La Franc-Maçonnerie vous a proposé la Lumière, qu’en avez-vous fait ?
R∴ M∴ A∴ B∴
Très Respectable Met vous tous mes FFet SS V M,
Bergson disait : « Je ne vois qu’un moyen de savoir jusqu’où on peut aller, c’est de se mettre en route et de marcher »
Rejoindre cette communautéd’hommes et de femmes qui essaient de contribuer à l’émergence d’une humanité fraternelle, soucieuse de préserver certaines valeurs essentielles et la volonté de progresser sur moi-même m’ont poussée à frapper à la porte du temple il y a bientôt 12 ans.
Issue d’une famille catholique pratiquante,je ne trouvais pas mon compte dans cette spiritualité. Le besoin de chercher et de comprendre m’ont aiguillonnée.
Alors dans l’obscurité, je suis partie chercher la lumière.
Je me suis laissée conduire par l’image du chemin et de son ambivalence. En effet,le chemin est en même temps la voie de communication qui mène d’étape en étape et le mouvement qu’accomplit celui qui emprunte cette voie en se déplaçant d’un lieu à l’autre.
Le voyageur fait le chemin en même temps qu’il le suit, découverte géographiquement objective si l’on veut mais subjective aussi,existentielle ce qui implique décision mise en mouvement, arrêt parfois,attentes,hésitations, résolutions nouvelles, en somme, tout un univers psychique prévisible sinon codifié.
L’initiation est également, comme le chemin,susceptible d’ambivalence :moment solennel où nous sommes reçus dans le temple,elle est aussi ce lent processus de métamorphose qui a lieu dans l’athanor de notre intime alchimie spirituelle.
Nous avons tous, ici,été candidats à l’initiation, puis sujets de celle ci, recevant notre augmentationde salaire en passant du grade d’A à celui de Comp pour être ensuite élevé à la Maîtrise
L’obscurité est la condition 1ère que suggère le passage sous le bandeau,en prélude auxvoyages de la cérémonie d’initiation effectués en aveugle,avant le recouvrement de la vue, face au delta lumineux.
Dans le mémentod’A, il nous est demandé lors du tuilage : « Pourquoi vous êtes vous fait recevoir FM ? » et la réponse est « Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’aspirais à la Lumière »,paradoxe platonicien du « Ménon »suivant lequel on ne saurait éprouver de désir pour ce que l’on ignore.
Alors lorsque le 1èr Surveillant a demandé la lumière ce soir de mon initiation et que le bandeau est tombé, au delà de la brillance des épées tendues devant moi pour me porter secours, rayons chevaleresques de la vigilante fraternité, il y avait ce temple brillant, éclairé par les sourires chaleureuxsur les visages de ceux qui m ’accueillaient et l’œil inscrit dans le delta lumineux,garant d’une sorte de réponse à la question de la transcendance recherchée.
Cet œil a été l’occasion du coup de foudre avec la FM car il y a toujours un échange de regards à la naissance de l’amour.
J’étais donc admise dans la communauté des « Fils de la Lumière ».
Sans oublier pour autant de ne pas négliger le risque encouru en permanence par chacun d’entre nous de recommencer à errer par des chemins d’ombre.
Le Conseiller National de l’époque m’avait dit : « travaille, il n’y a que comme cela que tu arriveras » alors comme cela faisait résonance avec ce que m’avaient toujours inculqué mes parents, j’ai travaillé et c’est ce que je continue à faire.
J’ai toujours ce besoin de m’arrêter et de réfléchir, de m’ interroger.
J’ai taillé ma pierre dans le silence et l’observation. J’ai pu me « former » en travaillant par moi-même en plus du travail effectué sous la houlette du 2nd Surveillant .
En communiquant et en écoutant les plus anciens maîtres, j’ai appris à m’intégrer dans la fraternité de ma loge.J’ai compris qu’il me fallait intérioriseret descendre en moi-même pour mieux me construire en abandonnant mes certitudes. Ce n’est pas facile de tuer le vieil homme.
Le grade de maturation qu’est celui de Comp m’a permis d’apprendre à utiliser tous les outils mis à ma disposition.
Les sens, les arts, les sciences, les bienfaiteurs de l’humanité et le travail, soient la majorité des connaissances humaines s’ouvraient alors à moi. Assisesur la colonne des compagnons, j’ai exploré ce programme si vaste qu’à ce jour il est loin d’être épuisé.
Sur la colonnedu midi, revêtue de mon tablier blanc, bavette rabattue, j’ai poli ma pierre de telle sorte que cubique ellepuisse s’insérer dans notre mur commun. L’Étoileflamboyante dont nous disons lors du tuilage que nous l’avons vue est le but principal de la démarche initiatique du Comp.
C’est la 1ère approche où le spirituel domine le matériel. Il nous faut mettre dans la symbolique de cette étoile une partie de nous-même.
Passage de la reconnaissance des autres : « mes FFet mes SS me reconnaissent pour tel » à la connaissance d’un élément qui permet d’afficher la situation : « J’ai vu » l’Étoile Flamboyante.
