La Quête du Principe ou L’Idée sous le Symbole

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Non communiqué

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Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS.


ORDO AB CHAO


DEUS MEUMQUE JUS


AU NOM ET SOUS LA JURIDICTION DU SUPREME CONSEIL DES SOUVERAINS
GRANDS INSPECTEURS GENERAUX DU 33EME ET DERNIER DEGRE
DU RITE ECOSSAIS ANCIEN & ACCEPTÉ


Trois fois Puissant Maitre,
Très illustre(s) Frère(s),
Et vous tous, mes Frères



La Quête du Principe
ou
L’Idée sous le Symbole

A043-4-1

A – La Tradition du 1er au 4ème Degré.


La Maçonnerie symbolique repose sur la tradition opérative des bâtisseurs. C’est la construction d’édifices à la gloire des dieux. Cet art royal ancestral met en jeu un certain nombre de notions:


– le corporatisme.


– l’élévation de l’esprit à la hauteur de la tâche à accomplir.


– les connaissances, du savoir construire à la connaissance de soi. – l’apprentissage des métiers, ce qui implique des degrés dans


l’acquisition des connaissances (compagnon, maître) et la nécessité de secrets de conception et de réalisation.


– la relation de passage de la créature à la création dans le chantier. C’est l’accès à la voie symbolique, puis du Secret.


– la transmission de ce secret de l’art aux sujets capables.


– le patronage de la confrérie par St Jean.


– l’éthique.


La construction de l’édifice sacré conduit à la dimension spéculative.


La Spéculation: c’est la théorie opposée à la pratique, c’est l’état de l’esprit séparé du réel qui échafaude les idées de nulle part. C’est l’Antithèse de la philosophie qui oppose les idées aux faits.


L’ambiguïté du mot implique :


   a)la réflexion optique objective (spéculum = miroir)


   b)la contemplation active de l’observateur réfléchissant (latin speculatio: contemplation = theoria grecque)


   c)c’est l’être qui réfléchit qui est à la fois miroir et regard.


   d)C’est la « spéculation des astres » qui illustre ce statut de miroir

intelligent.



« spéculation des astres » Cette expression vieillie désigne l’observation attentive mais contemplative des objets célestes. La spéculation des astres sert aussi de représentation pour la pensée réflexive qui cherche l’identité dans la diversité. L’ordre apparent du cosmos est alors le modèle de l’esprit qui juge et identifie.


Dans ce travail de réflexion sur le cosmos et sur soi-même, il y a corrélation entre la construction de l’édifice et la construction de son temple personnel.


Le passage de l’opératif au spéculatif est médiatisé par le langage symbolique : d’abord les outils, les limites de l’espace, le ciel, la terre, l’orientation, les images, les éléments qui sont d’après Bachelard  » les hormones de l’imagination « .


Il faut également prendre en considération la créativité qui anime chaque ouvrier dans l’acte de construire, créativité à partir de matériaux ayant une vie propre, évolutive, de la pierre brute à la pierre philosophale.


Ainsi l’être est façonné par les outils symboliques qu’il intériorise et il s’élève, créé dans sa dimension spirituelle. Ce processus d’acquisition de concepts, de purification de soi, de dépassement de ses contradictions, définit la démarche maçonnique : se connaître, connaître le monde, connaître Dieu.


Depuis l’infinité des temps les hommes ont construit des temples et se sont soumis par là-même à ces finalités : On peut dire que la maçonnerie s’inscrit


dans cette spéculation. La Hiérohistoire.


Il s’agit bien d’une Tradition qui se transmet et qui pour le REAA, se trouve constituée de plusieurs rameaux :


– l’opératif, pragmatique.


– le biblique (ou autre livre sacré).


– le johannique.


– l’alchimique.


tous greffés sur le tronc symbolique.



Au 1er degré.


L’épreuve de la Terre ramène l’impétrant à l’origine de la création mythique ( Sumer, Hésiode, le Dieu des Livres ). Dans cette matrice il baigne dans l’alchimie qui l’accompagnera durant tout son itinéraire écossais. Et il a pour compagne la mort, qui le conduit à sa naissance maçonnique. Mais il s’agit cependant d’une naissance : « Je vous crée et constitue Apprenti Franc-Maçon.. »


Tout est en place pour ouvrir l’accès de l’être à sa propre compréhension, à l’appréhension du monde à la première approche du Créateur, du GADLU ou du Principe de toute chose. Les thèmes apparaissent, s’isolent, s’opposent, s’interpénètrent, s’amplifient et s’harmonisent pour aboutir à cette symphonie spirituelle qui élève le maçon, à travers l’imaginaire, vers une réalisation globale.


La mise en pratique et la recherche de la vertu, ou du « mieux être moral » donne au sujet la notion d’une purification qui coule de source. L’être n’a en profondeur pas encore profondément changé, mais il se sent autre et plus valeureux, car dégagé de la contrainte matérialiste et profane dont le Temple le libère. C’est l’apprentissage du langage symbolique.


