Le Bandeau au 4éme Degré

Auteur:

S∴ O∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


Ordo Ab Chao


Sous les auspices du Suprême Conseil du Gabon


Deus Meumque Jus

Introduction

Dès notre premier contact avec la Maçonnerie, nous avons été soumis à son dictat, cela s’est ensuite poursuivi tout au long de notre cheminement initiatique. A chaque fois cela s’est traduit par une absence de lumière, une désorientation mais aussi par des instants de concentration et de méditation. Certains d’entres vous ont déjà compris de quoi je veux vous entretenir ce soir ; le bandeau, plus précisément : 

Le Bandeau au 4e degré.

Dès son entrée en loge de perfection, le Maître Secret est ceint d’un bandeau orné d’une équerre en son milieu qui lui voile la vue, une corde lui est passée autour du cou, il doit ainsi paré effectuer des voyages à la fin desquelles un flambeau lui est remis..

Pourquoi cette transparence et cette équerre. Le Trois Fois Puissant Maître lors de cette cérémonie dit ceci « Nous savons qu’en obtenant les degrés de Compagnon et de Maître, vous avez acquis deux degrés d’instruction. Mais cette instruction n’et pas complète, pas plus que n’est complète la perception de la lumière à travers le bandeau symbolique posé sur vos eux. De même que vous ne voyez pas bien, vous ne comprenez pas bien.» puis un peu plus loin « Telle la lumière que vous portez et que vous ne voyez qu’imparfaitement au travers du bandeau qui trouble votre vue, la Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder. ».

Ceci pour nous signifier notre ignorance,l’illusion qui couvre toute âme insuffisamment éveillée. Il faut soulever ou écarter ce voile pour arriver à la vraie connaissance. Car, à la différence du bandeau qui couvre les yeux du candidat frappant à la porte de notre ordre, le récipiendaire n’est plus privé de la lumière physique, mais encore partiellement de la lumière spirituelle, celui-ci nous indique que si nous persévérons dans le Devoir nous allons sûrement parvenir à la Vérité, mais pour cela nous devons nous débarrasser totalement de ce bandeau qui voile notre vue, symbole de l’ignorance, des préjugés et des superstitions.

Le Maître Secret ne peut poursuivre son chemin vers la Lumière, qu’en maîtrisant ses trois mauvais compagnons par la Connaissance et prendre la juste mesure de toute chose grâce à l’équerre placée sur son front.

Le bandeau porté par le Maître Secret marque une étape, il permet ainsi de mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à faire avant de parvenir à la lumière, cette lumière qui nous paraît si proche mais, hélas, aussi très éloigné. Il rappelle que le Maître Secret n’a pas encore réalisé toutes ses potentialités et qu’il doit s’efforcer de tendre vers un niveau de conscience supérieur.

Le récipiendaire porte en lui-même sa lumière, même s’il ne la distingue qu’imparfaitement, ce que symbolise le voile transparent qui lui recouvre les yeux et le flambeau qu’il tient dans sa main.

Quand t à l’équerre posé sur son front, le rituel nous dit « Qu’elle vous rappelle aussi que vous êtes passés de l’équerre au compas, des lignes et des angles par lesquels le géomètre mesure la surface de la terre, aux courbes et aux cercles par lesquels l’astronome mesure le mouvement des astres. Vous commencez maintenant à pénétrer dan les hautes régions de la Connaissance spirituelle. ». Ceci nous rappelle que désormais c’est notre esprit qui doit guider notre travail et cela avec la rectitude de l’équerre passant ainsi de l’équerre au compas.

L’équerre est un outil de vérification des angles à 90°. C’est en formant cet angle que se pratique la marche de l’initié dans les trois premiers grades des loges bleues. Cette marche dite en équerre se fait suivant un axe rectiligne. Elle correspond à la quête de Vérité du maçon qui va de l’occident à l’orient, allant d’un point à un autre, des ténèbres vers la lumière. Elle marque l’accès à un plan supérieur par l’éveil du chakra frontal.

Dans un sens symbolique général l’équerre d’argent correspond à la sagesse divine et à l’intuition dirigée vers la Connaissance de soi.

