4° #401012 La vérité est une lumière dont la perception est toujours plus ou moins confuse Auteur: H∴ A∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Avant d’aborder le sujet, je tenais à vous dire le plaisir que j’éprouve d’être parmi vous, et de partager les travaux de cet atelier.Il y a quelques mois, notre T F P M ma transmis à la fin d’une tenue, un petit papier avec une phrase écrite dessus et m’a demandé d’y réfléchir et d’en préparer une planche. Un peu surpris d’avoir un sujet imposé, je l’ai lu et l’ai glissé dans ma poche, et j’ai pensé, « c’est un homme très économe en papier ».Quelques semaines et un déménagement plus tard, j’avais égaré le petit papier. Je me souvenais de quelques mots, mais cela n’était pas suffisant pour plancher sans risquer de passer à côté du sujet.Très gêné, j’ai redemandé le thème de mon travail, et j’ai pris grand soin de ce nouveau petit papier.Plus tard, j’ai raconté ma mésaventure à un frère de notre atelier. Il a sourit et m’a avoué que cela lui était aussi arrivé. « Le petit papier, et le sujet imposé sont de tradition dans l’atelier » m’a-t-il répondu avec beaucoup de sagesse. Mon esprit restant concentré sur mon travail, je me suis promis de me pencher un peu plus tard sur cette tradition.Ceci dit, le sujet ce soir est :Vérité – Lumière : 2 mots dont certains philosophes et hommes de sciences tels que Platon, Kant, Descartes, Malebranche et bien d’autres ont longuement médités dessus.C’est donc, avec beaucoup de modestie que j’aborde le sujet.Commençons par ouvrir un dictionnaire au mot vérité, nous trouvons « Qualité de ce qui est conforme; de ce qui est conforme à la réalité ; conformité de l’idée avec son sujet » ou encore « Qualité par laquelle les choses apparaissent telles qu’elles sont ».Pour faire apparaître un peu plus de lumière sur la notion de vérité, faisons donc appel à la sagesse de notre frère Voltaire, au mot Vérité, nous lisons, je cite :« Humainement parlant, définissons la vérité en attentant mieux : Ce qui est énoncé comme IL EST. On n’a jamais temps aimé la vérité que ces temps-ci : il ne reste qu’à la trouver ».Ce n’est ni un trait d’esprit, ni une boutade, car c’est bien ainsi que, après avoir été reçu F M, chaque frère doit parcourir avec dignité et sincérité la route initiatique pour orienter sa quête vers la vérité.La vérité c’est d’abord la certitude immédiate qui prend diverses formes. Lorsque je dis par exemple : « Près de moi il y a une table ; sur le mur il y a un tableau ; dans le vase il y a des roses », ma pensée affirme la réalité ici et maintenant. Elle s’oublie et s’efface devant les choses qu’elle affirme. Cette première démarche est ontologique.Elle affirme les choses, l’être en tant qu’être, le « il y a ». Nous sommes tentés de tenir pour essentiel ce qui s’impose à nous dans ce que nous appelons l’évidence. Cependant, ce n’est pas ce chemin-là qui conduit à la vérité parce que la connaissance exige que les apparences soient dépassées.D’ailleurs, je fais bien vite l’expérience de l’erreur. Par exemple, dans le crépuscule, je dis : « Il y a un homme dans le jardin » ; je m’approche et ce n’est qu’un arbuste. Donc il n’y avait pas d’homme, mais j’avais cru en voir un. « J’avais cru… ». Ici, ma pensée, d’abord tournée vers les choses, revient sur elle-même; je réfléchis sur ma connaissance, je me demande « Qu’elle est sa valeur ? »L’avènement de la vérité, c’est l’avènement de la « vérification » qui remplace le qualitatif de la subjectivité, par le quantitatif de l’objectivité. Cette deuxième démarche, c’est la « démarche critique », qui s’oppose à la démarche ontologique.Cessant d’affirmer l’objet, je reviens sur ma propre affirmation, je la mets en question, je m’interroge sur cet acte d’affirmer. Ce retour critique, cette réflexion sur ma propre pensée, son mécanisme, sa valeur, m’incitent à formuler une « théorie de la connaissance ».A ce stade de ma démarche, je suis envahi par un afflux de questions :– Qu’est-ce que la vérité ? – Y