La fonction ascensionnelle (anagogique ) de ce langage prend à contre pied le langage convenu professionnel ou sociologique habituel et permet à la face de « l’autre » de se manifester. Les purifications tiennent lieu de catharsis et sont immédiatement intégrées par le novice. La notion d’amour fraternel développe une relation euphorique avec les autres, comme solde de tout égoïsme antérieur. L’expérience montre que rien ou presque n’est gommé.



Le 2éme degré.


Met en jeu l’intellect, ou, pour employer un terme médiéval l’intellection : ou l’intellectus, l’intelligentia : C’est la perception, action de discerner, de comprendre, c’est l’entendement, qui désignent au moyen-âge à la fois la partie supérieure de l’âme ou esprit et son acte de connaissance.


L’Intellectus implique la connaissance intime des choses.


« La connaissance sensible et l’imaginative ne discernent que les accidents extérieurs, tandis que seul l’intellectus parvient à l’intime de la réalité et jusqu’à son essence même (Thomas d’Aquin ). »


Dans la tradition augustinienne, intellectus signifie d’abord pensée, contenu de la pensée qui est exercée par la raison supérieure et en second lieu seulement faculté de penser et de connaître.


« L’Intelligentia présente le sens d’opération noétique (pensée) « Ce qui en nous est le plus noble, la pensée, ou l’intellection, l’intelligentia »( St. Augustin) «


.Selon Boèce, intelligentia ajoute une nuance de transcendance  » La raison transcende la connaissance sensible, mais elle est à son tour transcendée par l’intelligentia, par l’intuition intellective qui, elle, connaît et juge du point de vue suprême ».


« Si la raison est de l’homme, l’intelligentia est de Dieu ».


Ainsi, tendu vers l’intelligence intime de toutes choses, le Compagnon, au cours de ses voyages:


•  apprend que les sensations sont la base de la connaissance immédiate (1er voyage). C’est l’existence de Dieu par ses créations.


•  contemple les créations humaines dans leur beauté, idéal à atteindre (2ème voyage). Pluralité des styles, des dieux, des traditions.


•  est convié à acquérir les techniques nécessaires pour l’expression de la pensée, des concepts, de la relation, de la réalisation.( 3ème voyage ). C’est le trivium, le quadrivium, Pythagore. Arts libéraux, Moyen âge.


•  Le compagnon Observe, la mise en jeu des notions acquises, qui le dirigent vers la réflexion et la contemplation des sphères célestes, l’harmonie de leur mouvement, l’ordre qui règne dans cet univers céleste, définissant le Cosmos ( 4ème voyage ).


• Perçoit la synthèse de cette dynamique de pensée qui induit la notion de causalité, de Puissance supérieure, de Principe, par le raisonnement, par la mise en pratique de cet intellectus qui est attiré vers l’intime des choses. C’est une démarche logique, rationnelle, scientifique, (peut être rassurante pour certains).


• Comprend les astres, c’est également le rêve, l’envol de l’imagination, le désir de rentrer en communication avec le mystère à l’aide de signes, d’images, de symboles : et voilà la révélation du Principe, de Dieu, avec l’Etoile Flamboyante. Résonance profonde avec cette quête inconsciente de l’élévation de l’être vers le créateur d’une façon globale où se mêlent le sensible et l’intelligentia. Il s’agit là d’une véritable théophanie.


• C’est le moment venu de faire le dernier travail d’apprenti dont on peut souligner l’ambivalence : la libération des outils c.à.d. l’intériorisation des symboles, le désir d’autonomie pour la poursuite de la quête spirituelle selon les deux axes analysés.


• C’est la prescience qu’après cet envol de l’âme il est prématuré de se passer de ces amis pragmatiques si utiles pour se dégager de la matière toujours prête à recouvrir l’esprit qui s’éveille.


• Ces deux mises en garde, ou ces deux craintes, sont prémonitoires de la conduite future des Compagnons : des outils vont agresser le Maître, annulant la spéculation réflexive et l’impact du mystère de la révélation.



Le 3ème degré.


En reculant le Compagnon s’éloigne de l’Etoile flamboyante et s’expose au drame hiramique où la consommation de l’acte manqué ne donnera lieu qu’à une réalisation virtuelle.


Le Compagnon apporte la Lumière : l’Etoile Flamboyante.


Le mythe d’Hiram fait parcourir au Compagnon un chemin dramatique vers la connaissance. La hâte de connaître le secret du Maître, c.à.d. le secret du Monde, arme la vanité et le bras du Compagnon. Lui qui s’était élevé avec l’Etoile flamboyante est retombé dans la matière, sur la terre où il va mourir pour accéder au Sacré, au Mystère. C’est la version culpabilisante, où la rédemption ou la justice divine seront nécessaires pour accéder au salut.


Il s’agit surtout d’un cérémonial sacrificiel ( fabriquer du sacré ). Le sacrifié est un être pur, sans tache, innocent, donc conforme au sacrifice. Le sacrificateur est le Vénérable, avec ses Surveillants. La reconstitution de l’espace sacré sera réalisée par la marche des 9 Maîtres autour du cercueil, qui deviendra ainsi circulaire et se projettera sur le tableau de Loge du IVème.