L’équerre, symbole de rectitude accompagne le Maître Secret tout au long de ses voyages. Cette lumière d’argent est le reflet de la lumière qui vient d’en haut, et par là, suggère les possibilités de l’intuition. Lorsqu’elle ne sert qu’au contrôle des angles droits et à la vérification des figures carrées, elle est le rappel du travail de rectitude du Maître Maçon.

Je disais tout au début de mon exposé qu’une corde était passée autour du cou du Maître Secret.

Cette corde, est un lien qui entrave ou unit selon les cas. Dans les voyages du Maître Secret ce lien entrave la liberté de mouvement. Elle ne le réduit pas en esclavage mais le met en situation précaire, s’il ne marche pas à l’unisson du groupe.

Cette corde le retient prisonnier et rend difficile sa progression. Elle permet de porter un autre regard sur le monde, à l’écoute de l’autre, lié les uns aux autres, elle est susceptible aussi de les étrangler, c’est-à-dire de leur faire subir la mort spirituelle.

On peut penser à une cordée d’alpinistes sur le chemin initiatique dont le lien qu’est la corde est à la fois individuel et collectif, reliant chaque membre entre eux. Il faut faire preuve d’obéissance dans le suivi de celui qui précède et de volonté pour garder et communiquer le rythme à celui qui suit. Cette marche impose un rythme qui transcende l’individu. Cette corde est une invitation à s’accorder au rythme de l’autre.

A ce stade, la corde permet à l’initié de prendre conscience que son chemin de progression ne peut plus être strictement individuel. Il se dirige vers une libération tendant à réduire l’écart entre ce qu’il est et ce qu’il peut être ; cette corde qui relie les uns aux autres peut être assimilée à un lien unitaire pour surmonter les embûches et s’accorder au rythme de l’autre. On peut y voir aussi, le symbole des conditions de l’existence corporelle imposée à tous, dont il est nécessaire de s’affranchir pour accéder à une possible libération.

Le véritable travail intérieur est détaché du fruit de l’action. Il n’implique pas de salaire autre que de percevoir sa progression. Il faut « suivre » sans espérer de récompense, car si l’on ne suit pas, on risque la strangulation, c’est-à-dire la mort spirituelle.

Cette corde qui enserre le cou, peut séparer le corps de la tête, siège de la perception spirituelle. On peut voir là un rappel du signe d’apprenti, la main sous la gorge, avec le signe du secret. Cette gestuelle rappelle les sanctions encourues pour le non respect de l’engagement contracté de garder le silence sur ce qui a été confié.

Le voyage dans ce contexte est une sorte de pèlerinage intérieur, c’est une quête, une grande aventure qui doit permettre d’accéder à la libération optimale de soi-même.

Quel enseignement peut on tirer de ces voyages ? Le message transmis lors de ces quatre voyages peut se résumer à ceci : rechercher la Connaissance, libéré des entraves et des illusions qui sont un obstacle au travail et étendre ses réflexions à une approche de la fraternité universelle, méfiance et prudence, mais aussi discernement sur les choix à faire entre plusieurs opinions. Le Maître Secret est invité à développer sa capacité d’entendement et à demeurer avec prudence dans les possibilités du raisonnable, tout en cherchant à rapprocher ce qui peut relier les innombrables conceptions humaines dans leur Unité originelle, ce qui correspond à rassembler ce qui est épars. Ces voyages sont un appel à la raison, à relativiser toutes choses. Ils permettent d’avoir un nouveau regard sur l’univers. Mais ils nous rappellent aussi que, rien ne peut être entrepris sans l’Amour de la Justice.

Comment peut on parvenir à se débarrasser de ce voile et à retrouver sa liberté afin de pouvoir sans entrave poursuivre sa quête de vérité et partant retrouvé la parole perdue.

L’homme plein de vanité est à l’image de ce candidat qui frappe à la porte de la Maçonnerie et dont les yeux sont recouvert d‘un bandeau opaque. La différence fondamentale entre les deux est que ; l’un va garder son bandeau opaque et l’autre va, par l’accomplissement des devoirs liés à sa qualité Maçonnique, commencer à se débarrasser de celui-ci.

