Le laurier et l’olivier

Auteur:

N∴ M∴

Obédience:
SCDF
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


Rite Ecossais Ancien et Accepté


Ordo ab Chao


Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France


Liberté – Egalité – Fraternité



(Cinq minutes de symbolisme)

Avant d’analyser le symbolisme de chacun de ces rameaux et la signification pour le M.S. de l’alliance ou de la combinaison des deux, un rapide retour à l’histoire s’impose.



Le laurier représentait dans l’Antiquité l’un des éléments sacrés du culte du dieu du soleil, Apollon. La légende rapporte que Daphné (laurier en grec) s’est faite transformé en arbuste de laurier pour échapper à son amant Apollon et garder ses vertus. Il était aussi un élément purificateur. Les feuilles n’étaient pas seulement un remède médicinal, mais elles possédaient aussi la vertu de purifier des souillures morales. Le laurier que l’on mâchait servait à Apollon pour les oracles, et c’est lui qui le purifiait selon la légende du meurtre du dragon Python, de même qu’il purifia Oreste du meurtre de sa mère.



Les sanctuaires d’Apollon étaient entourés de bosquets de laurier, et la pythie de Delphes mâchait, comme Apollon, des feuilles avant de rendre ses oracles sur un trépied lui-même orné de laurier.


À Rome, La plante était dédiée à Jupiter et symbolisait la victoire mais aussi, et surtout, la paix qui suit la victoire. Le général vainqueur portait une couronne de laurier sur la tête, et les armes des vainqueurs étaient décorées de laurier, avant d’être déposées sur la poitrine des statuts de Jupiter en signe de fin de la guerre et de l’avènement de la paix.


La déesse de la victoire (Victoria en latin) a été représentée avec une couronne de laurier dans la main qu’elle posait sur la tête des héros victorieux. Les premiers chrétiens appréciaient l’aspect toujours verdoyant du laurier et en firent, pour cette raison, un symbole de la vie éternelle. Le laurier reste vert toute l’année, bravant toutes les températures et même le manque d’eau.



Le laurier, est donc symbole de purification, de victoire, de succès, et par extension de gloire. Il symbolise aussi le sacré, la transformation de l’être, la purification physique et morale, la récompense, la paix et l’éternité. Il est ainsi symbole de la résistance, de la persévérance, et de la victoire du M.S. qu’il doit remporter sur ses passions, ses préjugés et ses erreurs qui constituent un obstacle sur le chemin de la recherche de la Parole perdue, entre lui et La Vérité, entre lui et la réalisation de son être. Il est aussi une incitation à l’espérance et à la persévérance dans l’accomplissant de ses devoirs. Ceux que le laurier couronnait jadis devenaient socialement des demi-dieux du fait de leur excellence et de leur perfection. Le M.S. glorifié par son état de lévite et par son choix parmi les sept Maîtres pour poursuivre l’œuvre d’Hiram, est distingué lui aussi, socialement et spirituellement.



***



Quant à l’olivier, c’est un arbre béni. Son bois, d’ailleurs très beau, servaient à tailler des figures divines chez les Grecs. Le bois sacré de l’Olympe se composait d’olivier dont on offrait des couronnes aux vainqueurs des jeux. Dans l’ancienne Rome, la branche d’olivier était avant tout un symbole de la déesse de la paix (Pax), mais les soldats portaient aussi des couronnes d’olivier lors des triomphes. Les ambassadeurs de paix tenaient dans les mains des branches d’olivier. Dans la Bible, la colombe qui appelle Noé hors de l’Arche, porte une branche d’olivier dans son bec signifiant le retour de la paix avec Dieu après le déluge. L’huile tirée de l’olivier apaise, purifie, nourrit et fournit un combustible pour avoir la lumière. Elle sert aussi à l’onction des rois, des prêtres et des malades. Le chrême (mélange d’huile d’olive pure, de baume et d’épices), sert, dans la religion chrétienne, à l’onction du baptême, à l’ordination des prêtres et à l’extrême onction. À partir du 7ème siècle, les cérémonies de couronnementcomportèrent également une cérémonie d’onction.


