Le Symbolisme #3237035 Le Symbole Auteur: B∴ F∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Mes très chers frères, notre Vénérable Maître m’a demandé de faire cinq minutes de symbolisme, me laissant généreusement le choix du sujet à traiter. Tout naturellement je me suis donc interrogé sur ce qu’est justement le symbole voir le symbolisme ou la symbolique. Il faut bien reconnaître que ces mots sont pour le moins récurrents tout au long de notre démarche Maçonnique, en effet dès le début de l’initiation, le nouveau postulant est prévenu à son entrée dans le temple : « Sachez qu’ici tout est symbole » Mais qu’est-ce au juste qu’un symbole ? Et puisque tout est le symbole, jusqu’oùpeut-on étendre cette affirmation, sans développer une tendance excessive qui nous s’amènerait à voir des symboles partout jusque dans notre intimité ? Si on s’en réfère à une définition du dictionnaire, le symbole serait un être ou un objet qui représente une chose abstraite par exemple : Le chien serait le symbole de la fidélité. Le langage étant quant à lui la faculté qu’ont les hommes de communiquer entre eux et d’exprimer leurs pensées au moyen de signes vocaux. Cette définition ne me semble hélas pas suffisante pour comprendre le rôle du symbole dans le cadre de notre démarche maçonnique, en effet en prenant les choses de façon caricaturale et au pied de la lettre, nous pourrions très bien imaginer de jurer fidélité à notre ordre sur un Chien plutôt que sur la Bible !!! On nous dit souvent qu’un symbole doit toujours garder une « interprétation libre et personnelle », car s’il avait une définition figée, ce ne serait plus un symbole mais un dogme, de plus il faut lui reconnaître une dimension transculturelle, car pour l’interpréter il faut au moins un minimum de valeur en commun. Dans ce cadre, le symbole devient un « complément au langage » permettant d’accéder de façon différente à des idées, des valeurs ou des concepts. En fait, un symbole devient langue (et non pas langage) dès lors qu’il est partagé par une communauté. Il acquiert alors un effet structurant pour cette dernière. Cependant, pour pouvoir servir de lien dans un groupe : « Sa liberté d’interprétation se doit d’être relative » Il nous semblerait en effet curieux d’affirmer que le soleil est le symbole de la nuit ! S’il reste un catalyseur de nos réflexions, il ne doit pas être pour autant être perçu comme« Une révélation » au sens où on l’entend communément, car une fois encore c’est une Société (qu’elle soit initiatique ou autre) qui s’attribue un objet comme une représentation symbolique. Sa perception si elle doit garder une « liberté d’interprétation » ne peut pas pour autant pouvoir tout dire et son contraire, faute de quoi elle perdrait sa dimension structurante. De même on ne peut pas voir des symboles partout, car il doit garder sa dimension « transculturel » au sein du groupe pour nous éviter par exemple de jurer fidélité sur un chien ! La démarche symbolique ou la science des symboles pour la dénommée autrement, se développe au fur et à mesure de la pratique de ces derniers. Cependant cette intégration se fait à la mesure du cherchant, compte tenu de l’état d’évolution de sa conscience c’est pourquoi un même symbole peut être perçu différemment au cours de notre démarche maçonnique, de plus ces derniers évoluent aussi en même temps que cette dernière. Par exemple au grade d’apprentis nous travaillons principalement sur la valeur symbolique de certains outils tels que le maillet le ciseauetc…Mais si ces derniers ont une dimension symbolique, tous les symboles ne sont pas des outils par exemple La Croix, manifestera pour certain le croisement des plans verticaux et horizontaux, pour d’autres elle marquera le sacrifice d’une vie, pour d’autres encore la réunion de la dimension horizontale et verticale amenant à la transcendance. Enfin pour conclure je voudrais vous lire un petit texte dont je ne connais hélas pas l’auteur mais qui je l’espère nous aidera à mieux comprendre l’intérêt du symbole : Le symbole remplace de longue suite de raisonnements puisqu’il procède par analogie Personne n’a jamais dit aux jeunes enfants qui dessinent une maison et un soleil que sa maison est « comme sa maman » et que le soleil est « comme son papa » et pourtant il le « Sait » car l’intelligence de l’enfant est encore intuitive et analogique. Il faudra qu’il aille à l’école pour perdre cette richesse et apprendre qu’un chat est un chat et rien qu’un chat. Le symbole peut être défini de plusieurs manières qui seront toutes par définition incomplète en fonction précisément de ce qui vient d’être dit. Disons alors que le symbole est un élément concret qui nous évoque une réalité d’un autre ordre. Contrairement à ce que s’imaginent ceux qui ont perdu cette forme de compréhension, le symbole ne sert pas à cacher certaines choses aux regards indiscrets mais au contraire à révéler des vérités inaccessibles à l’intelligence rationnelle, c’est-à-dire ne pouvant pas être exprimées en mots. Le symbole est donc une fenêtre s’ouvrant sur un autre monde seulement accessible à un mode de pensée unitaire. Lui seul permet de comprendre (au sens étymologique du terme : prendre ensemble) des dualités et leur simultanéité. J’ai dit Vénérable Maître Navigation des articles Planche Précédente "Du rationnel à l’analogie" Planche Suivante "Le symbolisme, langage du sacré"