L’éclat du jour a chassé les Ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître

Auteur:

H∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L UNIVERS


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


ORDO AB CHAO


TROIS FOIS PUISSANT MAITRE ET VOUS TOUS MES FRERES MAITRES SECRETS





Dans le rituel d’instruction au 4e degré, il est indiqué: 


« Quelle est l’heure d’ouverture des travaux en loge de perfection ?


L’heure où l’éclat du jour a chassé les ténèbres, et où la grande lumière commence à paraître. »



Il est bien entendu possible de prendre cette réponse au 1er degré, si je puis dire. A savoir, qu’effectivement les hommes commenceraient à travailler dans leur vie profane, au saut du lit, quand l’aube commence à poindre, les premiers rayons du soleil chassant les dernières noirceurs de la nuit.



Mais nous ne sommes pas ici dans le monde profane et cette phrase du rituel a vocation à nous projeter dans un univers symbolique, chargé de sens.



Sur le plan du rituel, elle rappelle l’étoile noire qui brille sur le plateau du TFPM, noire en signe de deuil du maître mort, mais également la lumière montrant que la vie jaillit de la mort comme la lumière jaillit des ténèbres.



Cette phrase d’ouverture des travaux au 4e degré nous invite de mon point de vue à réfléchir dans deux directions.


D’une part, vers le cosmos avec en ligne de mire, la réflexion sur le sens de la vie et la place de l’humanité.


D’autre part, cette phrase est également une invitation à l’introspection et à la démarche de perfectionnement initiatique.



Tout d’abord, la réflexion sur le sens de la vie et la place de l’humanité :cette phrase du rituel nous invite à lever la tête afin de nous projeter dans le cosmos et de réfléchir à la puissance du temps qui passe.



En effet, si l’éclat du jour a chassé les ténèbres, il est vrai qu’a contrario les ténèbres chasseront à leur tour l’éclat du jour.



C’est ainsi que se dessine face à nous, dans cette simple phrase, le mouvement cosmique: la terre tourne, sur elle-même comme autour du soleil, amenant en fonction de ce mouvement, jour et nuit.



Au-delà du système solaire, nous avons également l’évocation d’un infini a priori vertigineux et qui laisse poindre dans les ténèbres, de préférence glaciales et silencieuses, quelques espaces de lumière qu’ils se nomment étoiles, quasar, nébuleuses, voie lactée,…Bref, la voûte étoilée !



Ainsi, dans cet infiniment grand, l’Homme se retrouve minuscule poussière qui appartient certes à cet univers dont la question récurrente est de se demander s’il possède un sens, si notre vie de ce fait a une signification ou si elle est le simple fruit du hasard cosmique.



Oui, cet éclat de lumière nous préoccupe au point de nous amener à un éveil de la conscience et de la réflexion puisqu’au fil des millions d’années d‘évolution des espèces, l’humanité a développé des formes d’intelligence grâce à son cortex cérébral hypertrophié par rapport aux autres espèces terrestres.



Et à partir de notre capacité de réflexion, nous avons pu construire un édifice spirituel qui constitue le capital de l’humanité. Qu’il se nomme religion, science, art, voire art royal, cet édifice spirituel nous permet de porter et de supporter.


Porter plus haut et transmettre notre connaissance humaine en étant conscient du caractère vertigineux de l’univers dans lequel nous ne comprenons pas tout.


Supporter l’immense solitude du vivant, qui se retrouve immergé dans un univers de silence, de froidure et de mort supposée.



Cet univers, nous nous efforçons de progresser dans sa connaissance. Nous nous interrogeons sur le sens des ténèbres et de la lumière. Les ténèbres peuvent elles être vaincues? La lumière apporte t elle toujours la vie? N’est elle pas parfois la manifestation d’une explosion d’un monde, d’un espace? N’est elle pas, plutôt qu’un commencement, une fin qui se traduirait par une explosion bruyante et aveuglante, précédant des ténèbres silencieuses et mortifères?



Pour l’humanité, il est avéré que la lumière même dans sa matérialité, est symbole de vie, d’espérance et de progrès.



Pour le Franc maçon, la lumière est source d’une recherche permanente de spiritualité.



Dans la Genèse, l’apparition de la lumière est ainsi décrite:


« Au commencement Dieu avait créé le ciel et la terre. Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la surface de l’abîme, et le souffle de Dieu planait sur la face des eaux. Dieu dit: « que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela nuit. Il fut un soir, et il fut un matin – un jour » (livre premier duPentateuque).



Mystérieux instant du Big bang, merveilleuse poésie de la Bible, nous sommes confrontés à l’aveuglement face au déferlement de lumière de l’instant primordial.



Ainsi, alors que la lumière vive et brillante du jour fait voler en éclat les ténèbres préexistantes, le jour prend possession de l’espace permettant à la Grande Lumière de paraître.



Mais le sens du mot « lumière » n’est pas ici celui de la lumière matérielle. En effet, dans le texte originel de la genèse, en hébreu, c’est le mot « Aor » qui est utilisé et qui signifie « lumière spirituelle » au lieu du mot « Nir » utilisé pour qualifier la lumière matérielle.



Nous sommes donc bien dans une démarche spirituelle qui constate que notre compréhension de la lumière originelle de l’univers est d’une autre nature.



Celle de la lumière de l’esprit.


Que faut-il entendre par là ? Est-ce l’intellect, l’âme, autre chose ?