D’autre part, cet arbre peut vivre des siècles. Des rejetons repoussent toujours même quand l’arbre donne des signes de mort pour lui offrir une nouvelle vie. De plus, il pousse dans les endroits les plus difficiles. Il supporte lui aussi le manque d’eau. Toutes les civilisations anciennes lui attribuèrent une valeur considérable, et il reste aujourd’hui reconnu comme arbre générateur de vie.



On voit bien donc que nous sommes en présence de plusieurs notions : Paix, sacré, victoire, purification voire même guérison, régénérescence et persévérance.



Si on analyse ces deux éléments ensemble pour en retirer le message symbolique, il est clair que cela peut vouloir signifier au M.S. qu’il peut s’attendre à une récompense glorieuse s’il réussit dans ces efforts et accomplit son devoir, même s’il a déclaré être prêt à l’accomplir parce qu’il est le Devoir, sans songer à la récompense, et à être satisfait de l’approbation de sa seule conscience. Car cette récompense n’est pas une récompense matérielle ; c’est la paix avec soi-même, avec les autres et avec son créateur ; et c’est la plus grande des récompenses qu’un être humain puisse avoir. Le M.S. qui est distingué parmi les maîtres par son grade, doit réussir sa mission qui consiste à suivre le symbolisme de l’équerre, savoir utiliser la clé pour dépasser la balustrade, et être enfin couronné en s’approchant, victorieux, du saint des saints qui n’est autre que son essence même, cette parcelle de lumière divine qui est en lui, et avoir enfin la sagesse et la paix intérieure. Cela consiste à mener avec succès, une vie sans erreur car il doit arriver face à cette lumière de l’éternel spirituellement purifié.



Les deux rameaux forment un arc. Ils sont ouverts comme un compas, presque comme un demi-cercle ouvert vers le haut, vers la lettre Z. Cela a un sens. Cette lettre, outre ses autres significations, est la septième de l’alphabet hébraïque. Elle est symbole de l’éclair et de la foudre, et par conséquent, de la Lumière.



Victoire, sagesse, paix et Lumière sont les messages contenus dans ce mélange de rameaux. De la victoire à la paix, c’est le chemin qui ouvre l’âme et le cœur à la manifestation possible du grand architecte de l’univers en soi, à la levée de certains voiles qui brouillent la vue du M.S. et l’empêche de connaître et de vivre la Vérité, en tout cas celle accessible à l’esprit humain. Cela est possible par le perfectionnement individuel qui reste à réaliser, car il s’agit en fait d’une anticipation depromesse qui ne sera effective que par l’accomplissement du Devoir.



C’est donc une couronne de gloire virtuelle que le M.S. doit rendre réelle par le travail initiatique. Cette virtualité, le rituel la définit bien en précisant : « je vous couronne de laurier et d’olivier dans l’espérance de vos succès futurs et de votre ultime victoire. » Ainsi, les deux rameaux symbolisent une potentialité chez le M.S. qui reste à développer par lui même. Il doit voir, par l’entremise de ces deux emblèmes, toute l’immensité du travail qui l’attend. Tout ce qui est évoqué par le laurier et l’olivier récompenserait cet inlassable travail effectué sur lui-même en vue de sa purification. Le M.S. qui a déjà réussi à enjamber le cadavre d’Hiram sans peur, doit réussir maintenant à maîtriser son chagrin dû à la mort du Maître et à la perte de la Parole, dompter les 3 mauvais compagnons pour pouvoir ouvrir son cœur, son Saint des Saints, avec la clé qui n’est autre que lui-même et découvrir sa resplendeur et se rendre compte que Ziza était déjà en lui.



J’ai dit



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