A041-Q : Du silence de l’Apprenti au Signe du MS
F∴ P∴ M∴
A
La Gloire Du Grand Architecte De L’Univers
Ordo ab chao
Deus meumque jus
Suprême Conseil desSouverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33ème et dernier degré duRite Ecossais Ancien et Acceptépour la France
Ordo ab chao
Deus meumque jus
Suprême Conseil desSouverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33ème et dernier degré duRite Ecossais Ancien et Acceptépour la France
S
Le parcours initiatique du maçon est un chemin, un chemin qui ne cesse jamais, qui n’a pas de fin.
Ce chemin est parsemé de virages, d’épreuves, de pierres disséminées sur la route de celui qui veut avancer sur la voie de la sagesse, et essayer de s’en rapprocher.
Ce chemin est aussi orné de différents niveaux, dont certains que l’on pourrait qualifier d’importants, voire d’essentiels.
L’initiation, et le degré d’apprenti qui s’en suit, est indéniablement l’un de ces moments particuliers, tout comme l’arrivée au 4ème degré, lorsque l’on est coopté et accueilli par ses frères.
Et l’un des points communs à ces deux grades est le silence.
Et voici qu’apparaît notre sujet de ce soir, mes frères :Du silence de l’Apprenti au Signe de M S.
Le silence de l’apprenti, qui lui est imposé, et que nous analyserons dans une première partie.
Puis, dans un second temps, nous étudierons le Signe du M S et toute sa symbolique, par rapport au rituel.
Enfin, nous essayerons de comprendre, dans l’énoncé du travail, le « Du » au « Au », et ce que cette progression peut supposer dans le parcours d’un maçon.
EXAMINONS DANS UN PREMIER TEMPS LE SILENCE DE L’APPRENTI
Lors de son initiation, le profane entend une voix lui dire « qu’il lui incombe des devoirs qui lui seront imposés et qu’il aura à remplir ».
Et cette même voix rajoute immédiatement : « le premier de ces devoirs est un silence absolu sur tout ce que vous aurez pu entendre et découvrir parmi nous, et sur tout ce que vous verrez, entendrez, et saurez par la suite ».
Et ce néophyte s’y engage, par serment, d’abord en buvant la coupe des libations, puis le genou à terre, devant les trois grandes lumières.
Enfin, une fois que le bandeau lui aura été enlevé, il confirme ce même serment.
Il s’agit là du silence vis-à-vis du monde profane, qu’il aura à observer tout au long de sa vie maçonnique.
Puis, il lui sera appris que le silence lui est également imposé durant les tenues.
Le dictionnaire définit le silence, comme absence de bruit.
Il définit également le bruit comme :
vPerturbation indésirable qui se superpose au signal et aux données utiles dans un canal de transmission ;
vEt comme ensemble des sons sans harmonie.
L’apprenti se rend rapidement compte que le silence lui est imposé, parce qu’il n’est pas encore en mesure d’intervenir de manière sensée, car il doit tout apprendre, et tout comprendre, par les symboles et leur signification.
Mais il comprendra également que ce silence est, avant tout, un cadeau qui lui est fait, à lui le dernier arrivé.
Pour lui apprendre à entendre, et, plus, à écouter.
Pour lui permettre de comprendre que, protégé par le silence, il doit utiliser celui-ci comme un outil de construction, d’ouverture, d’éveil.
Et ce n’est qu’en passant par le Silence qu’il pourra déconstruire tout ce qu’il ne reconnaîtra pas digne de faire partie de la construction de son Temple.
ETUDIONS A PRESENT LE SYMBOLISME QUE L’ON PEUT VOIR DERRIERE LE SIGNE DU M S
Hiram est mort, mais il n’a pas divulgué le secret, et l’acacia est là.
Il nous faut, en secret, continuer son œuvre, tout en poursuivant ses meurtriers.
Lorsque nous quitterons cette loge de Perfection, pour retourner dans nos Loges respectives des 3 premiers degrés, nous aurons à garder un secret absolu, car nous ne savons toujours pas qui sont les meurtriers.
Par ailleurs, lors de notre initiation au grade de M S., le TFPM nous a indiqué que nous allions être, « dans cette Loge secrète, comme un Apprenti dans une Loge du premier degré », et que pour « nous en donner une attestation, il allait nousclore les lèvres avec le sceau du secret ».
Et le TFPM fait ensuite ce signe qui se nomme dans le rituel « le Signe du Secret ou du Silence .
Quels enseignements tirer de tout cela, quelles idées trouver derrière ces symboles pour avancer sur la voie de la sagesse, puisque le rituel nous invite à nous « efforcer de découvrir l’idée sous le symbole » ?
Tout d’abord, on pourrait dire que le 4ème degré, c’est la recherche de la connaissance dans l’étude et la méditation, voire l’introspection
Le rituel de ce degré nous dit que « ce que nous avons appris jusqu’à ce jour en Maçonnerie n’est rien, auprès de ce qui nous reste à apprendre ».
Au 4ème degré, le M S s’impose à lui –même un silence, un secret.
Il a des connaissances, possède déjà un acquis, qu’il doit garder en lui, et un futur qui s’ouvre à lui, qu’il doit taire.
La différence est importante entre un apprenti qui ne sait rien ou presque, et un Maître, déjà aguerri, qui décide de se taire.
Le M S s’impose à lui-même un silence, en relation avec son soi intérieur, et ce qu’il tait ne serait, de toutes façons, pas divulguable.
