#401012

De Midi à Minuit

Auteur:

S∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC

A l’expression symbolique du temps de travail des 3 premiers grades « de midi à minuit » comportant un début et une fin définis, reconnus comme tels, le MS substitue un temps de présence et d’absence latentes.

Que vous inspire cette relative imprécision ?

Quand notre 3 fois puissant M m’a donné ce sujet, elle a eu l’idée lumineuse de me le transmettre fin juin. En effet, étant adepte de la formule minimaliste, il n’était pas de trop d’avoir déjà quelques mois ne serait-ce que pour appréhender l’intégralité du sujet… Je me suis d’ailleurs demandée avec humour si notre 3 fois puissant M tentait de faire inscrire cette performance au Guiness des Records dans la catégorie « sujet le plus long ».

Qu’il était doux et rassurant ce temps de midi à minuit où nous voguions au fil d’une temporalité binaire : le temps divisé en deux parties égales, de minuit à midi et de midi à minuit. Notre temps de travail était clairement délimité. Nous sortions enrichi par l’égrégore de chaque tenue et prêts à porter au-dehors le travail fait en loge.

Autre grade, autre mesure du temps : nos travaux commencent à l’heure où l’éclat du jour a chassé les ténèbres et où la grande lumière commence à paraître et se terminent à la fin du jour. Quelle imprécision, quel flou !

La rythme de la lumière d’un solstice à l’autre nous ferait alors diminuer ou augmenter notre temps de travail… ?

Seul autre repère temporel de nos travaux : notre âge 3 fois 27 ans… Pour les non adeptes des mathématiques, ce 27 ans, qui pourrait s’écrire 3×3×3 ou encore 3ᶟ, pourrait être une allégorie du monde physique : 3 dimensions physiques mesurables…

De la dimension zéro, c’est-à dire avant l’initiation, nous ne serions qu’un point fixe… D’une première dimension, un premier degré ? jaillit une ligne droite avec un sens. D’une seconde dimension, nait une ligne perpendiculaire à la première qui commence à définir une notion de largeur et de longueur dans l’espace. D’une troisième, la hauteur de l’espace s’ajoute aux précédentes : celle-ci est génératrice de volume, et contient les deux autres. En géométrie, mettre quelque chose au cube, c’est rechercher le volume d’un objet, d’un espace.

Alors, que serait donc ce 3×27 ? un 3⁴ ? Nous insèrerions une 4ème dimension aux 3 autres… Cette quatrième dimension ne serait pas une série de science-fiction, mais l’ajout d’un paramètre supplémentaire : le temps. Par notre âge, nous créons donc un espace-temps particulier.

Dans l’expression « temps de présence et d’absence latentes » c’est-à dire des temps de présence et d’absence non apparents, cachés, on se retrouve MS face à l’impermanence d’un état : où commence et où finit l’espace-temps sacré ?

Si les trois premiers degrés se basent sur la construction d’un espace ternaire contenant les autres, ici, nous sommes amenés à changer notre approche de certitudes physiques afin de rentrer dans une vision plus quantique de notre état.

Si nous nous rapprochons de l’infiniment petit, du quantique, comme composante de notre monde (vision de Démocrite 450 Av JC), nous pouvons envisager la physique quantique symbolique comme la manière de mesurer symboliquement notre espace-temps.

Dans la physique quantique, 7 idées principales ont une résonnance particulière.

Tout d’abord, le principe de superposition des états est une idée fondatrice de la physique quantique : elle définit qu’une molécule peut être dans plusieurs états. Un électron peut bouger à 1000km/s et à 2000km/s. C’est de manière plus abordable, l’expérience du chat de Schrodinger : un chat dans une boîte fermée avec un poison qui peut être libéré. Le chat, la boîte étant fermée, est à la fois vivant et mort…

D’un point de vue symbolique, nous serions capables d’être dans plusieurs états superposés : rapides et lents à la fois…

Le second principe en physique quantique serait l’indéterminisme de la vitesse : si l’on essaie de mesurer l’infiniment petit, qui pourrait être notre pensée ou notre physiologie intérieure, le hasard joue un rôle dans ce qui se passe… le hasard quantique ferait-il bien les choses ?

C’est la réduction des états quantiques, 3ème principe, qui réduit l’indéterminisme : en effet, si un électron est mesuré à une vitesse de 1000km/s, cette vitesse n’est plus alors hasardeuse. Si je développe des valeurs communes à tout êtres humains, elles ne peuvent être aléatoire. Mesurer l’état fige l’état.

