L’obéissance à la loi est-elle un facteur de libération ?

Auteur:

J∴ M∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
ORDO AB CHAO
AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE France
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
Trois fois puissant Maître,
Et vous tous mes frères, Maîtres Secrets,

«La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi » art. 4 de la déclaration des droits de 1789.
L’article 5 poursuit « la loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint de faire ce qu’elle n’ordonne pas. »

La contradiction de la condition humaine est d’être à la fois individuelle et collective.

L’homme est enserré dans des liens sociaux. Les stations néolithiques et même paléolithiques démontrent par leurs vestiges, dont certains remontent à plusieurs dizaines de milliers d’années, la réalité de l’instinct de sociabilité.
Mais d’autre part, la destinée des hommes est individuelle. Déjà les sépultures nous avertissent de l’importance que présente, à l’aube de la civilisation, l’individu, la personnalité humaine, dont on admet que le témoignage corporel ne doit pas se dissoudre, mais garder son  identité le plus longtemps possible.
En outre et surtout l’ensemble des traditions morales et religieuses qui jalonnent la civilisation, principalement occidentale (religions égyptienne, hébraïque, chrétienne, philosophie stoïcienne etc…) nous affirment que le salut est individuel.

Les hommes ont donc le droit et même le devoir de réaliser leur destinée individuelle, dans la mesure où ils ne heurtent pas, dans sa poursuite, l’intérêt général.

La réalisation des destinées individuelles n’est possible que si certaines libertés sont accordées aux hommes, leur permettant de mettre en œuvre leur personnalité, si une certaine égalité de moyens est mise à leur disposition afin d’user des libertés nécessaires et si une participation à l’exercice du pouvoir leur est reconnue afin de garantir leurs libertés.

C’est pourquoi dans notre monde occidental, la démocratie est liée de manière indissociable à l’idée de liberté.

L’idée de liberté dont s’est initialement inspirée la démocratie est celle de liberté comme une prérogative inhérente à tout être humain et grâce à laquelle il doit être à même d’assumer son destin.

Mais il y a un problème de la conciliation de l’individuel et du collectif, de la liberté et de l’autorité qui se présente lorsqu’il s’agit d’organiser la société. Aussi la loi humaine, la loi juridique est elle indispensable.

Et l’homme est aussi un être particulier dans la création. Il possède une certaine qualité de conscience et de liberté. Tout en étant soumis à toutes les lois existantes, il ne peut s’empêcher de réfléchir sur sa condition humaine, de donner un sens à sa vie. Par sa raison il accède à un monde moral où il ne s’agit plus simplement de savoir ce qui est, mais ce qui doit être et où règne sa liberté intérieure.

C’est pourquoi, il me faut, dès à présent, clarifier la notion de loi et de distinguer pour les besoins de mon exposé :

La loi humaine ou la loi juridique qui détermine la liberté extérieure de l’individu, sa capacité d’agir sur son environnement selon ses propres fins. Cette loi écrite pour tous et par tous qui interdit la violence et exige la maîtrise de soi. Ce genre de loi humaine oblige simplement et peut donc transgressée.

Et la loi morale ou la loi naturelle qui est « écrite au fond du cœur de L’homme » qui va lui permettre sa remontée vers l’unité non pas en échappant à son monde mais en le comprenant. Et cette loi morale définit par KANT ne contribue t-elle pas à recentrer notre quête maçonnique, au delà même de la morale, sur l’essentiel qui concerne notre recherche de la Vérité ?

I.- La loi humaine et la liberté extérieure

Les lois humaines permettent de concilier l’autorité et la liberté. Le rôle de la loi étant, en effet, d’imposer des devoirs et d’attribuer des droits, elle repose toute entière sur l’autorité.

L’autorité ne tire pas d’elle même sa légitimité morale. Elle ne doit pas se comporter de manière despotique, mais agir pour le bien commun comme « une force morale fondée sur la liberté et le sens de la responsabilité ».

Nous pouvons le vérifier dans notre société occidentale. En effet, la croyance  traditionnelle en Occident, dans la valeur et l’importance de l’individu se présente incontestablement comme une des idées fondamentales qui fondent nos institutions politiques. Cette tradition est le résultat des apports de la civilisation gréco-latine, du christianisme, de la féodalité, et des philosophes du XVIII siècle et tout particulièrement JEAN JACQUES ROUSSEAU.

La  liberté extérieure est donc réglée par le droit afin que soit préservée la paix civile et l’ordre public et sa limite dépend des lois sociales des forces et des moyens d’action de chacun.

