#406012

Les Grades de Vengeance

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Enréfléchissant aux grades de vengeance ma première réflexionest une surprise. Faut-il être élu pour connaître, approcher, exécuter la vengeance. Quel est ce mot barbare qui peut engendrer la barbarie ? Un élu ne devrait-il pas avoir la sagesse, le discernement, le désir de justice et le sens de l’égalité. L’assassinat de notre Maître Hiram chez des gens de tolérance ou tout du moins réputés comme tels, doit-elle appliquer la loi du Talion et chercher les raisons de ce crime ? La connaissance sans le savoir est elle vanité ou curiosité ? Que penser de la soif de reconnaissance des trois mauvais compagnons ou bien doit on interpréter leur acte comme de la simple curiosité ? Je pense que l’on peut concevoir un mélange des deux. La curiosité peut être aussi une des formes d’accès à la connaissance. La vox populi dit que la curiosité est un vilain défaut. Il faut considérer en ce qui me concerne que la curiosité peut et doit être une qualité dans le sens de la recherche pour essayer d’accéder à la connaissance. Ne dit on pas il a un esprit curieux il désire tout savoir..



Le neuvième grade Maître élu des neuf est un degré très important. Il a gardé sa place dans le rite Français ou les élévations se font à un rythme plus rapide. Les trois grades: neuvième, dixième et onzième dit de « vengeance » ou élu des neuf, élu des quinze, élu des douze nousamène un esprit de justice. Je peux doncsupposer que la justice est aussi une vengeance. Comment rendre objectivement la justice si nous sommes animés par un esprit de vengeance ? Examinons comment selon le mythe le Roi Salomona œuvré pour rendre la justice et venger la mort de notre maître Hiram.



Salomon était dans son palais et s’entretenait avec au moins quatre vingt maîtres lorsque le capitaine des gardes le prévint qu’un inconnu désirait lui parler. Après un court entretien particulier il put rassurer les Maîtres en leur disant qu’il savait où se cachait un des assassins d’Hiram.

L’investigation de la marche exploratoire s’organise. Salomon décide queneuf Maîtres iraient saisir le meurtrier. Il organise un tirage au sort. Les neuf Maîtres dont les noms sortirent de l’urne furent désignés. Ils devinrent les 9 élus du Roi Salomon.



Les neuf élus reçurent l’ordre de Salomon de suivre « l’inconnu » jusqu’à la caverne où le traître s’est réfugié. A partir de ce moment commence le travaildes MaîtresElus des Neuf c’est à dire le neuvième degré duREAA



La marche commence, mais l’un des neuf élus trouvant ses compagnons peu pressés de retrouver l’assassin accélère et les distance. Son nom varie selon les auteurs soit JOHABEN ou JOHABERT. Les maîtres élus sont appelés à l’action, mais attention ce degré nous sensibilise particulièrement à la nécessité de jugement qui ne doit pas s’égarer dans la vendetta personnelle.
Johaben de justicier va se transformer à son tour en meurtrier,même si c’est pour lui une bonne cause aucune raison n’est bonne pour donner la mort. Je pense aux politiques qui décident de faire la guerre pour de futiles raisons et d’envoyer les jeunes tuer et se faire tuer. La vengeance est incompatible avec un esprit de justice. Sa passion et sa soif de vengeance l’on fait succomber au geste fatal en poignardant l’un des trois assassins de notre maître Hiram avec un poignard composé d’un manche d’or.et d’une lame d’argent, deux métaux nobles. Il ne faut pas que ce soit la matière qui domine l’esprit mais bien le contraire Ne pouvant résister à la pulsion brutale et aveugle de la vengeance, Johaben n’est plus maître de lui, il ne se comporte plus en Maître et ne mérite pas d’être un Elu.. Son intrusion dans la caverne aurait du l’amener à réfléchir. En effet la caverne représente la conscience humaine, elle représente l’archétype de la matrice universelle, symbole de l’origine, lieu privilégié de renaissance et d’initiation. Au neuvième degré c’est la continuité de la démarche initiatique. La caverne est le lieu privilégié, l’athanor nécessaire à la seconde naissance. La caverne lieu de refuge du mauvais compagnon dont l’entrée est cachée par un buisson ardent. Il se trouve auprès d’une source éclairée par une lampe. Nous retrouvons dans cette caverne le symbole de la lumière qui nous a éclairé dés le premier degré et la méditation du cabinet de réflexion.