Pour sa Renaissance, il est relevé de la matière, par les cinq points parfaits de la Maîtrise, projeté dans l’espace spirituel, entre le ciel et la terre, entre l’équerre et le compas. Il a donc subi la mort et la résurrection : le Grand mystère lui donne la qualification de Maître.


Sur un autre plan, il est passé de l’œuvre au noir de la putréfaction à l’œuvre au blanc de l’illumination de l’esprit, purification alchimique orchestrée par Tubalkain forgeron de l’univers.


Par cette initiation, cette élévation, ont été réveillées en lui ses potentialités de réalisation spirituelle. Avec une carence terrible puisqu’il a perdu les moyens pour y parvenir : la Parole est perdue. Et le leurre du mot substitué le situe dans un éternel retour, dans un temps cyclique dont aucune glose, aucun travail post- initiatique ne pourra le sortir.


Le seul grand espoir, est que la mort et la résurrection inaugurent une dimension essentielle : le Temps .Temps linéaire borné par la naissance et la mort dans les acceptions temporelle et spirituelle. C’est le Temps comblé par la quête de la Parole perdue.



Le 4éme degré.


C’est le premier degré de cette recherche du Principe qui comporte des voies convergentes en application sur un Maître-Secret dont la réalisation est sous-tendue par la mise en œuvre de la devise « ORDO AB CHAO ».(sur le plan

personnel).


Tout d’abord, avec « l’apparition de la Grande Lumière », le disque solaire à sa naissance matutinale, le novice se plonge dans la matrice alchimique. Il doit naître en projection avec tous les concepts, toutes les traditions, « in ille


tempore », au début des temps, à l’origine de toute manifestation de la pensée humaine. Passer de l’équerre au compas, dynamique trajectoire, bien que reptilienne et sinueuse.



Si le Maître vient de naître à la pensée, il n’en a pas moins intériorisé les outils, les symboles, et toutes ses acquisitions antérieures. C’est ce qui lui permet d’emprunter les chemins de la Connaissance légués par les traditions dont le REEA est le réceptacle. En interprétant au plus vif l’invite du Rituel :


« Il est plus facile de faire son Devoir que de le connaître.


La Connaissance, c’est ce que nous appelons la Parole perdue. »,
Le M.S. se met en quête du Principe dans la perspective globalisante du REAA.
Quête via :
1. La tradition hébraïque dans une exégèse allégorique et symbolique. A travers la Bible, la Genèse, l’Exode et l’apparition de  » Je Suis Celui Qui Suis »
2.La tradition philosophique : après les Mythes suméro-akkadiens, puis hésiodiques, naissance de la Raison, du Logos, avec les présocratiques, logiques, les premiers à formuler la quête du Principe et à en proposer la définition (Parménide et l’Etre) ;Platon et les néoplatoniciens.


3.La tradition hermétique, avec ses composantes alchimiques, platoniciennes, bibliques, gnostiques, mystiques et dont le Scribe et le médiateur entre Dieu et les hommes est HERMES TRISMEGISTE.



Les champs où l’intellectus, l’âme et le corps sont complémentaires, se nourrissent l’un l’autre et le Maître-Secret doit éviter de privilégier l’un d’entre- eux ou d’en faire une spécialité obsessionnelle.


Ainsi chaque sujet peut appréhender et vivre dans son intime les deux devises de l’Ordre :  » ORDO AB CHAO / DEUS MEUMQUE JUS « 



Au plan symbolique, la clé représente un élément fondamental : elle ouvre l’être à lui même; elle ouvre l’intellect aux connaissances et surtout elle en est un module interprétatif indispensable et introduit celui qui cherche la Parole perdue dans le domaine de l’herméneutique.


Cette démarche, libératrice de l’ignorance accompagne l’être écossais en devenir, lui donne son identité, le qualifie dans son rapport à la puissance divine et contribue à définir son champ de liberté.


Ce sont les Idoles contre la Vérité. La liberté est la qualité indispensable pour continuer la lutte contre le chaos, et verticaliser la personne désormais apte à prendre ses responsabilités.



B – Le Quatrième Degré



Bref Rappel du grade


Référence biblique, 1Rois V , 15


Président : Trois fois puissant Maître (pouvoir prophétique, royal, sacerdotal) Participant : Lévite


Lieu St des St


Protagonistes : Salomon, Adoniram, dans le St des St


Début : L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à paraître


Fin : La fin du jour


Pas de signe d’ordre


Mots couverts : sur le syntheme (9) Noms des 9 rayons


El – Eloha – Elohim –

 El Hal – El Haï – Shaddaï (Yehudaï) – Yah – El-ion – Tzavaoth


Mots sacrés Yod – Adonaï – Ivah (ou Yah)


Au centre du syntheme, une Lettre symbolisant le CHAMEAU : « j’ai tout en moi et je n’ai besoin de rien d’autre pour traverser le désert


Nous venons de faire irruption dans le monde sacré par lesacrifice du compagnon qui renaît en Hiram et resplendit.



