ? Est-ce que mes paroles vont être utiles à la personne à qui je les destine ? Pareil pour nos actes. Lorsque nous agissons et que nous nous rendons compte que nous avons commis une erreur, nous nous excusons, nous essayons de réparer ce que nous avons défait, mais il est trop tard, notre acte n’est pas effaçable. Si notre jugement avait été plus judicieux, nous n’aurions pas agi. Pour ce qui est de nos pensées, elles ne peuvent faire de mal qu’à nous car si elles ne sont pas justes, elles n’influeront que sur nous tant qu’elles resteront des pensées. Cette justice intérieure est souvent difficile à mettre en place tant que notre égo fait obstacle, mais lorsque celui-ci s’efface, il nous est plus facile d’obtenir l’harmonie tant recherchée.Platon au Sixième livre de la République rappelle que : « la Justice est l’ordre parfait dans lequel chaque chose est à sa place ».Ma grand-mère ne devait pas être juste car chez elle régnait un désordre et un chaos vivant et ma mère applique ses principes avec rigueur ; je dis vivant car pour moi le désordre est souvent synonyme de vie, ce n’est pas forcément un gage de rigueur de l’âme d’avoir une vie rangée et bien réglée. Je vous rassure, ma grand-mère avait horreur de l’injustice et ma mère est bien trop pieuse pour faire un écart. Si tout est parfait et rangé rigoureusement, quel besoin avons-nous de la justice ? Elle n’a d’utilité que dans le désordre et le chaos, l’homme vertueux n’a nul besoin de justice. La justice n’intervient que pour réparer, pour redonner du juste à l’injustice et redresser celui qui chute. La justice n’est pas l’ordre mais elle aide à l’obtenir.La justice est-elle une valeur morale ? Ou un simple outil d’harmonie ? Ou encore est-ce une vertu ? Si vous regardez le dictionnaire des synonymes, pour justice il manque un mot :AMOUR. Car toutes ces idées de droiture, d’honorabilité que véhicule la justice, ne sont rien sans amour. L’amour de son prochain d’abord car il faut l’aimer un minimum pour vouloir lui rendre justice ; l’amour de soi ensuite car le respect d’autrui commence par le respect de soi.L’amour de la justice doit être empreint de sincérité, il ne doit pas servir simplement qu’à se donner bonne conscience car il pourrait devenir amertume et besoin de revanche.En conclusion, je voudrai simplement dire que parfois ce qui parait injuste est peut-être simplement la justice, mais il faut le voir au-delà.T F P M et vous tous mes F F.J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "Le devoir jusqu’au sacrifice est-il une entrave à la liberté individuelle ? Que peut-on en penser à travers les rituels" Planche Suivante "Les impressions d’initiation"