En devenant gardien du Saint des Saints, le M S accède à une fonction sacerdotale.
Le M :. S :. est un lévite, il est donc à la fois gardien, et dépositaire du secret, même s’il est en dehors de la balustrade.
Dans la légende, le Saint des Saints contient l’Arche d’Alliance qui abrite les Tables de la Loi.
Ces Tables sont gravées, donc indestructibles, et elles contiennent le témoignage de la Loi unique et multiple.
Ce témoignage, c’est l’homme.
Ce qui lui est légué, c’est la poursuite de l’œuvre.
Le signe du M S est le symbole de l’introspection, de celui qui a acquis le sens de l’intériorité.
Certes, le M S est le gardien du Saint des Saints, à l’intérieur duquel, une fois par an, le grand prêtre prononce la Parole, mais il est, en réalité, le gardien de SON saint des Saints, à l’intérieur duquel – avec la clé qui lui a été donnée – il va rechercher la parole perdue, à l’intérieur de lui-même, au plus profond, au centre de lui-même.
Cette introspection pourra alors – peut-être – lui permettre d’entendre sa propre étincelle divine, dans cette tentative humaine de se rapprocher du divin.
Et par ailleurs, le fait est que cette clé, est à la hauteur de son nombril, tout comme la bavette relevée de l’apprenti
ESSAYONS MAINTENANDE DE COMPRENDRE LA RAISON D’ÊTRE DE CE « DU – AU » DANS NOTRE SUJET
Qu’est ce qui donne du sens à notre démarche ?
Après avoir perdu sa vieille peau de profane dans son premier tombeau (le cabinet de réflexion), l’initié meurt à nouveau sous le coup des passions de l’humanité (préjugés, jalousie, orgueil) pour se relever, à l’aide de ses frères, pour se construire autrement, pour reparaître « plus radieux que jamais ».
Il porte en lui tout l’espoir de l’avenir : il n’est plus l’apprenti d’antan, mais un apprenti « éclairé », même si « la Lumière qui frappe ses yeux n’est pas complète ».
Comme je l’ai déjà indiqué dans mon introduction, notre démarche maçonnique semble être une succession de passages.
Certains sont ponctués par une obligation de reconnaissance.
Reconnaître, c’est découvrir dans une perception présente (principalement visuelle, auditive ou tactile), l’image, la notion ou le nom de quelqu’un ou de quelque chose, dont on a déjà eu l’expérience ailleurs, ou dans le passé.
C’est, à la fois, reconnaissance par les autres de ce que l’on représente, mais aussi reconnaissance par soi, de son propre état.
Reconnaître (connaître à nouveau), fait appel directement à une mémoire, à ce qui a déjà été.
Cette mémoire peut être soit cachée, oubliée, à l’intérieur de soi, soit à découvrir par une divulgation plus tardive, quand le récipiendaire sera prêt.
Il s’agirait alors de combiner deux méthodes pour parvenir à s’approcher du but de notre quête :
üune exotérique, par l’étude, l’analyse, la compréhension, le « sens qui parle » de la symbolique, que nous croisons pendant notre vie maçonnique ;
üet, l’autre, ésotérique, plus intime, qui permet une transformation de ce savoir en connaissance, comme une forme d’assimilation, d’appropriation.
Et, au 4ème degré, le chemin proposé est l’application de règles morales regroupées sous la terminologie de Devoir, grande Loi de la Maçonnerie : inflexible, exigeant et impératif.
Ce degré nous commande de garder le secret, d’être obéissant, et de rester fidèle.
Ce Devoir n’est toutefois pas explicité, alors même qu’il nous est présenté comme le chemin le plus sûr pour atteindre une Vérité à notre portée, pour celui qui sait ouvrir les yeux, et retrouver la Parole Perdue.
Si l’originalité de la Franc Maçonnerie consiste :
üà ranger les symboles universels d’une manière particulière, propre à stimuler l’esprit,
üà nous faire découvrir de nouveaux paysages qui éclairent et remettent en cause les découvertes précédentes, alors, ce degré de M.S répond parfaitement à la définition !
En résumé, mes Frères, au 1er degré, le Silence de l’Apprenti lui permet de pouvoir entendre et comprendre ce qui vient de l’extérieur.
Au 4ème degré, le silence permet au M S de pouvoir entendre et comprendre ce qui vient de l’intérieur.
Le silence n’est plus seulement une discipline, il est devenu une attente, car le M S sait que l’on n’est pas initié, mais que l’on s’initie soi-même.
En conclusion, mes Frères, mon propos, ce soir comme toujours, n’est pas d’essayer d’être pédagogue ou de tenter d’enseigner quoi que ce soit.
Il est simplement de rendre compte, comme chacun le fait, à sa manière, quel que soit le sujet, en essayant de se rapprocher le plus possible de notre rituel.
Ce soir, mon sujet était « Du Silence de l’Apprenti, au Signe de M S », et j’ai tenté de vous exprimer mon point de vue.
Mais, au-delà de rendre compte, notre propos est aussi de vibrer, vous comme moi mes Frères, au diapason du grand chef d’orchestre, chacun oeuvrant avec son instrument, et son registre spécifique.
Je dirai donc que le M S est comme l’Apprenti du 1er degré, mais qu’il se situe à un niveau supérieur.
Le M Sa pris conscience qu’il est devenu responsable de sa progression, et qu’il a devant lui d’autres degrés à franchir, pour oser espérer une véritable réalisation.
Comment ne pas être enthousiaste devant une telle perspective ?
J’ai dit, T