4° #401012 Le Devoir Auteur: F∴ E∴ M∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Trois Fois Puissant Maître,Et vous toutes mes sœurs en vos QualitésDans le cabinet de réflexion, alors que nous ne sommes que des postulantes, on nous fait remplir un formulaire quinous met face au Devoir à travers les questions suivantes :« Quels sont les devoirs d’une femme envers l’humanité ? »« Quels sont les devoirs d’une femme envers elle-même ? »Tout au long de notre cheminement maçonnique, nous contractons une somme de devoirs. Ces devoirs nous préparent à la rencontre du Devoir au 4ème. A ce degré, nous retrouvons les serments contractés lors de l’Initiation, mais de manière plus approfondie avec un renforcement de notre engagement par exemple en faisantAlliance avec les Sœurs et Allégeance au Suprême Conseil Féminin.Le mot devoirfait apparaître une sorte de commandement intérieur. Il est « une autorité venant du dedans ». Ilprescrit ce qui est bon au sens moral c’est-à-dire qu’il prend la forme de la contrainte morale qui s’exprime sous la forme d’un impératif. Quelque soit le moment, quelque soit le lieu, ils’impose à nous.Ceci m’amène à me poser la question suivante:Le Devoir duMaître Secret lui est il imposé parce qu’aux trois premiers degrés, il n’a pas compris le sens de ses devoirs ?Il m’est apparu que ce n’est pas dés l’initiation que l’on connaîtra son devoir. Chacune d’entre nousle découvrira au fur et à mesure de sa progression et de l’élévation de son étatde conscience. Nous le ferons plus facilement que nous le connaîtrons. Plus la conscience s’élève, plus ses contoursse feront plus précis. La notion de Devoir est apparue tardivement dans l’histoire de la pensée et de la philosophie morale. Celle-ci ne se trouve conceptualisée de manière précise qu’a l’époque de la modernité, et précisément avec Kant. Selon ce dernier, « Tu dois parce que tu dois ».La philosophie antique ne connaît pas cette notion, du moins dans son acceptation moderne, et cette lacune correspond à l’absence, dans cette période, d’autres notions comme celles de conscience, de liberté,ou de volonté.La conception du devoir dans le rituel du quatrième degré peut être considérée comme la conception kantienne du devoir. C’est lagrande Loi de la Franc maçonnerie : « Inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la Destinée »En accomplissant notre Devoir, nous ne devons attendre d’autres récompenses quel’approbationet l’élévation de notre seule conscience. Le Devoir doit l’emporter sur tout. Il s’impose à nous. Il doit être porté jusqu’au sacrifice.Notre maître Hiram nous l’a prouvé en préférant mourir que de donner le mot sacré aux trois mauvais compagnons qui n’en étaient pas digne.« Ainsi périt l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’à la mort » nous enseigne le rituel du troisième degré.Dans certaines sociétés initiatiques traditionnellesle Devoir est comme une « dette » que l’on doit payer pour son honneur. C’est parmi les gardiens de la Tradition,qui accomplissent le devoir tel qu’il doit être, que l’on choisit les sages qui doivent encadrer les chefs. Ces derniers s’appuient davantage sur eux pour gérer la communauté. Ce sens du devoir aigu, pouvant aller jusqu’au sacrifice, ces gardiens de la Tradition, l’ont acquis grâce à une initiationqui leur a été conférée et qui se base sur : – L’Intelligence– La Sagesse– La Connaissance– L’ExpérienceOn ne nait pas homme de devoir. On le devient. Dés l’âge de neuf ans, et ce pendant neuf ans, on place l’enfant dans la « pamba » qui est une sociétéinitiatique de vertu. Il y recevra une formation complète par des symboles. Le devoir est au centre de cet enseignement. L’homme de devoir a été formé pour donner à la vertu tout son mérite et aux vices toutes les raisons de s’en éloigner.Etant une franc maçonne « libre », la manière de présenter le Devoir au quatrième degré m’a quelquepeu étonnée.Je me suis posée la question de savoir si dans les hauts grades je n’allais pas retrouver les dogmes que j’ai rencontrédans le monde profane.Le Devoir entrave t’il ma Liberté ?Si l’on se soumet au devoir, c’est précisément qu’on peut ne pas le suivre. On peut toujours agir autrement. Dés lors le Devoir présuppose, comme condition de possibilité, le principe de la liberté.Le rituel d’initiation au quatrième exalte la liberté. Le Devoir s’impose à nous tout en nous orientant dans notre recherche personnelle.Seul un être libre peut choisir son action puisqu’il échappe à la nécessitéstricte du déterminisme naturel. C’est le sens du premier voyage qui amène à la prise