Le F :. M :. Un homme VRAI ?

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Non communiqué

GLDF
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Non communiqué


« Le franc Maçon est un homme libre et de bonne mœurs, également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux » et son devoir est de « fuir le vice et pratiquer la vertu ».
Voici en résumé l’enseignement donné dès la première heure.
Ces définitions, et l’analogie de franc avec franchise, m’incite à penser que le F :.M :.doit surtout être un Homme Vrai.

L’homme Vrai doit d’abord connaitre les deux aspects de la vérité profane, que sont
– l’exactitude d’une réponse, par opposition au mensonge, c’est la vérité de la chose,
– l’expression sincère d’un sentiment, résultant de sa culture et de ses émotions -idéal, totalement subjectif, comme l’a exprimé Platon avec l’allégorie de la caverne-, c’est la vérité de l’intelligence.

Qu’est-ce qu’être VRAI ? c’est être en accord avec ses croyances, ses convictions, ses engagements.
L’adjectif VRAI signifie : qui présente un caractère de Vérité ; on l’associe aux mots : authentique, juste, fidèle, véritable, sérieux.


Et dans tout ceci, où se situe le Maçon ?

Au premier jour, la première épreuve, dite de la « Terre », qu’on pourrait aussi nommer épreuve « d’ humilité » – la racine humus étant commune –  nous invite d’emblée à soulever le couvercle de notre personnalité apparente, notre SURMOI , pour prendre conscience qu’en toute circonstance nous portons un masque.

En laissant nos métaux, nous renonçons à toute parure, ainsi qu’à nos titres et fonctions profanes.

(J’en profite pour préciser que, dans certains ateliers il est demandé à chaque frère de faire savoir quel est son domaine d’activité, sinon sa profession.
Cette démarche peut amener une meilleure compréhension dans les échanges, mais peut aussi fausser les discussions… je ne saurais prendre position, mais incite les frères à y réfléchir.)

Si nous sommes invités à laisser nos métaux, c’est pour oublier notre statut social, les rapports pécuniaires que nous échangeons et qui nous figent dans un rôle, en définissant une hiérarchie compétitive inévitable.

Mais « laisser ses métaux », c’est plus qu’enlever son masque, car il est rare de n’en avoir qu’un seul, et nous avons, en réalité, plusieurs masques superposés voire juxtaposés, interchangeables, et adaptés à plusieurs situations.

       Laisser ses métaux c’est pouvoir se contempler nu pour révéler son Moi.

En atelier tout commence par un nivellement.
Le F :.M :. est en uniforme, nouvelle forme de nudité, et le rang qu’il occupe dans la hiérarchie                                                                              de l’atelier ne résultera, alors, que de son travail personnel et de sa persévérance.
L’uniforme en loge n’est cependant pas unique, et comme dans le monde profane c’est une autre forme de masque qui intègre les notions de fonction et de rang.
Si l’on a coutume de dire que l’« habit ne fait pas le moine », l’uniforme, dans l’imaginaire, crée immédiatement la fonction.
Il retire la personnalité propre de son serviteur au profit d’un rôle précis, et revêt un aspect symbolique.
…..L’uniforme crée l’idée sous le symbole.
Ainsi à l’image du képi du policier, du treillis du militaire, de la soutane du curé, de la robe du juge, l’uniforme renvoie immédiatement à une fonction et non à un individu.
En loge, lorsque la parole circule, le frère qui s’exprime, le fait en son nom propre et non au nom de l’officier qu’il représente.

C’est tout l’intérêt de cette prise de conscience de nos métaux, de permettre la découverte du SURMOI première barrière à l’expression de notre vérité.


….C’est la première étape, …


La suite impliquera de découvrir ce qu’est le MOI qui inhibe, encore, beaucoup de nos choix.
Cette transformation ne pourra se faire que sous l’action répétée de notre VITRIOL , véritable concentré critique dont la causticité croit avec la Connaissance et nos progrès dans l’humilité.
Il attaquera progressivement toutes les couches de notre MOI, qui, chargé de nos sentiments, fruits d’expériences, heureuses ou malheureuses, de passions, et surtout d’émotions, responsables de nos défauts, nous protège, mais nous prive, aussi, d’accès à notre nature profonde.

L’honnêteté envers soi-même du FM requiert, de sa part, la reconnaissance et la prise en compte de ses défauts assortie d’une évaluation juste de leur influence, afin d’en déduire un comportement adapté et responsable.


Alors…  » Vrai à l’égard de qui ? De soi ou de sa vocation ?

Être soi-même en tous lieux, en tout temps n’est-ce pas être fidèle aussi ? – Mais à soi, à sa propre éthique ?
En somme, être vrai, serait-ce être spontané, naturel, ingénu ? Ou au contraire, faut-il voir dans cette vérité une exigence de transparence à l’égard d’autrui…et de soi ? – Être ce que l’on paraît, ne pas tromper, ne pas dissimuler…ne pas se tromper, ne pas se cacher.


Mais, VRAI ne veut pas dire VERTUEUX, …ainsi, sur le plan spirituel l’homme Vrai, doit agir en référence aux vertus insufflées par le GADLU .
Il détient une part de la Vérité (avec V maj.) qu’il ne doit pas trahir et qui intègre la CHARITE, dans son sens Caritas : respect, attention, bienveillance, bonté …véritable amour des autres.
Il pourra alors s’affranchir de tout sophisme.

L’homme Vrai évolue parmi les autres et doit privilégier les vertus de bienveillance, et d’altruisme ; ainsi il s’écartera de cette pensée de NIETZSCHE « Ce qui importe ce n’est pas tellement « le vrai », c’est ce qui nous aide à vivre » ; cette pensée semblant trop promouvoir l’égo.


En conclusion,

Pour devenir Vrai, il me faut donc connaitre pour les surpasser mes Surmoi et Moi, et faire confiance en mon intuition, – peut-être, véritable expression de ma part de divinité -, pour agir et m’exprimer avec fidélité envers mes convictions, engagements, tout en respectant les règles de bienveillance et de tolérance, gage d’harmonie.

Être Vrai est une qualité qui ne doit cependant pas se transformer en confrontation ou humiliation :
Toute vérité n’est pas bonne à dire, et parfois, garder le silence n’est pas un parjure de soi, si, loin de l’hypocrisie il respecte le Bon.

La recherche du Vrai est une démarche continuelle qu’il faudra sans cesse mettre en œuvre face à toute situation, toujours sous couvert de Charité.

……Et ? … si le but profond de la maçonnerie était tout simplement de former des hommes Vrais et Charitables ?

« Ecce Homo » dirait Ponce Pilate.

J’ai dit

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