Le Sceau et le signe du Maître Secret
G∴ B∴
ALA
GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE
L’UNIVERS
TROIS FOIS GRAND MAÎTRE
ET VOUS TOUS MES FRERES MAÎTRES SECRETS
TROIS FOIS GRAND MAÎTRE
ET VOUS TOUS MES FRERES MAÎTRES SECRETS
Mes frères maîtres secrets, je viens d’être initié au 4ème degré grâce à la confiance que vous m’avez accordé. J’ai envie d’évoluerdans les mystères de la Franc-maçonnerie et d’avancer dans la recherche de ma vérité.
Je sais que je viens d’aborder ce qu’on appelle les loges de perfections qui permettent d’avancer dans les hauts grades du REAA, qui comprennent du 4ème au 14ème degré, un ensemble de légendes et de rituels directement issus de ce qui constituait au XVIIIème siècle le rite de perfection, préconisant une recherche de l’amélioration de l’homme et de l’humanité dans un cadre humaniste, social et politique non confessionnel.
J’espère être capable de démontrer mes capacités à poursuivre cette progression et me montrer digne d’accéder, degré par degré, à de nouveaux outils de recherche, sachant que les grades de perfections ouvrent le passage du temple individuel au temple cosmique, tout en poursuivant le même objectif, vaincre ses vices et ses passions pour essayer de garder un corps et un esprit sain conformément aux lois de la vie et de la nature.
La dénomination du grade de maître secret confirme l’importance de la notion de secret en Franc-maçonnerie.
Le maître secret se distingue des maîtres des loges bleus par la poursuite active de sa quête, par l’approfondissement des acquis, grâce à de nouvelles clefs.
Le grade de maître secret qui fait passer samain droite de son cœur à ses lèvres, est placé sous le signe du silence ou du secret matérialisé lors de la cérémonie de réception par l’apposition du sceau du secret sur les lèvres de chaque candidat.
Ce signe s’effectue l’index et le médius de la main droite sur les lèvres, les autres doigts repliés.
Chaque grade possède ses modes de reconnaissances, dont le signe, qui est d’une importance fondamentale, car il indique l’esprit du grade.
On trouve trace de ce signe très ancien dés l’antiquité. Ainsi dans l’Egypte ancienne et en Grèce, ce signe de maître secret est porteur d’un enseignement traditionnel. Il établit le lien qui unit secret et sacré.
En Egypte, il est associé à HARPOCRATE, fils d’HORUS, qui guérissait les corps et les âmes. HARPOCRATEest représenté la main gauche pendant le long du corps et celle de droite avec un ou deux doigts posés sur les lèvres.
On le retrouve encore aux portails des cathédrales, notamment dans quelques représentations du christ dessinant le sceau du secret.
Il enseigne comment conserver dans son cœur le secret initiatique. Ce signe correspond à une attitude qui reflète un état d’intériorité.
A la menace du signe pénal de l’apprenti, le maître secret substitue un pouvoir d’action autonome. Le silence n’est plus imposé, il y a une démarche volontaire qui, en mettant ses deux doigts au coin de la bouche et non en couvrant celle-ci, prouve sa maîtrise du verbe par une retenue significative.
L
e silence du maître secret est différent de celui de l’apprenti, il ne lui est pas imposé, il se l’impose à lui-même. Ill’assume pleinement conscient de ce qu’on lui a appris et de ce qui lui reste à apprendre.
A ce degré, sans doute plus qu’à un autre, le silence est une discipline intérieure pratique, qui suggère et favorise la méditation.
Cette puissance du silence volontairement observé n’est pas un rejet de la parole, bien au contraire, elle confère à celui qui l’observe, une qualité d’écoute, de disponibilité et de réceptivité accrue.
En loge de perfection lors de ses interventions, le maître secret ne parle pas pour parler, car alors dans ce cas, sa parole ne serait plus qu’une coquille vide, s’éloignant du verbe initialement créateur.
Debout, le maître secret s’exprime sans mise à l’ordre extérieure, si ce n’est par le signe secret au début et à la fin de ses interventions. Ce signe est comme l’alpha et l’oméga de sa prise de parole, comme pour ponctuer le « j’ai dit » habituellement dans les grades précédents.
Sa mise à l’ordre étant intérieure, il n’a plus besoin de la manifester constamment par un signe extérieur.
Aux trois premiers grades, les apprentis, les compagnons et les maîtres se retirent à la clôture des travaux sous le serment du silence, le secret au 4ème degré donne son nom au grade dont il est l’élément principal.
Si l’apprenti est astreint au silence absolu, le maître secret se tait, en observant le devoir de conserver le secret.
La description du signe secretmontre qu’il correspondà une question et une réponse, la réponse étant semblable à la demande, elle est tracée à l’identique, mais de l’autre main, comme son reflet inversé, vu dans un miroir.
Lors de la clôture des travaux, ce signe du secret est étroitement lié à l’attitude du maître, ainsi il est dit : Comme il n’y a plus rien à faire que de pratiquer la vertu, de fuir le vice, restons en silence, pour que la volonté de dieu soit faite, il est temps de nous reposer.
– La parole est d’argentet le silence est d’or.
– Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas.
– Ou encore selon un proverbe chinois « Celui qui connaît le secret ne le trahit pas, celui qui trahit le secret ne le connaît pas ».
Ce signe marque l’attitude souhaitée à ce grade, il est les caractéristiques appropriées d’un état intérieur.
On peut considérer que ce signe du secret anoblit et transcende le silence mis en pratique dés le grade d’apprenti.
C’est par là et en cela que le maître secret commence à s’éleverau dessus de la surface de la terre.
La complémentarité avec le sceau du secret et la main de justicese substitue manifestement au sceptre de SALOMON, le trois fois puissant maître de la loge.
Le sceptre est mentionné très clairementdans les premières versions des rituels de maître secret.
Deux matériaux différents constituent cette main de justice, l’ébène et l’ivoire.
A l’extrémité d’un manche d’ébène se trouve une main droite en ivoire, index et médius tendus et rapprochés l’un de l’autre, le pouce replié sur l’annulaire et l’auriculaire qui sont serrés sur la paume.
Le majeur symbolise le doigt du destin, alors que l’index est celui du commandement, mais aussi du jugement, de l’équilibre et du silence.
On ne sépare pas les symboles du sceau, de la justice et du secret.
Le sceau est symbole de légitimité, il représente les valeurs d’une organisation, pour nous la maçonnerie, et son droit d’expression.
La justice est le symbole de la volontéd’honorer des valeurs qui s’imposent pour que règne l’harmonie, la paix et la sécurité.
Le signe secret entendreprésenter la nécessité de s’inscrire dans les valeurssymbolisées par le sceau et la justice. Il entend prévenir les maîtres secretsdu danger de faire connaître aux non initiés des valeurs qu’ils ne seraient pas en mesure de comprendre.
Ces symboles sont donc forcément réunis. Ils sont complémentaires, car pris isolément, ils n’exprimeraientque des facteurs d’idées à qui ils manqueraient l’indispensable communion de sens.