Pourquoi le candidat à la maîtrise ne voyage t’il pas ?
J∴ R∴
A
LA GLOIRE DU GRAND
ARCHITECTE DE L’UNIVERS
Deus Meumque Jus
RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ
Deus Meumque Jus
RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ
Trois Fois Puissant Maître
et vous tous mes Frères,
Avant de développer ma réponse à cette question, vous me permettrezMMFF de définir dans un premier temps ce que nous pouvons entendre par « Voyage », pour ensuite construire autour de l’hypothèse suivante : « Si le candidat à la maîtrise ne voyage pas c’est peut être qu’il n’est plus ou pas encore l’heure et qu’il n’a pas l’âge, et ce enm’appuyant sur le rituel d’élévation au grade de maître de REAA
Nous pouvions lire récemment dans un numéro de Point Vue Initiatique que le voyage est un déplacement dans l’espace et le temps, au cours duquel le voyageur fait de nombreuses et nouvelles rencontres, et de toutes aussi nombreuses découvertes, sur le monde et sur lui-même. J’insiste ici sur la notion de nouveauté liée au voyage.
Et bien, il me semblequ’avant d’entreprendre d’autres voyages pour plus tard rechercher les secrets véritables du Maître Maçon, le candidat à la maîtrise doit auparavant se retrouver, se rassembler , l’heure est à une prise de recul et de conscience pour mieux préparer le chemin à venir. D’ailleurs quels voyages pourrait-il faire alors qu’il se retrouve DANS le Temple ? … et pourtant ne s’y déplace t’il pas ?
MMFF la question qui m’a été posée m’a permis de résoudre deux paradoxes apparents, car depuis son introduction par le FCourdans le Temple après que ce dernier l’ai surpris sur le parvis jusqu’à sa réception au grade de Maître, le candidat à la maîtrise réalisera 2 déplacements singuliers à savoir la marche à reculons… et l’enjambement du corps de M Hiram, qui ne sont pas pour autant des voyages, mais des phases de réflexion, nécessaire pourpasser de l’Équerre au Compas,
Ainsi l’entrée à reculons dans le temple est une invitation sensible pour le candidat à la maîtrise à faire le point sur sa carte, sur sa route initiatique, sur l’expérience qu’il a vécu, sur lesvoyages déjà réalisés et ce qu’ils lui ont apporté en Connaissance… depuis qu’il a été purifié par les quatre éléments au cours de sesTrois premiers voyages, depuis qu’apprenti il a reçu la Lumière, et découvert la nature de la pierre brute, en accédant ainsi, par le REAA à une méthode analogique entre l’Homme et le matériau, comparé à la pierre brutequ’il doit dégager de la gangue profane, il travaille en descendant au plus profond de lui-même.
Comp,les 5 voyageslui ont ouvert le plan de l’horizontalité, voyages au cours desquels tous les outils utiles à la construction de l’être lui ont été remis. Ainsi, éclairé et guidé par l’étoile flamboyante, lui est venu l’espoir d’enter sur le chantier de l’Univers pour servir et glorifier le Travail.
Mais pour appréhender cette phase de transition si particulière entre le travail accompli et celui quireste à faire, le candidat à la maîtrise doit rassembler toute son énergie, toute sa force, sa sagesse et sa beauté de cœur acquises, pour répondre en vérité àla question posée par le Très Vénérable Maître : « La pierre cubique achevée, le tablier et les gants du compagnon sont-ils bien réellement purs et sans taches ? »
Et pour cela, il ne doit pas se disperser dans un nouveau voyage, car agir trop tôt ou trop tard entraîne un égal insuccès.
Vient donc le temps du questionnement intime. Me suis-je bien allégé de tous les métaux de l’ignorance, de l’ambition démesurée et du fanatisme. N’ai-je jamais sacrifié à leur facilité ?
Ce réel examen de consciencepermet au candidat de s’élever en spiritualité vers la maîtrise, de prendre conscience qu’un cycle de vie s’achève, ainsi le récipiendaire se prépare à quitter son enveloppe corporelle pour libérer ses forces spirituelles dans la pérennité de l’Esprit du Maître, à passer du plan horizontal au plan vertical de la Connaissance.
A ce moment un voyage, l’empêcherait de se concentrer, c’est-à-dire se centrer sur lui, afin que l’alchimie opère en lui. Il se retrouve à une étape intermédiaire entre deux mondes, portant en lui la relativité de son univers, au seuil d’une confrontation avec un Absolu qui le dépasse.
Mais pouvons-nous juger nous-mêmes de notre réelle progression et ce malgré toute notre bonne volonté et sincérité ? N’oublions pas que si notre démarche est personnelle, elle se réalise dans le cadre collectif que nous offre le REAA
Ainsi c’est l’expert, émanation de la loge qui donnera uneréponse positiveà notre questionnement en conscience, par l’épreuve du Compas.
Le Compagnon, candidat à la maîtrise vient de se retourner, et c’est le cœur battant qu’il termine son examen des lieux. À la demande du Très Vénérable Maître, l’Expert saisit un Compas sur le plateau de l’Hospitalier, et en applique les deux pointes sur la poitrine du Récipiendaire. L’Hospitalier est le cœur de la Loge, et l’instrument qu’il fournit ne peut, par conséquent, servir qu’à prendre la dimension du cœur du Candidat.
Le geste de l’Expert mesure ainsi symboliquement les sentiments de ce dernier, en volume et en qualité. Ceci fait, il brandit le Compas au-dessus de sa tête, afin que tous puissent en juger.
Ici, le Compas sert à mesurer non pas les connaissancesacquises, l’habileté à utiliser les outils symboliques ou l’ardeur au travail du Candidat, mais bien ce qu’il a fait de tout cela ; autrement dit comment il a utilisé son intelligence pour améliorer son cœur.
Le Très Vénérable Maître fait alors allusion à des Compagnons ayantassassiné le meilleur des Frères et, pour prouver son innocence, le Récipiendaire doit exécuter une marche étrange. Il fait d’abord les cinq pas de Compagnon, ce qui l’amène entre les branches de l’Équerre tournée vers l’Occident: c’est me semble t’il encore une invitation à une récapitulation du cheminement que nous avonsréalisédepuis notre entrée en Maçonnerie et qui l’emmène sur l’Équerre du Compagnon. Il est l’heure pour lui d’effectuer une nouvelle progression.
Alors, l’Expert et le Maître des Cérémonies saisissent le Candidat et lui font enjamber le corps sur la droite. Il se trouve ainsi à côté de lui avec, à ses pieds, un outil qu’il connaît bien, un Levier. Puis ils lui font enjamber le corps vers la gauche et il se trouve de l’autre côté de celui-ci avec, à ses pieds, une Règle. Une troisième fois il enjambe le corps étendu, le dépasse et se trouve devant ses pieds, entre les branches d’un Compas ouvert vers l’Occident. Cette marche inattendue vient de le faire passer de l’Équerre au Compas.
Partant de ses préoccupations et de ses activités matérielles, le Compagnon a progressé en zigzag, passant du côté de l’action où il a découvert le Levier à celui des sentiments où il a rencontré la Règle, pour regagner la ligne médiane qui joint Équerre et Compas entre raison et sentiments, entre conscient et inconscient, entre intellect et intuition.
Mais maintenant qu’il est l’heure et qu’il a l’âge, il est temps pour le Maître réapparu aussi radieux que jamaisde parcourir le monde à la recherche des secrets perdus du Maître Maçon, de l’Orient à l’Occident.
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes Frères, j’ai dit.