La clef d’ivoire
F∴ M∴
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes Frères Maîtres Secrets en vos Degrés et Qualités,
Pour le rédiger, je me suis documenté par la
lecture de deux ouvrages de notre frère Daniel BERESNIAK,
qui sont : « La Parole Perdue et l’Art
Royal », et, « Les
Clefs du Maître Secret », parus
aux éditions Detrad A YS, du Dictionnaire des Symboles de
Jean CHEVALlER et Alain GHEER-BRANT, publié aux
éditions Robert Laffont/Jupiter, dans la collection
Bouquins, ainsi que, bien évidemment, de notre Manuel
d’Instruction au quatrième Degré.
« D : Quel est le bijou du
Maître Secret ?
R : Une Clef d’Ivoire dont le panneton porte la lettre
« Z », initiale de
« ZIZA » mot de passe du Grade.
D : Que représente cette Clef ?
R : Le détenteur de cette Clef d’Ivoire a la
possibilité d’accéder aux mystères du
Rite, car cette Clef ésotérique ouvre le chemin
de la longue et harmonieuse échelle initiatique des Hauts
Grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
C’est la Clef nécessaire à la
recherche de la vérité et de la Parole Perdue,
car elle peut permettre au Maître Secret d’accéder
ultérieurement au Saint des Saints ».
C’est en ces termes que notre Manuel d’Instruction au
quatrième Degré nous présente cette
Clef d’Ivoire, bijou du Maître Secret, qui va dans ce qui
suit, être l’objet de toute notre attention.
Le symbolisme de la Clef en général, est de toute
évidence lié avec son double rôle
d’ouverture et de fermeture.
C’est à la fois un rôle d’initiation et de
discrimination, ce qu’indique avec précision l’attribution
des Clefs du Royaume des Cieux à Saint-Pierre, le Christ lui
ayant confié le pouvoir d’ouvrir ou de fermer le Ciel
à ceux qui se présentent à sa porte.
Le symbolisme de la Clef ouvrant la voie initiatique, s’exprime aussi
dans le Coran, où il est dit que la Shahadah est la Clef du
Paradis. Les interprétations
ésotériques font de chacun des quatre mots de la
Shahadah, une des quatre dents de la Clef qui, à condition
d’être complète, ouvre toutes les portes de la
« Parole de Dieu »
et par conséquent celle du Paradis.
Au plan purement ésotérique, avoir la Clef
signifie avoir été initié, et cette
Clef là, indique non seulement l’entrée dans un
lieu, une ville ou une maison, mais encore l’accès
à un état, à une demeure spirituelle,
à un degré initiatique.
L’Ivoire lui, à cause de sa blancheur, est symbole de
pureté, et sa dureté le fait associé
au symbole de la puissance. Le coté précieux de
cette matière vivante, fait qu’associé
à la Clef, elle fait penser aux difficultés d’une
progression vers la découverte, vers l’illumination.
Mais avant d’aller plus loin dans l’examen du symbolisme
de la Clef d’Ivoire, remettons-nous en mémoire la
légende du Grade de Maître Secret :
Le Maître Hiram, l’Architecte, directeur des travaux de la
construction du Temple de Jérusalem, commandé par
le roi Salomon, est assassiné par de mauvais Compagnons qui
souhaitaient obtenir de lui, les Secrets du grade de Maître
dont ils se sentaient dignes, et, qu’ils s’estimaient capables
d’assumer. Leur forfait accompli, les meurtriers dissimulent le
cadavre, et les Maîtres consternés, partis
à sa recherche, décident de changer le
« mot de la Maîtrise »,
pour prévenir le cas improbable mais possible où
ils seraient parvenus à l’arracher à Hiram. C’est
la raison pour laquelle, les Maîtres maçons
disposent pour se reconnaître d’un mot substitué.