Le quatrième principe fondateur de la physique quantique est la dualité corps/corpuscule : ici la matière dans le temps va être dans plusieurs endroit selon la probabilité de présence. Celle-ci évolue en fonction du temps comme une onde sinusoïdale irrégulière. La lumière, par exemple, est duelle : un ensemble de photons d’une part ou une onde électromagnétique d’autre part pour une seule et même chose. Quand on aborde la matière microscopique comme une onde, on observe que pour aller d’un point A à un point B, la matière utilise tous les chemins possibles.

Quelle belle allégorie de l’esprit humain qui de manière parfois consciente nous permet d’avancer dans notre chemin maç en ne choisissant pas juste un chemin, une ligne droite, mais une errance de pensée, une arborescence de créativité.

Le cinquième principe, l’effet tunnel, comme pour une onde sonore : quand vous écoutez de la musique, l’onde sera absorbée et réfléchie par le mur, mais une partie infime traversera le mur.

Nos pensées même circonscrites à l’intérieur de notre être voient toujours une infime partie passer à l’extérieur, nous rappelant que si le chemin est solitaire, de soi à soi, nous interagissons avec nos F et S de manière inconsciente.

La quantification des propriétés quantiques est la restriction qui s’impose à l’infiniment petit : l’énergie de la particule l’empêche de pouvoir changer de niveau d’énergie, de trajectoire. Et cette idée rejoint la symbolique précédente, c’est-à dire que l’apport de ces échappées symboliques de pensée, permettre à notre propre pensée de changer de niveau d’énergie, peut-être est-ce l’égrégore.

Enfin, dernier principe (accrochez-vous c’est la fin), c’est le principe d’incertitude d’Heisenberg définit comme : plus on sait à quelle vitesse est la particule, moins on sait où elle est, et à l’inverse plus on sait où elle est, moins l’on sait à quelle vitesse elle est.

Cette ultime métaphore, nous amène au flux continu de pensée en opposition à l’introspection qui est une observation d’un état figé. Progressons-nous réellement quand nous observons les étapes franchies ? ou ne progressons-nous vraiment qu’en avançant vers le but ?

Si je résumais symboliquement : la superposition de hasards, en dehors de mesures figées, développe nos créativités et nous permettent de sortir d’un tunnel grâce à l’égrégore et de trouver… l’incertitude.

Il est intéressant de ramener nos quatre dimensions (3 spatiales plus la dimension temps) à la clé d’ivoire que nous portons en bijou : si nous regardons le « z » ajouré sur le panneton : dans un point de vue bi-dimensionnel, nous observons que le chemin qui se trace est à présent la diagonale, le chemin le plus rectiligne tout en étant le plus long pour relier un point des deux segments parallèles. D’un point de vue tridimensionnel, si nous faisons tourner cette clé sur un axe vertical (ou une clé est prévu pour tourner), et que nous observons le panneton ajouré, nous observons une sinusoïdale qui se dessine et il suffit de mettre un éclairage derrière pour prendre conscience d’éclats de lumières impermanents.

Si je prends la clé sur l’autel, j’ai un panneton en forme pleine de « z » et donc la serrure en face sera un trou rond pour la tige avec un « z » au-dessous : la juxtaposition d’un élément cercle dont chaque point est équidistant du centre et le « z » dont chaque point de la diagonale peut nous amener soit en haut, soit en bas soit vers les deux à la fois.

Nous serions donc passés du 3ème au 4ème, d’un espace sacré dans un temps défini à un espace-temps sacré absolu, c’est-à dire sans limite.

Nous serions alors des MS impermanents et constants : notre pensée étant libre d’être ou de ne pas être, de changer ou d’entrer en résonnance, de mesurer notre évolution ou d’avancer, de ne pas savoir si de progresser ou de régresser nous ouvre vers l’infini. Plus de notion d’un tout, mais la vision d’un monde en mouvement perpétuel, improbable, infini, et diffus.

Donc le temps, ici ne serait plus une mesure en soi, mais un mouvement, comme pour un hypercube, c’est-à dire un cube en 4 dimensions, un cube qui se substitue à lui-même en continu.

Nous sortirions alors d’un savoir acquis pour renouer avec notre capacité à appréhender et deviner le monde après avoir reçu les outils pour sortir des mesures académiques de celui-ci.

« Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons crée une société qui honore le serviteur et a oublié le don »


A. Einstein

Mais peut-être que le don reprend ses droits ici… ?

J’ai dit

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