La couronne de laurier et d’olivier
T∴ F∴ P∴ M∴
A
LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus
Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains
Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
TROIS FOIS PUISSANT MAÎTRE,
Et vous tous mes Frères Maîtres Secrets
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus
Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains
Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
TROIS FOIS PUISSANT MAÎTRE,
Et vous tous mes Frères Maîtres Secrets
A l’issue de la cérémonie de réception au grade de Maître Secret, le Trois Fois Puissant Maître présente puis pose la couronne de laurier et d’olivier sur la tête de chaque nouveau Maître Secret venant de contracter ses obligations et notamment celle de suivre irrévocablement la Voie du Devoir.
« Je te couronne du laurier et de l’olivier, emblèmes de victoire et de triomphe, prémisses de tes succès futurs dans ta marche vers la Vérité ».
Habitué depuis ma tendre enfance aux joutes sportives et aux maigres breloques récoltées ici et là durant des décennies d’efforts en récompense de mes modestes performances, quelle ne fût ma surprise de me voir ainsi féliciter d’une victoire encore à conquérir, tel le héros antique ceint de la couronne olympique attribuée aux Dieux du stade.
Cette couronne qui a orné le front des généraux romains vainqueurs, des savants, des écrivains lauréats de concours, unit dans le M.S couronné ce qui est au dessous de lui et ce qui est au dessus. Elle marque aussi les limites qui séparent le terrestre du céleste, l’humain du divin. C’est la plus haute distinction qui soit, signe d’une supériorité fût-elle éphémère et superficielle.
Sa forme circulaire indique la perfection vers laquelle le Maître accompli doit tendre, et dont le cercle est le symbole. Ce cercle délimite un espace mais il peut être défini comme une juxtaposition de points ou comme un point étendu caractéristique d’homogénéité et de perfection, ainsi que de non-division. Il est sans début ni fin, expression du travail long et peuplé d’embûches que le Maçon doit accomplir dans la rectitude lumineuse de son équerre d’argent. Le centre de ce cercle est unique et ramène à l’unité, quête de notre démarche spirituelle. Il est l’axe qui permet à celui qui y parvient de pouvoir s’élever vers les états supérieurs.
Comme pourraient l’être les branches d’un compas, la couronne de laurier et d’olivier est ouverte au dessus du front, ouverture assimilable à un 3ème œil à l’emplacement du 6ème chakra. Formant la pointe d’un triangle dont les yeux seraient la base, ce 3ème œil , invisible, est celui qui voit ce que l’esprit perçoit.
Cette ouverture ne signifierait-t-elle pas une invitation à la transmission horizontale, afin que le M.S dispense à ses jeunes FF, et dans un sens plus large à tous les hommes, ce qu’il a reçu et acquis d’un point de vue spirituel ?
Cependant, cette couronne est-elle bien nécessaire au cherchant que je suis pour avancer dans ma quête ? Le Frère Inspecteur ne nous demande-t-il pas « si nous sommes préparés à accomplir le Devoir parce qu’il est le Devoir, sans songer à la récompense » et que « nos travaux peuvent ne pas être récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours ».
Je dois m’attacher à accomplir ce Devoir, « grande Loi de la Maçonnerie », avec toute l’humilité qui doit accompagner le Maçon, en étant constamment à l’écoute attentive de ma conscience, chercher au fond de moi-même un fil conducteur à l’exercice des petits devoirs, pour ne pas perdre de vue l’essentiel qui est larecherche de la Vérité et de la Parole perdue, en rassemblant en moi tout ce qui est épars.
Pour me guider vers le chemin menant à la victoire, à ma victoire personnelle, le T.F.P.M me rappelle « de ne pas profaner ce nom de Vérité en le donnant aux conceptions humaines », d’accueillir toutes les opinions mais de ne point en demeurer prisonnier. Si tel était le cas, je n’aurai qu’une compréhension limitée des choses et du Monde dans lequel nous vivons. Je resterai prisonnier de mes conditionnements, tels les enchaînés de la caverne de Platon qui, seulement en s’affranchissant des apparences du monde sensible, pourront progresser jusqu’aux Vérités supérieures.
Notre Rituel trace clairement la voie que doit emprunter le M.S : promouvoir la Justice,vaincre l’opinion, les superstitions, les idoles afin de donner tout sens à la recherche de la Vérité.
Il importe, au cours de ce pèlerinage intérieur, de prendre conscience de la dualité humaine, non pour la vaincre mais pour l’harmoniser, pour réconcilier les parts d’ombre et de lumière que nous avons chacun en nous. La victoire ne sera possible que lorsque les mauvais compagnons qui bouillonnent en nous, ces ennemis de l’ordre et de l’unité, seront, non pas anéantis, mais maîtrisés et transformés.
Au cours de la cérémonie de réception, il est remis au M.Sla clé d’ivoire, outil essentiel lui permettant d’accéder au saint des Saints de son temple intérieur, à la Connaissance. Je détiens donc la clé « d’y voir » de mes succès futurs, mais le mode d’emploi est encore très flou, tel ce bandeau légèrement opaque posé sur mon front qui me rappelle qu’il me reste encore beaucoup à comprendre avant d’exploiter toutes mes potentialités. La lettre Z du Ziza inscrite sur le panneton de ma clé m’indique la « Resplendeur », mot purement , voire exclusivement maçonnique, signifiant cette éblouissante lumière que je dois atteindre, lorsque j’aurai franchi cette balustrade qui me sépare encore de mon inaccessible étoile divine.