La source rappelle la possibilité de retourner à l’origine, d’effectuer une introspection, de se ressourcer. L’eau source de vie, origine contact vital avec le cosmos lien avec ce qui est en nous : cette eau nous est familière elle jaillit dans cette caverne en y amenant la vie. On peut boire se régénérer, reprendre contact avec ses racines. Voilà ce qui est offert au fugitif, mal initié et chez qui les vertus de l’initiation deviennent négatives. Sont ils en harmonie avec leur première initiation, le temps passé dans le cabinet de réflexion et les symboles qui s’y rattachent ? . Essayent-ils de remonter aux sources savoir pourquoi et à quel moment la matière a dominé la raison. Tout espoir n’est pas perdu lorsque l’on trouve une caverne pour se réfugier après avoir commis un crime atroce, avec de l’eau et de la lumière.

On peut imaginer autre chose et supposer des issues différentes au deuxième drame qui doit arriver. Cette lumière symboliquement allumée dans cet endroit n’est pas dénudée de sens, de signification. La présence de la lumière, même en faible quantité, laisse l’espoir du jour au fond de cette obscurité et de cet enfouissement. N’est-elle pas un peu la connaissance, première trace de lucidité, lueur vague et naissance sur une conduite obscure, pleine d’arrière-pensées et de rancunes ?

Les fugitifs peuvent-ils commencer à juger leur conduite et éclairer le cheminement tortueux de leur être profond ? Peut-il, à la lueur de cette faible flamme se regarder sans frémir dans son miroir intérieur?Je l’ignore mais tout est possible. Tout ce qui est épars peut être rassemblé et l’effort est a tenter, rien ne doit entraver le progrès Humain.tel le buisson ardent masquant l’entrée de la caverne, symbolisant l’ignorance et les préjugés qui empêchent de pénétrer la conscience. Les racines du buisson ardent sont faibles et ne peuvent puiser des forces telluriquesimportantes afin d’éviter toutes formes de dérives.



Lorsque les autres Elusarrivèrent dans la caverne, ils firent la funeste découverte d’un des assassins de notre Bien Aimé Maître Hiram étendu au sol, mort. Ils interpellèrent leur compagnon en faisant remarquer qu’il avait transgressé les ordres du Roi Salomon en dérobant ce traître à la justice Royale. Les huit autres compagnons commencèrent à penser pour le Roi en étant persuadé qu e son courroux serait intraitable, mais ils lui promirent qu’ils feraient tout leur possible pour implorer sa clémence. Il est fréquent qu’au quotidien nous interprétions la pensée des autres et construisions des schémas de réflexion Le chemin du retour à Jérusalemfut ‘long et d’une ambiance lourde de suspicion sur l’acte de vengeance..


Arrivé à Jérusalem Jhaoben se présenta au roi Salomon qui lui reprocha d’avoir outrepassé ses droits mais qui lui pardonna estimant que son zèle était une forme d’excuse.



De nouveau dans le palais du roi Salomon, plus précisément, dans la salle d’audience, BEN GABEL , l’intendant du roi lui indiquel’endroit ou se trouve les deux autres mauvais compagnon Le roi nomme quinze Maîtres Elus pour aller à la recherche des deux mauvais compagnons qui se trouvent d’après BEN GABEL dans le pays du Roi MAAKAH.



