Yod Adonaï Yvah noms divins ; mots sacrés…
Non communiqué
» Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas… » (1)
Quel long chemin, quel travail pour parvenir à dépasser les apparences…
Rappelez-vous, nous avons reçu la Lumière mais…moi, à l’époque, j’étais loin de me demander d’où elle venait… et qui nous l’avait donnée ?
Au stade actuel de ma réflexion, les questions se bousculent dans ma tête, soulevant plus d’interrogations que de réponses… l’étude des mots sacrés, noms divins m’a permis de faire quelques pas sur cette route ardue.
Y aurait-il un Dieu extérieur, origine d’un faisceau lumineux qui se manifeste dans le concret … ou la lumière serait-elle intérieure ? Posséderions-nous en notre sein cette graine qui va germer et donner des fruits ? Serions nous à l’origine de notre propre construction ? Sommes-nous donc toutes des Dieux potentiels. Renfermons-nous en nous notre propre sauvegarde qui n’est pas seulement une chaîne d’ADN ?
Des questions qui en soulèvent d’autres plutôt que d’apporter des réponses… réponses que je n’aurai sans doute jamais.
Le Yod serait cette graine de lumière, germe divin au cœur de la création.
Il est la plus petite lettre de l’alphabet hébreu, la manifestation et la révélation de l’existence. Le germe de la vie. Il est la goutte de sperme qui va donner le fœtus, l’homme en devenir. Il est le fils que j’ai porté, l’homme responsable qu’il est devenu. Il est la fille que j’ai enfantée, Graal pour un Yod avenir… avenir de l’Homme. Il porte en lui toutes les espérances…
Il est le noyau spirituel de l’individualité soumis au mouvement de l’éternité. Le Un manifesté.
Yod est le germe divin au cœur de toute création, cette toute petite lettre au cœur du verbe hébreu shit « poser » en fondement qui contient ainsi tout entier la semence divine. Dans le principe Dieu pose ainsi en fondement sa semence, semence de JE SUIS. Il dépose dans sa création une goutte de Lumière sans altérer son entité. Il est ainsi au cœur de l’eau Maïm source de toute vie. Y aurait-il toujours une parcelle divine dans toute création ? Qu’appelle t’on parcelle divine ?
Et voilà les questions qui m’assaillent de nouveau…
Jung dit que ce que l’homme a de plus essentiel à vivre c’est de progresser dans la prise de conscience de ce qu’il est, par le processus d’individualisation (2) et de faire progresser la conscience collective de l’humanité.
Les bouddhistes tibétains parlent des Bhumis, des « terres successives » auxquelles il faut accéder. Mais on pourrait trouver des équivalents dans le soufisme musulman (stade ultime= malamaki) ou dans la voie de la connaissance hindoue l’or spirituel des alchimistes…
Toutes ces quêtes spirituelles sont basées sur ce travail personnel d’introspection et sur ce besoin d’élévation. Dans la religion chrétienne on peut citer l’échelle de Jacob ou les paroles du Christ quand il dit : « je suis venu apporter non pas la paix mais le glaive », il dit qu’il apporte le Saint nom YHWH; selon la tradition mystique juive. Désolées mes Sœurs, je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler…
Car le tétragramme est une épée, le yod est le pommeau, le waw la lame et les deux Hé les deux tranchants. La tête, la colonne vertébrale et les côtes ou membres supérieurs. C’est le symbole de la semence divine, du questionnement, que l’on doit faire pousser en nous car nous connaissons la force du symbole et sa double signification. Si nous ne tournons pas l’épée vers nous, nous risquons de la retourner vers les autres et elle deviendra organe de destruction, de mort. Il y a mille manière de tuer l’être physique, psychique ou spirituel. C’est ainsi qu’apparaît la confusion sur le mot DJihad.
Si nous ne faisons pas la guerre à la bête qui est en nous, elle risque de nous dévorer…
Yod a pour valeur le 10 nombre parfait pour Pythagore, somme de la tétractys (1+2+3+4+= 10) ou fusion de la dualité (5+5) unité du pavé mosaïque. Il signifie également la main, celle par laquelle l’homme a accès à la pensée et à la création.
Iod Hé vav hé base du tétragramme, mot imprononçable ou dont la prononciation s’est perdue…
Il est imprononçable et on ne veut le prononcer ???… par respect, par peur, parce que ces sons possèderaient un pouvoir. Comme le om, comme le abracadabra ou plus prosaïquement comme le mmmmm que l’on murmure à l’oreille de l’enfant pour l’apaiser.
