#406012

La caverne et les objets symboliques au 9ème

Auteur:

P∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
: Le Parvis Celtique

Travailler sur cette planche, m’a permis de comprendre et de rechercher d’avantage l’esprit derrière le symbole.Elle m’a appris que plutôt que l’assouvissement d’une vengeance, mieux vaut un idéal de justice et d’équité, triomphant de l’ignorance et du fanatisme.

J’ai travaillé cette planche en deux parties :

1) Le symbolisme de la Caverne et des divers aspects du tableau de Loge du 9ième degré.

2)L’analyse du geste de Johaben guidé par un sentiment de vengeance et une idée incomplète de la justice.

Au9ième degré, nous somme dans les grades de vengeance. Ces récits allégoriques traduisent les luttes internes du Franc-Maçon face à ses passions qui font obstacle à la construction de son Temple intérieur, en prenant conscience, que nos principaux ennemis sont en nous.

La première chose qui me frappe en étudiant ce 9ième degré est l’absence d’un Tableau de Loge traditionnel, mais une vue d’artiste représentant le paysage aride et montagneux de Joppè.

Placer l’intrigue à Joppé n’est certainement pas innocent. En effet, c’est là que la mythologie grecque place le rocher où Andromède est enchainée pour y être dévorée par un monstre marin.

Adossé à la montagne, ou au rocher, s’ouvre une caverne. Au loin, au-dessus de la mer, on peut apercevoir un arc en ciel.

L’arc en ciel, Pont entre la Terre et le Ciel, il est signe d’alliance et de sérénité symbolisant la future clémence de Salomon.

La mer, est à la fois symbole de la vie et de la mort. Des monstres surgissent de ses profondeurs. Fruits de notre subconscient.

La montagneest symbole de l’élévation spirituelle. A la limite du ciel et de la terre, elle exprime la rencontre du temporel et du spirituel.

La montagne symbolise aussi la verticalité. Pont entre le bas et le haut, sa fonction consiste à relier les dimensions terrestres et célestes.

La Caverne : Grotte ou caverne, de l’antre de Trophonios et à la caverne de Platon, les grottes ou les cavernes ont toujours représenté un lieu de rencontre avec le surnaturel, le divin, le sacré.

Symbole spirituel et initiatique, la caverne figure dans les mythes de renaissance, et d’initiation de nombreux peuples. C’est un lieu de manifestation du sacré, un centre hors du temps et de l’espace. Obscure et profonde, elle symbolise l’inconscient, le moi intérieur difficilement accessible

Pour Platon, la caverne est un lieu d’ignorance, de souffrance. Platon imagine des prisonniers enchaînés au fond d’une caverne. Ces prisonniers prennent pour le réel ce qui n’est que le reflet d’une image. Ils sont dans l’illusion totale.

Nous croyons connaître le monde tel qu’il est vraiment, mais en fait, nous n’avons accès qu’à son apparence. Les habitants de la caverne, c’est nous, l’humanité.

La Caverne signifie notre monde, où la marche vers l’intelligence commence par la délivrance de ses liens, et l’ascension hors de la caverne.

« Un petit nombre y parvient parfois et ceux-ci commencent une ascension libératrice hors de cette caverne vers l’extérieur, vers le monde véritable. »

Après avoir quitté la caverne et contemplé le monde véritable, le Sage reviendra à l’intérieur pour enseigner et éclairer les autres hommes.

Le franc-maçon ne se contente pas de regarder les ombres que le monde profane projette sur les murs de sa caverne, par des voyages incessants entre le temple et le monde profane, il apporte sa contribution à l’amélioration de l’Humanité

Dans la symbolique universelle, La caverne véritable réceptacle d’énergie tellurique, est un lieu où s’effectue une transformation (mort, renaissance, initiation

Certains rituels d’initiation font donc passer l’adepte par la mort symbolique dans une caverne et c’est seulement après être « mort » que celui-ci peut renaître à un niveau supérieur.

Le Cabinet de Réflexion est la forme de l’antique caverne initiatique, la matrice, l’athanor, l’ouverture vers le monde chthonien.

Pour l’Initié la mort profane dans le Cabinet de Réflexion, permet un voyage souterrain auquel la caverne donne accès et qui, s’il est réussi, permettra d’accéder au sommet de la montagne.
Ce sommet n’est atteint que par ceux qui ont visité l’intérieur de la terre,et en sont sortis
. Mais on ne peut sortir de la caverne où nous sommes nés, qu’en rectifiant sans cesse : Visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre occulte.

La caverne, devient un lieu de pénétration, pénétration dans la Terre-Mère, évoquant la descente en soi-même.

Guidé par l’Inconnu, et distançant ses huit compagnons, Johaben arrive devant la caverne où s’est réfugié Abiram, l’un des trois meurtriers du Maitre Hiram.

Un buisson en signale l’entrée. Symboliquement, le buisson, c’est l’image de l’arbre qui plonge ses racines dans la terre et déploie son feuillage vers le ciel.

Il est le lien entre le ciel et la terre, entre la matière et l’esprit, le conscient et l’inconscient.


Mais là il s’agit d’un Buisson Ardent. Johaben se trouve ébloui par son éclat.


