#401012

De l’éclat du jour a chassé les ténèbres à l’étoile du matin paraît ; le génie parle

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« Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Franc-Maçon ? »

« Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré la lumière ».

La perception de la lumière évolue dans l’esprit d’un Frère à partir de son initiation et durant toute sa vie maçonnique. La lumière du Delta lumineux a éveillé mon âme d’Apprenti, Compagnon j’ai perçu avec l’étoile flamboyante la lumière de la conscience. Puis c’est la lumière de l’Etre que j’ai ressentie dans la renaissance de l’esprit du Maître. Comme Maître Secret, devant le Saint des Saints, le chemin semble tracé vers la Grande Lumière divine et l’espoir de pouvoir entrevoir un jour ce lieu sacré de la déification.

Dans les trois premiers degrés c’est le cycle allant de midi à minuit qui est sacré.

Au 4ème degré, l’ouverture symbolique de la Loge qui nous permet d’entrer dans un cycle de travail se fait lorsque « les ténèbres ont fui devant l’aurore et que la grande lumière va resplendir dans la Loge ». Il se terminera « à la fin du jour » et « le Génie se taira ».

Cette grande lumière « commence à paraître », mais ne nous envahit pas encore totalement. Les ténèbres ont été chassés, nous accédons à un plan supérieur, passant du ternaire à l’Unité. Le Maître Secret essaie de s’imprégner de cette lumière divine qu’il sait être en lui, mais qui commence seulement à paraître. Il utilise la clef d’ivoire pour accéder à cette lumière de l’Esprit dont il est porteur et qu’il ressent en lui. Est venu pour lui le temps de faire son Devoir qui le rendra libre et de rechercher la parole perdue qui l’amènera à la Vérité. Il se doit de construire son temple intérieur, son Etre, en harmonie avec ses Frères et l’Univers qui l’entoure. Il sait qu’il peut devenir le trait d’union entre le monde environnant et l’Etre caché. En homme accompli, à l’image de Dieu, son Etre immanent commence à rayonner en lui et l’amène à unir en lui le monde spirituel et le monde divin.

Bouddha enseignait « qu’il est impossible de trouver ailleurs qu’en soi le bonheur » et Saint Augustin a dit en son temps « tu ne me chercherais pas si tu m’avais déjà trouvé ». Le devoir du Franc-Maçon est de devenir un temple élevé à la gloire du Grand Architecte de l’Univers, bâti pour l’homme accompli sur le modèle ésotérique de l’homme lui-même. La clef d’ivoire du Maître Secret m’y donne accès. Cette introspection va le mener « à devenir ce qu’il est » comme l’a écrit Nietzsche.

Au 5eme degré le Maître Parfait organise les funérailles du Maître Hiram, au 6ème Degré, le Secrétaire Intime symbolise la curiosité due au zèle, au 7ème degré Prévôt et Juge maintiennent la concorde parmi les ouvriers, au 8ème degré l’Intendant des Bâtiments permet de récapituler les degrés précédents, au 9ème degré vient le temps de la vengeance et de la justice pour le Maître Elu des 9, au 10ème degré l’Illustre Elu des 15 poursuit ce temps et au 11ème Degré vient la récompense des vengeurs avec le grade de Sublime Chevalier Elu.

Avec le 12ème degré l’édification du Temple reprend pour le Grand Maître Architecte. Chevalier Elu. Le temps du travail est compris entre le lever du soleil et son coucher avec l’apparition de l’étoile du soir. Nous sommes dans l’Archi-Loge ou Boulomie, signifiant « le lieu où l’on veut » et « le Génie parle » du début des travaux à la fermeture.

Le Grand Maître Architecte a été accepté dans l’Ecole d’Architecture où il devra parfaire ses connaissances et poursuivre les travaux de construction du Temple de Salomon, en fait son propre temple intérieur. L’objet de sa quête est ce qu’il y a de divin en lui, sa propre lumière, son moi intérieur, en fait son Génie, cette force divine qui l’éclaire quand il travaille sur lui et s’interroge sur son propre destin.

Comme Grand Maître Architecte je dépasse la connaissance pour rechercher la conscience de ce que je suis, la conscience de cette part divine en moi qui pourrait me donner du génie parce que « je veux et je construis ». Le chantier dont je suis responsable est un passage entre hier, symbolisé par la lune, et demain symbolisé par le soleil, un pont entre le visible que je suis et l’invisible qui m’habite et dont j’ai maintenant conscience. Tout est du ressort de ma volonté créatrice qui doit s’exercer sur tous les plans. Muni de mon étui mathématique je me mets à l’ouvrage, construisant ce temple intérieur dont je suis seul responsable. Je ne travaille plus à couvert puisque j’ai, seul, accès à mon Temple à l’intérieur de moi-même.

La connaissance crée ses propres limites, se situant entre l’inné et l’acquis. La conscience se caractérise par la connaissance qu’à l’homme de ses pensées, de ses actes et de ses sentiments. Pouvant réfléchir l’homme a la capacité de faire retour sur ses pensées ou actions, et ainsi de les analyser et les juger. Cette conscience induit donc la conscience de soi et permet à l’homme de penser aussi le monde qui l’entoure, comme celui qui l’habite.

C’est ainsi que j’ai conscience de la vie et de la mort et que je porte en moi connaissance et vérité. C’est cette vérité que le Génie éclaire en moi de cette lumière venant du Saint des Saints. C’est cette conscience qui fait du Grand Maître Architecte un être en lequel se révèle le génie lorsqu’il tente d’approcher le mystère de sa propre destinée.

Socrate dans son « connais-toi toi-même » appelle à la conscience, tout comme St Augustin qui invite au retour sur soi dans ses Confessions pour atteindre la foi et la vérité de son propre destin. C’est ma conscience, comme le prétendait Descartes, qui me fait prendre conscience que j’existe et que je suis, parlant de l’âme au-delà du corps. Spinoza émet un doute sur cette conscience qui pourrait nous amener à l’illusion de la liberté. Pour Nietzsche la conscience serait plutôt l’expression de sentiments qui ne conduisent pas toujours à la morale. Avec l’inconscient Freud nie la réalité d’une transparence complète de la conscience à nous-mêmes.

Mais, toutes les philosophies sont unanimes: la conscience donne un sens, c’est à dire ce par quoi un être s’oriente. Et ce sens n’est pas donné, il est à construire.

C’est ce que j’essaie de construire, Grand Maître Architecte, afin que la conscience que j’ai de moi-même, simple mortel, me relie par quelques instants lumineux de génie dont nous a doté le Grand Architecte de l’Univers, à cette Vérité qui nous est promise au-delà de notre condition d’Hommes et de Maçons.

J’ai dit.

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