Et les 9 Maîtres en reconstituant l’espace sacré circulaire en circulant autour du cercueil ont figuré le Tableau de loge du 4ème qu’il suffira de projeter à la verticale.


Nous voilà maintenant dans la quatrième dimension, celle du temps et du devenir, de l’angoisse et de la mort qui nous fit verser des larmes.


Nous voilà dans la quête de la Parole perdue.


Le mythe hiramique, fondateur de l’ écossisme dans la voie de la réalisation, nous met en face de la réalité : le Maître assassiné, qui avait à nous livrer les ultimes secrets pour la construction de notre édifice, nous laisse dans le monde substitué et nous devons alors assumer notre évolution par nous-mêmes.


Nous nous substituons à lui à travers les dévoilements initiatiques successifs, en travaillant dans le secret et le silence. Le Maître rentre dans l’obscurité et apportera la lumière à l’issue des 4 voyages, le bandeau de l’ignorance enlevé et flambeau en main.


Nous passons du géocentrisme à l’héliocentrisme.



Ainsi que le formule Adoniram lors de l’ouverture, « l’éclat du jour a chassé les ténèbres, la Grande Lumière commence à paraître ». Nous sommes sous le signe alchimique de l’astre solaire à son lever, « aurora consurgens », qui lève les voiles de la nuit, et nous place à l’origine de toute pensée, de toute tradition, de toute réflexion.


Se dessinent alors les axes qui vont accompagner notre naissance à la pensée claire, aux révélations qui vont illustrer notre devenir spirituel.



Telle est la fonction des voyages qui posent le cadre de la réflexion de l’impétrant :


« La Maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des


superstitions, elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur. tu ne te forgeras point des idoles humaines, tu répondras toi-même de tes actes.. L’idée sous le symbole ».


Ecoute, comprends, détache-toi des opinions et soumets les à ton examen propre avant de les déclarer justes. Ne profane pas le mot de vérité en l’accordant aux conceptions humaines.



Seule est véritablement admirable la loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail.


Promouvoir la justice !


Et quand le MdC demande pour l’impétrant le grade de MS, celui-ci est soumis aux mises en garde contre son incapacité à remplir les obligations qu’il impose. Les malédictions ou imprécations donnent au Devoir un impératif qui


conduit à la mort en cas de faiblesse. La fatalité, la nécessité, le destin, inflexibles sous-tendent une obéissance absolue.



Que cherchiez-vous dans ces voyages ?


La Vérité et la Parole perdue.


En passant de l’équerre au compas, nous entrons délibérément dans le domaine de l’esprit. L’équerre est intériorisée, outil symbolique de la rigueur, mais toute notre énergie est tendue vers de nouvelles connaissances.


« Il est plus facile de faire son devoir… obéir aveuglément, appliquer les mots d’ordre avec rigidité : autoritarisme et dérive dogmatique.


« Que de le connaître, c’est ce que nous appelons la Parole perdue… »


Notre devoir, c’est la Connaissance, somme de savoirs épars, qui se muent en Connaissance par leur polarisation dans le prisme de l’homme, du monde et du principe.



La Grande Lumière, l’ouvre au rouge se manifeste à l’est, balaie le noir du deuil, de notre indétermination, inaugure l’émergence de l’esprit dans tous les commencements :


C’est la primordialité, la manifestation, le divin, le principe suivant les voies qui nous sont proposées :



2 – La voie hébraïque qui inclut l’Exode, la fuite d’Egypte et nous pose en Lévites, serviteurs du sacré, gardiens du Sanctuaire, accompagnant la tente avec l’arche d’Alliance. Nous sommes Novices, témoins du lien d’un peuple à son dieu, c’est le monothéisme.


Le commencement c’est aussi Sumer, sa cosmogonie, sa théogonie, la fatalité du mal dans toute création.


– C’est Hésiode qui procède à la réduction des Titans en faveur de Zeus : ordo ab chao. Les dieux sont l’image de tous les affects humains et de toutes les manifestations cosmiques qui entretiennent à la fois la superstition et les mystères religieux. Le mythe de Prométhée et la distance mise entre les hommes et les dieux, c’est la transcendance, relation aux dieux par la prière. C’est l’initiation par le travail, la justice et la démesure.


– C’est la contemplation présocratique avec les physiciens de la nature, en quête d’une causalité unique, un principe : élémentaire (eau, feu, air) ou illimité, infini, (Anaximandre).


– C’est le sommet avec Parménide : C’est l’Etre, dans une démarche véritablement initiatique avec les Filles de la Lumière qui franchissent les portes de la Justice avant de parvenir à la vérité, le dévoilement, Alethéia, le non oubli.


– C’est la Dualité avec les opinions. L’Etre : éternel, immobile, immuable, comme une sphère bien close, le Dieu des philosophes.



3 – La voie hermétique, de Toth à Hermès, c’est le monde intermédiaire,


entre dieu et les hommes. C’est le Corpus Hermeticum. Hermétisme = hermès, alchimie, C’est

Platon, puis le début du christianisme. La gnose. Comprendre pour croire, croire

pour comprendre. Autorité spirituelle.


