Progression du MS sur la voie du
Non communiqué
sur la voie du conceptualisme par le symbolique
– Des droites aux courbes
– De l’abrupt au négocié
Lorsqu’en 1995, j’ai été initié apprenti FM, j’avais 46 ans, j’était un chef d’entreprise avec des certitudes, une idée de la société et des hommes, peut-être une certaine tendance à croire que je détenais une partie de la vérité.
C’est aussi à ce moment que j’ai pris conscience que cette vérité, cette certitude n’était peut-être pas aussi acquise qu’il y paraissait et il me fallait chercher autrement. C’est dans cet esprit que j’ai frappé à la porte du Temple.
Me voilà apprenti sur la colonne du nord, l’on m’a dit que j’étais une pierre brut, remis un ciseau et un maillet et vas y mon garçon, taille ta pierre, autrement dit commence le travail sur toi-même
J’ai commencé à travailler avec ces outils symboliques, outre le maillet et le ciseau, j’ai rencontré la règle, le fil à plomb, le niveau, le levier, l’équerre et le compas. Tout ces outils de construction m’ont permis en en recherchant le sens symbolique, de commencer à me comprendre, à faire un état des lieux et commencer le chantier de ma reconstruction. Pendant cette même période sont arrivés d’autres symboles non opératifs ceux là, mais complémentaires et annonçant déjà d’autres recherches, bien sur à commencer pat le G A D L U, l’étoile flamboyante et la pierre cubique. Le fait de découvrir la pierre cubique aurais pu m’indiquer que j’avais fait des progrès sur moi-même au point d’être une pierre bien taillée, dénuée d’aspérité donc de défaut et d’une parfaite intégrité.
Cette démarche à surtout consisté en un état des lieux, une introspection pour évoluer vers une rectification de la vision de moi-même d’abord et de la société humaine ensuite. Je me suis rendu compte que la vérité n’existe pas ou elle n’est seulement valable qu’un bref instant avant d’être chassée par un autre concept tout aussi valable, cela s’appliquant tant à l’homme qu’à la société humaine. Le symbolisme opératif m’a entraîné et fait cheminer sur cette voie qui est, je pense, le premier temple intérieur et secret du F M
Puis est venu l’exaltation à la maîtrise avec la découverte de l’utilisation du compas, symbole de la prudence, de la véracité, de la justice et de la tempérance, toutes vérités fondées sur l’esprit de mesure et du discernement qui permettent à l’homme, après avoir évolué dans son temple intérieur, d’évoluer dans les rapports avec son environnement. Le compas m’a amené vers la spirale hélicoïdale, symbole d’ouverture et d’optimisme qui nous permet de passer du matériel au spirituel, de la matière à l’esprit par sa rotation créative, elle permet de repasser en quelque sorte devant et au-dessus du point de départ mais avec une autre approche, c’est en fait notre propre évolution qui est spiroïdale. Cette spirale nous conduit tout naturellement vers le cercle qui lui aussi est symbole de transformation. Sans vouloir développer la quadrature du cercle, l’on peut dire que la matière, c’est-à-dire le carré, au cercle symbole de la perfection, il y a bien recherche de mutation et de transformation, tel dans la cérémonie d’exaltation, après la mort d’HIRAM, le Maître renaît « plus radieux que jamais ». Il ne renaît pas en un autre homme, il renaît en un autre être, un autre moi, investi d’une nouvelle mission
Dans le cercle, figure parfaitement linéaire fermée, le M Maçon trouve son équilibre en se positionnant au centre il ne peut plus s’égarer et cesse d’errer sans but, il va pouvoir se consacrer à la recherche de la parole perdue avec la mort d’HIRAM
Le troisième degré est le premier degré maçonnique qui échappe à la matière, désormais l’œuvre repose sur la légende d’HIRAM et du temple de SALOMON. Le M devra consacrer son existence à la recherche de la vérité et de la lumière, cette mission sera double : continuer sa propre construction, l’œuvre commencée dans le temple et participer à la construction d’un monde meilleur, « poursuivre au dehors…….
Pendant cette période, je dirai ce parcours que nous nous imposons, l’on a put constater que depuis le premier degré, tous les symboles sont présents dans la loge, autrement dit dès l’initiation on nous donne le tout mais à chaque degré nous recevons les clés pour décoder la partie correspondante et ainsi construire son propre concept, nous conduire des droites au courbes : de la pierre brut à la pierre taillée mais aussi de l’abrupt au négocié : du monde matériel au monde spirituel.
Le travail sur le symbole associé au rituel du rite nous permet de passer des droites aux courbes, de la règle au compas. La règle du profane peut être quelque chose de rigide, voir de rigoriste mais deux règles forment une équerre qui donne la rigueur morale, déjà un assouplissement de la rigidité de la règle pour enfin évoluer vers le compas, l’écoute, l’ouverture d’esprit, la pensée raisonnée. L’équerre c’est aussi le bijou du VM représentant l’équité, le pouvoir respectable et respecté et dont la fonction, outre le poste d’ordonnateur et d’animateur des tenues est aussi le conciliateur, donc le négocié de la loge
Puis vient le quatrième degré :
Comment avez-vous été reçu M S ?
En passant de l’équerre au compas
Nous confirmons, dès notre arrivée à ce grade la transformation que nous devons avoir opéré en nous même, pourtant les quatre voyages s’inscrivent dans la quaternité de la matière, le carré, mais aussi correspondent à quatre ages de la vie : enfance, adolescence, adulte et vieillesse en rapport au monde de la matière, au parcours de notre vie et à l’espérance de notre sublimation. Cette symbolique de l’initiation au quatrième degré nous repositionne en qualité de cherchant et nous inscrit dans un axe de temps qui est celui de notre vie
Tous les symboles opératifs ont disparu, seul reste la clé d’ivoire qui nous invite à nous projeter dan l’avenir et est pour le M S le fil conducteur de son devoir.
Cette clé « qui vous permettra un jour de passer », de passer du matériel au spirituel, de l’abrupt au négocié
Le devoir du M S devient outre ses devoirs de F M respectueux de ses engagements et de ses serments, un devoir de travail sur lui-même afin d’être porteur de lumière, de dépasser son « moi », du respect, voire de faire évoluer la loi morale. Je ne saurais donner une définition du DEVOIR, je dirai seulement que, en ce qui me concerne, il consiste d’abord à me débarrasser de tous préjugés, de tout orgueil, de faire en sorte d’avoir toujours une sincère estime de moi-même jusqu’au plus profond endroit secret de mon temple intérieur. Cette notion de Devoir existe tout au long du cheminement du F M mais d’une façon plus marquée au second degré, la notion de devoir est déjà très présente dans le rituel, « gloire au travail » ou nous « croisons » CONFUCIUS que je voudrais citer : « La règle de vie est la réciprocité » c’est à dire fait aux autres tous le bien que tu voudrais qu’il te fasse. Il n’y a qu’a condition de remplir ce premier devoir que nous serons en mesure de remplir, honnêtement, les devoirs envers nos F et la société humaine. Ces devoirs qui sont d’abord le respect des lois et le souci de la justice, l’esprit de tolérance avec le discernement qui s’impose dans le cadre de la loi morale, tel qu’il nous l’est indiqué dans le rituel « ne prend pour vérité que ce qui te parait juste »
La voie du conceptualisme par le symbolisme nous est ouverte et s’impose à ce degré par le rang de Lévite. En effet, le quatrième est le premier grade ou nous sommes investis d’une mission autre et en plus de notre propre perfectionnement. En qualité de M S nous sommes fidèle gardien du Saint des Saints et l’un des sept Lévites désignés pour remplacer notre respectable HIRAM-ABIF et poursuivre la construction du temple, sous entendu le temple de l’humanité. Les Lévites n’étaient pas des prêtres mais des enseignants et des serviteurs zélés du culte, dans le mot zélé il faut comprendre une notion de devoir. Ils se devaient d’être des exemples d’attitudes et de comportements
C’est à ce moment que nous devons être en mesure de se servir de tous les symboles et concept des trois premiers degrés, être capable de dominer ses passions, écouter, encourager, partager les connaissances acquises, c’est-à-dire remplir son devoir qui à partir de ce moment devient un véritable mode de vie
J’ai essayé de décrire une approche du symbole et de la démarche du F M que j’ai fait mienne depuis mon initiation jusqu’à ce jour
Au-delà de la démarche purement maçonnique, le titre de ce travail et la réflexion qu’il entraîne nous invite à nous poser la question :
Que nous apporte cette démarche, qu’elle en est la finalité ?, Si tant est qu’il y a une finalité
Des droites aux courbes
La société profane est déchirée entre deux points de vue : d’un coté la loi, la rigueur. De l’autre, l’humanisme, la compréhension, la tolérance. Ces deux concepts pris séparément sont antinomiques et c’est bien le problème de notre société, problème qui provoque des heurts chez les politiques et des débordements chez ceux qui sont chargé d’appliquer la loi.
