4° #401012 Les impressions d’initiation Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué C’est véritablement un nouveau cycle qui a débuté dans ma vie maçonnique avec cette nouvelle initiation, avec ce que cela comporte d’inconnu quant à son déroulement, son rituel, son contenu et ses messages délivrés, me voici replongé dans un exercice réalisé il y a environ 10 ans : mes impressions d’initiation.…et la pression reste la même : que raconter ? comment vous intéresser vous mes F F par ce récit avant tout destiné à vous permettre de mieux me connaître, avant tout destiné à me permettre de mieux me connaître, au début de ce nouveau cycle dans les ateliers de Perfection.Un cycle recommence : initiation, impressions, …et pourtant, tout est différent par l’exigence nécessaire et requise.En effet, un Maître Maçon initié au 4ème ne peut plus se cacher derrière le prétexte d’une culture profane encore trop présente, d’une pierre encore trop brute pouvant excuser une réflexion approximative. Le long processus conduisant aux Loges de Perfection ainsi que les nombreuses mises en garde formulées dans ce rituel – sur lesquelles je reviendrai – impose un niveau d’introspection élevé pour ce travail aujourd’hui.Pour revenir à la cérémonie elle-même, il est peu de dire que l’attente fut longue, plus d’un an entre nos premiers échanges et cette date, mais n’ai-je pas appris au cours des 10 années passées que la patience était l’une des vertus premières du Maçon ? Autant dire que ce moment était attendu à la fois avec impatience et la même fébrilité que celle de l’impétrant que je fus en Loge bleue.Et pourtant, j’ai ressenti cette initiation avec une certaine distance, distance qu’accentuait le port du voile : bien sûr, je pense avoir perçu la nuance entre l’obscurité de l’initiation en loge bleue et la vision altérée en loge de perfection. Je sais désormais lire et écrire, je sais également voir, bien qu’imparfaitement.J’ai donc partiellement et de manière altérée vu un lieu de deuil et de désolation : les larmes, les décors retournés, les tentures et les gants noirs, l’ambiance solennelle, tout concourrait à exprimer cette atmosphère pesante de désolation et de tristesse.Je compris donc que je me trouvais chronologiquement après l’assassinat de notre Maître Hiram ; je n’en étais pas surpris puisque c’est ainsi que l’on me présentait les hauts grades.J’effectuais les 4 voyages dans une circumambulation que je n’ai pas saisie (une sorte de Z mais avec des angles droits m’a-t-il semblé), et j’écoutais les mises en gardes nombreuses et répétées que les différents officiers me prodiguèrent.Au cours de ces 4 voyages, j’ai donc ressenti une nouvelle mise en accusation, à l’instar des augmentations de salaire du Compagnon et de l’exaltation du Maître. En, effet, je fus à maintes reprises mis en garde contre la soumission de la pensée, la profanation du mot Vérité, le sens du devoir et des responsabilités. Et me fut donc répété que je devrai être digne de la tâche que l’on me confiait, que je ne devrai pas l’entreprendre si je n’étais certain de l’achever, que le malheur me frapperait si je devais me soustraire ou négliger mes devoirs.Du coup, alors que mes précédents changements de grade s’étaient déroulés dans une atmosphère d’espérance (même lorsque je fus soupçonné du meurtre de notre Maître Hiram, des paroles réconfortantes étaient prononcées) un sentiment de découragement m’a envahi ce samedi 28 janvier. En effet, ai-je bien réfléchi si j’étais digne de cette progression ? Suis-je finalement prêt à fournir les efforts exigés ?Les planches demandées préalablement à mon admission m’avaient bien fait comprendre la notion de Devoir, à l’instar d’Hiram qui préféra sacrifier sa vie à son honneur. Les instructions au grade de Maître précisent qu’Hiram est le symbole de l’homme parvenu à la domination de soi-même et à la maîtrise totale par la science et la sagesse, ainsi que par l’esprit de fidélité à son devoir qu’il préféra à son existence. Est-ce ce chemin qui m’est indiqué dans cette initiation ? J’y trouve des exhortations, des menaces, des mises en gardes et nombre d’indications quant à la manière d’y parvenir.Je commencerai donc par ne pas confondre les mots et la pensée, de ne pas accepter d’idoles humaines, de découvrir l’idée sous le symbole, de reconnaître la Vérité comme inaccessible.Enfin, je travaillerai à l’oeuvre commune et dans la fraternité.Ces voyages comportèrent beaucoup de mots, de phrases mémorisables, d’autres rapidement oubliées, mais je fus frappé par la dimension « intellectuelle », professorale de cette initiation : mise à part le sceau de Salomon scellant mes lèvres, l’apprentissage du signe du silence et la prise en main du laurier et de l’olivier, je n’ai pas retrouvé la dimension physique des précédentes initiations, tels que le contact physique avec le Grand Expert, les épreuves physiques des 3 voyages de l’apprenti, la manipulation des outils du Compagnon, ainsi que la recherche du corps d’Hiram par le futur Maître.Enfin, j’avais à l’esprit que les grades supérieurs allaient m’apporter des réponses quant à la parole perdue, quant à la fin de l’histoire d’Hiram et des mauvais compagnons. J’avoue ne pas en savoir plus aujourd’hui sur leur identification, leur jugement, la poursuite de la construction du Temple, les mesures prises pour qu’une telle situation ne se reproduise pas…Comment ce nouvel atelier, comment ce nouveau rituel – à la fois propre au 4e degré et au rite ecossais – comment ces nouveaux Frères vont-ils me permettre à la fois de tenter de retrouver la Parole Perdue et de parvenir à un nouvel état de sagesse afin de réunir ce qui est épars.Il m’apparait que ce nouveau cheminement devra se faire seul ; ce grade semble me laisser seul face à mes doutes, seul face à ma capacité à penser et à agir par moi-même, sans l’aide d’un 2nd ou 1er Surveillant. Mon seul guide pourrait être cette clé d’ivoire, supposée, j’imagine, permettre d’ouvrir des voies de réflexion encore inenvisagées voire inconcevables à ce stade de mon cheminement.En conclusion, je dirais que j’ai ressenti à la fois une continuité et une rupture : continuité qu’apporte le rituel, le concept d’initiation, le retour au silence de l’Apprenti – même si celui-ci est volontaire et partagé par tous les Maîtres Secrets de l’atelier – le travail sur soi et les exhortations à l’effort.Continuité dans le fait même de recommencer un cycle, de remettre une nouvelle fois en question les convictions que je pouvais avoir, remettre en question les confortables habitudes que le grade de Maitre apporte en Loge Bleue.Rupture qu’apporte ce nouveau cycle maçonnique, 1ère étape d’un long cheminement, rupture lié au changement de perspective et inversions qu’induit le REAA, enfin rupture avec l’optimisme du travail en loge Bleue encadré par les fraternels et bienveillants Surveillants de colonnes.Cette cérémonie s’est donc achevée pour moi dans une atmosphère de tristesse et de doûte quant à ma capacité à assumer ces nouvelles responsabilités, d’en être digne intellectuellement et moralement. Seule lumière dans cette sombre atmosphère, bien qu’enjoint à être seul face à mes pensées et à mes actes, j’ai le sentiment d’avoir trouvé de nouveaux Frères dans cet atelier, à commencer par mes 2 jumeaux d’initiation. Je m’en réjouis.T F P M et vous tous mes F F M S, J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "Aimer et servir la justice" Planche Suivante "Le Novénaire – Signification et fonction au Rite Ecossais Rectifié"