La loi juridique est un énoncé de normes : le sens de ces normes, c’est le juste, le légalement juste. Elle parle à l’indicatif et non à l’impératif. Elle ne prend pas la forme d’un commandement. Beaucoup de lois sont facultatives. Celle qui paraît la plus prescriptive, c’est la loi pénale qui se présente avec des sanctions.

Et ce qui caractérise la loi juridique, c’est la contrainte et par là même la notion d’ordre. C’est le statut de la contrainte, la justification de la contrainte qui fait le problème de la loi juridique.

En fait il se peut qu’il n’y ait pas besoin d’en chercher, parce qu’en fait la loi juridique est arbitraire. Les sophistes opposent justement l’arbitraire à la convention. Dans notre cas cette conception est à écarter. On peut justifier la contrainte par un  but : c’est une justification qui vient retrouver un lien entre l’arbitraire et la convention.

Il y a une fonction pédagogique de la loi. Ou bien la loi s’annonce comme une loi dissuasive, correctrice, protectrice en dissuadant par la crainte ou par le châtiment de faire quelque chose qui nuirait au bien de la cité.

Lorsque la liberté s’introduit comme le seul principe que la raison puisse reconnaître absolument, il faut alors trouver pour la contrainte une justification qui soit l’alliée de la liberté. Comment la loi rend-elle raison de la contrainte au nom de la liberté ?

La loi a pour effet de faire obstacle aux obstacles à la liberté : telle est la raison de la contrainte. Celle-ci s’exerce sur l’usage extérieur de ma liberté au profit de la liberté d’autrui.

Dans cette perspective, la liberté apparaît clairement avec son corollaire naturel qui est la responsabilité.

On demande encore que la liberté soit au principe de la loi. C’est ce que réalise la constitution. La loi fait exister la liberté. Elle n’est pas seulement là pour protéger. La loi est justifiée par la liberté elle-même.

La liberté de pensée et de la raison est inscrite dans la forme de la loi. C’est le contenu lui-même qui exprime le contenu de la liberté, ce que chacun sait lorsqu’un groupe réclame une loi pour avoir des droits.

La loi humaine commande à tous. L’ordre contraint la liberté naturelle, la fantaisie du désir, la violence de la force au service du désir. L’ordre est une condition de la libération.

Aussi sur le plan institutionnel, nos régimes démocratiques sont, je dirais, un état d’esprit pour veiller à l’intégration de tous. Cela signifie que la démocratie est une conquête permanente contre la remise en cause formelle et réelle de la liberté. Elle est sans cesse menacée par l’anarchie du chacun pour soi. Et si, selon un mot célèbre, elle est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres, c’est qu’elle est le seul régime contrôlable par les citoyens et donc corrigible.

Et la loi comme ordre imposé ou ordre exigé n’est qu’une condition de la liberté : la sécurité du lendemain ou la sécurité dans la rue n’est pas la liberté.

Il existe une autre liberté, plus intime, plus intérieure qui fait que l’homme ressent, en dehors de sa relation avec la société, le besoin, le devoir de réfléchir sur son comportement, sur ses raisons d’agir, sur ce qui le pousse à accomplir des actes raisonnables au lieu de suivre ses penchants naturels.

En d’autres termes, il éprouve le besoin de se poser la question : d’où proviennent ses mobiles moraux ? de quoi dépendent-ils ? c’est-à-dire qu’elle est leur source et vers quoi le mènent-ils ?

II.- La loi morale et la liberté intérieure

La liberté intérieure est la capacité d’un moi d’inventer le mode de vie qui lui convient en s’inventant lui-même dans une création.

Cette liberté n’est pas le rejet de la règle. Mais au contraire, la découverte  en moi d’une exigence morale

La loi naturelle ou de nature est dit-on « écrite au fond du cœur de l’homme ». Elle est définie comme « des règles de conduite fondées sur la nature même de l’homme et de la société ».

Cette loi qualifiée de naturelle implique la nature et plus particulièrement ici la notion de nature humaine. Si l’homme est un animal faisant partie de la nature, il n’est pas un animal comme les autres. Sa raison lui fournit des « principes ». Situé dans le monde de la nature, il est soumis comme elle à la nécessité, au déterminisme.

Mais par sa raison il accède à un monde moral où il ne s’agit plus simplement de savoir ce qui est, mais ce qui doit être, et où règne notre liberté.