Le roi Salomon, dès qu’il eut ordonné de poursuivre, d’arrêter et de punir les assassins, se préoccupa de désigner des « Maîtres de valeur », pour, d’une part remplacer Hiram, et, d’autre part rechercher la « Parole Perdue ». Ces Maîtres constituèrent le corps des gardes, placé sous l’autorité du premier d ‘entre-eux, l’Inspecteur Adoniram, corps des gardes à qui était confiée la Clef qui ouvre le Saint des Saints, ce lieu qui contient et protège, outre la dépouille du Maître, les Lois Secrètes révélées à MOISE. Car en effet, au cours de la vie nomade du peuple juif, l’Arche d’Alliance était portée et entretenue par des lévites, et, quand ils s’arrêtaient, l’Arche d’Alliance était posée, abritée par une toile de tente en un lieu reculé, qu’ils nommaient le Saint des Saints.
Quand, après avoir traversé le
désert, les juifs s’installèrent en Canaan, et
devinrent sédentaires, ils entreprirent la construction du
Temple pour protéger l’Arche d’Alliance, et, ils
nommèrent naturellement, Saint des Saints le lieu
où dans le Temple elle fut posée, et les
lévites qui étaient chargés de la
porter dans la vie nomade, en devinrent les gardiens dans la vie
sédentaire.
C’est là, l’origine de la Loge de Maître Secret,
qui lors de sa création, au XVIIIème
siècle, était conçue pour nommer et
instruire sept lévites destinés à la
garde du Saint des Saints, ce lieu ou dans le Temple de Salomon
était posé l’Arche d’Alliance,
supposée contenir et protéger la
dépouille du Maître Hiram et les Tables de la Loi
ramenées par Moïse du Mont Sinaï.
Il faut conclure de ce rapide rappel de la légende de notre Grade, qui n’est en fait que le prolongement de ce que nous avons vécu au Grade de Maître en Loge bleue, que la dépouille de notre Maître Hiram est associée à l’Arche d’Alliance construite pour protéger les Tables de la Loi, et que par conséquent, cette Arche d’Alliance est le Trésor qui contient le « Témoignage » du Message de l’Eternel. Ce « Témoignage » c’est l’homme et plus précisément, celui qui, parmi les hommes est le bâtisseur, et que symbolise Hiram. Il est capable de créer, il collabore avec la divinité pour poursuivre la création, l’améliorer et l’achever, guidé par cette lumière intérieure qui est sa part divine.
Mais alors, tout repose sur la définition et
la réalité de ces « Maîtres
de valeur », certaines publications
disent même « Maître
expert », que le roi Salomon doit trouver
et nommer pour bâtir son corps des gardes à qui il
confiera ce bijou qu’est la Clef d’Ivoire. Pour bien comprendre le
symbolisme de cette Clef d’Ivoire, il est nécessaire de se
remettre en mémoire ce qui a été le
vécu maçonnique du Maître
maçon depuis sa première initiation.
Suivez-moi :
« Ici, tout est symbole ».
Ces mots prononcés à plusieurs reprises au cours
de la « cérémonie
d’initiation au premier Degré »
OU « de réception au Grade
d’Apprenti », annoncent le programme de
travail qui attend celui qui s’engage sur ce chemin. Ils indiquent que
tout ce qui existe ici sera regardé sous
l’éclairage du symbolisme, c’est-à-dire, que tout
ce qui a une forme, porte un sens, et que nous travaillons à
ce que les choses livrent leurs sens, jusqu’à ce que ces
sens nous conduisent à l’essentiel.
Nous sommes les bâtisseurs du sens, et les apparences sont notre matériau. A la fin de la cérémonie d’initiation, le nouvel Apprenti, est introduit dans la Loge ou on lui met entre les mains un Ciseau et un Maillet, et on lui a dit : « Travailles et tais-toi ! » et, lorsque timidement, il se risque à demander, parce qu’il commence à comprendre où il a mis les pieds, oh !, bien longtemps après ce premier jour : « Mais où donc est mon troisième outil ? » Le Second Surveillant lui répond : « Il est là, sur mon sautoir, car toi tu travailles et moi je contrôle. »
Alors est arrivé le jour ou le contrôleur a jugé que le travail de l’Apprenti était satisfaisant ce qui le rendait digne d’une augmentation de salaire. Il a été fait Compagnon, position difficile comme toute situation intermédiaire, car, exemple pour les Apprentis, et espoir pour les Maîtres, le Compagnon, entre ces deux ensembles, l’un qui l’observe et l’autre qui le surveille, doit continuer de travailler. Certes, il n’est plus astreint au silence ce qui améliore quelque peu sa condition. Accomplissant les voyages formateurs du Métier grâce auxquels il est supposé appendre à travailler, c’est-à-dire, à maîtriser la nature, il découvre de nouveaux outils : l’Equerre, le Compas ; il ne dégrossit plus la Pierre Brute, il polit maintenant la Pierre Cubique, sous le contrôle, du Premier Surveillant.
