#401012

Tu ne te forgeras point d’idole

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
ALAGLOIREDUGRANDARCHITECTEDEL’UNIVERS


FRANCS MACONS DE RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


ORDO AB CHAO


AU NOM ET SOUS LES AUSPICES


DU SUPRÊME CONSEILDE L’AFRIQUE DE L’OUEST


LIBERTE EGALITE FRATERNITE


RESPECTABLE LOGE DE PERFECTION LP3 : LE PARVIS EBURNEEN





La Sentence “ Tu ne te forgeras point d’idoles humaines” est un extrait des sentences que le Trois Fois Puissant Maître prononce lors de la cérémonie de réception au 4ème degré du REAA .



Cette sentence définit l’une desvoies à suivre par le récipiendaire dans le processus de la recherche de la parole perdue.



Cette manière de communiquer certains mystères de la Franc-maçonnerie aux récipiendaires est constante dans les cérémonies de réception dans les loges bleues .



En effet, lors de notre réception au grade d’apprenti, c’est au cours de trois voyages ponctués par des sentences que le récipiendaires est purifié par les éléments, l’air, l’eau et le feu après être sorti victorieux de l’épreuve de la terre.



La réception au grade de compagnon s’effectue par cinq voyages au cours desquels le récipiendaire va à la découverte du monde. La glorification du travail est le couronnement de la cérémonie lors du cinquième voyage. Au cours de ceux-ci également , des sentences inscrites sur des cartouches sont d’importantes sources de réflexion pour le récipiendaire.



Enfin la réception au grade de maître s’effectue à travers un voyage qui conduit le récipiendaire à travers le temple maçonnique en construction. Au cours de ce voyage, le récipiendaire revit la légende de la mort du maître Hiram avec tous les enseignements qui en découlent.



A travers cette sentence, se posent diverses questions :



L’influence de l’autre sur soi qui tendrait à annihiler toutes velléités de réveil du moi, de son épanouissement.



L’accomplissement des devoirs par le Franc Maçon à travers le refus de se forger des idoles humaines.



Enfin, les outils que la franc-maçonnerie met entre les mains de l’initié pour ne pas se forger des idoles humaines.



Une idole en langage courant actuel désigne une personne qui sert de modèle à une partie de la population, souvent une génération. Il y a une obsession à tout ce qui touche de près où de loin à la vie de l’idole.



La société moderne est passée maître dans l’art de fabriquer des idoles. Certains hommes sont avilis au point qu’ils n’affichent plus leurs idées, mais plutôt leurs vedettes. Ils ne pensent plus, ils s’identifient à un personnage. L’homme devient esclave. Son idole lui prend sa qualité d’être pensant. L’être idolâtré est vu comme un tout puissant, parfait, apportant un certain réconfort. Dans ce contexte il ne peut y avoir une vraie relation ou tout échange de quelque nature que ce soit.



Accorder de l’importance aux faits qui se déroulent autour de soi expose naturellement l’homme aux risques d’idolâtrie. C’est ainsi que l’appartenance à une communauté peut créer le besoind’adorer ou de magnifier quelqu’un.



La Bible et le Coran réfutent l’adoration des idoles car ils y voient une adoration d’une représentation de Dieu, représentation qui dénature forcément la dimension divine de la divinité, en la reléguant au stade d’objet . La nature de Dieu est infinie et son pouvoir illimité.



L’interdiction dont il est question vise toutes formes de représentations humaines. Il est clair que la sentence a pour but de protéger le Franc-maçon contre la tentation de se prosterner devant un autre homme et d’éviter ainsi qu’il sombre dansl’idolâtrie. Adorer un homme équivaudrait à renier sa nature de perfectibilité, c’est lui conférer un caractère supérieur. Pouvons nous adorer quelque chose qui est en perpétuel devenir.



L’idolâtrie est proscrite car étant la splendeur d’un ego en quête de plus d’égoïsme.Tout homme est une mécanique animale plus ou moins performante. Orcertaines parties de ces mécanismes peuvent posséder un fonctionnement au-dessus de la moyenne et éveiller chez les plus défavorisés une admiration d’autant plus attachante qu’elle provient d’un ego fasciné par la puissance qu’il aimerait avoir. Le danger est d’admirer un homme et de confondre la mécanique humaine et la valeur d’un homme réel. Les valeurs que nous attribuons aux considérations matérielles, sociales ou économiques, conduisent à vénérer des valeurs relatives qui polarisent notre attention et qui nous ferment à la valeur de l’absolu. Admirer un autre, qui est extérieur de soi, condamne le chercheur à se projeter hors de lui-même et à manquer l’acte de retournement vers son être intérieur. C’est apprendre à regarder à l’extérieur de soi et non en soi, c’est se livrer aux limites relatives de l’homme et non avec l’Etre éternel en soi. C’est s’enfermer dans sa propre projection restreinte au lieu de s’ouvrir à la dimension de l’infini. C’est confondre la créature avec son créateur.