Comment pourtant concilier la nature, le monde moral c’est-à-dire le monde du devoir être et la liberté ? En un mot quel est le fondement de la loi naturelle, de la morale ?

Car il faut le constater cette loi existe !

La morale est une réalité vécue. Nous constatons cette réalité en nous. Kierkegaard écrivait « l’individu éthique n’a pas le devoir hors de lui mais en lui ».
Nous avons conscience que certaines choses nous sont dues, que d’autres nous sont permises ou pas. Il existe donc une moralité spontanée, mais cette simplicité n’est qu’apparente.

D’où proviennent nos mobiles moraux ?

HOLBACH (1770) a essayé de l’expliquer. Il considère l’homme comme « un être qui sent, qui pense, qui a de l’intelligence, qui s’aime lui-même, qui tend à se conserver, qui dans chaque instant de sa durée s’efforce de rendre son existence agréable, qui pour satisfaire plus aisément ses besoins et se procurer des plaisirs, vit en société avec des êtres semblables à lui, et que sa conduite peut rendre favorable ou indisposer contre lui. »

Pouvons-nous admettre que seuls, ces sentiments universels fondent la morale ?

Nos devoirs envers nous même et envers les autres sont nécessaires puisqu’ils découlent de notre propre nature d’être raisonnable et social.

En d’autres termes nous tendons au bonheur mais pour être heureux nous sommes obligés de compter avec les autres qui vivent et travaillent avec nous, qui nous regardent et nous jugent (l’enfer c’est les autres).

Nous sommes engagés vis à vis d’eux ; il y a échange, obligation morale. Bref que dois-je faire (sous entendu pour être heureux) ?

Il ne faut pas chercher bien loin pour le savoir. Il suffit de regarder en nous même où habite la loi morale. Mais pour parvenir à ce bonheur il semble que ce soit bien plus difficile car il nous faut dit KANT s’en rendre digne.

Comment ?

En respectant la loi en nous c’est-à-dire en accomplissant notre devoir.

« Le devoir c’est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi ».

Il ne peut y avoir de devoir sans liberté, hésitation, choix : à quoi bon prescrire ce qui serait inévitable ? La contrainte supprimerait la liberté et donc l’idée même de devoir.

Le devoir comme nom, désigne une exigence morale, un lien de l’ordre de l’obligation.

Avec le devoir apparaît ce qui peut faire la grandeur et la dignité de l’homme : grandeur d’une volonté capable de dominer la nature, capable de liberté.

Le devoir est une parole intérieure que l’on s’adresse à soi-même. Dans le devoir, la volonté n’est déterminée ni par la sensibilité, ni par l’intérêt, ni par la prudence : elle est déterminée par la loi et par le respect de la loi.

Cette obéissance à la loi morale manifeste la dualité de l’homme et son appartenance à deux mondes : le monde sensible de la conscience et le monde intelligible, celui de la liberté.

Nous sommes donc libres d’agir en respectant la loi naturelle en nous ou de passer outre. Nous sommes soumis à notre propre législation c’est-à-dire que nous sommes autonomes.

La morale est fondée sur la liberté.

La loi naturelle ou la loi morale est certes bien un commandement comme les lois civiles mais un commandement intérieur qui nous oblige moralement sans nous contraindre matériellement.

Il y a liberté dans l’obéissance à la loi morale parce qu’il y a autonomie. C’est moi qui décide d’obéir à la loi morale tandis qu’aux lois civiles on obéit non par conscience mais par crainte.

L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est libération.

« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen » KANT.

Nous somme tous égaux devant la loi morale et chacun doit être traité selon sa dignité de personne.

Tout le travail de la morale porte sur nos idées. Il faut nous convaincre que c’est nous qui décidons du bien ou du mal qui nous arrive. Il faut apprendre à maîtriser ses passions, ses désirs. Etre maître de soi c’est accéder au spirituel.

Mais il faut toujours avoir présent à l’esprit que l’être humain est libre c’est-à-dire qu’il n’est pas soumis à la loi naturelle, il n’est pas un instrument.

Il doit choisir, décider de la respecter ou non. Sa volonté est législatrice universelle. Elle sera bonne comme le souligne KANT lorsqu’elle verra dans la liberté la fin aussi bien que le principe de son action.

C’est alors qu’on verra la loi morale avec son universalité émaner de la volonté de l’être humain. C’est moi qui en la respectant la fera vivre dans mes actes.

En obéissant à une loi valable pour tous, l’homme n’est pas aliéné car il se soumet à sa propre législation ;  en obéissant à une loi universelle, il accède à l’autonomie, à la situation d’un être qui se donne à lui même sa loi.

