#401012

Ne prenez pas les mots pour des idées

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L’esquisse du morceau d’architecture que je vous propose à votre sagacité ce soir porte sur le thème « Ne prenez pas les mots pour des idées ».

Un mot est une suite de sons ou de caractères graphiques formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur, par exemple un blanc typographique à l’écrit. En fait, en linguistique, un mot est le plus petit élément pouvant être prononcé en isolation avec un contenu sémantique ou pragmatique.

Au sens contemporain, une idée est une représentation mentale.
Naïvement, on peut dire que l’idée est dans la tête de celui qui pense.
Elle n’a donc pas d’existence propre, en dehors de l’esprit qui la pense. Elle fait partie du monde intérieur, par opposition au monde extérieur des choses que l’on peut percevoir par nos sens.

En revanche, selon Platon, les Idées ne sont pas dépendantes de celui qui les pense. Elles désignent au contraire ce qui dans la réalité est le plus réel, c’est-à-dire l’essence des choses.

L’essence est ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est, ce sans quoi elle ne peut ni être ni être conçue. Les Idées désignent donc ce qui demeure stable et permanent dans la réalité, par-delà les variations des phénomènes.

En ce sens, on peut parler d’un « monde ou lieu intelligible » formé par les Idées car dans la perspective grecque, le monde (ou cosmos) est un tout unique. Ce « monde » est en vérité le principe du monde des apparences sensibles (les phénomènes), au sens où celles-ci ne sont jamais que des variations apparentes.
Ainsi, les Idées ne sont pas étrangères au sensible, mais on ne peut les comprendre sans penser. Seule l’intelligence, le nous, peut contempler les Idées, au moyen de la philosophie dialectique.

Selon Jean-François Pradeau, « idéa désigne la réalité ou nature intelligible, quand eîdos désigne la forme de cette réalité, telle qu’on peut la retrouver dans les choses sensibles qui y participent (comme on retrouve la forme du beau dans les belles choses) »

En fin de compte, l’idée désigne la Réalité, donc l’idée c’est l’essence.
L’essence désigne également l’origine, le commencement. Car au commencement dit le prologue de Saint Jean était la Parole, la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Dans ce sens, lorsque nous cherchons la parole perdue, nous cherchons la Lumière, nous cherchons la Vérité, nous cherchons l’idée.

Malheureusement, les mots ne suffisent pas toujours à exprimer convenablement l’idée. Ce fut d’ailleurs le cas lorsque les israélites firent pression sur Moïse dans le désert pour connaitre le nom du
Grand Architecte de l’Univers. Malgré la révélation, le nom reste jusqu’à ce jour quasi imprononçable. Par conséquent, le mot n’exprime pas toujours l’idée.

Cette réalité ineffable échappe à l’expression orale au propre comme au figuré. Car tout ce qui est intelligible n’est pas toujours exprimable à l’aide du langage articulé.

Les mots sont du domaine de l’intellect tandis que l’idée est du domaine de la pensée, de l’esprit, c’est-à-dire du subtile ou du sensible.

Le mot pris au sens sémantique du terme exceptés Amen et Alléluia n’a pas la même signification dans toutes les langues. Alors que l’idée ayant un caractère universel veut dire la même chose dans toutes les formes d’expression.
Ne prenez pas les mots pour l’idée, peut être considérer comme une invite au discernement face à la vacuité de la logorrhée et surtout à ne pas prendre les choses au premier degré car l’idée peut avoir plusieurs modes d’expression.

Elle peut s’exprimer par un geste, par un regard, par la musique, par la peinture ou par le symbolisme.
Ne pas prendre des mots pour des idées, c’est concevoir d’une autre façon les rapports humains avec le monde. C’est accéder à un autre niveau de l’intelligence, de conscience des hommes et des choses. Car la fonction de discernement permet de découvrir l’idée vraie sous le symbole. Elle nous permet de réfléchir, de méditer, de sélectionner et de choisir. L’idée est une conception, elle transcende le mot.

Ce qui est capital pour Socrate, « c’est de juger par Soi-même ».
En effet, le Maître Secret ne doit pas prendre pas les mots pour la
Réalité, mais doit s’efforcer de découvrir l’idée sous le symbole. En d’autres termes, il doit laisser le symbole parler à son esprit. Ce, en fonction de sa sensibilité, en fonction de son éducation, en fonction de sa culture.

D’ailleurs, la Franc-maçonnerie n’a-t-elle pas choisi le symbolisme comme mode de progression de niveau de conscience. C’est ce qui la rend universelle car le symbole est un langage universel.

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