#401012

Maître Maçon, vous avez désormais pris rang de Lévite, que cela vous inspire-t-il ?

Auteur:

Non communiqué

GLDF
Loge:
Le Parvis du Languedoc  - Orient de Toulouse
ALGDGADLU


DEUS MEUMQUE JUS


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


Ordo ab Chao


Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France


LIBERTE EGALITE FRATERNITE




Le sujet qu’il m’a été proposé de traiter est pour moi une nouveauté dans une exploration Biblique que j’avais partiellement interrompue mais qui pourtant est un pôle indispensable dans les repères de nos recherches.


Il est souvent difficile de livrer ses impressions à la suite d’évènements marquants de notre vie.


Pudeur de dévoiler ses sentiments ou difficulté d’exprimer son ressenti, je dirais que ma réception en loge de perfection a été un moment fort de ma vie maçonnique.


Plus qu’une initiation, j’ai eu une impression de passage, de transition entre une vie initiatique basée sur les symboles et une entrée dans la vraie tradition philosophique, ésotérique et religieuse.


En fait, un révélateur du mystique qui sommeille en moi.


Cette démarche avait vraiment débutée lors de mon élévation au 3ème degré.


Ce degré est une réflexion sur le sens d’une parole perdue, métaphorisée au plan physique par l’escamotage du corps d’Hiram, auquel se substitue tout postulant au grade de maître. Cette substitution a valeur de matérialisation de l’absence.



Je vais traiter ma planche en trois parties :


Origine des Lévites


Tâches et philosophie des lévites


Mon analyse sur cette admission.



Les Lévites.



Le Seigneur dit à Moïse : « Sépare les lévites des autres Israélites, afin de les purifier. Tu placeras les lévites devant Aaron et ses fils, et tu me les consacreras solennellement. De cette façon tu marqueras la différence entre les lévites et les autres Israélites, et les lévites m’appartiendront. A partir de ce moment-là, les lévites pourront exercer leur ministère dans la tente de la rencontre.



Moïse, Aaron et toute la communauté d’Israël exécutèrent scrupuleusement les ordres que le Seigneur avait donnés à Moïse au sujet des lévites : ceux-ci se purifièrent et lavèrent leurs vêtements, puis Aaron les consacra solennellement au Seigneur et effectua sur eux les gestes rituels du pardon et de la purification. Après quoi les lévites commencèrent à exercer leur ministère dans la tente de la rencontre, sous la direction d’Aaron et de ses fils.



Les prêtres du Temple de Jérusalem, entre 950 et 70 avant notre ère, étaient appelés cohanim (pluriel de Cohen). Ils étaient les descendants d’Aaron, frère de Moïse, membres de la tribu des Lévi. Les cohanim étaient des prêtres, chargés des sacrifices et des sacrements du Temple. Les cohanim ne chantaient pas dans le Temple, c’était le rôle des lévites. Les cohanim n’enseignaient pas.


Ainsi donc, les Prêtres Lévites avaient une fonction de protecteurs du peuple Israélien, un rôle de serviteur du Seigneur à travers Aaron, de gardiens de la tente de la rencontre et un rôle d’enseignants.



L’admission parmi les Lévites au 4ème degré implique certainement ces notions de service, de gardien et de devoir.


Etre au service de la communauté, synthèse des trois premiers degrés, alors que s’ajoute au 4ème degré une dimension spirituelle, une mise à la disposition du temple et de ce qu’il représente.



Le Lévite est au service d’Aaron ou plutôt de Salomon représenté par le trois fois puissant. Il est un des gardiens de la tente sacrée, du tabernacle.


Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre l’accès au rang des lévites et Melchisédech.


Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent le prometteur du salut éternel, Dieu l’ayant déclaré grand prêtre selon l’Ordre de Melchisédech. En effet, Melchisédech, roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit et à qui Abraham donna la dîme de tout, qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix, qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours, ni fin de vie, mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, ce Melchisédech demeure prêtre à perpétuité.


Et ici, ceux qui perçoivent la dîme (les Lévites) sont des hommes mortels. Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce lévitique, qu’était-il encore besoin qu’il parût un autre prêtre selon l’Ordre de Melchisédech, et non selon l’Ordre d’Aaron?