Le refus de se forger des idoles humaines et de tout ramener à soi nous oblige à accomplir nos devoirs.



En effet, il s’opère une prise de conscience de notre rôle dans la société Tant que le franc maçon ne se dégage pas des mécanismes pollués, acquis en tant que profane, pour faire face correctement aux exigences des conditions de vie de son monde ordinaire , il n’a aucune chance d’accéder au monde spirituel , qui a aussi ses exigences, et puis dans un troisième temps de s’équilibrer dans les deux mondes à la fois auxquels, de fait , il appartient. Delà provient l’exigence de l’accomplissement des devoirs dans la vie extérieure. A partir de la vision de lui-même , il lui appartient d’agir avec conscience et courage dans le monde quotidien pourêtre présent , et dignement présent à sa bonne place . Lorsque les habitudes confortables sont transmutées en conscience, les adversaires deviennent des alliés et la bataille entre l’extérieur et l’intérieur devient une fusion transformatrice.



L’accomplissement du devoir porté jusqu’au sacrifice implique le renoncement incessant à la facilité, aux habitudes ou aux conventions appliquées automatiquement. L’ego est soumis à l’obéissance d’une autorité supérieureet répond à l’appel de son idéal. En accomplissant ses multiples devoirs, il harmonise sa vie extérieure avec son idéal de manière que les évènements ne contredisent pas sa vie intérieure et ne s’opposent pas au développement de l’Etre mais qu’au contraire sa vie extérieure soit le lieu d’épanouissement et d’alimentation de l’essence.



L’initiation maçonnique est une école de l’éveil. Elle ne permet pas de se forger des idoles humaines.



Le développement spirituel est l’éveil intime d’une indépendance d’esprit. C’est une affaire personnelle, intuitive, insaisissable qui s’opère dans le secret de l’être. La voie spirituelle qui est celle de la liberté de conscience, explore et découvre le divin en l’homme. C’est la voie de l’initié. Il se forme par évolutions et devenir successifs. Sa croissance a pour conséquence la rupture avec le contingent et l’incite au développement personnel. L’initié effectue seul sa démarche, même si le travail en loge lui permet d’affiner cette démarche avec l’aide de ses frères.



En favorisant la liberté de conscience, la méthode maçonnique permet au Franc-maçon de penser par soi-même et de se libérer de tout embrigadement idéologique.



Le travail maçonnique nous apprend à dépeupler notre esprit de toute idée de magnification par l’utilisation du fil à plomb afin d’aller en profondeur et de voir la réalité cachée derrière les apparences. Tout ce qui brille d’un éclat trompeur n’est pas de l’or.



La méthode de raisonnement nous apprend à regarder dans le système lui-mêmeen ignorant l’individu qui en est l’auteur. La démarche progressive dans la recherche de la vérité, le dégrossissement de la pierre brute amène à se découvrir et à découvrir tout par soi même et à se forger ses propres convictions.



En laissant nos métaux à la porte du temple, nous nous émancipons de tous les préjugés qui peuvent obstruer notre manière de voir la réalité. Toute tentative d’avoir des idoles humaines ne peut prospérer car nous nous sommes ainsi dépouillés dece qui nous aveugle et nous empêche de tourner notre regards vers la lumière. En purifiant notre nature, nous procédons à une transformation interne, à une véritable métamorphose qui nous permet de briser les enveloppes négatives qui nous recouvrent et partant d’améliorer la qualité de nos pensées,désirs,actes, et comportement vis a vis des autres.



« Nous avons laissé nos métaux à la porte du temple » nous dit le rituel au 1er degré. Il est évident que par métaux la Franc maçonnerie entend tout ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel et qui du fait de notre peur de les perdre nous empêche d’avancer sur la voie de la libération. Les métaux représentent toutes les richesses futiles et illusoires que l’homme abandonne à sa mort et qu’il doit apprendre à abandonner à sa mort symbolique pour se diriger vers la lumière et la sagesse. Laisser les métaux à la porte du temple c’est aussi abandonner toutes les idoles humaines , être neuf, sans passion ni préjugé, avoir un cœur et un esprit sereins pour se laisser pénétrer et être attentif à l’énergie primordiale.



J’AI DIT.


Roger NSEKE

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