4° #401012 Le devoir et la liberté personnelle Auteur: J∴ B∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maître SecretMes Très Chers Frères : mais quel chantier ?A la prise de connaissance de ce titre, c’est la première réflexion qui m’est venue à l’esprit. Rassurez-vous j’ai pris le temps de réfléchir depuis, et je vous livre ci-dessous le résultat de mes recherches.Je commencerai par décrire ma vision personnelle du devoir avec un petit « d », suivra le devoir avec un grand « D ».Déjà dans le cabinet de réflexion, la rédaction du testament philosophique insiste sur les devoirs : devoirs envers soi-même, envers la patrie, envers l’humanité. Il est à noter que dès notre première initiation la notion de devoir se présente à nos yeux.L’Apprenti est tenu au silence absolu sur les épreuves qu’il va subir, il a le devoir de garder le silence, d’écouter et de méditer sur ce qu’il peut entendre pendant le déroulement des tenues. Il s’engage à suivre régulièrement les travaux de la loge, devoir d’assiduité. En bref dès son initiation il prête serment sur l’assiduité, la discrétion, le travail et la fraternité.Le Compagnon a une mission bien particulière, il a le devoir de glorifier le travail, car il doit ériger le temple à la gloire du Grand Architecte de l’Univers. Dès sa prestation de serment il s’engage à travailler sans relâche à son perfectionnement intellectuel et moral, à garder la loi du silence.Dans l’instruction du Maître, Hiram est présenté comme l’Homme du Devoir. C’est la raison pour laquelle le Maître doit se consacrer à la recherche initiatique, à la connaissance. Si mes souvenirs ne me font pas défaut, il est bien dit que la Connaissance repose à l’ombre de l’acacia.Nous nous retrouvons dans la même situation dès l’ouverture des travaux au premier degré, le Vénérable Maître en s’adressant au second puis au premier surveillant en leur demandant : quels sont les devoirs d’un Surveillant en Loge. Par la suite dans les rituels, notamment le deuxième degré nous apprend que « Gloire au Travail » suppose le devoir impératif de travailler. Néanmoins, une petite parenthèse, n’oublions pas, pour ceux qui pratiquent le rite non officiel dit « du départ du compagnon », que le Vénérable Maître invite le Trésorier, l’Expert, l’Hospitalier et le Maître de Cérémonie à faire chacun leur devoir, qui consiste à fournir au nouveau Compagnon, qui doit commencer à voyager, le bissac, les outils, le viatique et le bâton du pèlerin.Comme il nous est précisé dans le livret d’instruction du 4 degré à la page 21 :Pour le Maître Secret le Devoir avec un grand « D » est la grande Loi de la Franc-maçonnerie, inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la Destinée.Tout comme moi mes Frères Maître Secret vous l’avez appris que l’idéal de la Franc Maçonnerie est l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice, (Rituel du 4 degré, après l’énoncé des sentences que vous connaissez tous).Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes.Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent porter. Il est parfois plus facile de faire son devoir que de le connaître.Il n’est point de difficultés que l’énergie, la persévérance et l’intention droite ne puissent surmonter.Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui, ensuite, les négligent. Lors de notre initiation chacun de nous a fait serment de travailler, mais pour certains le travail est passé au second plan. (Ce n’est pas un jugement, mais un simple constat).Dès que s’achève l’énoncé des sentences et prescriptions qui accompagnent et préparent le futur Maître Secret à son devenir initiatique, surgit dans le rituel le thème des devoirs, puis celui du Devoir avec un grand « D ».Le MS doit accomplir son devoir parce qu’il est le Devoir. Il convient dans cet exercice sans fin, sans espoir de récompense d’aucune nature « d’entreprendre sans espérer et de persévérer sans forcément réussir », mais avec la seule satisfaction de l’approbation de sa conscience, car la route du devoir mène sûrement à la Vérité. Cette vérité qui n’est autre que la lumière placée à la portée de tout homme qui peut ouvrir les yeux et regarder la grande route du devoir qui y conduit sûrement. Le devoir du Maître Secret c’est la recherche de la parole perdue, or cette parole perdue est la conscience du devoir complet connu des anciens initiés (dixit l’instruction du 4 degré). Il conviendrait donc dans l’exercice de ce devoir, d’assimiler que le premier devoir du MS est de persévérer, de poursuivre inlassablement la recherche de la Vérité, même si la réussite n’est pas au bout du chemin.Le Devoir, avec une majuscule, est le maître mot du quatrième degré. La voie nous a été tracée, les outils nous ont été remis et nous a été communiqué comment nous en servir. Il nous appartient de remplir notre Devoir, Devoir de nous connaître pour nous perfectionner, construire notre propre Temple, Devoir