Tâches et philosophie des lévites



« Par le rang que vous venez d’acquérir vous avez mérité d’être admis parmi les Lévites; en qualité de Maître Secret vous devenez le fidèle gardien du Saint des Saints et un des sept nommés pour remplacer notre Respectable Frère Hiram-Abif et poursuivre ainsi la construction du Glorieux Edifice. » ainsi s’exprime le Trois Fois Puissant.


7 Maîtres se mettent en route pour rechercher le Maître disparu, ils tournent autour de la sépulture d’Hiram sous un acacia et assistent à la résurrection du nouveau Maître par les cinq points parfaits.


Le témoignage des 7 face à cet évènement leur confère-t-il une nouvelle vision de la dimension humaine et leur donne-t-il une aptitude à franchir une nouvelle étape dans la recherche de la connaissance ?


Le but apparent est de remplacer, de substituer Hiram-Abif par 7 Maîtres Experts qui sont admis au rang des Lévites.



Quelle est la réponse juste, et y en a-t-il une ?



La Vérité n’est pas un objet, la Vérité est faite de toutes les Vérités qui sont élaborées à partir de l’esprit humain dans ses relations avec les choses, avec les êtres, avec le cosmos, et dans toute la mesure où le mot Vérité a un sens unique, il faut le considérer comme impliquant la conjonction de tous les possibles.



Mais il s’agit ici de situer le terme dans le cadre d’une progression.


Préalablement au serment, le VM, le voile sur les yeux et la cordelette au cou, est porteur d’un flambeau en main gauche. Il en perçoit une « petite lueur », car sa vue est troublée.



Cette petite lueur est la Vérité que chacun porte en lui mais que l’on ne perçoit que confusément, un éclat si faible qu’il est facile de le perdre de « vue » ou de le confondre ; les bribes de la grande Lumière qui nous permet de suivre la Loi Morale pour aboutir à la Loi Divine.



Ce flambeau en main gauche exprime le regard du cœur nécessaire dans l’exercice du Devoir et la quête de la Parole Perdue.



Le Serment du MS reprend les notions deSecret, obéissance et fidélité.


Ce Serment prend son sens dans le Devoir auquel le M Squi est un lévite  est confronté, il doit construire le Temple, se reconstruire ; c’est la symbolique de notre évolution véritable.



Il est vrai qu’Hiram est mort. Que des compagnons sont partis à la recherche de sa tombe. Qu’ils ont trouvé l’Acacia sur le tumulus. Et ceux qui savent où est la tombe d’Hiram sont détenteurs d’un secret. Cela leur confère une vertu, et sans doute des devoirs. Ceux qui ont reçu de l’initiation une vue plus profonde et qui souhaitent aller plus loin dans la recherche sont dans la loge des Maîtres Secrets.



On comprend que le Maître Secret soit à la fois et un Maître en secret et un Maître détenant un secret.


Le Maître Secret ici n’est plus un symbole, c’est une réalité de la vie communautaire. Un ordre Lévite au service du Temple.



La Franc Maçon qui se propose de retrouver le véritable Centre de l’Union s’emploie activement à la construction spéculative du Temple : une tâche spirituelle infinie et écrasante.



L’initié doit se mettre à l’ouvrage en sachant qu’il ne parviendra pas à achever sa mission édificatrice.



« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ».



Le symbolisme enfin s’applique aux officiants autorisés à y pénétrer en tant que M :. S, les pieds sur le sol et la tête tournée vers les étoiles, tels les Prêtres Lévites (gardiens du Temple), nous nous fixons pour devoir de privilégier la verticalité au détriment de l’horizontalité. La lumière que nous voulons apporter aux « cherchants » devra être puisée au dessus de nous.



L’initiation du 4ème degré que je qualifierais de sacerdotale nous fait passer du « Faire » (des Loges Bleues ) au « Dire », autrement dit de la maîtrise artisanale de « l’Outil », à la connaissance du « Verbe », et cela sous le signe du silence. Ainsi la construction du Temple vise symboliquement l’Etre intérieur et extérieur.



L’édification de l’un est nécessaire pour s’élever vers l’autre et dans cette tâche, l’art et le mystique sont conçus comme une lutte contre la mort pour atteindre l’éternité.