Salomon rédigea une lettre qu’il confia à ZERBAL qui prit le commandement du groupe des quinze. En vous faisant grâce de vous énumérer la liste des quinze Elus nommés, il faut savoir que la clémence du Roi Salomon alla jusqu’a nommer JAHOBEN. On peut s’interroger de la confiance du Roi pour envoyerune deuxième fois cet élu qui a fait preuve d’une vengeance impulsive. En ce qui me concerne j’interprète ce geste d’indulgence comme un geste d’amour. Ne pas condamner sur un acte impulsif, comme nous l’avons vu précédemment plusieurs explications peuvent expliquer l’acte de cet Elu défaillant. La clémence du Roi à fait mûrir Jahoben et lui donner une deuxième chance, ce qui va permettre au roi de vérifier si sa clémence était méritée et s’il ne s’était pas trompé sur les réelles valeurs de cet Elu.. De pouvoir contrôler si dans le futur, il pourra participer pleinement à la vie de la cité,cette confiance importante accordée par le Roi, permettra de lui donner des responsabilités importantes au sein du système Royal. Il faut toujours essayer de mettre l’homme en valeur. Tout doit toujours être tenté pour que l’individu se réalise. dans la droiture de la société.



Les deux mauvais compagnons fugitifs sont retrouvés dans une carrière, c’est à dire une cavité à ciel ouvert. Nous retrouvons encore le symbole de la réflexion à l’intérieur, peut être pour y puiser les forces telluriques qui leurs permettront d’affronter le courroux des juges. Ils sont enchaînés puis ramenés à Jérusalem ou le Roi fut sans pitié et les condamna à mort. Ils furent tout d’abord enfermés dans le cachot d’une tour sans lumière. Il faut voir dans ce geste que le Roi ne leur laisse aucune chance d’espérer que la lumière, si faible soit-elle, puisse les aider à mieux réfléchir sur la lâcheté de leur geste. L’espoir disparaît avec l’obscurité Le supplicefut terrible, attaché les mains dans le dos, les bourreaux les ouvrit de la gorge jusqu’au bas ventre puis ils furent exposés pour que la foule puisse réaliserles souffrances des deux assassins d’Hiram. A la tombée du jour, la mort étant survenue, -ils furent décapités et les trois têtes furent mises sur des pics et exposées aux trois entrées de Jérusalem. Les deux mauvais furent jugés et exécutés après de grandes souffrances aux vues de leurs contemporains, avec le voyeurisme habituel. Le premier compagnon ne fut pas jugé, exécuté rapidement par JOHABEN, avec le minimum de souffrance. Peut-on choisir sa mort ? La justice en corps constitué a-t-elle le droit de se salir les mains ? La France a répondu a ce problème de société en 1981.



Le symbole de ce grade est le poignard déjà décrit. Que peut -on faire avec une arme blanche ? Se défendre, attaquer ou bien objet de décoration. Dans le cas qui nous concerne nous vivons deux assassinats avec un poignard. Il faut une fois de plus agir avec discernement et ne pas vêtir un non initié de ce décor. Seul un Elu possédant la plénitude de son grade peut maîtriser ses gestes, dominer ses pulsions.



En réunion dans un appartement du palais le Roi Salomon décide pour remercier les illustres Elus des quinze de créer un nouveau grade, ELU DES DOUZE OU SUBLIME CHEVALIER ELU. Il les fit tirer au sort et les constitua en chapitre. Il leur donna le gouvernement des douze tribus et leur conféra le titre de NASIA AMETH ? Nasia signifie Prince ou Chef Ameth « vérité » ou bien « homme de confiance. Ce petit récit est inspiré par Raoul Berteaux. Pourquoi seulement douze Elus et pas quinze, que penser du tirage au sort avec l’injustice que cela représente.



Deux réponses me viennent à l’esprit :


    1) Le tirage au sort ne favorise ou dévalorise qui que ce soit. Le roi Salomon n’ayant pas de préférence ou peut être trop, pour dominer ses sentiments personnels a préféré ce mode de nomination pensant que l’égalité toutes tendances confondues est horizontale et non pas verticale.