A la notion de liberté se substitue l’attente d’une libération.

Et pour moi Maître Secret aujourd’hui, il s’agit de ma quête spirituelle, inexorable devoir intérieur qui doit me permettre de construire mon temple intérieur.

La loi morale puise sa source dans la relation intime à la connaissance.

Et la vie de l’homme dépend de la nature de sa connaissance. La libération de l’homme rend possible son accès à la connaissance vraie et au bonheur.

Dans ce monde actuel, l’homme est plutôt du côté savoir que de la connaissance ; la force de la franc-maçonnerie, c’est justement de nous permettre ce passage par la Tradition.

C’est la connaissance qui détermine notre mode d’existence et notamment la qualité de nos sentiments. La connaissance vraie nous sauve en nous unissant à nous et à autrui.

La connaissance, c’est la conscience de toutes les énergies, la conscience de leur place objective dans l’ordre afin qu’aucune ne devienne prédominante au détriment d’une autre.

L’homme qui comprend ne peut désirer que ce qui est nécessaire et trouve son bonheur dans un accord de son intelligence avec l’ordre de la nature. En somme, notre liberté et notre bonheur dépendent uniquement de la qualité de nos connaissances.

Mais il ne faut pas attendre la Connaissance pour aimer et comprendre le monde. Ce n’est pas la Connaissance qui permettra d’accepter, de comprendre et d’aimer la vie, c’est l’acceptation de la vie qui procure la Connaissance, c’est l’amour qui initie.

La loge, souveraineté spirituelle, ouvre la voie de la connaissance qui s’effectue à la fois dans une trace personnelle, et c’est l’esprit initiatique, et à la fois collective, c’est la fraternité.

Pour moi, Maître Secret, je sais que mon devoir est de dépasser la morale profane, d’aller au cœur même de ma conscience, de trouver « un sens au sens des êtres et des choses ».

Je découvre que ma connaissance spirituelle n’a pour objectif que la recherche de la parole perdue.

L’instruction du 4e degré est très précise : « …la parole perdue, c’est la connaissance du devoir complet connu des anciens initiés !»

Et pour m’aider dans cette quête, je suis persuadé que le centre est le lieu où renaît l’espoir, où se construit le cœur et l’intelligence, et d’où part le devenir…

Trois fois Puissant Maître, j’ai dit…

La convergence de la réflexion vers un Centre permet la plénitude de la Vie et de l’Action.

On ne commande la nature qu’en lui obéissant.

L’homme est un être particulier dans la création. Il possède une certaine qualité de conscience et de liberté, tout en étant soumis à toutes les lois existantes. Qu’est ce qui fait que je me sens « obligé » par le bien ?

Cette question me fait prendre conscience de mes limites.

Pour répondre à cette question certains introduisent les postulats de l’immortalité de l’âme et l’existence de Dieu, c’est ici que le savoir cède le pas à la croyance.

C’est ainsi que la religion consiste à regarder les lois morales comme si elles étaient des commandements divins.

Autrement dit la raison, du sein même de ses limites, tire les motifs de sa croyance. La raison est fondée non seulement à savoir mais à croire. Kant écrit « Il me fallut supprimer le savoir afin de trouver place pour la foi ».
Il s’agit d’une relation métaphysique, c’est à dire d’une relation de l’être avec sa conscience Et pour nous francs-maçons, dans les versions initiales des constitutions d’Anderson de 1723, on peut lire, je cite « …un maçon est obligé d’obéir à la loi morale… Elle consiste à être bon, sincère, modeste, et gens d’honneur, par quelque domination, croyance particulière qu’on puisse être distingué ; d’où il s’en suit que la Maçonnerie est le centre de l’union… »

L’intelligence est une perception de l’amour.

L’homme libéré est celui qui pense avec le cœur.

Et je ne peux m’empêcher à ce point de mon travail, de ma réflexion, de reprendre simplement la formule célèbre de Saint Augustin « Aime et fais ce que tu veux ».

On reproche à la loi juridique ce que la loi morale réclame.

Une formule qui implique une liberté  insensée, et qui exige en même temps une discipline insensée, celle de ne vivre que par l’amour et pour l’amour.

Si donc nous avons besoin de discipline, c’est faute d’amour.

Et il me plait de penser, d’imaginer, qu’un jour  les hommes comprendront que la morale, le droit n’ont de valeur que si on les pense à partir de l’amour.

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter