#406012

Le Tableau de Loge du 9ème Degré

Auteur:

J∴ M∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le tableau de Loge de notre 9ème degré de Memphis Misraïm est très particulier et a peu de choses en commun avec celui des autres rites. Il présente un nombre de caractéristiques peu communes avec ce que nous avons appris dans le passé et qui donnent bien évidemment matière à réflexion…

Bien sûr, on y retrouve des choses connues depuis fort longtemps comme les lacs d’amour – au nombre de 9 – et les proportions : un rectangle de 3 x 4 – et là, c’est du nombre 7 dont il s’agit mais aussi du 5 comme diagonale.

On y verra au dessin d’enfant emmailloté aux proportions de 1 x 2 – voilà donc le nombre 3 – et sur la gauche, une série d’étoiles, au nombre de 6 et sur la droite au nombre de 9.

Bref nous y retrouvons toute la numérologie de 1 à 9 et en particulier ces trois nombres si chers au Maçon que sont le 3 du ternaire sacré, le 5, nombre du pentagramme, celui de l’homme de Vitruve et de l’Humain après la chute et l’omniprésent nombre 7, nombre du maitre, nombre sacré par excellence, partout l’image de l’union entre l’humain et la Divinité, lui qui a pour valeur secrète 28 – qui, par réduction, se ramène à 1, l’Unité.

Mais on y retrouve aussi le 4 de la tétraktys des Pythagoriciens, le chiffre 6, comme la 6ème lettre « Vav » de l’alphabet hébraïque constitutive du mot sacré ou celui du sixième arcane du tarot, symbole d’évolution, de passage à un niveau supérieur, d’accès à la maîtrise potentielle et bien sûr le nombre 9, le triple ternaire, la somme des trois mondes : le ciel, la terre et les enfers qui, comme le dernier des neuf chiffres, annonce à la fois la fin d’un cycle et un recommencement. Voilà donc pour la numérologie de base.

Restons dans la numérologie avec deux carrés qui apparaissent à gauche du tableau, en haut et en bas. Celui du haut est un carré magique (1) dit d’ordre 3 et de constante magique 15, appelé le Carré de Saturne. Il est constitué avec les 9 premiers chiffres entiers et dont la somme fait 15 sur l’une quelconque des lignes, colonnes et diagonales. Le tableau du bas semble plus mystérieux jusqu’à ce que l’on remarque qu’il indique une façon mnémotechnique de le remplir, encore faut-il se rappeler d’où partir avec le 1…en fait il s’agit du Sceau de Saturne tel qu’il est décrit dans les ouvrages d’occultisme.

On se rappellera ce nombre 15 dans notre rituel du premier degré : « les trois Nombres mystérieux (3, 5 et 7) et leur somme (15) constituent l’essentiel du mystère de notre Loge de Maçons, le secret de l’entrée en notre Chambre du Milieu ». Pour la numérologie, 15 est un nombre particulièrement ambivalent car c’est le nombre de Satan, celui qui ne se plait et ne s’épanouit que dans l’Humain. Sa réduction donne en effet 6 nombre dont nous savons qu’il représente le choix entre deux voies, dans notre cas, celle de l’évolution vers Dieu ou de l’involution vers le Diable. On se demandera si l’on doit en être arrivé au grade de maître pour être exposé à ce choix…mais c’est un autre débat.

Abordons maintenant la partie droite du tableau, là aussi avec deux carrés et je commencerai par le plus compréhensible, du moins pour moi, qui est celui du bas. On y retrouve les mots « Hiram » et « Ieova », ce dernier plutôt écrit sous une forme phonique, simplifiée. Une fois le tableau complété avec ces deux mots, il ne reste qu’une seule lettre à placer dans le carré central qui pourrait être à peu près n’importe quoi… Mais le choix du T n’est peut-être pas anodin car outre qu’on le retrouve sur le Pentacle de Salomon, il s’agit de la 20ème lettre de notre alphabet occidental, 20 dont la réduction théosophique donne 2 : symbole de l’incomplétude par excellence… J’attends maintenant avec intérêt que quelqu’un m’explique en quoi le mot « rotor » qui en résulte pourrait avoir une forme symbolique cachée. En poussant un peu, il pourrait être une forme imagée de la roue, celle de la fortune, 10ème arcane majeur du Tarot, symbole des naissances et des morts successives à travers le cosmos qui est sur le plan humain, celui de l’instabilité permanente et de l’éternel retour. Et j’ai retrouvé ce mot dans le signe que Robert Ambelain donne dans ses pouvoirs secrets pour découvrir toute magie…