    2) Que devinrent les trois Elus restants ? La légende ne m’a pas donné de réponse. Je pense que le Roi Salomon a voulu garder trois des quinze Elus à ces côtés pour que son entourage soit en permanence a l’esprit la faute des trois mauvais compagnons. Si mon approche n’est pas recevablepourquoi ne pas récompenser l’ensemble des justiciers pour prouver que rien n’est jamais acquit et qu’il faut toujours remettre son travail sur l’établi.



Ces grades me font peur. Il n’est question que de vengeance jamais de réelle tolérance. La peur est un sentiment qui s’établit progressivement en fonction des actes commis et de son propre regard sur les faits établis. Le roi Salomon dans une parodie de procès laisse entrevoir un esprit de justice, mais la finalité des trois mauvais compagnonsest la même « LA MORT » seul la formediffère.



Au dixième degré, le tablier représente trois têtes coupées et sanglantes empalées sur trois arcs, de sang. Doit on passer par toutes ces phases pour essayer d’avancer vers la sagesse ? Doit-on connaître la haine, la soif d’une vérité affirmée, la violence, le goût du sang, le refus de compréhension pour avancer dans sa voie initiatique ?



Je pense aux religions qui pour l’amour de leur dieu, pour imposer leurs dogmes, n’hésitent pas à tuer au nomet par amour de dieu, pour affirmer leur pensée inique et leurs dogmes.



Ces grades de « vengeance » sont la suite logique du grade de Maître et laisse entendre que le F
M se doit en tout moment de faire preuve de bravoure pour défendre la vérité. Tout pouvoir obtenu ne peut l’être que par et avec le peuple. Mais la vengeance en maçonnerie que représente t-elle ? Nous demandons au nouvel initié dans l’épreuve du miroir d’oublier tout ressentiment à l’égard de leurs éventuels ennemis.



Dans un travail fait par le Grand Collège des Rites il est écrit « La vengeance maçonnique des 9e au 11e grade selon le REAA ne vise à éliminer symboliquement que des défauts, nullement des hommes.



Comment défendre l’homme de devoir contre les forces d’inhumanité qui se déchaînent à mesure qu’il avance ? L’ignorance, le fanatisme, l’orgueil et l’ambition doivent être combattus sans relâche. C’est le devoir des élus.



La Maçonnerie ne se borne pas à provoquer la pensée, à exciter le sentiment. Son but est d’agir sur la conduite réelle de l’homme. Elle requiert le contrôle de soi même. L’homme est exposé à agir mal, tout en vantant le bien. Pour beaucoup de Maçons le désintéressement est un principe abstrait. Leur libéralité ne pénètre pas leurs actes.



Réunis dans la loge il est facile de parler et de s’émouvoir. Mais demain, hors d’elle, dans les affaires, dans les compétitions d’intérêts, dans les suggestions des passions, retrouverons-nous nos résolutions, serons-nous maçons ou lâches ? Rappelons ce Romain qui, pressé de ne pas tenir une promesse qu’il avait faite à l’ennemi, et qui devait causer sa mort, dit « il est nécessaire que j’aille, non que je vive » Cet homme comprenait la première maxime des élus « Sois brave contre tes propres faiblesses »



L’acharnement contre les mauvais compagnons qui ont tué Hiram nous invite à méditer sur les causes du mal. Nous devons lutter voir tuer notre ego, afin que toute velléité d’être un mauvais compagnon disparaisse complètement de nous. C’est en travaillant dans cet esprit, dans ce but que nous pouvons devenirdes « ELUS » et dans cette voie nous serons aptes à reconstruire notre temple intérieur.



L’enseignement de ces grades peut se résumer à la recommandation suivante, il faut s’opposer à la tyrannie, au fanatisme, pour préserver la liberté de parole, de penser, de connaître. C’est la mission donnée aux élus.



Mes FF
mon cri ne sera pas le mot sacré NEKAM c’est à dire vengeance mais tolérance. 



J’ai dit T
FPGM



P
LM

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