Le Devoir m’attend, les sentences prononcées gravement par mes FF M.S lors de ma cérémonie de réception m’obligent à réussir, ou tout du moins à me donner tous les moyens pour réussir et mériter cette couronne :
« Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes »,
« Malheur à ceux qui assument une charge qu’ils ne peuvent pas porter »,
« Malheur à ceux qui acceptent des devoirs et qui ensuite les négligent ».
L’omniprésence de ce laurier et de cet olivier au cours des Tenues au grade de M.S, que ce soit sur mon tablier ou sur la table intermédiaire située devant le T.F.P.M, me rappelle constamment mes obligations et mon engagement pris devant vous en présence du G.A.D.L.U.
Si le rameau d’acacia, végétal symbole de la maîtrise, était gage de résurrection, de l’accès à la vie spirituelle, ce laurier et cet olivier symbolisent avant tout la gloire et le triomphe sur la mort.
Symboliquement, l’arbre correspond à l’axe cosmique reliant la terre et le ciel, couvrant les 3 plans : le souterrain par ses racines fouillant les profondeurs où elles s’enfoncent, la surface de la terre par son tronc et ses premières branches, et le ciel par la lumière attirant les branches de sa cime.
Symbole de vie, il est en perpétuelle évolution, en ascension vers le ciel, tel le chemin que nous essayons de tracer.
Le laurier et l’olivier se complètent parfaitement, dans la mesure où le laurier de petite taille correspond au plan terrestre (pouvant ainsi représenter l’amour horizontal envers son prochain) tandis que l’olivier, de par sa haute stature, se rapporte au plan divin (soit l’amour vertical envers le GADLU).
L’association de ces deux entités végétales inspire la recherche d’un délicat équilibre entre la résistance silencieuse et intérieure de l’olivier en conditions arides et l’exubérance du laurier, vivace sous des latitudes plus clémentes, capable de proliférer et offrir une protection par rapport à l’extérieur.
Il n’est bien sûr pas un hasard de retrouver ces 2 végétaux dans la mythologie et dans de nombreuses Traditions.
Ainsi, dans la Grèce antique, l’olivier, symbole de victoire, de paix et de prospérité, est associé à Athéna, déesse de la sagesse et de la pensée, victorieuse de Poséidon pour la possession de l’Attique.
Dans la tradition judéo-chrétienne, c’est un rameau d’olivier que la colombe de Noé tient dans son bec, marquant la fin du déluge et symbolisant le pardon de Dieu et la paix.
Dans la nuit qui précéda son arrestation, Jésus choisit le Mont des Oliviers pour se recueillir et prier. Le sacrifice est ainsi une notion symbolique de l’olivier.
Par ailleurs, la croix du Christ aurait été faite de bois d’olivier et de cèdre.
Imputrescible, l’olivier bénéficie d’une grande longévité. L’arbre reste vert toute l’année, son feuillage s’orientant différemment en fonction des saisons.
La symbolique de paix universelle associée à l’olivier se retrouve encore fortement de nos jours, notamment à travers le drapeau de l’O.N.U représenté par le monde entouré d’une couronne de rameaux d’olivier.
D’un point de vue mythologique, le laurier, dont le feuillage reste, lui aussi, vert en hiver, est généralement associé à Apollon, Dieu du soleil. Il symbolise la connaissance et l’immortalité acquise par la victoire.
En Grèce antique, avant de rendre ses prophéties, la Pythie accordait au laurier des qualités divinatoires. Elle le mâchait ou le brûlait, puis, pour ceux qui avaient obtenu une réponse positive, elle leur offrait une couronne de lauriers.
Placée sur le fronton du Temple de Delphes dédié à la Pythie, cette inscription « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l‘Univers etles Dieux », parfaite illustration de la symbolique du laurier,me rappelle cette invitation à l’introspection initiée dans les loges bleues, cette descente dans les profondeurs de mon intériorité pour trouver l’essence de mon être.
Victor Hugo le souligne encore dans le « Post-Scriptum de ma vie » : « c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors. En nous penchant sur ce puits, notre esprit, nous y apercevons, à une distance d’abîme, dans un cercle étroit, le monde immense »
Si ma démarche initiatique entamée il y a quelques années a commencé à m’entrouvrir les yeux, j’ai pleinement conscience que le travail sera très long pour accéder à « ce monde immense ». Tout est encore en germe en moi, l’acquisition de la maîtrise reste à faire, l’œuvre est interrompue et inachevée, et la parole désormais perdue reste à retrouver. Mes FF lévites, nous nous sommes engagés sur cette voie du Devoir…et même si je ne dois en attendre aucune récompense, peut être pourrais-je un jour recevoir une autre couronne de laurier et d’olivier récompensant enfin la victoire que j’aurai obtenu sur moi-même.
J’ai dit