Théophanie porteuse du commandement « Tu ne tueras point » placé là pour lui rappeler la limite de son action : Se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice.

C’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir ; auparavant il ne s’est qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir.

Une lampe éclaire faiblement la caverne. Image du feu qui brûle en nous, ultime rappel de la conscience qui doit dominer en toutes circonstances. Une fontaine coule dans la caverne, symbole de toute source de vie, de purification, de renouveau. Elle est symbole de fécondation afin que la germination future se fasse vers la lumière. Cette eau vive qui sort de la terre, pour se jeter dans la mer est un retour à nos origines, elle régénère tout notre être.
Par terre il voit Abiram couché, épuisé et visiblement marqué par les remords de son acte infâme. Son poignard est posé sur le sol.

Poignard, arme des sicaires, qu’il ne faut pas confondre avec l’épée, arme symbolique du combat loyal, qui sépare le bien du mal


Le poignard au 9ième degré, est bi-métallique, manche d’or et lame d’argent figurant les valeurs mâles et femelles, le passif et l’actif, le Yin et le Yan.


Le poignard est à interpréter comme l’arme de la pénétration. (La réponse au mot sacré est NEKAH, qui signifie : a pénétré)


Il est donc clair que la « pénétration » est à considérer au 9e degré, comme un « acte primordial », à la fois pénétration de la Terre-Mère, qu’est la caverne et la pénétration du poignard dans la tête et le cœur.

A la vue de cette scène étrange et ces trois objets hautement symboliques, le poignard, la fontaine et la lampe, Johaben est surpris, hésite un peu, mais saisissantle poignard il frappe, d’abord au front pour rappeler le dernier coup mortel porté à Hiram Abi, puis au cœur, siège de l’intelligence, de l’activité spirituelle et morale selon la tradition biblique, en criant NEKAN (vengeance).

Enfin, sourd au dernier message du supplicié « NEKAH » (Il a pénétré), il achève sa vengeance en le décapitant, rappelant ainsi le signe pénal de l’Apprenti parjure.Mais est-ce seulement un combat entre Johaben et Abiram, ou un combat contre lui-même, contre son côté sombre, ses mauvais instincts.

En assouvissant une vengeance symbolique nécessaire contre le mal enfoui en son être, il tue définitivement le mauvais compagnon qui sommeillait en lui. Tous les obstacles qui l’empêchaient d’être Hiram sont tombés. En supprimant sa zone d’ombre, il peut devenir réellement un Maître Elu

Puis il boit l’eau vive de régénération à la source, l’eau vive lui permettant de retourner à l’état originel d’innocence, préfigurant la clémence de Salomon.

Devant le cadavre sanglant, il est frappé de remords, et c’est dans les yeux de ses compagnons qu’il lit la bassesse de son acte qui a fait de lui un être aussi méprisable que celui qu’il a châtié.

Encore une fois, son défaut majeur, l’impatience l’a emporté

Johaben rapporte à Salomon son sinistre trophée preuve de l’accomplissement de la vengeance du meurtre d’Hiram.

Salomon furieux de voir ses ordres transgressés demande à Stolkin qu’il soit exécuté sur le champ. Mais sensible à l’intercession des huit autres Maitres, à leur commune alliance fraternelle en faveur du pardon pour un acte certes outrancier mais réalisé au nom de la justice, il surmonte sa colère, pour évoluer vers plus de mansuétude et accorde son pardon au serviteur trop zélé

Johaben en tuant Abiram, tue son double, insupportable à ses yeux Il surmonte ses pulsions, en vue de se forger une liberté et obtenir le pardon de sa conscience.

C’est le Ça que Freuda élaboré dans la théorie de l’inconscient. Théorie bâtie sur le triptyque : ça, surmoi, moi, définit par trois instances présentes en l’homme, régissant sur ses comportements, à la fois conscients et inconscients.
Puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain doit chercher la vérité en luttant contre ses propres imperfections


Personnellement, la quête initiatique implique une plongée en moi-même, au plus profond de mon être, une véritable introspection, un examen de conscience. C’est le Connais-toi toi-même du Temple de Delphes.


Je suis Johaben avec ses qualités et ses imperfections, comme Johaben j’ai souvent agi par instinct, avec précipitation et manque de réflexion.


Mais je suis également Stolkin, Salomon et certainement Abiram et ses complices.


Je réalise ce que je savais depuis longtemps, mais cette Vérité j’avais voulu l’enfouir au plus profond de mon être


Pour atteindre la Vérité, la transgression, les erreurs, sont nécessaires à condition qu’elles soient à postériorité analysées pour bénéficier de leurs enseignements et alimenter la morale.

Je dois me libérer de mon‘’ça ‘’ freudien domaine de l’instinctif et de l’inconscient, en prenant conscience de mon ‘’surmoi’’, cette voix en nous qui dit “il ne faut pas”, cette sorte de loi morale qui agit sur nous et en éradiquant tout ce qui fait obstacle aux élans verticaux vers la lumière.Mais aussi en modifiant et en élevant mon état de conscience, grâce au R.E.A.A. afin de m’acheminer vers un nouveau stade de de réflexion, qui m’incline à plus de compréhension, de tolérance, de spiritualité et d’amour

Grand Maitre Architecte, j’ai dit.

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