Cela nous amène maintenant à réfléchirsurl’introspection etla démarche de perfectionnement spirituel :



Pour mieux appréhenderla notion de spiritualité, il convient de s’ intéresser au travail de nombreux philosophes depuis l’Antiquité afin de décrire en quelques lignes la conception triple de l’homme construite à partir du corps, de l’âme et de l’esprit.



Dans les grandes traditions humaines, l’homme est en effet, un corps (nos os, notre chair) qui a des besoins purement physiologiques pour assurer sa survie et celle de l’espèce: repos, nourriture, boisson, sexualité.



L’homme est également une âme, du latin « anima » (ce qui anime), ou encore « la psyché grecque ». On peut décrire cette âme comme une force vitale animant le corps dont elle fait partie, puisqu’elle meurt avec lui. Elle inclut mental, psychique, sentiments, comme une sorte d’intermédiaire entre le corps matériel et l’esprit. Elle peut pencher selon les individus davantage vers l’un que vers l’autre et inviter ainsi l’individu à des aspirations spirituelles ou à des préoccupations uniquement matérielles.



L’esprit quant à lui serait une ouverture sur un autre monde: Dieu pour les croyants, quelque chose d’indéfinissable et d’inaccessible à l’esprit humain pour d’autres…


Ainsi, se spiritualiser, ce serait simplement aspirer à sortir de nos propres limites, admettre que notre corps n’est pas notre seul composant et que nous sommes reliés à une vérité qui nous échappe, vers laquelle nous voulons nous élever.



Pour cela, la Maçonnerie écossaise nous propose un cheminement. Avec la méthode maçonnique, nous sommes invités à visiter l’intérieur de notre individualité, en référence à VITRIOL, et à en découvrir les diverses facettes.

Avec une progression graduée, les trois premiers degrés de la maçonnerie, nous inviteraient à passer de l’homme purement de chair à celui d’homme spirituel.



Ce cheminement vers la Lumière constitue l’expérience de la maçonnerie, une expérience personnelle, intime, secrète parce qu’unique pour chacun.


Il s’agit d’un voyage intérieur destiné à se connaître sans concession, comme si nous étions en présence d’un terrain à nettoyer afin de le rendre propre à la construction du Temple intérieur, fait de sagesse, de force et de beauté.



Cette lumière du « connais-toi toi-même » opère par petites touches successives, en faisant appel aux outils fournis par la FM aux apprentis, compagnons et maîtres.



Passer de l’immanence à la transcendance, ou de l’équerre au compas, c’est tout le travail en loge de perfection pour le maître secret.



L’équerre, instrument de la conduite de la rectification de la pierre brute par le ciseau et le maillet, évoque le travail sur la matière.
Le compas évoque au contraire le travail dans l’abstraction, dans la réflexion qui associe l’esprit.



En fin de compte, l’équerre serait la rationalité, l’immanence et le compas, la spiritualité, la transcendance.



Passer de l’équerre au compas consisterait donc à concilier et à faire le lien entre concret et abstrait, entre matériel et spirituel, entre immanence et transcendance.



Le franc maçon dans son perfectionnement cherche un équilibre dans l’usage alterné de l’équerre et du compas pour travailler son développement physique autant que spirituel, bâtir son temple avec la matière de pierres solides sans négliger l’abstraction de la géométrie, raisonner dans le concret sans mépriser la pensée abstraite.



Qu’en est-il du perfectionnement du maître secret ?



Celui ci se poursuit au 4e degré autour des notions de devoir, de secret et de silence.



Le Devoir est le devoir envers soi-même.
Le secret s’impose car dans la recherche et la découverte de sa propre lumière intérieure, rien n’est communicable.



D’où également le silence.



Le devoir est l’obligation morale de faire le bien et de bien le faire. C’est un impératif de la conscience. Il faut vaincre pour cela des résistances passionnelles et psychologiques, faire preuve de courage dans cette lutte.



Au grade d’apprenti, le franc maçon aura deux devoirs: aider son frère même au péril de sa vie, et surtout travailler.


Au grade de compagnon, il approfondit le sens de son devoir de travail par la réflexion sur l’étoile flamboyante et la lettre G, il s’engage à réfléchir par soi même et à maintenir en lui l’équilibre physique, moral et intellectuel et à développer son énergie créatrice.
Au grade de maître, il a pour devoir de répandre la lumière et rassembler ce qui est épars. Le mythe de la mort d’Hiram suggère le sacrifice pour assurer le règne du bien.



Le devoir pour le maître secret est décrit pendant ces voyages: ne plus accepter d’idoles humaines, penser par soi-même et agir librement, ne pas confondre les mots et les idées, découvrir l’idée sous le symbole, se soumettre aux lois de la nature, écouter les autres pour les comprendre, s’efforcer d’approcher la vérité, se libérer de tout dogmatisme, essayer de comprendre l’univers, trouver l’harmonie avec soi afin de la réaliser avec les autres, cultiver le sens du devoir.



Ainsi, le grade de maître secret est le symbole d ‘une ascèse intérieure devant provoquer une évolution spirituelle menant à la compréhension élargie de la notion de devoir.



Il n’y a finalement de devoir qu’envers soi même et c’est la lumière qui réside au fond de nous qui le dicte et nous guide.


Le vrai problème est de parvenir à distinguer les contours et la profondeur de la conscience et d’y trouver la lumière.


N’est-ce pas là une véritable recherche de spiritualité?



TFPM et vous tous MS, j’ai dit

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