Notre société à ses règles qui sont des habitudes, mœurs et comportements non écrits, ceci compose je dirai la norme d’une communauté de vie
La vérité, peut-être la lumière, serait que l’ensemble d’une société bâtisse, construise cette norme de communauté de vie et que cette norme devient une charte de vie en société. Le F M a un devoir de contribuer à la construction d’une telle société, même s’il doit parfois transgresser la règle et je donnerai un exemple : lors de manifestations que je qualifierai d’incendiaire de voitures, bus et autres bâtiments publics, nous avons tous entendu dire par les médias lorsqu’est arrivé ce qui semblait être la fin du conflit :
« Les troubles sont apaisés, la nuit a été normale il n’y à eu que quelques xxxvoitures brûlées ». Comme si détruire le bien d’autrui était normal, donc passé dans la norme de la société !
Mon propos n’est pas une réflexion politique de cet épisode social mais simplement une réflexion sur l’éthique, les droits et les devoirs de chacun
Il s’agit là d’atteinte aux valeurs républicaines pour un F M : la non acceptation d’une norme de tolérance de la délinquance au nom de la tranquillité d’esprit.
J’ai pris cet exemple mes F Pour vous dire que parfois transgresser la règle fait partie du Devoir, de la responsabilité dans le souci de préserver l’unité de la société ainsi d’ailleurs qu’il en est dit par le T F P M lors de l’initiation à la fin du premier voyage et confirmée par la suite de ce propos à la fin du second
« Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais vous déciderez par vous-même de vos opinions et de vos actions
Vous ne prendrez pas les mots pour des idées… »
« Respectez les opinions, mais ne les acceptez pour justes que si elle vous apparaissent comme telles après les avoir examinées …»
De l’abrupt au négocié
L’étude des symboles et leur interprétation propre à chacun d’entre nous ainsi que l’étude des rituels nous conduit à évoluer parallèlement des droites aux courbes et de l’abrupt au négocié.
Des droites aux courbes est une évolution personnelle qui fait passer des certitudes au questionnement vers une pensée raisonnée, il s’agit d’une démarche tournée vers soi même et s’adressant à soi même, nous sommes tout à fait dans la recherche du « connais toi-même ». Nous ne sommes plus dans l’introspection, nous connaissons nos faiblesse, l’inventaire a été fait, nous nous situons dans le mesuré, le réfléchi, il s’agit pour le FM que nous sommes de travailler à sa reconstruction non pas pour devenir un autre homme au sens de la personnalité, mais pour modifier son mode de pensée, de comportement par rapport à lui-même
De l’abrupt au négocié, va de pair avec l’expression des droites aux courbes même si la réalisation sera quasi simultanée, elle sera quand même consécutive, elle ne peut que confirmer l’expression d’un sage dont je ne me souviens plus le nom : « si tu veux changer le monde, commence par toi-même »
Il s’agit dans cette expression de nos rapports avec autrui, l’enseignement principal de cette formule se trouve et résume en même temps la méthode maçonnique.
Le rapport entre F dans l’écoute active et le respect, le respect qui est la clé de tout communication, de tout dialogue, de l’échange, base de toute construction positive. Il ne peut y avoir de construction d’une société plus juste sans dialogue et sans respect mais j’ajouterai un autre mot que la société des hommes tend à oublier : SINCERITE. Nous ne manquons pas autour de nous d’exemple du « je t’aime, moi non plus » qui est tellement détonnant que ce degré d’hypocrisie enlève tout crédit à leurs auteurs et malheureusement il s’agit souvent d’hommes public ou très en vue , ceux là même qui devrait montrer l’exemple
Conclusion
Droite et abrupt peuvent former une équerre, symbole d’équité mais aussi de transition, donc déjà un mouvement, une préparation à l’action du F M
Courbe, négocié : la courbe est symbolisée par le compas qui confirme un passage, l’ouverture à l’évolution du F M qui se reconnaitra par la mise en route vers le chemin de l’union et du rassemblement de nos différences et à l’évolution de sa propre connaissance, sa capacité à évoluer et faire évoluer son environnement, c’est-à-dire le négocié
Le négocié n’est-il pas contenu dans le principe créateur, symbole de l’unité recherchée ?
Peut-il être dans le point de départ de ce concept du principe créateur qui nous est cher, nous F M du REAA qui ont pour but de mettre en lumière le caractère d’universalité qui est le fondement de la recherche spirituelle. En fait le négocié ne réside t’il pas dans le doute, clé vers le passage à la parole perdue ?
Si c’est le cas, dans le concept, la boucle est bouclée en symbolisme mais le court propos que je viens de vous exposé met en évidence la difficulté de faire l’unicité des peuples car nous constatons que les hommes ne font pas la guerre pour de l’argent mais le font pour le pouvoir en se justifiant par des idées, voire des idéaux.
Alors mes F , la réponse à ce dilemme est peut-être ce que nous cherchons : la parole Perdue, la lumière
T F P M j’ai dit
LP B