Cette réception au rang de lévite nous trace un cheminement indispensable dans la carrière de notre régénération spirituelle et il est sûr qu’il faut en parcourir toutes les étapes. Il s’agit pour nous de réédifier mystiquement le temple intérieur et de relever les ornements dans le sanctuaire de notre cœur.


Il s’agit, en l’occurrence, de purifier nos désirs, nos sentiments, nos idées, nos aspirations et de les élever gratuitement, en don au Grand Architecte.



Pour parvenir au Saint des Saints, que de sacrifices sont nécessaires ! Il faut sacrifier nos penchants, brûler nos passions et nos préjugés, enterrer notre orgueil, fuir la paresse.


Ensuite seulement notre esprit pourra pénétrer dans un monde supérieur, accéder en somme à un nouvel état spirituel, surnaturel. Le but ultime est certainement d’approcher de l’arche sainte, d’entrer en contact avec la « lueur » de l’Esprit.



L’argument de l’initiation de Maître Secret est la consécration du mausolée que


Salomon a fait ériger, par quelques Frères confirmés et tenus au secret, pour y déposer le cadavre d’Hiram.



L Apprenti et le compagnon recherchent la connaissance.


Le Maître Maçon, maître d’oeuvre, est un homme d’action tendant vers l’extérieur. Le grade de Maître Secret est le symbole d’une ascèse intérieure devant provoquer une évolution spirituelle menant à la compréhension élargie de la notion de Devoir.



Il ne faut pas se contenter de recevoir les degrés symboliques, sans toujours chercher à les posséder efficacement.


Pourtant, le Chemin Initiatique est l’une des plus belles expériences de la vie que j’ai vécu.


C’est dans l’action que l’on prend conscience de son existence, car philosopher pour se construire, c’est apprendre à vivre.



La vie m’a apporté son lot d’épreuves et la Voie Initiatique est en somme un refuge qui permet d’accepter voir de comprendre. Elle transforme dans nos comportements nos actes volontaires en actes réflexes et réfléchis.


C’est je pense le but de tout entraînement, de tout apprentissage vers la nouvelle dimension du Maître Secret.



Ce Voyage autour du Mausolée d’Hiram est placé sous le signe de la « Tempérance ou Mesure ».


Cette substitution qui nous est proposée, nous invite à concilier l’Un et le Multiple, à ouvrir la porte de l’Univers, de l’Ordre céleste, et de l’amour.


On doit prendre conscience que devant ce Mausolée nous passons de la symbolique des outils et de la construction (construction du temple bible ouverte au 1er Livre des Rois), à la symbolique des idées.



En un mot, il faut passer de l’Initiation simple à l’Initiation sacerdotale, et à la maîtrise du verbe.



Car la Parole fut Perdue, mais le Verbe EST, et le Verbe FUT.


L’Initiation m’a fait passer du Faire au Dire, de la maîtrise de l’outil à la maîtrise du Verbe.


L’objet de notre quête est maintenant la Parole, cette Parole Perdue.


Il convient à présent de reconstituer ce qui a été perdu, c’est à dire oublié.


Et cette quête réside dans les profondeurs de notre conscience.


Connais-toi toi même: c’est à dire observe-toi au grade d’Apprenti.



Je sais que je ne sais rien, car il faut chercher à savoir, pour comprendre et pouvoir.


Le travail de recherche de la Vérité devient notre véritable Devoir. Devoir de travail intérieur, la clef de notre vie maçonnique. La Vérité est la lumière placée à la porte de tout homme qui veut ouvrir les yeux, et regarder la grande route du Devoir. La vérité absolue réside dans l’inaccessible et l’inconnaissable, car la Parole Perdue est la connaissance du Devoir complet des anciens initiés.


C’est un Devoir de Connaissance dans le domaine de l’Ethique, qui nous maintient dans le monde des hommes ou du relatif.


Il conduira naturellement au respect de la loi morale.