d’aimer nos Frères car l’homme n’est pas un électron libre, ni un satellite d’une quelconque planète, chacun doit prendre sa part dans l’accomplissement du Grand Œuvre, afin que soit édifié le grand Temple de l’humanité ; tel est le Devoir de l’homme. Utopie me diront certains, peut-être diront les autres, mais chacun est libre de penser selon sa conscience. Le Franc-maçon est un homme libre comme je dirai un peu plus loin.Pour passer au deuxième volet de cette colonne gravée, sur la liberté personnelle, je me suis référé à l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en date du 27 août 1789, qui nous rappelle que : La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Pour ma part je traduirai cet article par la maxime suivante du siècle des lumières : « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ».Il me semble qu’en maçonnerie, il s’agit de la liberté intérieure qui est la capacité de se déterminer soi-même, de choisir d’une manière consciente et délibérée. La liberté intérieure ne peut être démontrée logiquement, ni prouvée expérimentalement d’une manière objective, or il semble qu’il faille traduire que l’homme est intérieurement libre pour le considérer comme responsable de ses actes et digne de respect. Pour moi, de ce que j’ai compris, l’expression de liberté bien comprise du franc-maçon est le Devoir lui-même. La liberté du MS se manifeste dans l’accomplissement de son devoir jusqu’au sacrifice. Le Devoir est en quelque sorte la contrepartie de la Liberté, si l’on entend par liberté la prise de possession de soi-même. Le chemin du Devoir est une recherche intérieure qui aboutit, entre autre à l’extinction de son ego.Le Franc-maçon est un homme libre, cette liberté s’entend et se limite bien sûr en ce qu’elle n’entame pas celle des autres. Ainsi libres, il nous faudra rechercher la Vérité par nous-mêmes, certes sans réelle attente de la découvrir, mais avec le ferme espoir de nous en approcher.Par curiosité et dans mes recherches, j’ai essayé de parcourir le volume de la loi sacrée afin de déceler ce qui a pu être écrit sur la liberté. J’ai découvert alors que le mot liberté est repris onze fois dans la Bible.Notamment dans les livres :Les LévitesLev. 19:20 Si un homme couche maritalement avec la servante concubine d’un homme auquel elle n’a pas été rachetée et qu’il ne lui a pas donné sa liberté, ces hommes ne seront pas punis, car la femme n’était pas libre.Lev. 25:10 Proclamer la liberté dans le pays Dans IsaïeEs. 61:1 Proclamer la liberté aux captifs Dans RomainsRo. 8:21 Liberté glorieuse des enfants de Dieu Dans Corinthiens1Co. 10:29 Pourquoi ma liberté relèverait-elle du jugement d’une conscience étrangère ?2Co. 3:17 Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté Dans GalatesGa. 2:4 Car ces faux frères se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le ChristGa. 5:1 Telle liberté que Christ nous a libérésGa. 5:13 Vous avez été appelés pour la liberté Dans Pierre1P. 2:16 Agissez en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté un voile sur leur Malice2P. 2:19 Ils leur promettent la liberté, mais ils sont eux-mêmes esclaves de la corruptionEn m’approchant de la conclusion de ce travail, je me suis aperçu que les rapports entre devoir et liberté sont très complexes. En effet le fait de pouvoir échapper à la contrainte, de désobéir et de transgresser les interdits relève de la bonne ou mauvaise gestion du libre arbitre de chacun et par là même de la liberté individuelle. Si les contraintes sont une altération de la liberté, en revanche les devoirs permettent de jeter les fondations d’un édifice en donnant une règle à suivre et cette règle c’est celle du Devoir avec un grand « D ».Il y a quelques années de là, je déclarais être libre et de bonnes mœurs, je remplissais alors une des conditions qui m’a permis de m’asseoir parmi vous aujourd’hui. Rassurez-vous je suis resté libre et de bonnes mœurs.J’ai donc choisi de sacrifier ma liberté pour m’enchainer avec vous mes Frères et de ma propre volonté je suis entré dans la chaîne d’union. C’est grâce à cette chaîne d’union fraternelle que je retrouve la libération de mon enfermement et la liberté de mes mouvements.Ainsi avec votre aide, j’aspire faire mon devoir en toute liberté en tentant de me mettre en accord avec la loi universelle. Je pourrai alors faire honneur à mon serment, faire mon devoir tant envers vous mes frères, que de la Franc Maçonnerie, ainsi que vis à vis de l’humanité.J’ai dit FPMMes recherches ont pu aboutir grâce aux ouvrages suivants :La Bible de Jérusalem (Desclée de BROUWER)Les rituels des 4 premiers degrésLe dictionnaire maçonnique (Roger RICHARD)Le Livret d’instruction du 4 degréLa symbolique des Grades de Perfection (Irène MAINGUY)La revue « Ordo Ab Chao» n 69 et 70 Navigation des articles Planche Précédente "Ordre ou Beauté, Ordre et Beauté ou Ordre pour Beauté ?" Planche Suivante "Loi unique et multiple"