La Clé

Auteur:

B∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Trois fois Puissant Maitre, et vous tous mes SS et mes FF, MS



Bijou du Maître Secret, la clé d’ivoire se différencie nettement des outils des bâtisseurs mis en œuvre dans les trois premiers degrés



La détenir, au lieu de décorer celui qui la porte, semble l’investir de plus de devoirs et d’exigences de dépassement de soi, que de puissance ! Ce bijou sous la forme de clé semble renvoyer à une tache de gardien d’une porte ou d’un sanctuaire.


Mais alors de quel Temple ? S’agit- il de pouvoir déverrouiller la bouche close par le sceau lors de notre élévation ? Ou de pouvoir ouvrir d’autres horizons ?



Examinons de plus près : A quoi ressemble cette clé ? Une clé a une forme qui doit normalement lui permettre de fonctionner ; sa partie principale est le panneton, partie active, qui ferme et ouvre lorsqu’on a trouvé la serrure dont la combinaison permet le passage en forme de Z.



L’anneau a la forme d’un cœur, peut être pour nous indiquer que le seul chemin qui puisse nous conduire versla Lumière est celui du cœur,



Sur un plan spirituel on peut penser que cette clé est celle de l’ouverture du cœur à la Vérité, et à la vraie Lumière, si l’on considère que dans la tradition chrétienne, le cœur est dit contenir le royaume de Dieu « le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » nous révèle Luc, ce que confirme un texte védique : « oui, cette lumière d’au-delà du firmament, qui brille par delà les mondes les plus hauts, oui cette lumière, c’est celle là même qui brille dans le cœur de l’Homme »’



Cette clé va-t-elle me permettre de franchir d’autres étapes? De me faire prendre conscience d’un problème qui m’est personnel ? Ou alors suis-je investie d’un rôle de gardien de quelque chose ?



L’ivoire ?couleur proche du blanc, symbolise la pureté ; cette matière organique rappelle l’ossature humaine ; c’est le constituant des défenses d’éléphants, symbole de puissance, et de sagesse, l’ivoire est incassable comme la volonté inflexible de l’initié désireux de toujours s’améliorer, toujours s’élever, cette matière dure, symbole de pureté par sa blancheur ; elle est blanche comme le cœur, l’esprit et les mains du Maçon ; la candeur de cette clé illustre ainsi la pureté des intentions et la probité de l’initié, symbolisées aussi, dès le premier degré, par la blancheur immaculée de ses gants et de son tablier ; L’ivoire est aussi assimilé au squelette de l’homme ; la clé est donc faite de ce qui nous permet d’avoir une forme et de fonctionner !



La lettre Z, 7ème lettre de l’alphabet hébreu, est l’initiale de Ziza, nom d’un des descendants de Salomon, mentionné dans la Bible et également le mot de passe du MS.



La lettre Z, qui est formée de deux 7 accolés, tête en haut, tête en bas, rappelle la formule célèbre de la Table d’émeraude, d’Hermes Trismégiste : « tout ce qui est en haut, est comme tout ce qui est en bas ».



En hébreu, le mot Ziza, signifie, Lumière, brillance,



Si on lit ce mot à l’envers, on découvre un nouveau mot : « AZIZ », qui signifie, fort, puissant en hébreu


Notre rituel traduit le mot ZIZA, par « éclat de Lumière » : dans notre rituel il est dit, je cite : « l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître »


Mais de quelle lumière s’agit il ?


Toutes ces significations sont donc étroitement liées à la situation du MS, qui est autorisé à s’approcher du Saint des Saints et de la lumière qui en émane.



Pourquoi le bijou du MS pendu au bout de mon sautoir,pourquoi ouvrir une porte ? au-delà de l’outil, la clé est un signe, elle n’ouvre pas, elle est l’ouverture ; au-delà du travail de l’artisan qui l’a façonnée, elle est le forgeron, le sculpteur, l’ajusteur lui-même ;

grâce à la clé d’ivoire, le MS aura la possibilite d’ouvrir ou fermer des portes.


Ouverte ou fermée, la porte est deux fois symbolique, elle limite un territoire tout en permettant la découverte de l’inconnu ; ouvrir ou fermer traduit l’intention, voire le pouvoir d’ouvrir le Saint des Saint, c’est-à-dire, soi même, pour se découvrir et se créer. Dans ces profondeurs noires ou pourrit le corps du Maître, est amorcé le retour à la vie de l’initié ; la cle annonce déjà l’évènement ! ouvrir donne à notre vie une dimension de profondeur, faite de gravité et d’intensité, qui nous oblige à ne point la gaspiller, àne l’engager que pour ce qui nous paraitêtre le meilleur.



