Pourquoi les maîtres-maçons portent-ils le chapeau ?

Auteur:

P∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ACHITECTE DE L’UNIVERS


Deus meumque jus


Rite Ecossais Ancien et Accepté


Ordo Ab Chao


Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France


Liberté Egalité Fraternité


Trois Fois Puissant Maîtreet vous tous mes Frères en vos degrés et qualités





Dès l’aube de l’humanité, pour des raisons pratiques, nos ancêtres se sont vêtus.



En fonction des lieux et des contraintes locales ils se sont également couvert la tête, créant la coiffe, accessoire initialement protecteur, puis esthétique ou corporatif .



En maçonnerie, les maîtres portent, selon les circonstances, une coiffe que, tout au long de notre propos, nous appellerons chapeau.


Le port du chapeau est pour eux une marque d’appartenance à leur grade.



Après avoir brièvement rappelé quand les maîtres-maçons portent le chapeau, nous exposerons pourquoi ils le font.



En loge, pour les tenues des premier et deuxième degrés, le vénérable maître est le seul des maîtres, quelles que soient leurs fonctions, à porter le chapeau.


L’une des explications est que cette distinction affirme, notamment aux yeux des apprentis et compagnons le leadership du vénérable maître et l’acceptation de celui-ci par ses pairs.


Ce signe distinctif est donc la traduction de l’autorité et du rôle du vénérable maître.


Au troisième degré, tous les maitres doivent être couverts ; signe d’égalité entre eux.


De manière tout à fait anecdotique, nous vous citerons deux exemples parfaitement opposés :


Lors d’une visite à la Grande Loge du Texas, à San Antonio, nous avons rencontré un de nos frères américains qui, malgré la présence de public et durant toute la matinée, était porteur de son chapeau.


A l’inverse, lorsque nous ouvrons le site web de la Grande loge de France, nous pouvons voir une photo de notre Grand Maître qui, lui, pose découvert.


Il nous apparaît évident que le port du chapeau ne peut se faire qu’en tenue.



Une affirmation apparaît clairement à nos yeux. Le port du chapeau ne peut se faire qu’en complément du port des autres accessoires que sont le tablier, les gants et les cordons. D’où la confirmation de l’usage exclusif de la coiffe pour les tenues.



Pourquoi les maîtres-maçons portent-ils le chapeau ? A l’évidence certainement pas pour des raisons pratiques.


Nous entrons, maintenant, dans un autre domaine ; le symbolisme.


Très modestement, et avec les rares connaissances dont nous disposons, examinons ensemble quelles peuvent être ces raisons.


La lecture de la Symbolique Maçonnique de Jules Boucher indique que « Le Maître, en Chambre du Milieu, doit garder son chapeau ; il lui est interdit de se découvrir. C’est là l’un des signes de ses prérogatives et de sa supériorité ». C’est également, à notre avis, l’application de l’un de nos principes, Egalité. A ce stade, nous considérons qu’il n’y a plus aucune hiérarchie et que les vénérables maîtres sont parfaitement égaux entre eux. Vous constaterez avec nous que le port du chapeau a modifié leur appellation. Ils ne sont plus des frères, mais des vénérables maîtres, se hissant, sans que les apprentis et les compagnons ne le sachent au niveau de celui qui dirige les travaux des premier et deuxième degrés. Toutefois, et au risque de vous faire sourire, l’un deux est un peu plus égal, le vénérable maître de la loge que l’on appelle Très Vénérable Maître. L’égalité n’abolissant pas le rôle directeur de celui qui a été élu pour diriger et représenter la loge.


Mais avec une nuance. Le port du chapeau remplace celui de la couronne, signe extérieur de la souveraineté. Il a pour but essentiel de rappeler à ceux qui le portent qu’ils ne sont ni des tyrans ni des dictateurs et qu’ils sont là pour veiller à l’intérêt commun. Le collectif supplantant le personnel.


Cette notion nous convient parfaitement et va dans le sens d’une idée qui nous est chère, l’esprit de la loge.


Une thèse, anatomico-symbolique ou symbolico-anatomique, du docteur Henri Allaix – Introduction à l’étude de la magie, 1936, tend à démontrer que les cheveux, à l’inverse des autres poils sont des organes récepteurs. En se couvrant, le maître affirme que, parvenu au terme de l’Initiation, il n’a plus rien à recevoir. Nous ne sommes pas réellement convaincu par cette explication et notre présence ici ce soir en est la manifestation.


Toutefois, cette notion se retrouve, notamment, dans deux domaines : notre religion et notre justice.


Le pape, autrefois, avait le sommet de la tête entièrement rasé ; de nos jours, sur ses cheveux il porte une calotte. Le prêtre, par la tonsure, limite ses possibilités de réception profanes ;il est moins influençable. A l’inverse de la réception se trouve l’émission ; rappelons que les missionnaires portaient la barbe afin d’augmenter leurs facultés de persuasion.


Pour conforter l’idée que le port du chapeau est un obstacle à la réception, citons le juge qui, au moment du prononcé de la sentence, se couvre affirmant qu’il n’acceptera plus aucune influence susceptible de lui faire modifier son jugement.



Ce chapeau, rappelant la couronne, est de forme circulaire. Il indique ici, par l’image du cercle, la perfection et à la participation à la nature céleste dont le cercle est le symbole. Il unit ce qui est au-dessous à ce qui est au-dessus.


En outre, la couronne est la récompense à une épreuve et la promesse d’une vie immortelle à l’instar de celle des Dieux. Elle affirme la dignité, le pouvoir, la royauté, l’accès à un rang supérieur ou encore le pouvoir divin. Son sommet en forme de dôme est le signe d’une souveraineté absolue.


Dans le symbolisme kabbalistique, la couronne qui exprime l’absolu, le non-être est au sommet de l’arbre des Sephiroth.


En Grèce et à Rome, la couronne est un signe de consécration aux dieux. Les morts en portent une pour attirer la protection divine.


Enfin, la couronne irradiante est le symbole de plus élevé de l’évolution spirituelle. On peut la voir sur une statue chargée de symboles maçonniques, la Statue de la Liberté.


Elle est coiffée d’une couronne irradiante à 7 rayons, 7 étant le nombre des maîtres.


Ce type de couronne se retrouve sur la tête de statues plus anciennes et remonte à Hélios, une divinité grecque représentant le soleil. La couronne à 7 rayons signifie : « le Grand Architecte de l’Univers a donné le soleil au monde pour l’éclairer, la Liberté pour le soutenir ».



La couronne, ou le chapeau, au terme de notre propos, nous donnent à penser qu’ils sont pour nous maîtres-maçons, le trait d’union avec le Grand Architecte de l’Univers. Au contraire de la puissance qu’ils semblent conférer à celui qui les porte, nous pensons que, dans notre cas personnel, ils sont là pour nous rappeler qui nous sommes, ce que nous sommes et où nous allons.



Pour conclure, nous ne pouvons pas passer sous silence cette expression : « Porter le chapeau » appliquée aux personnes victimes d’injustices.


Nous aurons donc une pensée pour tous nos frères maçons qui, persécutés, notamment lors de la seconde guerre mondiale, ont porté le chapeau avec courage et conviction.



Trois Fois Puissant Maîtreet vous tous mes Frères en vos degrés et qualités, j’ai dit.



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