Toutes ces acquisitions que le rituel illustre ou suscite donnent à l’être sa dimension spirituelle, se présentent comme des révélations intimes des rapports subtils entre l’intelligence et l’approche du principe.


C’est en cela que se définit le Secret de chacun, indicible, mais sensible. Ce secret est mis en place grâce à la clé : clé de la compréhension, de la


manifestation des choses cachées, clé de l’interprétation. Herméneutique.
C’est l’Interprétation de son intime et du contenu des traditions.


La Clé permet de franchir la balustrade et de pénétrer dans le St des Sts :


acte fondamental de l’intériorisation :


Il est bien évident que le MS à ce stade de révélation ne va pas contempler l’Arche d’Alliance de Moïse.


Mais la conviction intime que la proximité du sacré signe la pertinence de la connexion avec la puissance divine. Non réalisée, mais en devenir, donc évolutive : voilà, pour l’individu des signes de la présence du dieu.


On peut parler ici d’une distance prise avec la dimension virtuelle de l’élévation au 3ème. La constitution de l’être se projette dans les champs qui se complètent pour y puiser des notions personnelles, objets d’une quête où la gnose joue son rôle.



4 – Il s’agit aussi d’une assimilation : le Saint des Saints est l’espace sacré, la Loge, puis le réceptacle de l’arche d’alliance, enfin du MS lui-même. Il est bien loin du sacrifice du Compagnon, il a une identité nouvelle, vis à vis de l’identité nouvelle de chacun des MS. Il est uni avec eux par la quête commune du Principe : image de la tolérance en marche.


Ce passage de l’équerre au compas, dynamique du degré est indissociable de la volonté. Les obstacles entre le but et les moyens ne résistent pas à la persévérance et à la volonté..


La recherche de la Parole perdue est du domaine de l’action.



C – Les voyages au 4 degré



La légende est centrée sur la construction du tombeau d’HIRAM par Salomon. Salomon désigne AdonHIRAM comme chef des travaux et 6 maitres experts l’assistent dans cette tache. Le récipiendaire est un des 7 élus. L’intérieur du temple représente le Saint des saints.



Corde au cou : symbolise ce qui retient encore le récipiendaire au monde extérieur. Nœud coulant : menace en cas de fuite.



But du voyage : retrouver la parole perdue. D’où il aspire à s’élever au dessus de la surface de la terre et à pénétrer les hautes régions de la connaissance. D’autre part la vérité réside dans le nuage de l’incognoscible, inaccessible à l’esprit humain.


D’où la phrase de Guillaume d’Orange, « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »



Au cours de ces voyages, on recherche donc la vérité et la parole perdue. L’homme passe de l’équerre au compas, comme le géomètre passe des lignes droites et des angles par lesquels il mesure la surface de la terre aux grandes courbes et aux cercles par lesquels il mesure le mouvement des astres.



Le saint des saints est l’homme, et ses 4 voyages montrent son errance pour trouver l’inaccessible connaissance. Le centre du saint des saints est la Jérusalem céleste, ou Dieu seul peut résider.


Pour l’aider, chaque voyage est axé sur un thème, ou sentence. Il y en a 4.


Le maître secret doit accomplir son devoir tout en sachant qu’il risque de ne pas être récompensé. Mais « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »



Ces voyages enseignent ce qu’est le devoir, conception métaphysique.


Ils indiquent aussi que l’on commence à s’élever au dessus de la surface de la terre.


L’on quitte donc l’expérience terrestre pour pénétrer dans le monde cosmique..


L’âge est 3 X 27=81 ou 3 exposant 4.


Le cube est le monde de l’espace.


On quitte le monde linéaire et celui de 2 dimensions.


On peu aussi considérer 3X27 comme 3x le cube de 3.


Mais 3×27=81 dont l’addition 8+1=9 donne le chiffre de la perfection qui s’écrit 3×3.


Par calcul de la guematria, 9 correspond au nombre d’Adam et l’homme a 10 correspond a Iod.


Par 3×27 ans accomplis on rattache le monde terrestre 81 au saint des saints (27).


Mais tout viens de 3, triple unicité.



D – Parlons maintenant des Symboles


Le symbole, attesté dès le début de l’Humanité est

un langage universel qui permet en plus de faire

éprouver par l’analogie, ce que la parole ne peut

exprimer. (dixit Platon, lettre aux amis de Dion)


Lorsqu’on parle de la « claire lumière », il ne s’agit pas de la lumière physique, mais de ce qui lui correspond dans les mondes supérieurs et qu’on ne peut concevoir que par une transposition analogique. La lumière physique n’est qu’un symbole de cette Lumière supérieure où se tient le Saint



Origine du terme


Le mot dérive du grec sumbolon, sumbolon, qui servait à désigner une chose composée de deux parties. Les sumbola, sumbola, représentaient en Grèce les deux moitiés dune tablette ou d’un objet quelconque qu’on avait brisé lors d’un contrat et que chacun des deux contractants conservait en souvenir de l’entente. Les sumbola pouvaient également servir de, signe de reconnaissance entre deux individus par aboutement des deux morceaux. Le verbe sumballein, sumballein, signifie réunir, rassembler, et dérive de bolein , bolein, lancer, car sumballein avait primitivement le sens de lancer ensemble. De ce point de vue, son antonyme, diaballein, diaballein, origine de notre mot diable, signifie diviser, séparer.