a-t-il seulement une vérité ? – Y a t il des degrés de vérité ? – Peut-on trouver la vérité en nous-même ? – Faut-il être initié pour atteindre la vérité ? – Avons-nous des devoirs envers la vérité ? – Faut-il renoncer à chercher la vérité ?Autant de questions qui nous interpellent. Nous ne pouvons pas et ne devons pas être indifférent à la vérité. Il faut nous accorder un soin très particulier à la recherche de la vérité, car cette question existentielle du « chercheur » répond à ce que nous sommes, à la condition qui est la notre. Ce que nous sommes, se mesure à l’échelle de la vérité que nous pouvons connaître et vivre à la fois. C’est très humain, nous voulons connaître, c’est-à-dire comprendre « ce qui est » et sortir de l’ignorance, ce qui peut nous plonger dans l’égarement, Nous devons sortir des ténèbres et nous diriger vers la lumière.Là où la lumière ne va pas, ceux sont les ténèbres. Au début de l’étude de la lumière, une question fondamentale se posait aux savants. La lumière est-elle composée d’ondes ou des particules ?Les grecs, en observant le ciel avaient constaté que la partie la plus brillante de la lune était tournée vers le soleil. Si elle arrive de la lune c’est qu’elle se déplace.Là où la lumière ne va pas, ceux sont les ténèbres.Directe et efficace, la lumière se déplace et les ténèbres sont absence de lumière ; notez que j’ai dis absence de lumière et non : opposé de la lumière.Il a fallut le XVIIème siècle et le discours de Descartes sur la lumière pour avoir une approche plus scientifique.La lumière dans ses différentes manifestations nous permet d’appréhender le monde. C’est grâce à elle, que nous percevons forme et couleur. Nous la voyons, nous la sentons, sa chaleur nous touche. Elle nous permet de nous situer dans l’espace, et finalement de former un ternaire : la source lumineuse, l’objet éclairé, et l’observateur.La fameuse loi du miroir l’énonce, l’angle d’incidence est égal à l’angle réfléchi. L’angle sous lequel vous voyez les choses, induit le rapport qu’ont les autres avec vous.Au-delà de la lumière du soleil, ou de la lumière artificielle que nous produisons, il y a la lumière qui nous éclaire intérieurement. Si l’on accepte cette idée, l’on voit alors que l’on peut être enfermé dans la pièce la plus sombre et quand- même être baigné dans la lumière. A contrario, être sous le soleil le plus éclatant tout en étant dans les ténèbres. C’est cette différence de conception qui sépare le profane de l’initié.La lumière est inscrite dans l’histoire de l’humanité, en mouvement de la matière à l’esprit. Au début, à la genèse était le chaos. Pour ne pas dire autre chose. Il y avait les ténèbres au dessus de l’abîme.Le créateur décide d’extraire la lumière des ténèbres. Le jour et la nuit cohabitent et ne sont qu’un avant de sembler être deux.Donc, Dieux sépare la lumière des ténèbres, et comme la lumière était bonne, il fît le premier jour, et comme tout le monde le sait, dieu dit : « que la lumière soit » et la lumière fût.Cet extrait de la bible n’est pas sans rappeler l’ouverture de nos travaux.Le rituel d’initiation au grade d’apprenti est le premier discours maçonnique que le profane perçoit. Il est construit autour de l’idée de la lumière, il dynamise l’initiation en la mettant en mouvement. Etre initié, c’est justement recevoir la lumière.Pourquoi le profane demande-il à être reçu Franc Maçon ? Parce qu’il est dans les ténèbres et recherche la lumière. La lumière, c’est dans le noir, sous le bandeau que cela commence, durant les trois voyages. L’initiation est une quête, où nous sommes amputés, handicapés dans la recherche de la lumière, signe annonciateur de la difficulté du chemin initiatique.Passant de la colonne du nord à la colonne du midi le récipiendaire reçu Compagnon peut enfin contempler l’étoile flamboyante. Le livret du grade, nous rappelle que l’initié au deuxième degré est destiné à devenir lui-même, une sorte de foyer ardent, source de chaleur et de LUMIERE, de compréhension et de