La Loi Universelle

Auteur:

P∴ B∴

GLDF
Loge:
Non communiqué

« Il n’y a de réellement admirable que la loi universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ».

Cette phrase nous invite à sortir du monde visible pour aller voir de l’autre coté, l’invisible, l’intouchable, l’ordonnateur de l’univers.

Chaque mot est pesé pour sa force.

En premier lieu c’est surtout le mot d’universel qui retient mon attention. Qu’appelle t’on « loi universelle ? » Est ce le hasard ou existe-t-il un ordre pré défini, agencé par un être suprême, un grand ordonnateur !

A ce jour la science ne peut répondre à ces questions. Au terme de loi, je substituerai le terme d’harmonie universelle ! Comment cette harmonie se maintient-elle ?

Il y a des milliards d’années, le big bang ! En un temps infiniment court, la matière a pris le dessus sur l’anti matière.

Pourquoi ce déséquilibre originel a engendré le TOUT, plutôt que le rien ?

4 JUILLET 2012 ? Le Boson de Higgs, particule élémentaire théorique nécessaire à la physique relativiste actuelle est détectée ! Sa découverte induit un déséquilibre dans la théorie d’Einstein, sans pour autant la remettre en cause totalement.

Cette théorie sous tend l’état actuel de la connaissance de la cosmologie, cad, l’univers ! Celui-ci est en perpétuel mouvement et s’accroit en permanence et son contenu (matière et rayonnement) est régi, par la théorie de la relativité.

Quelle est la place de l’humain, à ce niveau ?

L’homme représente le microcosme, inclus dans le macrocosme, l’univers ! Cet état de fait lui a permis de prendre conscience de son néant par rapport à l’infini. Il s’agit de ce que l’on nomme la conscience cosmique, qui permet de concevoir ce qui est infini.

C’est cette part de l’entendement humain, qui le distingue de l’animal, qui lui donne accès à la grande architecture de l’Univers.

On peut donc en conclure qu’avant le big bang l’Esprit seul existait. Cet esprit initial est à l’origine de notre esprit actuel. Cet esprit a été capable d’intention, puisqu’il a mis en œuvre l’Univers, que celui-ci évolue (il est en expansion). Cet esprit a créé le vivant (nous existons) et il s’est placé au sein de la matière !

L’immatériel s’est placé dans le matériel afin que l’esprit le dirige. Cet Esprit initial a voulu que l’esprit (le notre) évolue dans le système qu’il a conçu. Ce qui entoure l’homme dans le quotidien montre que tout est régi par un ordonnancement qui le dépasse, comme le suggère la F M.

On passe d’une loi physique, conçue par l’homme, donc variable et réductrice, à une loi inconcevable pour l’esprit humain, qui apparait à l’homme quand il contemple l’univers et son immensité.

D’ou le terme d’admirable qui désigne un sentiment de joie et d’épanouissement devant quelque chose de supérieurement beau et extraordinaire. Cette admiration est un sentiment ou notre esprit s’incline devant ce qui le dépasse.

Devant cet ordonnancement il ne peut ressentir que de l’admiration pour ce spectacle qui se joue devant lui et sur lequel il n’a pas prise, mais bien au contraire, dans sa recherche de vérité, il tendra vers la compréhension, pour tenter de donner un sens à son existence humaine, basée sur les sentences énoncées dans le rituel.

Cela suppose l’existence d’une vérité, d’un principe supérieur, qui est inaccessible à la raison, et c’est cette Vérité que le M S que je suis se doit de rechercher. Ceci pour prendre conscience que j’appartiens à un grand TOUT, même si ce TOUT me dépasse.

Le Pasteur Anderson l’avait déjà établi en préambule dans ses constitutions en 1722, en érigeant notamment celles-ci comme la loi fondamentale de la F M universelle. Ces règles sont notre ciment et notre lien, elles sont d’ordre moral et pratique.

Elles assignent à tous les F M des impératifs moraux intangibles que nous retrouvons dans notre rituel :

« Vous ne vous forgerez pas d’idoles humaines… »
« Vous ne prendrez pas les mots pour des idées… »
« Ne profanez pas le mot de Vérité… »

« Quelque admiration que vous inspire le spectacle de l’Univers souvenez vous que ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse ».

Voila posées les obligations du M S vis-à-vis du GADLU, du Principe Supérieur. Ce sont des impératifs moraux, mais difficilement atteignables pour l’homme que je suis.