L’ouverture nous impose des devoirs, des valeurs qui motivent et donnent du sens à tous nos actes ; en ce sens, l’ouverture donc la clé, suppose aussi une mise en jeu de soi en tant qu’être de sens, une mise en jeu de la parole, du choix, d’une direction et d’un projet de vie ; la clé réside dans la tentative d’unir et d’harmoniser les pulsions contraires et divergentes de notre être.
Il ne s’agit plus de tailler sa pierre mais d’aller au plus profond de soi, d’ouvrir à la conscience ce qui n’a pas encore été explorée ;

alors notre clé, ouvre t elle l’accès à un lieu sacré ?



Quel est donc ce lieu sacré auquel nous devons accéder ?



En fait, le Saint des Saints est au cœur de chacun d’entre nous, c’est notre Centre, notre moi profond, notre partie secrète et sacrée, c’est le « Deviens ce que tu es «  de Nietzsche.



Cette clé qui nous a été remise ne symbolise pas u n élément extérieur, à nous même, elle est nous même, comme le sont la, et je dirai même, les portes qui sont en nous et que nousdevrons ouvrir ou fermer, par étapes successives pour nous surpasser.



Ce cheminement est long, nécessite une grande volonté, il faut accepter de vaincre des obstacles, de faire des efforts sans cesse, de travailler… Cette clé réside au fond de nous tous.


Cette démarche induit une prise de conscience, laquelle est facilité, dirai je, par la méthode initiatique du 4 degré.



Obeissance, fidélité, discrétion ; autant d’éléments qui concourent à un état de réceptivité ;



Obéissance, mais à qui ? à quoi ?



Il ne s’agit pas d’une obéissance aveugle, dangereuse, mais celle d’un Maçon libre qui accepte d’adhérer aux principes de l’Ordre, qui accepte la notion de Devoir et qui accepte ses propres obligations envers lui-même.



La fidélité qui figure égalementdans le serment du MS, consiste essentiellement à mettre en adéquation son idéal, ses idées et ses actes.



Mais je m’étendrai plus volontiers sur la discrétion, le Secret, qui est un des éléments fondamentaux à ce grade. La TFP déclare : « je vous remets cette clé, embleme de la discrétion »


La dénomination de MS n’est pas anodine, elle rappelle cet aspect essentiel du secret à ce degré. Dès le début de la cérémonie de réception, le Maître récipiendaire se voit apposer sur les lèvres, le sceau du secret qui matérialise ce devoir de discretion qui sera désormais le sien.



Ce même devoir de discrétion est conforté par le signe qui se fait index et majeur posé sur la bouche. La discretion maçonnique à laquelle nous nous sommes engagés par Serment lors de notre première initiation, et lors de chacune de nos augmentations de salaire, est beaucoup plus stricte au 4è degrè ; celui qui sait ne parle pas et la Clé d’ivoire, pendue au sautoir, entre la gorge et la poitrine du MS tout en rendant compte du degré d’avancement de l’initié, est un rappel de la nécessité d’un silence modeste et respectueux puisqu’elle ouvre ou ferme le chemin d’accés à la Parole.


Cette entrée dans la discrétion va se traduire dans la Loge des MS tout naturellement par l’exercice de la fraternité la plus accomplie et la plus chaleureuse, non pas par des

démonstrations affectives, bruyantes et ostentatoires, mais par une compréhension, un soutien direct, car tout ce que chacun réalise pour son prochain, a pour vocation de s’exercer dans la discrétion, et mieux encore, dans le secret total.



Et pourquoi ces deux doigts ?


Le majeur symbolise le doigt du destin, l’index celui du commandement mais aussi du jugement, de l équilibre et du silence.


Ces deux doigts apposés sur la bouche favorisent la pratique du silence, la maitrise du verbe et la méditation.



Contrairement au silence de l’apprenti qui lui est imposé, le silence du MS est une discipline intérieure librement consentie. Il est un des éléments complémentaires à ceux évoqués précédemment, qui contribue à ce retour sur soi-même, cette prise de conscience de notre Monde intérieur, préalable à la poursuite de notre chemin initiatique. La dénomination du grade de Maître Secret confirme l’importance de la notion de secret et de silence en maçonnerie.


Du silence de l’Apprenti à l’intégration du  bon usage de la Parole du Maître, la nouvelle gestation s’opère dans le silence. A la menace du signe pénal de l’Apprenti, le Maître Secret substitue un pouvoir d’action autonome. Il y a une démarche volontaire du Maître qui en mettant ses deux doigts au coin de la bouche et non en couvrant celle-ci, prouve sa maîtrise du verbe par une retenue significative. Le silence du Maître Secret est différent de celui de l’Apprenti : il ne lui est pas imposé, il se l’impose à lui-même. Il l’assume, pleinement conscient de ce qu’on lui a appris et de ce qu’il lui reste à apprendre.