propagande.La cérémonie d’élévation à la maîtrise plonge à nouveau le récipiendaire dans la pénombre, dans les ténèbres, afin de le préparer à la mort d’une vie misérable et vulgaire pour renaître à une vie nouvelle, supérieure par le savoir, la morale et le dévouement aux grandes causes. Il pourra voyager de l’orient à l’occident du midi au nord afin de répandre la lumière et assembler ce qui est épart.L’élévation au quatrième degré, nous replonge dans notre initiation.Emu, concentré, m’a vision a été troublée par ce voile transparent qui m’a permis d’avancer, de me déplacer d’un pas plus sûr que le jour de mon initiation.J’avoue mettre laissé guidé, sans percevoir toute la symbolique des Quatre voyages. Mon esprit s’étant concentré sur ce voile troublant ma vision.Contrairement au profane qui est dans les ténèbres, ce voile témoigne d’un début de progression dans la voie de la sagesse, de la connaissance et de la lumière. Le mémento du Maître secret nous précise que « LA VERITE » est la lumière placée à la porté de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder la grande route du devoir.Le premier éclairage auquel tout Franc Maçon à accès est celui de la fraternité. Cette fraternité, ou plutôt cette humanité doit respirer dans nos ateliers. Si cette lumière vient à faiblir, le cadre, le rituel, la volonté peut nous aider à la raviver ? Tous ici, nous sommes des frères initiés, nous travaillons sur la lumière de tous et sur notre propre lumière. Les ombres de nos Fréres sont nos propres ombres.Les vrais et les seuls flambeaux de la loge sont constitués de nos différentes individualités.La lumière, reçue lors de notre initiation est un droit d’entrer à la lumière des tenues. Cette lumière reste en nous avec plus ou moins de force.Pour exploiter cette lumière, un outil peut nous aider à délimiter des frontières de la matière à l’esprit, c’est le compas, notre compas. Le rayon lumineux de notre esprit éclaire notre champ d’action, au-delà, c’est comme de l’autre côte de la porte : il fait noir. Si nous posons la pointe du compas en nous-mêmes Nous pouvons tracer le cercle de notre rayonnement. Nous sommes à la fois l’étoile et le berger, les ténèbres et la lumière. L’immobilité ne nous permet pas de nous trouver. Seul la mise en mouvement de notre volonté peut nous éclairer, comme un berger décide d’avancer pour aller vers son étoile.Comme nous le rappelle notre mémento, le M S cherche à travers les voyages, la vérité et la parole perdue. Cette vérité est notre chemin qui doit nous permettre de voyager jusqu’au bout de nous-même afin d’y retrouver la lumière, notre lumière. Nous sommes tous porteur d’une étincelle de cette énergie transcendante.Le grade de M S nous donne une clef, elle n’est pas en métal, elle est en matière organique, l’ivoire, symbole de pureté par sa couleur, elle n’ouvre aucune porte matérielle, mais représente l’outil qui ouvre ou referme les portes de la connaissance ainsi que la lumière de nos frères, elle doit nous permettre de rayonner vers l’extérieur.Quand j’avais 7ans et plus, il m’a été dis que j’avais reçu tous les enseignements de la F M symbolique. Aujourd’hui, j’ai 3 fois 27 ans, mais j’ai, comme le compagnon encore beaucoup de voyages symboliques à accomplir.M S le voile est toujours sur mes yeux, et la perception de la lumière reste encore diffuse, mais je sais qu’avec un travail personnel sur moi, l’horizon s’éclaircira au fil des jours.Trois fois puissant maître, et vous tous mes F F, ce travail m’a permis de lever un coin de voile sur la symbolique de ce grade, Il m’a fait prendre conscience que la vérité est une lumière dont la perception est plus ou moins confuse. Il m’a conforté dans l’idée qu’il fallait beaucoup donner de soit afin que notre lumière intérieure rayonne sur toute la terre. Navigation des articles Planche Précédente "La recherche de la Vérité est-elle une fin en soi ?" Planche Suivante "De l’éclat du jour a chassé les ténèbres à l’étoile du matin paraît ; le génie parle"