Ce dernier, son enseignement terminé, jugeant que le niveau des connaissances acquises par le Compagnon le justifie, proposera à la Loge qu’il soit élevé au grade de Maître. C’est alors que tout commence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon est invité à regarder la passion d’Hiram, et à en vivre la légende. Cette légende, peut-être lue comme sa propre histoire : il a construit, il meurt, il enterre la parole, il pourrit, et de ce pourrissement, les vivants horrifiés prononcent la parole substituée. Notre nouveau Maître possède l’initiation artisanale : il est allé vers…il s’est manifesté…il a étudié les outils et il les connaît, il sait s’en servir, il sait tracer des plans, il sait signifier, se servir de la matière, maîtriser la nature, commenter les symboles, en un mot il sait « Faire ».
Il a accompli le voyage qui mène du sens
jusqu’à la signification. Pour certains Maîtres il
s’agit là de l’accomplissement du chemin initiatique, comme
s’il y avait une fin, et que le but recherché
était atteint.
Mais que souhaite le roi Salomon ?… Essentiellement deux affaires le
préoccupent :
– Poursuivre et achever la construction du Temple, d’une part,
– Retrouver la Parole Perdue, d’autre part, …pour y parvenir, il ne
peut se satisfaire de ceux de ces Maîtres pour qui
l’accession à la Maîtrise est un accomplissement,
car en effet, tous les rituels maçonniques qu’ils ont
pratiqués leur ont enseignés deux notions
essentielles de l’Art Royal, contenues dans les deux formules suivantes
: « Réunir ce qui
était épars », et,
« aller plus loin ».
…« Réunir ce qui est épars ». Quand dans les « Constitutions », du Docteur Anderson, il est écrit, que : « la Franc-maçonnerie a pour but de réunir des personnes qui, sans elle, auraient continué de s’ignorer », il s’agissait, alors, ni plus ni moins que de favoriser les rencontres entre personnes de milieux différents, en créant en quelque sorte un club. Mais, la notion de « réunir ce qui est épars », une fois qu’elle est lancée, ne connaît plus de limite et elle se charge de sens au fur et à mesure qu’elle est méditée et vécue. C’est le principe du savoir et de la connaissance, c’est opérer une synthèse, et le message devient simple : l’union fait la force, et le projet maçonnique de « réunir ce qui est épars », à l’intérieur de soi-même et autour de soi-même, avec les autres, consiste à rétablir dans sa plénitude le pouvoir de devenir Dieu. Se connaître soi-même, dépasser ses conflits intérieurs, cela permet la rencontre avec les autres et autorise la Fraternité. Car la véritable maîtrise du monde ne sera possible que lorsque sera réalisée, dans l’ensemble de l’Univers, la Fraternité des hommes libres.
Le roi Salomon devait donc être capable de distinguer parmi les maîtres, ceux qui, hommes libres, se connaissent parfaitement, ont parcouru la difficile voie de la descente en ses enfers que nous venons de définir comme aller du sens à la signification, et, prêt à entreprendre la remontée de la signification au sens, prêt à vivre la véritable révolution intérieure et individuelle. On ne peut rien espérer des hommes qui n’entreprennent pas ce parcours, ils ne peuvent pas être des Frères, ils ne sont que des complices. La paresse d’esprit, la faiblesse du désir d’aller plus loin au fond des choses, à commencer par soi-même, se contenter de réagir et croire que l’on agit, se contenter de réciter et croire que l’on dit, se satisfaire d’une signification unique du sens, tout cela constitue le comportement de l’esclave, incapable s’il n’effectue pas sur lui-même un effort pénible de se remettre en question et de retrouver la Parole.