Ce que nous apprend cette étymologie


L’essentiel de la nature du symbole se déduit de cette étymologie,


Le symbole, trace d’une Unité perdue, est le

souvenir d’une ancienne alliance avec les

réalités supérieures et divines.


Mesure avec celle qui se montre» Ainsi, les existants vivent dans la coupure (la lumière physique est séparée de la « claire Lumière »). Mais en même temps, comme symboles, ils rappellent ce qui se trouve de l’autre côté de la ligne de démarcation (la Lumière supérieure fait l’objet d’une réminiscence que provoque la lumière physique). De ce point de vue, la fonction du symbole est moins de montrer une chose dans sa réalité tronquée que de référer à cela seul qui la rétablirait sa complétude si la coupure venait à s’effacer. En somme, les symboles ont même statut, que les mots qui signifient plus qu’ils n’attirent sur eux-mêmes l’attention. Et, parce que le profane ne considère pas ainsi les choses, mais s’arrête seulement à ce qu’elles sont en elles-mêmes, sans égard à la réalité cachée qu’elles désignent, pour cette raison, les symboles ont toujours servi de signes de reconnaissance entre les initiés.



Le symbole est ce qui permet de relier les choses d’en bas à celles d’en haut et tout ensemble d’unir le méditant à son Principe divin» A cet égard, le symbolisme est l’antithèse de tout ce qui sépare, depuis la pensée analytique et conceptuelle qui ne cesse de dresser des frontières entre les hommes jusqu’à la force descendante, le Diable, qui sépare les hypostases du Principe Suprême.


Le fondement métaphysique du symbole


A ces remarques tirées de l’étymologie, il convient d’en ajouter une autre, tirée cette fois de la métaphysique.



Si une chose en symbolise une autre, ce n’est point en vertu d’une convention ou simplement parce que la nature humaine est faite en telle sorte qu’elle conduit à élire telle chose comme symbole de telle autre, mais parce que toutes choses dérivent de réalités non humaines, à savoir les Principes supérieurs ; en portent en conséquence la signature ; et par là les exprime.



L’immémoriale antiquité des symboles


De là vient que, chaque fois que l’on tente de situer l’apparition d’un symbole dans l’histoire, on constate qu’il est impossible de lui fixer une origine spatiale ou temporelle déterminée. Car ce qui ici fait signe, c’est en réalité l’origine non humaine du symbole. Par exemple, la Croix n’a pas commencé d ?être un symbole avec le christianisme, comme on le croit ordinairement, mais se rencontre partout, aux époques les plus reculées et avec même signification : celle d’une domination sur ce monde (branche horizontale) et sur tous les autres (branche verticale). De la sorte, il faut dire, non pas que la Croix est symbole parce que le Christ fut crucifié, mais bien plutôt qu’il est mort sur la Croix parce qu’elle est un symbole.



La pluralité des sens attachés au symbole


Ayant leur source première en la Divinité Infinie, les symboles comportent un nombre illimité de significations. Et, en premier lieu. Celles-ci s’étagent selon un axe vertical qui va du symbole lui-même au Principe Suprême en passant par toutes les stations intermédiaires, sans pour autant que ces sens superposés se contredisent ; car, tout au contraire, ils se complètent et s’harmonisent. En second lieu, ces significations s’étalent selon un axe horizontal, ce qui signifie qu’en ce monde chaque catégorie d’existants est,


de proche en proche, en relation de correspondance avec toutes les autres. Enfin, ces significations réfèrent également aux réalités des mondes inférieurs qui, eux aussi, ont leur origine dans le Dieu unique.



Le double aspect des symboles


De ce que les symboles peuvent référer aussi bien aux réalités supérieures qu’aux réalités inférieures, il suit qu’ils comportent toujours un double aspect, lumineux et ténébreux, positif et négatif. Ainsi de la Nuit, symbole des maléfices, mais aussi de l’Indifférenciation principielle ; du nombre apocalyptique 666, à la fois nombre de la Bête et nombre solaire ; du Lion, emblème de l’Antéchrist et du Messie tout ensemble ; du serpent qui se manifeste tantôt comme démon tentateur, tantôt comme gardien de cette Connaissance supérieure que représentent les pommes d’or du jardin des Hespérides ou la toison d’or sur le hêtre-de la forêt de Colchide. Il arrive que les deux sens, bénéfique et maléfique, du symbole soient figurés ensemble : tel est le cas du caducée, du bâton brahmanique et aussi du serpent Shêsha ou Ananta, qui entoure le Mêru, la montagne polaire, et que tirent en sens contraires les Dêvas et les Asuras, les Anges et les Titans.



