9° #406012 Le leurre de la justice humaine Auteur: R∴ N∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Un leurre c’est ce sur quoi on aurait tort de se fonder, ou encore c’est un dispositif destiné à tromper. Avec quelques synonymes comme attrape-nigaud, duperie traquenard, imposture…Quand à la justice c’est un principe philosophique et moral en vertu duquel les actions humaines peuvent-être récompensées ou sanctionnées, fondé sur la reconnaissance et le respect du droit des autres. En découle la justice dans le sens d’institution judiciaire qui agit pour faire reconnaître et respecter le droit, elle est répressive et réparatrice, cherche à rétablir l’équilibre. Il y a des termes connexes à la justice comme probité, droiture, honnêteté, intégrité…J’ajoute une justice nécessaire dans la relation au quotidien des Hommes entre-eux et avec la nature en général.La justice humaine est bien sûr fonction des époques, des civilisations, de la société dans laquelle nous vivons, coutumes, traditions, cultures… La justice est donc forcément très diverse. Elle est généralement fondée sur des principes moraux, politiques, juridiques et même religieux. Lorsqu’on regarde la société actuelle pour résumer, je citerais simplement Molière dans le Misantrope « Quand je vois vivre les hommes entre eux je ne trouve que flatterie, lâcheté, injustice, trahison, fourberie… »L’injustice est le quotidien. Parfois l’argent, la position sociale peuvent jouer un rôle sur la justice. Il y a les erreurs judiciaires, ceux qui se font justice eux mêmes comme les trois compagnons qui crient à l’injustice et prétendent faire justice en assassinant maître Hiram, ensuite on les tuent estimant également faire justice. Bien sûr nous sommes dans le symbolisme mais dans cette légende la représentation de la justice est violente, il s’agit de vengeance.C’est la confusion de l’homme dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance. Comment une justice parfaite est possible puisque l’homme qui l’applique est lui même imparfait. En outre, la justice applique la loi qui elle même émane de l’homme et donc soumise aux mêmes aléas d’imperfection.Mais par ailleurs, les rituels nous indiquent que la justice est un élément incontournable sur le chemin initiatique. Dans l’instruction au second degré le rituel précise l’engagement du compagnon « je veux que la justice et l’équité soient toujours les seuls guides de ma conduite ». Au grade de maître secret, il est dit « ce que la maçonnerie te demande c’est de promouvoir la justice ». Au grade de prévôt et juge on donne aux initiés l’aptitude de rendre justice à leurs frères et que chaque ouvrier retrouve sa place en toute justice. D’une manière générale, il y a aussi une justice maçonnique qui s’appuie sur des règlements.Il a aussi été dit « Heureux ceux qui ont soif de justice car ils seront rassasiés » et même davantage heureux ceux qui seront persécutés pour la justice car le royaume des cieux leurs appartient. Nous sommes au cœur du problème, promouvoir la justice, est-ce un Graal accessible ou un leurre ?Dans la symbolique, nous avons quelques réponses! la justice est représentée par un personnage assis sur un trône qui tient une balance et un glaive avec un bandeau sur les yeux. La balance fait référence à l’idée d’équilibre et de mesure nécessaire à son fonctionnement. L’image de la balance dont les plateaux sont déséquilibrés montre que le rôle de la justice est de chercher à réajuster, à rééquilibrer.Les plateaux et l’axe au centre me rappellent les piliers de l’arbre des Séphirot. La justice doit-être rendue entre l’équilibre du pilier de l’intelligence et de la sagesse et le pilier de la rigueur et de la clémence. Il faut emprunter la voie centrale celle de Tipheret la beauté, la voie de l’amour. Dans sa main droite il y a le glaive puissance coercitive, symbole de puissance qui doit trancher et avec la force qui permet de la faire appliquer. C’est la conception d’une justice rigoureuse mais juste.Ce glaive pour le F M représente le combat à mener contre ses propres défauts ses propres faiblesses, il symbolise la connaissance pour trancher les liens de l’ignorance, il sera alors mieux à même de promouvoir la justice.Le F M doit trouver cette voie du milieu juste car la construction du temple est incertaine sans la justice. C’est une pierre d’angle.La justice est aussi représentée avec un bandeau sur les yeux qui n’est pas le signe d’un aveuglement mais montre son impartialité et qu’elle doit juger au-delà des apparences. La justice installe une relation de pouvoir naturel puisqu’il faut juger, mais doit s’éloigner d’une relation de pouvoir sur les hommes eux-mêmes. Les yeux recouvert exacerbe les sens et peut indiquer que celui qui juge doit aussi se fier à ses sens subtils ou facultés de l’âme.L’homme est dans la matière sur