Nous sommes tous soumis à la grande loi universelle du Grand Architecte de l’univers. Cette loi, au sens moral, peut s’interpréter différemment selon chacun. Dès lors le devoir du M S est de se mettre en adéquation avec ce principe supérieur, en Harmonie  comme je l’évoquerai un peu plus loin.

A cet instant la libération de la partie spirituelle du M S doit lui permettre d’approcher le saint des saints, avec l’aide de sa clé.

Le travail de recherche de la parole perdue, est celui de la quête de la perfection spirituelle, pour que l’homme puisse retrouver l’état qui fut le sien lors de la première émanation et qu’il retourne à la divinité perdue.

Au commencement était la parole, et la parole était dieu. Adam et Eve ont perdu le logos, la lumière. Le créateur a rompu avec sa créature, mais lui a donné la possibilité de se racheter.

Plus nous approchons dans nos réponses au « comment » des manifestations de l’univers plus nous nous rapprochons du Principe, car nous connaissons nos limites et que seul le Principe détient la réponse au « pourquoi » !

L’esprit humain est habité par ce désir d’infini, un désir de comprendre même ce qui se situe au delà de son champ « intelligible », de percevoir la place de sa vie et de sa mort dans l’Infini du monde.

Ce mode d’appréhension par le microcosme humain du macrocosme universel est ce que nos prédécesseurs ont appelé la Gnose.

Elle donne le sentiment qu’au cœur de l’esprit humain existe alors un reflet de l’unité du cosmos ; « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Cela nous amène à nous poser la question d’un être supérieur, Dieu, le Gladu, peut importe le nom ! Tout cela se résume en un seul nom : l’âme du monde !

Cette formule des philosophes grecs de l’antiquité, au delà de tout dogme religieux, signifie la présence dans l’univers d’une force mystérieuse et bonne qui maintient l’ordre du monde. Elle peut être considérée d’essence divine par les croyants et comme une énergie spirituelle qui maintient en harmonie la nature, comme l’âme par rapport au corps. Mais alors, ou se situe la place de l’homme en regard de cet infini qui le scrute ?

L’homme, microcosme, est impuissant, car certaines choses ne dépendent pas de lui et cela nous pousse à apprendre le « lâcher prise », à ne pas vouloir tout contrôler, à grandir en confiance dans le détachement, l’amour et la sérénité.

Vivre en harmonie, c’est avant tout se changer soi même, apprendre la patience, la tolérance, faire preuve d’empathie, de compassion. C’est faire bien ce qui doit être fait, à notre niveau.

L’avenir de l’homme est dans le changement et ce changement est en chacun de nous. Nous sommes, individuels, uniques ayant une identité propre, mais nous inscrivons cette identité dans une universalité. Il n’y a pas de dessein supérieur prédéterminé, emmenant le monde créé, l’humanité, et chacun d’entre nous vers un destin préconçu, au sens ou le mental des hommes peut le concevoir.

Il y a une source cosmique de l’Energie universelle, le grand Tout, à l’origine de tout ce qui a été, est et sera, fonctionnant selon une ou des lois universelles, intangibles sur lesquelles l’homme n’a aucune influence.

Cette loi universelle est une loi déterministe, qui n’est pas le fruit du hasard. Nous devons envisager l’état présent de l’Univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre.

Le seul hasard réside en l’étroitesse de l’intelligence humaine qui ne peut appréhender la totalité des forces qui entrent en jeu dans l’univers. Le hasard n’est que l’expression de notre impuissance à prévoir ! Pour un être omniscient, il n’y a pas de hasard.

Autrefois les éclipses étaient considérées comme résultant du hasard : la science actuelle a montré qu’elles sont en fait prévisibles.

Cette loi déterministe suggère que quelque chose nous dépasse et qu’il faut l’accepter et collaborer.

L’observation nous amène à admettre l’existence d’une intelligence à l’œuvre dans tout l’univers et, la science, par la physique ayant permis de démontrer récemment un ordonnancement dans la position de galaxies ne fait que corroborer cette constatation. Cette intelligence universelle ordonne et conduit cet univers vers une finalité que notre esprit ne peut appréhender.

L’homme, sur terre, est le reflet, de par sa raison et sa réflexion, de cette intelligence universelle, même en proportion de sa parcelle d’humanité, car l’âme humaine est en relation avec l’Harmonie universelle par transcendance.

La doctrine hermétique l’avait bien compris qui affirmait que tout ce qui, est en haut est comme tout ce qui est en bas et tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, libre à nous de nous accorder à cet équilibre.