Le symbole comme instrument de réalisation


Parce que le symbole condense en lui un nombre illimité de significations, il est par excellence le support de toute pensée effectivement synthétique et l’instrument de ceux qui travaillent sur eux-mêmes à effacer la coupure qui les sépare de ce monde-ci, des autres et de la Divinité Elle-même. Parce que le symbole reflète, parmi les réalités supérieures, celles qui, en vertu de leur transcendance, ne peuvent être imaginées, conçues ni représentées en toute autre manière, il est seul à pouvoir réveiller l’Intellect, l’organe de l’intelligence des choses divines.



E – Conclusions



Le sage, grec et écossais


Nous avons été conduits en Maçonnerie écossaise en voie d’une pseudo réalisation, celle de la matérialité, dans le leurre d’un apport de qualité à l’assemblée qui nous accueillait et le désir d’accéder à une dimension intellectuelle et morale valorisante. Nous sommes en possession d’un savoir- faire dont nous sentons les limites et nous cherchons confusément un savoir qui ne porte pas seulement sur les objets de connaissance, mais sur la vie elle-même dans son quotidien, sur la manière de vivre et d’exister.


Nous voilà dans la situation du citoyen grec ou romain en quête de sagesse. A cette époque, la sagesse ou le sage désigne à la fois l’habileté technique, l’excellence dans l’art musical ou poétique, résultat d’un apprentissage par un maître, le fruit d’une expérience, le don reçu par la grâce du dieu. C’est grâce aux Muses que le poète sait ce qu’il doit chanter et comment. Ainsi la sagesse, dans le monde antique marque la distance qui sépare l’homme des dieux.


Sophos et sophia trouvent une application politique. Les Sept Sages, au 7ème et 6ème siècle av.JC possèdent le savoir-faire technique et politique. Solon en est la figure légendaire, législateur et éducateur de la Cité. Leur sagesse s’exprimait en maximes, gravées près du Temple de Delphes ou inscrites sur des stèles au centre des villes. « Connais-toi toi-même »,


·« Rien de trop », « Reconnais l’instant favorable », « La mesure est ce qu’il y a de meilleur »,


·« Tout est affaire d’exercice ».



Ces maximes montrent aux hommes la limite de leur savoir et de leur sagesse, apanages des dieux. La sagesse est de reconnaître ses limites. Comme l’exprime l’oracle de Delphes (République de Platon) :


« Ô humains, celui-là parmi vous, est le plus sage qui, comme Socrate, sait qu’en vérité il ne vaut rien pour ce qui est de la sagesse ».


C’est au 4ème siècle, avec Socrate et Platon que se précise la notion de philosophia (amour de la sagesse) et de son lien avec l’epistêmê, un savoir certain et rigoureux. Non un savoir scientifique, au sens moderne, mais un savoir-vivre, un savoir de toute l’âme qui globalise l’être et l’élève. Emergence d’une transcendance, la philosophie conduit à l’art de vivre dans la cité, avec l’efficacité politique et la droiture de l’action.



Le philosophe, tel Socrate, sait qu’il n’est pas sage, mais tel Eros et la Beauté, il y aspire, il est l’intermédiaire entre l’homme et le dieu. Platon, dans le Banquet, 204, a.


« Eros est au milieu entre le savoir (sophia) et le non-savoir. En effet aucun dieu ne philosophe (n’éprouve de l’amour pour un savoir dont il serait privé.), ni ne désire devenir sage, puisqu’il l’est. Mais de leur côté, ceux qui ne savent pas ne philosophent pas non plus et ils ne désirent pas être sages non plus. Car c’est cela le malheur du non -savoir, que de croire être beau, bon et sage, alors qu’il ne l’est pas. Celui qui n’a pas conscience d’être privé d’une chose ne désire pas ce dont il ne croit pas avoir besoin. ».


Etre philosophe, c’est avoir conscience d’être privé de la sagesse, à laquelle seuls les dieux ont accès. La philosophie permet de s’identifier au dieu, idéal vers lequel on tend.



C’est ce que formule Platon dans le Théétète (176, b) :


« Il n’est possible, toutefois, Théodore, ni que le mal s’abolisse, car il est forcé qu’il y ait toujours quelque chose qui soit à l’encontre du bien, ni qu’il ait chez les dieux son siège. Mais c’est nécessairement à l’entour de la nature mortelle qu’il circule, ainsi que le monde d’ici-bas. Aussi faut-il, le plus vite possible s’enfuir d’ici-bas. Or la fuite consiste à se rendre, dans la mesure du possible, semblable à la divinité, c’est à dire devenir juste et pieux avec l’accompagnement de la pensée. ». Devenir juste et pieux avec réflexion.



L’image de Socrate à la fin du Banquet est celle de la sagesse selon le jugement de Dionysos car il est resté éveillé toute cette nuit de dialogue et de boisson et que ses interventions peuvent être qualifiées de sages. Alcibiade fait son éloge, séduit par son esprit vigilant, sa tempérance, sa force intacte après les libations de vin et d’intelligence. L’homme peut donc se perfectionner, s’approcher de l’idéal du divin mais est conscient de ne pouvoir l’atteindre.


L’exemple de Socrate est là pour illustrer cette quête qui conduit à la mort

acceptée.