Il y a
là
une évolution, une indépendance qui
s’affirme.
Comp, nous sommes
dans une phase
intermédiaire entre le besoin de l’aide
d’autrui et l’indépendance du
Maître .
Nos obligations en tant que Comp sont intimes et pourtant elles impliquent de progresser encore et toujours. La lumière n’est pas donnée naturellement aux humains, il nous faut la conquérir. L’élargissement du pas et le compas pour prendre sa part de vérité, la lumière de l’Étoile flamboyante pour guide, le Comp agit et interagit avec le monde. C’est par cela et pour cela qu’il existe. A un moment, il faut quitter le cocon rassurant de la théorie et de l’analyse pour plonger les mains dans la matière et sauter des 2 pieds dans le monde.
Le levier est à l’édification ce que l’art du trait est au dessin, un outil pour mieux exploiter la force.Agir, c’est prendre position, c’est donc risquer de se tromper, c’est s’impliquer. Le levier n’est pas seul. Il a besoin d’un point d’appui et chez nous c’est la règle. Cette règle c’est notre méthode, notre rituel.
Le voyage le plus important, le plus courageux et le plus difficile aussi accompli par le Comp est celui de la découverte de l’autre.Plus que jamais il faut Ecouter, Regarder, Méditer, Comprendre et Réaliser à son tour.
Si la vie initiatique se construit dans le mystère, tout se construit et en particulier la lumière.
Lors de l’entrée en chambre du Milieu le TRMdit au Compretourné : «C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir ».En effet, l’entrée à reculons nous permet de nous retourner sur notre passé. Au1er degré, notre étoile se trouve dans la voûte étoilée, Comp, elle nous a été révélée lors du 5ème voyage .
Devenu étoile, le Comppeut rayonner de toute la connaissance acquise, flamboyer de tout l’amour qu’il contient.
Pratiquer le cheminement sur la voie initiatique nécessite un retour sur soi en permanence. Et lorsque nous portons notre regard sur le parcours effectué depuis le jour de notre initiation, nous constatons que l’enseignement symbolique de nos rituels nous donne progressivement les outils et nous donneles moyens de réaliser le discernement quiest à mes yeux une clé d’accès essentielle à une réelle maîtrise.
Chacun d’entre nous suit cet objectif et tend vers ce but à sa façon, à son rythme avec ses convictions qui ne sont plus des certitudes.Seul compte, serais je tentée de dire, le résultat pour devenir un être vrai et libre, débarrassé de sa gangue, devenir Maître Hiram, lorsque la lumière reparaît et poursuivre l’œuvre commencée dans le temple. Les 3 Mauvais compagnons ont symbolisé les tentations multiples qui nous guettent.il faut que notre vigilance soit toujours en éveil pour éviter de perdre le bénéfice de notre élévation initiatique.
Nous savons chacun pour le vivre au quotidien combien ce cheminement intime et longest difficile, douloureux, combien il implique de remise en question, de retour sur soi, de trébuchement. Nous voyons à chaque instant malgré nos 7ans et plus, l’importance de notre ego, de la difficulté de faire la guerre aux mauvais penchants de celui-ci pour nous détacher de bien des passions. C’est ce manque d’amour et de discernement qui font de nous nos propres mauvais compagnons, nos propres meurtriers. Le chantier est en nous même, c’est là que se trame quelque chose, dans notre obscurité intérieure quand nous sommes vulnérables.
Si je devais décrire mon cheminement dans quel ordre le ferais-je ?_interrogation sur mon existence
_découverte de la fraternité initiatique
_ouverture du cœur
_élévation de la conscience par une plus grande intégration du sacré et de la spiritualité
_discernement
_maîtrise progressive de l’ego et des passions, détachement de l’avoir
_besoin de partager avec mes FF et mes SS en initiation et en humanité, mon vécu et mes acquis.
Cela m’a été souvent donné de le faire avec plusieurs d’entre eux :
En échangeant avec nos FF et SS d’abord puis avec le monde qui nous entoure, nous pouvons et nous devons réaliser notre progression spirituelle. Nous devons chercher en permanence la réalité à travers les illusions et servir : c’est à dire donner à nos FF et SS toute l’aide dont ils peuvent avoir besoin, cela se fait en transmettant ce qui nous a été transmis à l’image des coureurs de relais qui passent le témoin à leurs coéquipiers.
Ainsi le Maître répand partout la lumière dans ses ténèbres intérieures d’abord puis en projetant sa lumière intérieure sur ce qui l’entoure.
Le chant de la lumière est partout sur la terre à hauteur d’homme. Il illumine notre humanité et nous offre la dimension de l’esprit.
Encore faut-il savoir regarder. Et c’est à changer ce regard que je consacre beaucoup de mon temps car ce n’est pas d’avancer lentement sur le chemin qui est blâmable c’est de s’arrêter de chercher ce qui a été perdu.
Des horizons extraordinaires,éclairés par une lumière aux teintes chatoyantes sont pour moi une invitation à poursuivre le voyage dans le plus profond de mon cœur pour y trouver la lumière de l’amour universel.
J’ai dit T