Ce devoir est une obligation qui s’impose à la conscience et au libre arbitre de chacun. Il se présente comme impératif telle que nous le rappelle les sentences contenues dans notre rituel :

§Le Devoir est pour nous aussi inflexible que la fatalité !

§En santé ou en maladie, en prospérité ou en adversité, le Devoir est pour nous aussi exigeant que la nécessité !

§Le Devoir s’impose à nous, le jour comme la nuit. Dans le tumulte de la cité, dans la solitude du désert, le Devoir est avec nous, toujours impératif comme la destinée !

Qu’est ce qu’est ce devoir ? C’est le Devoir envers le GAL’L’U qui est de rechercher la Parole Perdue, la Vérité, en rassemblant ce qui est épars. Au travers de ses exigences d’ordre principiel on peut définir un ensemble de devoirs envers autrui et soi-même. C’est la conscience du devoir que le chemin initiatique éveille en chacun.

Dans les trois premiers grades, la notion de devoir est omniprésente. Parmi les devoirs contractés, on peut mentionner le devoir de méditer les enseignements du rituel, les devoirs contenus dans l’obligation prêtée, dont le devoir d’assiduité, celui de se taire devant les profanes, de rechercher la justice en toutes situations, d’aimer ses FF, de se soumettre à la loi et à la discipline. Le chemin de la Lumière est non seulement la recherche de tout initié, mais par principe sa principale raison d’être, qui constitue son Devoir.

Le grade de Maître Secret tend à faire ressortir le sens de l’oeuvre du Maître et la quintessence de son enseignement, plus particulièrement par la connaissance et la mise en pratique du Devoir, lequel doit pouvoir aller jusqu’au sacrifice, sans espoir de récompense, au sens profane de ce mot.

C’est par l’accomplissement de ce Devoir que chacun peut partir à la recherche du maître qu’il est virtuellement, afin de se rapprocher de la Vraie Lumière incarnée en la personne de Maître Hiram, qui représente l’Initié parfait, le modèle idéal pour tout maître maçon. La route du devoir est jalonnée de nombreux devoirs que la voie impose au maçon. Elle développe en lui une éthique de vie et de comportements qui est une préparation intérieure au grand Devoir, objectif final de l’initié. Il consiste essentiellement en la recherche de la Vérité et de la Justice en toutes choses, autant qu’à rassembler ce qui est épars en vue de retrouver la Parole perdue. Dès lors, ce Devoir est sacralisé. C’est l’oeuvre d’une vie à remplir.

Placé sur le chemin du Devoir, le Maître Secret poursuit inlassablement sa quête exigeante. Il recherche la Connaissance du Devoir complet pour retrouver par la Parole perdue, la Vraie Lumière du Saint des Saints. On sait que le Saint des Saints ne comporte pas de fenêtres, il n’est donc éclairé par aucune lumière sensible. Ce sont les voeux du Maître Secret, sa qualité de clairvoyance qui peuvent percevoir cette lumière.

C’est sans doute parce qu’il est difficile de connaître son devoir au quotidien que le Maître Secret doit être à l’écoute attentive de sa conscience, ce qui demande de savoir oeuvrer dans les petites choses, de dépasser et transcender les petits devoirs, pour ne pas perdre de vue le service dû au Devoir essentiel, qui est la recherche de la Parole perdue, de la Vérité et de la Lumière. Celui-ci est impératif dans la mesure où il s’impose à la conscience comme un commandement, ce qui suppose l’existence d’une autorité supérieure, une transcendance.

Par ailleurs, si le Devoir du Maître Secret consiste essentiellement à retrouver la Parole perdue, comment peut-ilconnaître lanature de cequil recherche autrement qu’en théorie ? Ceci éclaire le sens de la phrase du rituel : il est plus facile de faire son devoir que de le connaître

En conclusion je dirai, ce n’est que placé sur le chemin du Devoir que le Maître Secret pourra se débarrasser de ce voile et de cette corde et ainsi pourra poursuivre sa recherche de la Connaissance du Devoir complet afin retrouverla parole perdue et voir se manifester dans toute sa splendeur cette Lumière qu’il tient da sa main.

J’ai dit

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