Le roi Salomon devait, pour choisir les
lévites dont il avait besoin, pouvoir distinguer ceux des
Maîtres qui étaient capables d’entreprendre cette
difficile démarche, et, étaient, par
là-même dignes d’accéder à
une fonction sacerdotale, car c’est bien à une initiation
sacerdotale que sont conviés ceux qui sont
appelés à devenir maîtres Secrets,
puisque gardiens du Saint des Saints, ils en possèdent la
Clef et que les prêtres n’y y pénètrent
que sous leur contrôle.
Cette initiation les fait passer du savoir
« Faire » au savoir
« Dire », et, de la
maîtrise des outils à la maîtrise du
verbe, ce qui éclaire le sens du signe du silence
qu’utilisent les Maîtres Secrets comme moyen de
reconnaissance, car, ce signe du silence indique bien que le secret
qu’ajoute l’isolement de l’Arche d’Alliance dans le Temple à
son caractère sacré, ne peut-être
quelque chose de palpable, mais un je-ne-sais-quoi qui
légitime un certain comportement qui sait distinguer ce qui
est invisible aux autres. Quelle forme pourrait mieux que celle de la
Clef, symbole de fermeture, être le bijou du maître
gardien du secret ?
Ainsi, « Réunir ce qui est
épars », c’est devenir Dieu,
et rejoindre le Message de l’Eternel dans le Saint des Saints.
L’objet de la quête du Maître Secret
est maintenant la « Parole Perdue »
dont la signification sera désormais le centre de sa
réflexion, et la recherche du
« mot » est une invitation
à sonder son inconscient, et à pratiquer
l’introspection.
La Clef d’Ivoire, bijou du Maître Secret, symbolise cet
esprit d’ouverture qui doit présider toutes les actions de
son quotidien. Elle n’est pas de métal, elle n’est pas
l’œuvre du forgeron, elle se différencie en cela
totalement de tous les autres outils mis en œuvre dans les
trois premiers Degrés de la Franc-maçonnerie. Ces
outils sont faits de minéraux et de
végétaux, la Clef, elle, est faite dans une
matière organique l’ivoire, l’os. Elle procède de
la structure qui sous-entend l’homme, elle est faite de ce qui permet
d’avoir une forme et de fonctionner, elle rappelle notre ossature, elle
est le forgeron lui-même. La Clef n’est pas un outil, elle
n’ouvre pas, elle est un signe, elle est l’ouverture. Elle traduit
l’intention et le pouvoir de son porteur d’ouvrir le Saint des Saints
et d’aller au fond de lui-même pour se découvrir
et se créer.
L’étude du symbolisme de la Clef, sous la conduite de l’étymologie, nous permet d’aller au-delà des lieux communs qui nous viennent à l’esprit sur le thème de l’ouverture, et de pénétrer les racines de la conscience. Car, en effet, nous constatons : que PT AH, Dieu de l’Egypte Ancienne, adoré à Memphis où sont matérialisés les principes métaphysiques de l’enseignement donné sous son égide, et considéré comme le Verbe créateur, et, CLEF sont étymologiquement identiques ; que le Pythagorisme auquel le Maître Secret doit s’intéresser tout particulièrement, a à sa source, l’enseignement du clergé de Ptah ; que Pythagore lui-même, comme de nombreux autres philosophes grecs, est allé suivre en Egypte cet enseignement. Que la mythologie de Ptah tout comme ZIZA le mot de passe du Grade, est en relation avec l’ennéagone qui, justement, est à la « base » de l’âge symbolique du Maître Secret. Tout cela apporte au bagage culturel constitué par les symboles du Degré que sont le Saint des Saints, l’Arche d’Alliance qu’il contient, le « gardien » sacerdotal du lieu réservé, le signe du silence et la Clef d’Ivoire, une cohérence stimulante pour l’esprit.
Dans les profondeurs noires où pourri le
corps du Maître, la palingénésie de
l’initié se prépare. La Clef annonce
l’événement. A partir du mot
substitué, simple signe de ralliement, il reste à
accomplir par le Maître choisi par le roi Salomon, le
maître Secret, le chemin inverse, c’est-à-dire
remonter de la signification au sens, donc au symbole
lui-même.