de conscience de notre liberté et de notre libre arbitre.Nous avons une liberté pour nous déplacer. La circulation dans le Temple, n’impose plus la marche dextrorsum. Nous sommes passées de l’Equerre au Compas et continuons à chercher à équilibrer en nous la matière et l’esprit tout en prenant conscience de nos propres limites.Les voyages lors de la cérémonie de réception nouséveillent à la prise de conscience de l’Autre, de l’environnement cosmique etde l’amourde la Vérité et de la Justice.Les sentences viennent nous préciser notre Devoir. A l’issue des voyages, les injonctions et les coups de maillet de l’Inspectrice sont une mise en garde pour ne pas aller au delà de ce qu’il faut.Le devoir s’adresse à nous en premier. Eino Lino disait :« Le devoir envers soi est le premier, le plus sacré. C’est de lui que découlent les autres ». Le Devoir est la rencontre avec soi. Nous devons écarter tout ce qui empêche cette rencontre. Nous avons commencé à le faire dés l’initiation en nous purifiant par les quatre éléments. Nous devons travailler sur nous –mêmes pour abandonner le vieil homme et combattre nos préjugés.Nous devonsconstruire, les lèvres closes par le sceau du secret,dans la paix de nos cœurs et dans l’intimité de nos âmes,notre temple intérieur afin de pouvoir nous intégrer dans le Grand Œuvre. L’œil qui se trouve sur notre tablier est la pour nous rappeler notre œil intérieur, notre conscience, celle qui nous aide à nous construire.Le Trois Fois Puissant Maîtrenous fait d’embléeconfiance en posantpar anticipation sur la tête, lors de la cérémonie d’initiation une couronneouverte de laurier et d’olivier qui présage de nossuccès futurs.Pour avoir du succès du fait de notre progression, il nousfaut agiren toute conscience sur nousmême en supprimant les aspérités de nôtre pierre, en détruisant tout ce qui entrave l’élévation de notre conscience. En tant qu’initiée nous devons nous mettre en ordre,car dans le chaos qui est le notre, onne peut, sans cet effort, que nous égarer etnepourrons participer activement et positivementàla construction de l’Humanité.La clé d’ivoire, symbole de pureté et de sagesse,nous aide àouvrir le chemin qui nous rapprochera de la vraie Lumière.Ainsi, nous pourrons soulever le voilenoir avec l’équerre d’argent, qui nous couvrait le visage et qui cache et révèle en même temps la lumière que nous recherchons pour accéder à un plan supérieur d’éveil, de spiritualité et de connaissance.La nature organique de la clé me rappelle que toute vie a une fin. Le TFPMnous dit « Hâtez vous de gravir les pentes de la montagne, dans la crainte que la Mort ne vous surprenne et ne vous frappe avant que vous n’ayez atteint le sommet »Lors de la cérémonie de réception, nous tenons le flambeau de la main gauche qui est la voie du cœur,pouréclairernon seulement notre chemin mais aussi celui de toutes celles qui nous ont précédées et cellesà qui nous allons transmettreà notre tour ce que nous avons reçu. Il y a dans ce geste partage et amour.Nous Maîtres Secrets, lévites, en charge de l’Arche d’Alliance, qui gardons le Saint des Saints,sommes au cœur même de notre Devoir quiest deveiller au respect et à la transmission de la Tradition Maçonnique.La corde à nœud qui entoure notre cou et nous relie aux autres sœurs lors de nosvoyages, nous rappelle que si notre démarche est individuelle,nous devonssavoir accordernos pas avec les autres.Nous avons le devoir de progresser dans le chemin du perfectionnement afin que cette longue chaîne d’amour ne soit rompue, en particulier, nous sœurs d’Afrique, en qui brûle le feu allumé par les sœurs dela Rose des Vents et de Porte de l’Univers. Cette transmission doit se faire, non pas comme un testament figé mais comme une force qui témoigne de notre engagement. Ce travail est plus difficile dans nos contrées Hors Hexagones à cause de l’omniprésence de l’obscurantisme qui entrave notre marche vers la Lumière. Heureusement, ce qui relève du domaine de la spiritualité ne peut être détruit. Le point de départ de cette transmission se trouve dans notre cœur, point d’intersection entre toutes les sœurs qui se trouvent sur le plan horizontal et le Sacré qui se trouve sur le plan vertical.Nous, Maitres Secrets, mis sur le chemin du Devoir, nous devonspoursuivre sans relâchenotrequête de la recherche de la Vérité et de la Justice pour retrouver la Parole Perdue qui est le fondementmême de notre démarche. Navigation des articles Planche Précédente "Notre devoir c’est la quête de la parole perdue" Planche Suivante "La Clé d’Ivoire, permet-elle au Maître Secret"