Ainsi le philosophe doit mettre en pratique un discours philosophique, se placer lui- même sur la voie du sage idéal. Il doit se livrer à des exercices oraux au sein des écoles philosophiques.



Les ressorts de la quête de la sagesse.


Socrate est à l’origine de la démarche commune des écoles philosophiques. Il inaugure l’analyse des sentiments et des comportements humains et les renvoie à la personne, à la conscience individuelle. Prenons Alcibiade, élève de Socrate et qui le consulte à la veille de diriger la Cité. Socrate dirige le dialogue à partir du message delphique : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux». Après avoir convenu que l’homme est le composé de l’âme et du corps, avoir affirmé que l’homme a l’autorité sur le corps, que le corps n’a pas d’autorité sur lui-même, Socrate en déduit : ou l’homme n’est rien, ou s’il est quelque chose, il n’est rien d’autre que l’âme.


« Ta personne, c’est ton âme ! C’est donc notre âme qui nous invite à connaître celui qui prescrit de se connaître soi-même… L’entretien du corps concerne les choses qui nous appartiennent à nous-mêmes, mais ne constitue pas un entretien de soi-même…. donc, cher Alcibiade, si l’âme doit se connaître elle-même, n’est-ce pas vers une âme qu’elle devra regarder, et spécialement vers ce point de l’âme qui est le siège de la vertu propre d’une âme, c.à.d. la sagesse.


Or sommes-nous à même de dire qu’il y ait dans l’âme quelque chose de plus divin que ce à quoi se rapporte l’acte de connaître et de penser ? …C’est donc au divin que ressemble cette fonction de l’âme, et, quand on regarde de son côté et qu’on reconnaît tout ce qu’elle a de divin, c’est ainsi que l’on pourra mieux se connaître …Comme un miroir est plus clair que l’image mirée dans l’œil, et plus brillant de lumière, Dieu est aussi une réalité plus pure, plus brillante de lumière que ce qu’il y a de meilleur dans notre âme … Donc en dirigeant vers Dieu nos regards, nous userions, eu égard à la vertu de notre âme, de ce qu’il y a de plus beau où se puissent mirer les choses humaines ; et c’est ainsi que nous nous verrions et que nous nous connaîtrions le mieux nous-mêmes. Or se connaître soi-même, c’est ce qui constitue la sagesse morale » (Platon : Alcibiade, 132, 133).



Ainsi est-il montré que la personne a une valeur propre, une intériorité dont la connaissance est en rapport avec la divinité. Le platonisme, l’aristotélisme, l’épicurisme, le stoïcisme conduisent le sage sur la voie de la liberté intérieure, en se dégageant de la matière, des opinions, des préjugés avec le secours de la raison et de la nature.



On aborde alors la notion d’homme juste, possédant la faculté de juger. Il peut s’affranchir de tout ce qui est étranger, se contenter de ce qui lui est nécessaire afin de trouver son indépendance. Il accède à la paix de l’âme, l’ataraxie, valeur supérieure qui le laisse imperturbable en face des adversités, des troubles de la cité, des catastrophes naturelles.



Pour mener à bien cet idéal, la vigilance de l’esprit et les exercices spirituels doivent donner à sa vie le sens de l’accomplissement.


Il ne faudrait pas déduire de cette ascèse que le sage se détache de la vie de la Cité ou adopte un comportement cynique de rupture avec le monde comme Diogène. Ce retour à la nature, ce côté asocial militant est très loin de la philosophie et n’a d’ailleurs pas donné lieu au développement d’écoles. Il ne s’agit pas non plus de se détacher du monde par une indifférence à l’égard de toute chose, à l’image de Pyrrhon, marginal par son détachement vis à vis des êtres, des situations, du bien et du mal.


Bien au contraire, le sage ne renonce pas à l’action politique. Son désir de perfection le pousse à convaincre les hommes, de participer à l’essor de la Cité, au conseil de ceux qui dirigent. Toutes les écoles sont des chantiers où se conçoit l’image du roi idéal. A côté de l’action intérieure vouée à la promotion de l’être, le philosophe agit : « Agir selon la justice au service de la communauté humaine » comme le dit Marc Aurèle.



Nous sentons bien la fraternité qui nous unit à ces sages. D’abord celle de la quête. Puis la conscience de la tension, de la dualité de l’être humain entre deux pôles :


·La vie sociale, civique, professionnelle, confortable, dans le champ du temps mesurable et fini.


·La connaissance de soi, du monde, et par-là du Dieu, avec l’indicible, la mort, le temps éternel.


Le sage et le Maçon écossais allant aux sources des traditions se donnent le moyen de vivre sur les deux plans, d’unifier la vie intérieure. C’est la définition de l’universel: le Tout se tourne vers l’Un, l’Un se retourne vers le Tout.


La globalisation écossaise justifie et nécessite ces allers-retours du Rituel aux traditions philosophiques, religieuses, et alchimiques.


Les voyages rituéliques que les Initiations nous proposent reportent donc la naissance de la démarche maçonnique aux temps les plus anciens.



J’ai dis 3X PM



Vincent

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