La mort n’est qu’un changement d’état, un changement de
direction. Le thème initiatique fondamental :
mort/résurrection, qui est
célébré par la légende
d’Hiram est porteur de sens, et, a de nombreuses significations
possibles ; l’une d’entre-elles est que mourir et renaître,
c’est voir les choses autrement, car en effet, si on change
l’éclairage, ces choses changent d’apparence.
L’enrichissement est alors pour celui qui
renaît, car il bénéficie de l’avantage
du né deux fois qui a le privilège en
même temps que de découvrir un monde nouveau, de
se souvenir du monde passé et de pouvoir les comparer. La
mort, cette rupture, qui, considérée comme un
drame à un premier niveau, signifie tout simplement, changer
de cap, à un autre niveau.
Ainsi, le thème de la Parole Perdue enseigne la
nécessité de revenir vers le sens, de
redécouvrir la plénitude du sens des symboles
après en avoir extrait des significations. C’est
l’enseignement de l’énergie restituée, le
thème de la régénérescence,
du rythme de la vie. La Parole est perdue lorsque l’on ne peut plus
produire d’idées nouvelles à propos des symboles,
et certains pensent alors, à ce moment là, avoir
épuisé le sens. Il n’en est rien, en
réalité, ce sont eux qui ont
épuisé leurs moyens, leurs capacités
créatrices qui procurent du sens. La Parole est Perdue chez
ceux qui croient avoir tout vu, avoir tout dit, et ce sont les
mêmes qui disent qu’il n’y a rien a voir, là,
où eux-mêmes ne voient rien.
La Parole Perdue est à retrouver. Sa quête exige une douloureuse remise en question de toutes les certitudes acquises. Il faut mourir à un monde encore et encore… pour « aller plus loin ». Cette quête, si elle est voulue et vécue selon l’Art Royal, par le porteur de la Clef d’Ivoire, régénérera et rétablira la puissance créatrice de ce dernier. Car l’Art Royal, c’est-à-dire, l’Art de la Géométrie, permet de résoudre les contradictions en les englobant dans une réalité qui les dépasse. Cet Art associe pédagogie et thérapie parce qu’en créant une entité nouvelle, à partir de deux autres contradictoires, il permet d’avancer sans faire un choix entre deux propositions. Le choix en effet mutile et rétrécit la conscience, tandis que le dépassement intègre et enrichit. L’Art Royal enseigne que toute proposition est « vraie » à l’intérieur d’un contexte défini et « fausse » dans un autre contexte. Pour englober deux propositions contradictoires, il faut définir le contexte à l’intérieur duquel elles s’opposent. Puis, il faut créer un autre contexte en ajoutant un paramètre au sein duquel les deux figures contradictoires participent à égalité, sans qu’aucune ne soit négligée, et par ce biais « réunir ce qui était épars ».
Et pour que nous soyons tous bien
imprégné de l’importance de l’Art Royal dans la
vie maçonnique en général, et la vie
du Maître Secret en particulier, je terminerai mon propos en
vous remettant en mémoire de la plus vieille des
définitions connues de la Franc-maçonnerie, celle
écrite dans le manuscrit COOK de 1430 : « La
cinquième des sciences est la
Géométrie, c’est-à-dire la
Franc-maçonnerie, l’art de mesurer toute chose sur la terre
et dans le ciel ».
Cette remontée vers la plénitude du sens
renouvellera la fécondité de l’esprit du
Maître Secret, opération qui lui permettra de
mieux comprendre, et par conséquent, d’admettre plus
aisément, que de nombreuses interprétations du
sens d’un symbole ne s’excluent pas, les unes les autres, mais bien au
contraire attestent la Vérité de ce sens et
rejoignent cette valeur essentielle de la Franc-maçonnerie
qui est la TOLERANCE.
C’est à ce Maître Secret-là que, un
jour, la Clef d’Ivoire ouvrira le Saint des Saints.
J’ai dit, Trois fois Puissant Maître, et vous tous mes
Frères Maîtres Secrets en vos Degrés et
Qualités.