la croix de l’espace et du temps entre les deux colonnes de la dualité. Dans cette dualité, le GADLU a donné à l’homme un L A, mais du fait qu’il marche sur le dallage à damiers noirs et blancs il navigue entre le bien et le mal. Chaque personnalité est faite des choix successifs, des erreurs et des réussites successives et se construit, à l’aide du L A.L’homme doit se forger une conscience de soi plus grande pour assumer cette responsabilité. Comme la lumière qui ne pourrait-être connue sans les ténèbres, la justice ne le serais pas sans l’injustice mais qui dit connaître ne veut pas dire pratiquer le mal et l’injustice. C’est le L A qui fait qu’il choisit le mal ou le bien. Il faut de la prudence de la sagesse et du discernement. Une manière certainement plus juste serait d’être inspiré par une force plus grande que soi. L’homme dont les décisions seraient guidées par son être intérieur ne peut plus se tromper. Ce peut-être une mission pour l’homme, car les hommes sont coupés soit par leurs pensées soit par leurs actions de la source divine. Mais il faut garder raison car nous ne savons qu’épeler et se servir de l’épée flamboyante du L A dont nous disposons et qui est le résultat de l’individuation.Une autre loi importante est la loi de causes à effets. Cette loi est universelle et s’applique aussi bien aux actes qu’aux pensées. Tôt ou tard les évènements qui surviennent, positifs ou négatifs doivent-être rééquilibrés pour devenir neutre. Une situation ou une décision peut se révéler injuste alors quelle ne correspond qu’à un réajustement d’un événement passé, sachant que nous sommes en totale interdépendance avec les hommes et la nature.Souvenons nous de cette expression consacrée « la justice de Salomon ». Mes frères permettez moi de rappeler de quoi il s’agit. Le premier livre des rois(3, 16-28) raconte ainsi le différend qui opposa deux femmes ayant chacune mis au monde un enfant, mais dont l’un était mort étouffé. Elles se disputèrent alors l’enfant survivant. Pour régler le désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l’enfant vivant en deux et donnez une moitié à la première et l’autre moitié à la seconde ». L’une des femmes déclara qu’elle préférait renoncer à l’enfant plutôt que de le voir sacrifié. En elle, Salomon reconnut la vraie mère, et il lui fit remettre le nourrisson.Nous avons ici l’acte d’amour de cette mère qui permet à Salomon de rendre une justice équitable, ceci rejoint le rituel du second degré qui dit « c’est la source de l’amour de nos semblables qui conduit à la justice et à l’équité ». C’est le fondement d’une justice véritable. Et l’amour des autres doit avoir pour base l’amour de soi sinon c’est un autre leurre.Le jugement de Salomon montre qu’il n’est pas seulement besoin de lois pour rendre la justice mais qu’il s’agit également d’une question de conscience humaine et de la spiritualité, d’où à mon sens le concept de leurre si ces conditions ne sont pas réalisées. Les philosophes de l’antiquité considéraient la justice comme une disposition de l’âme. Pythagore disait que toute ta vie que toutes tes paroles s’inspirent de la plus pure justice et indiquait que cette harmonie se faisait toujours à partir d’une quête personnelle. « Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse, fait aux autres le bien que tu voudrais qu’ils te fassent ».La justice a besoin des préceptes maçonniques, de son rôle et de la spiritualité qui la sous-tend. Continuer de se perfectionner, de travailler la pierre, construire le temple pour aller vers une justice plus vraie, plus harmonieuse. Indépendamment du système judiciaire imparfait mais nécessaire sinon ce serais un plus terrible chaos encore et pour aller plus loin dans l’idée de jugement, nous devons rechercher en tant qu’individu à tendre dans notre relation aux autres vers une attitude intérieure de non jugement qui d’ailleurs amène une plus grande liberté. Il est dit : « ne jugez pas afin de ne pas être jugés car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé ».J’ai souhaité non pas voir la justice écrasée sous ses défauts et y voir uniquement un leurre, mais surtout de voir l’amélioration qui peut y être apportée pour promouvoir la justice humaine. Comme un espoir pour l’avenir. La solution étant surtout que l’homme doit tendre vers sa propre perfection, de chercher cette perfection dans l’imparfait, faisant en sorte que le monde d’en bas soit le reflet des choses d’en haut. La sagesse, la force, la beauté résidants dans l’homme peuvent faire naître une véritable justice. Il faut continuer de séparer le bon grain de l’ivraie et le temps de la moisson viendra. La F M y a son rôle. De toute façon au-delà de la justice humaine tôt ou tard la justice divine passera au moment de la pesée de l’âme.J’ai dit. 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