Chaque son aurait son équivalent dans le cosmos, la musique des sphères a mis en évidence le rapport entre les notes de notre gamme et la distance de séparation des étoiles ? Hasard ou Dieu musicien ? Encore une question…alors pour éviter des interférences, on remplace ce mot imprononçable par Adonaï, Mon Maître, mon Seigneur.« Mon » mot convenu dans l’usage de la langue pour marquer la possession, l’appropriation. Façon déjà toute humaine de marquer sa puissance sur les choses, sur les êtres et sur Dieu. Celui qui, selon les règles de ce jeu sociétal peut dire « mon » du plus grand nombre de choses est considéré comme le plus heureux. De surcroît quand ce « mon » s’associe à Dieu. Quel bonheur que d’avoir son propre Dieu, celui qu’on fait à son image, celui qui est abordable tant par l’imagerie que par la parole. Un Dieu humain, limité et mourant. …quelle prétention…
Pour Yvah, il s’agirait d’une contraction de JEHOVA, lui-même une formulation erronée puisque le nom de Dieu ne se décline pas par mot mais par un ensemble de vocalisations. Dans certains rituels, il serait remplacé par Iah, nom d’une divinité ancienne citée 26 X dans la Bible.
Il s’agit donc d’une manipulation toute profane. Tentative toute humaine d’appropriation.
3 mots3 niveaux de compréhension du plus vague au plus précis, du plus subtil au plus humain,du plus ésotérique au plus profane. Comme les 3 espaces du temple de Salomon le vestibule qui assure la transition avec l’extérieur, le saint qui assure les rites et le saint des saints qui est le plus protégé, le plus respecté. La face visible, la face cachée ; l’exotérisme, l’ésotérisme.
Paradoxe : 3 mots pour dire la même chose, chose qui ne se dit pas (3)… car tout est dans l’interprétation et que l’interprétation est infinie.
Définir Dieu serait la porte ouverte aux abus et limiterait son pouvoir. Ce qui est dit n’est pas le tout. Ce serait se borner à un langage profane, limitatif, sclérosant. Ce serait vendre un produit tout fait comme une poudre à lessiver qui lave les âmes plus blanc que blanc. Ce qui est la technique marketing des religions.
Ce serait nié l’existence d’une vérité intérieure. Lire au-delà des mots exige un cheminement, il faut dépasser la forme pour s’ouvrir au logos invisible des splendeurs cachés de l’Univers et pour cela il nous faut très souvent des mots car notre pensée est essentiellement verbale, il nous faut des indices qui nous mettent sur la voie, comme une enquête… chaque mot est comme un fruit dont seule la bogue nous est directement accessible, mais celle-ci cache et protège la pulpe, la chair, voire le noyau pour les plus persévérant d’entre nous.
Le langage est semblable au voile noir que nous avions devant les yeux… il dissimule et révèle à la fois, car le mot n’est pas réductible au message, il cache tout ce qui n’est pas dit, il entretient le secret…
Chaque signifiant cache le signifié particulièrement chaque nom de l’ineffable. Il masque le vrai message et c’est là que commence le vrai travail d’introspection. Ce travail de verticalisationle long de la perpendiculaire implique une opération de retournement vers l’intérieur de nous-même pour recouvrer les normes ontologiques et nous relier à l’image divine fondatrice de nous même. Ainsi atteindrons-nous le cœur de notre être et de tous les êtres et des choses. Nous pourrons aller de la bogue au noyau.
L’étude des mots sacrés nous permet de plonger au cœur de leur contenu. C’est une œuvre de symbolisation qui se fait par degrés. Ce qui signifie que le mot n’est jamais clos pas plus que n’est jamais atteinte la connaissance totale de nous-même.
Si en prononçant le mot Adonaï tout était dit, il n’y aurait aucune possibilité d’interprétation. Ce serait empêcher l’intelligence humaine d’entreprendre un voyage qui est l’aventure par excellence, la recherche des secrets du Monde.
Ce secret que nous cherchons est un signe de reconnaissance que nous partageons. Il nous unit et nous lie comme la corde autour de notre cou.
Lors de notre cheminement, nous pressentons qu’au delà de la forme il existe la lumière apaisante du silence. Quand nous aurons dépassé le bruit que font les mots, nous percevrons la majesté de ce silence.
Déchiffrer les mots sacrés, c’est comprendre que le monde s’offre à nous, c’est une clef pour dépasser les apparences et percevoir l’âme du monde. C’est une nouvelle quête, celle du sens, expérience unique et exaltante, c’est enfin s’ouvrir aux signes, aux correspondances de l’Univers. C’est ouvrir la chambre secrète de notre cœur. C’est voir autre chose que son propre reflet dans le miroir… c’est voir plus loin, plus profond…
C’est une quête bouleversante qui me permet de remettre en questions les valeurs qui m’avaient été enseignées.
J’ai dit 3X Puissant Maître
N L
(1)
Prophétie de
Jérémie
(3)3°
commandement : tu
n’invoqueras pas le Nom de YHWH ton Dieu en
vain »