Et puis il y a le tableau du haut : composé de 9 cases celui-là et empli de signes fort peu courants…et là j’avoue que j’ai calé…mis à part la certitude que ce ne sont ni des lettres de l’alphabet Maçonnique, ni de l’alphabet Hébraïque, ni de l’alphabet Tibétain, pas non plus de l’alphabet Enochien, ni des symboles astrologiques, ni alchimiques à part l’un des signes qui est le symbole du mercure et un autre celui du vert-de gris (le sulfate de cuivre) mais aussi de la croix astronomique égyptienne. Ce ne sont pas plus des symboles de l’alphabet des Templiers, ni même ceux du cryptogramme du pirate Olivier Levasseur dit « La Buse » dont certains cherchent encore le formidable trésor qu’il avait arraché au comte portugais Ericeira, vice-roi des Indes sur son bateau en rade de Saint Denis et qui serait peut-être encore enfoui à la Réunion… Je n’y ai vu qu’une vague ressemblance avec l’alphabet phénicien à moins que cela soit une façon mystérieuse d’écrire les nombres du tableau de gauche.

Toutefois, je n’ai pu m’empêcher de penser à un enseignement du temps des Pharaons qui nous dit que l’Homme est, dans l’espace indivisible, une manifestation de l’Esprit, de l’Ame et de la matière Physique. Ainsi Il est la trinité vivante de son Esprit de son Emotionnel et de son Physique, formant une interprétation de l’homme dans tous ses plans de manifestation, comme incarnation de vie.

En effet, pour les anciens d’Egypte, l’homme est constitué de 9 corps, que sont le Ren, le Khat, le Ka (les 3 corps physiques), le Ab, le Ba et le Khaibit (les 3 corps mentaux et émotionnels) et enfin le Sekem, le Sahu et le Khu qui forment les 3 corps spirituels, chacun de ces corps ayant leur propre conscience.

Le Khu ou âme spirituelle est un être éthéré, un être de lumière : c’est cette partie qui devient un dieu éternel, c’est la raison de l’existence de l’Homme. A la mesure que nous nous approchons de la manifestation de l’Ame ou de l’Emotionnel, nous élevons notre état de conscience et ainsi d’Etre. Nous commençons par Amour et avec Amour à choisir ce que nous sommes. Nous commençons à devenir le Maître de nous-mêmes. Le processus alchimique qui transforme les êtres humains en être divins est alors déclenché.

Et enfin il y a ce bébé, emmailloté de blanc. L’aspect de son visage est curieux. Il parait androgyne, sa tête est dépourvue d’oreilles et de cheveux. Notre rituel, fort discret sur le sujet, nous dit qu’il est de couleur rouge sombre. Je me suis demandé pourquoi ne pas avoir mis de cheveux à cet enfant bien que les tout petits bébés n’en aient guère, ceci expliquant peut-être cela, et son aspect androgyne vient peut-être quant à lui du fait que nous sommes dans une obédience mixte ou que plus simplement, il s’agit d’un Humain avec ses deux composantes.

L’analogie de la présence de cet enfant qui me vint à l’esprit est en rapport avec le nombre du grade, le 9. Le langage des oiseaux nous en dira qu’il est le neuf ou le nouveau et donc est le symbole de la fin d’une gestation, qui symbolise l’accomplissement de la création. Mais le maître vengeur, le frère de sang ne mit rien au monde et au contraire pris une vie avant de s’entendre dire que la vengeance doit disparaitre et faire la place à la justice. La mort de la Vengeance et la naissance de la Justice.

Par ailleurs, « nouveau-né » est le sens littéral de « néophyte » qui vient du grec « neos » – nouveau – et « phutos » – né -. Le néophyte est maintenant vraiment mort au profane et a renait à une nouvelle vie.

On retrouve donc le mythe de la vie naissant de la mort d’où le nouveau-né. Ce bébé serait alors le symbole de l’enfant Alchimique ? Celui de l’œuvre au rouge, de la transmutation finale.

J’ai dit, T F P M

Note :

(1) Il ne s’agit pas de celui immortalisé par Albrecht Dürer dans son célèbre tableau Melencolia.

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