Le présent du monde contient son passé et son avenir car les lois universelles qui le régissent sont à même de tout prévoir. C’est un partage de tous les êtres humains, que cette loi du Grand Architecte, en tant que principe et symbole.

Elle a sa matrice, son essence dans ce qui nous anime : le Principe. Si j’en reviens aux deux lois précédentes, la scientifique et la loi au sens moral, ce sont des lois humaines, donc sujettes à variations. Ce qui est vrai dans le domaine de la science ; ce qui est exact aujourd’hui sera probablement dépassé demain. Elles sont donc réductrices.

Ce que la maçonnerie nous offre est une loi qui apparait à l’homme quand il contemple l’Univers et son immensité ! De là même, il doit en rechercher l’origine, la cause le créateur : le Principe, esprit initial.

Cette loi dépasse l’entendement humain, mais nous pouvons être en communion avec cet univers, en totale harmonie !

Il m’est arrivé de dormir à la belle étoile dans le désert au Sahel, sous la voute étoilée ! Un spectacle sublime, de même qu’un lever de soleil en brousse ou les odeurs et les couleurs du petit matin vous font aimer ces moments magiques.

Moi, microcosme, je suis dans le même mouvement que l’Univers, Macrocosme. Je ne peux pas rester insensible à ce qui m’entoure car je fais partie de cet univers, partie d’un tout car cet univers est le TOUT.

Mon devoir dès lors, est la recherche de la parole perdue, qui doit me conduire vers la Vérité, sachant que je ne l’atteindrai jamais.

Universelle est la LOI.

Il ne faut pas appréhender ce terme de « loi » au sens strict du terme mais plutôt dans le sens d’harmoniser, de mettre en symbiose totale l’homme avec le tout dans l’unité. L’homme étant par essence, partie intégrante du Tout.

Mais cet UN, n’est ni la totalité des êtres car il ne serait plus UN, ni l’Etre car l’Etre est toute chose.

Il n’est pas facile de parler de l’UN (ou le Principe), car il est générateur de tout, mais il n’est rien de ce qu’il engendre. Il est l’essence même du TOUT.

Il ne fabrique, ni ne crée, ni n’engendre .il émane à la façon de la lumière, ou de la chaleur ou du froid !

On peut envisager de penser que le multiple est dès lors, créé par émanation. On peut donc concevoir l’existence probable d’une intelligence à l’œuvre dans tout l’univers, intelligence dont la lumière est probablement la première manifestation tangible et l’agent créateur de la matière universelle, car la lumière crée la vie.

Cette intelligence ordonne et conduit cet univers vers une finalité qui dépasse notre faible appréhension spirituelle. Elle n’est pas quantifiable, elle est inaccessible par l’esprit, mais sa perception est de l’ordre des sentiments et des émotions.

On peut donc imaginer que l’homme, avec modestie, est, sur le globe, de par son intelligence, sa raison et ses possibilités matérielles indéniables, le reflet de cette intelligence universelle à l’œuvre dans tout l’univers.

Là se trouve la raison du pourquoi du Maître Secret : Il doit embellir son Saint des saints et le rendre accessible à la divinité, cad prendre conscience du mystère, ouvrir son esprit et élargir sa perception à quelque chose qui le dépasse. Des lors, être solidaire de tout ce qui existe, cad avoir la Foi, avoir confiance. Car le M S, dans sa quête de Vérité doit se transcender, par l’Amour.

La quête de la parole perdue, c’est essayer de découvrir le principe transcendant, cette flamme qui brule en chacun de nous, qui nous relie au divin. C’est la recherche du lien que nous pensons avoir perdu avec la perception du Principe, qui donne un sens à notre vie, notre mort, notre passé, présent et avenir. C’est un désir d’infini qui commence par l’éveil progressif de la conscience  à ses propres chaines intérieures, tel le VITRIOL du cabinet de réflexion.

L’âme du monde a mis en notre âme une faim et une soif qui donnent son sens ultime à la vie, qui est de réunir à nouveau ce qui a été séparé. Cette faim, c’est celle d’une vocation profonde que nous portons tous en nous.

Il nous faut du temps pour trouver notre vraie place dans ce monde, pour découvrir ce que nous pouvons y faire et apporter de meilleur ! Peut importe de quoi il s’agit, il nous faut utiliser nos capacités et nos dons entièrement !

Je conclurais avec ces quelques lignes de Fréderic Lenoir « Deviens ce que tu es ; fais ce que toi seul peut faire ; suis la voix de ton cœur ».

Fais le dans un lieu sur et sacré.

T fois puissant M, j’ai dit.

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