C’est une évolution spirituelle, une véritable conversion de 1’ esprit, un chemin tracé vers les hautes voies de la connaissance « Entrons dans les voies qui nous son tracées »



Le Maître Secret, Lévite, admet que le Devoir et le Droit n’ont de sens que par rapport au bien. La contradiction existe entre le fait que le Devoir semble émaner de nous, et le fait qu’il nous contraint. Le sentiment du Devoir est donc inséparable de l’idée que nous nous faisons du bien, de l’attrait que nous éprouvons pour le bien. Agir par Devoir, c’est agir en considérant chaque fois ses actes sur le plan universel. Il s’agit de faire ce que le Devoir exige.


Le Maître Secret, Lévite est en marche vers la divinité.



Dans la légende, la Clé confiée au corps des gardes ouvre le Saint des Saints, qui contient la dépouille du Maître, et « les lois secrètes révélées à Moise ».


La dépouille du Maître est associée à l’ Arche d’ Alliance, qui contient le Message de l’Eternel.



La Clé d’Ivoire est le Bijou du Maître Secret. Elle est de matière organique, d’ivoire et d’os. Elle est le forgeron lui-même. L’origine organique de la matière de la clé comporte l’analogie de l’ouverture, qui crée en «ouvrant» les vues de la différentiation. Elle n’est pas un outil, mais un signe, celui de l’ouverture.



Elle traduit l’intention et le pouvoir de son porteur d’ouvrir le Saint des Saints pour découvrir et se créer lui-même.



Ce « Témoignage », c’est l’homme, et plus précisément celui qui parmi eux est un bâtisseur. Il est capable de créer, d’améliorer et d’achever, guidé par cette lumière intérieure qui est sa part d’éternité. Le Maître Secret devient le gardien du Saint des Saints. Il saura donc faire et dire.


Le grade de Maître Secret fait de nous des sédentaires (lévites, gardiens du Mausolée mais aussi gardiens du Verbe ou du logos qui s’est perdu).


Le Maître Secret sait qu’il lui faut être porteur des vérités acquises.



Il doit passer en toute liberté du bon sens du jugement ordinaire au bon sens du jugement de valeur, qui lui a été transmis déjà au 3eme grade, et qui prend force lors de l’initiation au 4ème degré (force, prudence, tempérance, justice) .



Ce qui signifie que le Franc-maçon, devant sa petitesse, doit être humble, afin de mieux trouver le point d’équilibre.


Humilité, connaissance, loyauté :


Le Maître Secret prend conscience de cet état, pour mieux remplir ses devoirs. Retrouver cette réalité c’est renouer avec le sens de la Parole Perdue.


La forme la plus puissante de la spiritualité est donc intérieure, quand on atteint la conscience. Elle se manifeste quand l’homme se retourne vers lui-même, établi une distance de soi à soi (le signe du silence), qui permet, par l’ascèse (exercice) de développer le niveau de conscience qui aboutit à la découverte de ce pourquoi il est fait (spiritualité). C’est l’homme qui, par son ascèse, va trouver ce à quoi il est destine.



Cette ascèse, discipline de vie, permet au maçon de s’ouvrir à La vérité. C’est le chemin de l’initié qui débouche sur la tolérance, pour aller vers ces valeurs d’idéal que sont le beau, le vrai et le bien. L’ascèse est une discipline personnelle afin de le rendre réceptif aux valeurs.



Ces actes découlent de la notion de devoir au sens du devoir être et du devoir faire, et aussi de devoir dire, car il est, par le signe du silence, le gardien de La parole cachée qui se trouve au tréfonds de notre inconscient.



Etre et faire, voila deux temples à construire, le sien propre et celui de l’humanité, reçu comme un don des l’Initiation. Le Devoir désigne ce qui est exige, ce qui est réclame, soit 1’ acceptation d’un code d’obligations


Se connaître différend pour mieux aimer l’autre dans sa différence c’est aussi ça.


C’est un parcours de sagesse pure, où tout doit être Amour, et qui finalise cette ascèse accédant à la compréhension élargie de la notion de Devoir.



Voila, mes Bien Chers Frères, toute la grandeur et la beauté de cette immense tâche du nouveau lévite qui a été admis parmi vous.


Soyons-en dignes le temps qui nous sera octroyé.


Que le langage de nos coeurs soit à la hauteur de ce Devoir sans fin.


Que notre Chemin soit aussi pur que la plus belle des Pierres.


Et que la Lumière du Verbe nous éclaire.



J’ai dit



Ch Bell

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