A ce degré, le silence est une discipline intérieure pratique, qui suggère et favorise la méditation. Cette puissance du silence volontairement observé n’est pas un rejet de la parole, bien au contraire, elle confère à celui qui l’observe une qualité d’écoute, de disponibilité et de réceptivité accrue, dépouillée de toutes sortes de parasites extérieurs indésirables.



En Loge de Perfection, le Maître Secret ne parle pas pour parler. Il s’exprime debout sans mise à l’ordre extérieure, si ce n’est par le signe du secret au début et à la fin de ses interventions. Sa mise à l’ordre étant intérieure, il n’a plus besoin de la manifester constamment par un signe extérieur.



Au commencement du chemin initiatique, le silence est tout d’abord l’apprentissage de l’écoute de l’autre. Son approfondissement s’avère comme étant un outil de discernement pour assumer et surmonter la contradiction. C’est un rappel de ce que l’itinéraire maçonnique est constitué de cycles où l’on est remis dans des situations apparemment semblables sans être identiques, puisqu’on progresse enrichi des acquis extérieurs.



Aux trois premiers grades, les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres se retirent à la clôture des travaux sous le serment du silence.



Le secret au 4ème degré donne son nom au grade dont il est l’élément principal. Si l’Apprenti est astreint au silence absolu, le Maître Secret se tait, en observant le devoir de conserver le secret. Le secret est la confirmation d’un cheminement intérieur qui a progressivement gagné en acuité.


Le fait d’accéder aux hauts grades ne signifie pas que nous sommes arrivées, que nous avons tout compris, faut travailler sans cesse, se remettre en question, toujours apprendre à mieux se connaître, en gardant une certaine humilité, une sagesse vis-à-vis des autres, ne perdons pas de vue le jour où nous avons reçu la Lumière…la porte basse.



Cette clé confiée au MS et qui n’ouvre aucune porte matérielle, donne accès à une demeure spirituelle qui est déjà en nous et qu’il nous faut découvrir, et révéler, car celui que l’on est appelé à découvrir derrière la porte, n’est rien d’autre que nous-même c’est-à-dire, l’être Vrai, dépouillé de tout artifice social.



Cette fameuse clé, c’est la clé de notre Sanctuaire intérieur, qu’il faut peut etre sans arret ouvrir,et refermer, car une clé ça ouvre et ça ferme ! peut être que depuis notre entrée en maçonnerie, certaines portes se sont refermées ? Il faut sans cesse se remettre à l’ouvrage, rien n’est acquis;


C’est une lourde tache mais pour m’aider dans cette quête, le Trois fois puissant Maître nous indique ceci  «  la route du devoir mène surement à la Vérité, cette route et longue et difficile (…) mais il n’est point de difficultés que l’énergie, la persévérance, et d’honnêtes intentions, ne puissent surmonter «  « c’est donc en suivant scrupuleusement la grande route du devoir que le MS devra travailler inlassablement ; pour moi maçonne, le devoir demeure une vertu positive, il est une joie et doit s’accomplir avec entrain, sans songer à une récompense, sans orgueil, ni ostentation, mais pour répondre aux exigences de sa conscience ; souvenons nous que ! Nos travaux peuvent n’être pas récompensés, car celui qui sème, ne récolte pas toujours ; bien que le voile qui couvrait notre regard ait été soulevé, puis retiré, n’oublions jamais mes SS et mes FF que ce que nous savons n’est rien à coté de l’immensité des

connaissances qu’il nous reste à découvrir, la Lumière est loin d’être acquise, mais nous avons la CLE ; rappelons nous toujours que le devoir du MS notre devoir, est de rechercher la Vérité, de rassembler donc ce qui est épars et de retrouver la Parole perdue en toute circonstance et quoi qu’il puisse nous en coûter.



Pour accéder à la Vérité, il n’y a probablement donc pas de CLE unique à tourner, car tous les êtres sont différents ; chacun doit trouver sa propre voie vers son idéal le plus élevé ; cela ne se peut que par un effort persévérant du cœur et de l’esprit, l’obéissance aux injonctions de sa conscience, la fidélité dans sa démarche et un travail sérieux en loge !



JANUS, Dieu des portes et des seuils, n’ouvrait les portes qu’à ceux qui avaient lutté et vaincu ; je vais donc essayer de continuer mon chemin vers la connaissance au plus profond de moi-même, et peut être que je trouverai la clé du Paradis !



Trois fois puissant Maître et vous tous mes SS et mes FF Maîtres secrets, j’ai dit !

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